Charles Cochon de Lapparent, né le à Champdeniers (généralité de Poitiers, actuel département des Deux-Sèvres), mort le à Poitiers, est un homme politique de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire.

Entre 1789 et 1797, il est député des Deux-Sèvres à l'Assemblée nationale constituante puis à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI et où il siège au Comité de Salut public, puis au Conseil des Anciens, puis ministre de la Police générale.

Incarcéré à l'issue du coup d’État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), il est amnistié à l'issue du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte. Sous le Consulat et le Premier Empire, il est nommé préfet.

Lors de la Seconde Restauration, il est condamné à l'exil, mais est autorisé à rentrer en France après une année de bannissement.

Biographie Famille et débuts Charles Cochon de Lapparent est issue d'une famille de la noblesse de robe originaire de La Rochelle convertie au protestantisme. Son père, Charles Cochon, seigneur de Lapparent, est sénéchal de Champdeniers, époux de Marie-Françoise Ragonneau.

En 1774, Charles Cochon de Lapparent est nommé « conseiller au siège royal de Fontenay-le-Comte ».

Élection aux États généraux et mandat à l'Assemblée constituante vignette|gauche|Charles Cochon de Lapparent En 1789, Charles Cochon de Lapparent est élu représentant suppléant du tiers-état de la sénéchaussée de Poitiers, le deuxième sur quatre, aux États généraux.

Le 14 juin 1789, il est admis à siéger à l'Assemblée à l'issue de la démission de la démission de Louis-Jacques d'Abbaye. Le 20 juin, il prête le serment du Jeu de Paume.

Le 26 avril 1790, il est élu membre du Comité des Recherches.

Le 16 février 1791, il est élu secrétaire aux côtés de Pierre Hébrard (député du Cantal) et de Jean-Baptiste Salle (député de la Meurthe) sous la présidence de Louis Marie Antoine de Noailles (député de Seine-et-Marne).

Au début de son mandat, Charles Cochon de Lapparent adhère au club des Jacobins. À l'issue de la fusillade du Champ-de-Mars, il s'en détache et adhère au club des Feuillants.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Charles Cochon de Lapparent, alors président du tribunal criminel des Deux-Sèvres, est élu député du département, le septième et dernier, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine : J'ouvre la Déclaration des droits, j'y lis « La loi doit être égale pour tous » ; comme juge, je dois appliquer la loi ; le loi prononce la mort : je vote la mort. Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le 28 mai, il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze.

Le 12 avril, Charles Cochon de Lapparent est en effet envoyé en mission aux côtés d'Antoine Dubois de Bellegarde (député de la Charente) et de Joseph Lequinio (député du Morbihan) près l'armée du Nord.

Cochon, qui a dénoncé la défection de Dumouriez, est envoyé en mission à l'armée du Nord à la place de Camus et des autres conventionnels livrés par Dumouriez aux Autrichiens. Il ne peut atteindre le quartier général de l'armée, mais évite que les soldats se rendent à l’ennemi, et s’enferme avec eux dans Valenciennes. Il participe à la défense de la ville contre les coalisés, mais est obligé d'en sortir avec la garnison, le , après la capitulation. Il se justifie devant la Convention en jetant sur les troupes de ligne des soupçons défavorables. Pour Cochon, la défaite est due à l’attitude des habitants et des troupes de ligne, tandis que les volontaires républicains s'étaient couverts de gloire.

Le 30 août, Charles Cochon de Lapparent obtient que le général Becays Ferrand soit libéré de la prison de l'Abbaye et assigné à résidence sous la garde des gendarmes.

Après la chute de Robespierre, Charles Cochon de Lapparent prend part à la réaction thermidorienne. Le 15 fructidor an II (le 1er septembre 1794), il est élu membre du Comité de Salut public aux côtés de Jean-François Delmas (député de Haute-Garonne) et d'Antoine-François Fourcroy (député de la Seine).

pour chefs aux armées de Brest, des Alpes, de l'Ouest, les généraux Moulin, Dumas et Canclaux.

