Le daijō-kan ou daijokan () était le département d'État du gouvernement japonais pendant les époques de Nara et de Heian. Créé par le code de Taihō (, taihō ritsuryō) en 702, le daijō-kan était dirigé par le grand conseil d'État et par le daijō-daijin (, « chancelier du royaume »)I. Titsingh, Annales des empereurs du Japon, 1834, .. Lui, ainsi que ses ministres, étaient chargés des affaires séculières et administratives du pays, alors que le jingi-kan (, « département du culte ») s'occupait des problèmes touchant aux rites shintō, au clergé et aux lieux de culte.
Le département d'État perdit petit à petit son pouvoir au cours des et s alors que le clan Fujiwara, dominant déjà le poste de régent impérial, commença à dominer également le daijō-kan. Il devint alors habituel pour un régent d'occuper aussi les postes de chancelier ou de ministre de la droite, voire les deux. Au , le Conseil était impuissant en tant qu'entité indépendante, mais il est impossible de définir une date précise à laquelle cette institution a été démantelée. Fujiwara no Nobuyori fut le dernier chancelier et exerça durant une brève période en 1160.
Organisation et hiérarchie Le daijō-kan était dirigé par le grand conseil d'État qui était présidé à son tour par le daijō-daijin (, « chancelier du royaume »). En dessous de lui officiaient le sadaijin (, « ministre de la Gauche ») et ses subordonnés, le udaijin (, « ministre de la Droite »), le nadaijin (, « ministre du Centre ») ainsi que quatre dainagon (, « grand conseiller »), quatre chūnagon (, « conseiller »), trois shōnagon (, « conseiller mineur »)Titsingh, . et le benkan (« contrôleur »).
Le sadaijin, par l'intermédiaire du sadaiben (, « contrôleur de la gauche »), contrôlait quatre ministères : le ministère du Centre (, nakatsukasa-shō) qui reliait le trône à l'administration ; le ministère des Cérémonies (, jibu-shō) ; le ministère des Affaires civiles (, shikibu-shō) ; le ministère des Affaires du peuple (, minbu-shō).
Le udaijin, par l'intermédiaire du udaiben (, « contrôleur de la droite »), contrôlait quatre ministères : le ministère des Affaires militaires (, hyōbu-shō) ; le ministère de la Justice (, gyōbu-shō) ; le ministère du Trésor (, ōkura-shō) ; le ministère de la Maison impériale (, kunai-shō).
En outre, il y avait d'autres fonctionnaires qui disposaient d'un peu de souplesse dans le daijō-kan : (« conseiller associé »)10. Ce bureau fonctionne en tant que gestionnaire des activités du daijō-kan au sein du palais ; (« secrétariat »). Ce sont des hommes spécifiquement nommés qui agissent à la discrétion de l'empereur.
Le pays était divisé en provinces appelées kuni () qui étaient administrées par des gouverneurs (kokushi, ) nommés par le daijō-kan. Les provinces (-kun) étaient elles-mêmes divisées en districts appelés -gun ou -kōri (), administrés par des gouverneurs de districts (gunji, ) nommés par les nobles locaux. Au début du , il y avait 592 districts répartis en 66 provinces.
Références Notes
Annexes Lire aussi Collectif, Dictionnaire historique du Japon, Éditions Maisonneuve et Larose, coll. « Monde asiatique », , 2002 . Louis Frédéric, Le Japon. Dictionnaire et civilisation, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1999 . George Sansom, A History of Japan to 1334, Stanford, Stanford University Press, 1958 . Isaac Titsingh [Siyun-sai Rin-siyo/Hayashi Gahō, 1652], Nipon o daï itsi ran ou Annales des empereurs du Japon, trad. par M. Isaac Titsingh avec l'aide de plusieurs interprètes attachés au comptoir hollandais de Nangasaki ; ouvrage revu, complété et corrigé sur l'original japonais-chinois, accompagné de notes et précédé d'un Aperçu d'histoire mythologique du Japon, par M. J. Klaproth, Paris, Royal Asiatic Society, Oriental Translation Fund of Great Britain and Ireland, 1834. Deux exemplaires numérisés de ce livre rare sont maintenant accessibles en ligne : 1. de la bibliothèque de l'université du Michigan, numérisé le 30 janvier 2007 ; et 2. de la bibliothèque de l'université de Stanford, numérisé le 23 juin 2006 (consultable ici).
Catégorie:Gouvernement du Japon féodal