Le musée d'Art Roger-Quilliot (MARQ) est situé à Clermont-Ferrand (dans le quartier de Montferrand) dans une partie des bâtiments d'un ancien couvent des Ursulines bâti au . Ce bâtiment est classé monument historique. Le musée a ouvert en 1992 sous le nom de puis a été rebaptisé du nom d'un ancien maire de Clermont-Ferrand, Roger Quilliot.
Le bâtiment du musée a été transformé par les architectes Claude Gaillard et Adrien Fainsilber. Les différentes salles s'articulent sur trois niveaux autour d'un atrium central surmonté d'une verrière conçue par l'ingénieur Peter Rice.
Sur une surface de , le musée compte près de deux mille œuvres d'une période qui va du Moyen Âge au . Il dispose également d'espaces pour des expositions temporaires, en général en lien avec des œuvres du musée ou pour l'accueil d'artistes contemporains.
Un centre de documentation se trouve au dernier étage du musée.
Histoire
Collections Riche d'environ 750 œuvres, le musée regroupe les collections municipales de peintures, sculptures, mobiliers et objets d'art précédemment conservées dans deux autres musées de la ville, le musée Bargoin et le musée du Ranquet, aujourd'hui transformé.
Les œuvres sont exposées de façon principalement chronologique, avec une salle ou un espace par époque. Le cycle de Roland furieux du château d'Effiat bénéficie de son propre espace.
Époque médiévale (à partir du ) vignette|120px|Notre Dame d'Usson, .
Cet espace, au rez-de-chaussée, renferme notamment des chapiteaux d'églises romanes de la région, des sculptures telles que les Vierges en majesté auvergnates (ou Sedes sapientiae, "trône de sagesse"): Vierge de Vernols, Notre-Dame d'Usson, et d'autres témoins de l'art roman auvergnat.
Salle Renaissance Cette salle au rez-de-chaussée renferme des tableaux (La Passion du Christ de Cornelis Engebrechtsz), du mobilier, des sculptures comme la statue de Pallas-Athena par Léonard SarsonDocher, « Qui connaît Léonard Sarson ? » , Le Gonfanon, Argha, ..
Au sont rassemblés à la fois des tableaux et objets de la région (paysages, faïences de Clermont-Ferrand), ainsi que des œuvres de peintres français renommés (Ange de l'Annonciation et Portrait de Vincent Voiture de Philippe de Champaigne, Marine de Joseph Vernet, Les Lavandières de François Boucher, etc.) et d'artistes du nord de l'Europe (L'Arracheur de dents de Theodore Rombouts) ou d'Italie (Salomon et la Reine de Saba et Salomon encense les idoles de Donato Creti, etc.).
Au se trouve l'espace du où sont réunies des œuvres en rapport à l'histoire régionale (Épreuve en plâtre de la Statue équestre de Vercingétorix de Bartholdi, La Défense des Gaules par Vercingétorix de Théodore Chassériau, Vercingétorix appelle les Gaulois à la défense d'Alésia, par François-Émile Ehrmann), ainsi que d'autres œuvres de valeur : La Lutte pour la vie d'Henry-Eugène Delacroix, Portrait de Louise (sa sœur aînée) (1884) de Camille Claudel, la toile Les Saltimbanques de Gustave Doré.
Au sous-sol, sur deux niveaux, se trouvent les collections contemporaines. Une large partie vient d'une donation et d'un legs faits au musée (donation Simone et Maurice Combe, collectionneurs et marchands d'art clermontois) avec des toiles de Marie Laurencin, Paul Rebeyrolle, Marcel Gromaire, Moïse Kisling, Jean Carzou, Jean Fautrier, Bernard Buffet, etc.
Les collections du musée abritent également des œuvres d'art brut avec des Barbus Müller, réalisés par Antoine Rabany au début du 20ème siècleSculpture initialement inventoriée comme une « Tête » anonyme du XIXe siècle, donnée en 1951 et acceptée par le musée « à titre d’échantillon de faux produits au XIXe et XXe s par plusieurs ‘artistes’ spécialisés en la matière », elle est re-découverte dans les années 2020 en tant qu'œuvre d'art brut "Barbu Muller". .