Il est chargé () d'une nouvelle mission à l'armée du Nord, qu'il suit à la conquête de la Hollande. Selon Beauchet-Filleau, il prend une certaine part au traité de paix, et sauve la vie de 90 émigrés prisonniers.

Ministre de la Police générale Le , le département des Deux-Sèvres l'envoie au Conseil des Anciens, où il combat les « déclamations démagogiques », qui effrayent les industriels et les capitalistes.

Après l'avènement du Directoire, Charles Cochon de Lapparent est nommé le au poste de ministre de la Police générale, en remplacement de Merlin de Douai. Dans ce poste, qu'il occupa jusqu'au , il rétablit l'ordre et la surveillance sur les mêmes principes que sous le gouvernement royal, et cette mesure lui attire la haine des démagogues, les sarcasmes amers et les injures des journaux. Ce sont les services de Cochon qui découvrent la conjuration des Égaux, menée par Gracchus Babeuf ; c'est lui qui fait arrêter les conspirateurs, et lutte dans le même temps contre les menées monarchiques de La Villeheurnois et de Brottier.

Accusé par Tallien d'avoir établi « une police royaliste secrète », et d'employer les contre-révolutionnaires Batz et Dossonville, il assure faire rechercher le baron de Batz, et défend Dossonville. Cochon oppose également à Tallien sa propre conduite dans l'affaire Babeuf. D'après le système de contrepoids qu'adoptent les dirigeants principaux du Directoire, Cochon est l'homme qui lui convient le mieux pour comprimer à la fois les royalistes et les jacobins, nombre de ces derniers s'étant mêlés à Babeuf.

Affaire du camp de Grenelle

Les 9-, les services de Cochon mettent en échec une tentative d’insurrection militaire au camp de Grenelle. Une vingtaine de personnes sont tuées, 132 arrêtées, dont 33 fusillées. Quatre mois après, le , Cochon dénonce La Villeheurnois, l'abbé André-Charles Brotier et Duverne de Presle en tant qu'agents royalistes.

Cette efficacité fait qu’il obtient le un certain nombre de voix pour la place vacante de Directeur. Cependant, le ministre de la police se voit compromis lorsque l'on voit dans les notes prises par les conspirateurs qu'ils comptent sur lui, estimant pouvoir lui laisser son poste en cas de réussite.

Cochon, dans son rapport, qualifie cette préférence de distinction odieuse, et ne manque pas de rappeler . Les Jacobins, qui le craignent, renouvellent en vain leurs attaques contre Cochon, en l'accusant de favoriser secrètement les émigrés, d'être d'intelligence avec les royalistes et avec le parti qui domine dans les conseils. Le , le ministre fait un rapport contre les prêtres déportés et revenus comme étant corrupteurs de l'esprit public. Malgré toutes ses preuves de républicanisme, le Directoire le soupçonne de seconder les Conseils. Il est également accusé d'avoir favorisé Gracchus Babeuf en dissimulant des pièces compromettantes.

Madame de Staël, qui a alors acquis une grande influence et qui tient le fil de toutes les intrigues, parvient à le faire écarter du ministère. Le Directoire lui donne, pour successeur au ministère de la police, Lenoir-Laroche. Après le coup d’État du , Charles Cochon de Lapparent est porté sur la liste des députés proscrits. Il parvint pendant 10 mois à se dérober aux recherches, mais, ayant été découvert, il est arrêté et conduit et interné à l'île d'Oléron.

Il en sort après le coup d'État du 18 Brumaire (), époque où le Directoire est remplacé par le Consulat.

Comblé d'honneurs durant l'Empire

Le , le Premier consul le nomme . Charles Cochon de Lapparent rédige en 1802 la Description générale du département de la Vienne., une étude statistique du territoire.