Peintures Les collections du musée renferment des peintures de :
Sculptures
Expositions temporaires Le musée accueille plusieurs expositions chaque année. On peut notamment citer : « Les Mystères de Pascal » du au à l'occasion des 400 ans de la naissance de Blaise Pascal, à propos des différents aspects de son œuvre et de sa vie, à la fois mathématicien, physicien, géomètre, ingénieur, inventeur, philosophe et théologien. Sur les pas de Dubuffet en Auvergne, du au . vignette|250px|Sur les pas de Dubuffet en Auvergne en 2022 : salle consacrée aux Barbus Müller Arts de l'Islam, du au : exposition multi-site constituée en partie d'œuvres prêtées par le département des arts de l'Islam du musée du Louvre. Autoportraits, du au : 40 toiles de maîtres du XIXe siècle (Monet, Courbet, Pissarro, Gauguin et Cézanne) prêtées par le musée d'Orsay. « Architectures Georges Rousse » du au , rapports avec l’architecture des photographies de Georges Rousse ; « Années 1950, l’alternative figurative » du au , sur la peinture figurative en France dans l’immédiat après-guerre (Paul Aïzpiri, Jean-Pierre Alaux, Paul Collomb, Jean Commère, Raymond Guerrier, Camille Hilaire, Jean Jansem, Bernard Lorjou, André Minaux, Michel Patrix, Paul Rebeyrolle, Claude Schürr, Maurice Verdier…).
Le bâtiment du musée Le Musée occupe le Vieux Palais, siège de juridiction de la ville, appuyé contre l'ancienne muraille médiévale, disparue, dont seuls les noms des rues voisines conservent le souvenir. À cet endroit siégeait la cour des aides de Montferrand (créée en 1557). De cette époque, il ne reste que la porte monumentale datant du . La Cour est transférée à Clermont lors de la réunion des deux villes par l'édit de Troyes en 1630. Une autre partie des bâtiments était occupée par un collège de jésuites. En 1638, les ursulines viennent s'établir dans les locaux laissés par le départ de la Cour des Aides. En 1673, les jésuites sont transférés à Clermont et les ursulines récupèrent l'ensemble des bâtiments qu'elles occupent jusqu'à la Révolution. Elles s'y occupent de l'éducation des jeunes filles, pensionnaires payantes et externes gratuites. Plusieurs campagnes de travaux durant tout le permettent aux religieuses d'adapter les lieux à leur mode de vie, ainsi qu'au nombre grandissant d'élèves..
Une première chapelle est construite en 1638-1658, à l'arrivée des religieuses. Elle fut réaménagée et agrandie à partir de 1702, et consacrée en 1706.
Un temps caserne, les bâtiments sont affectés en 1807 au grand séminaire, qui les occupe jusqu'à la mise en application de la loi de séparation des Églises et de l'État, votée en 1905. Ils servent d'hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale, puis sont occupés par la gendarmerie jusqu'en 1982. Ils sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du .
En 1984, la ville de Clermont-Ferrand décide la restauration du bâtiment pour y établir, dans la partie nord, le musée des beaux-arts. Il est ouvert en 1992 puis inauguré en 1993 par Pierre Bérégovoy, et prend en 1999 le nom de Roger Quilliot, ancien maire (1973-1997) et ministre.
Les architectes chargés de la conception, Adrien Fainsilber et le Clermontois Claude Gaillard, ont décidé d'organiser les espaces du musée, installés dans divers bâtiments datant du qui entouraient une cour intérieure, autour d'un atrium central (à l'emplacement de la cour) couvert d'une verrière monumentale. Cet atrium facilite les circulations intérieures tout en accueillant généreusement la lumière naturelle.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Liens externes