Préfet des Deux-Nèthes (), puis membre du Sénat conservateur (), il en devient le secrétaire le . Membre de la Légion d'honneur (), il est créé chevalier de l'Empire (), puis comte de l'Empire (), et fait officier de la Légion d'honneur ().

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En , il est envoyé, à titre de commissaire extraordinaire pour organiser la défense du pays, dans la division militaire (Périgueux).

Membre de la commission de la liberté de la presse, membre du Grand conseil d'administration du Sénat conservateur, Cochon, malgré sa fidélité à l’empereur, soutient, en , comme la plupart de ses collègues le rétablissement des Bourbons et adhère à l’acte de déchéance voté par le Sénat. Au retour du roi, Charles Cochon de Lapparent se retire dans son château de Vigneux-sur-Seine. Pendant les Cent-Jours, Napoléon le nomme préfet de la Seine-Inférieure (). À la seconde abdication, Charles Cochon de Lapparent proclame dans son département, le , Napoléon II, et invite ses administrés à ne pas reconnaître d'autre souverain.

Fin de sa vie

La seconde Restauration le prive logiquement de ses fonctions, et la loi du 12 janvier 1816 contre les conventionnels régicides l’oblige à quitter la France (selon Beauchet-Filleau, Louis XVIII, qui l'appréciait, aurait souhaité faire une exception à son sujet). Il fixe son domicile à Liège, puis à Louvain, mais peut rentrer en France en 1819 grâce à une autorisation ministérielle. Il meurt le , 16 rue des Trois Piliers, dans sa maison de Poitiers, âgé de 75 ans. Il repose au Cimetière de Chilvert à Poitiers .

En 1825, le tribunal de première instance de Poitiers Catineau, propriétaire du Journal de Poitiers, à trois mois de prison et francs d'amende, pour avoir publié dans son journal la notice nécrologique de Cochon de Lapparent, rédigée par un de ses fils et faisant l'éloge de sa vie. Le procureur général Mangin ayant fait appel, la cour royale de Poitiers confirme la décision du tribunal de première instance le . Le pourvoi en cassation de Catineau est ensuite rejeté le de la même année, considérant que les écrits de Catineau propagent des ..

Union et postérité Charles se marie le à Fontenay-le-Comte avec Anne Henriette Félicité Quéré (1753-1823), fille d’un procureur de la ville de Fontenay-le-Comte et a cinq enfants, dont :

Emmanuel Cochon (né à Fontenay-le-Comte en 1777 - décédé en 1870) polytechnicien, préfet du Cher de 1830 à 1840, confirmé dans le titre de 2e comte de Lapparent, père de : Charles Cochon, 3e comte de Lapparent, né en 1804, maire d'Issoudun ; Henri Cochon de Lapparent, né en 1807, directeur des constructions navale, commandeur de la Légion d'honneur, dont : Henri Cochon de Lapparent (1840-1910), haut fonctionnaire français Félix-Rémy Cochon de Lapparent, né en 1809, commandant du génie, officier de la Légion d'honneur, dont : Albert-Auguste Cochon de Lapparent (1839-1908), géologue français, dont : Jacques Cochon de Lapparent (1883-1948), professeur de minéralogie et de pétrographie, membre correspondant de l'Académie des sciences, dont : Hubert Cochon de Lapparent (1919-2021), acteur français un fils, dont : Albert-Félix de Lapparent (1905-1975), paléontologue français. Marie-Paul Cochon de Lapparent (1869-1946), artiste peintre, dessinateur, essayiste et historien d'art

Emmanuel-Arthur Bucheron (1834-1902), journaliste connu sous le nom de plume de Saint-Genest, fut un arrière-petit-fils de Charles Cochon de Lapparent.

Titres Chevalier Cochon de Lapparent et de l'Empire (lettres patentes du , Saint-Cloud) ; Comte Cochon de l'Apparent et de l'Empire (lettres patentes du , Ebersdorf) ;

Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire ( puis,