Le parc national de Hortobágy (en , ) est le plus grand des parcs nationaux de Hongrie. Il a été créé le sur un domaine de hectares, pour être ensuite progressivement agrandi : en 2020, il s'étend sur . Le parc est une réserve de biosphère de l'Unesco depuis 1979. et il a été inscrit en 1999 sur la liste du patrimoine mondial sous le nom « parc national de Hortobágy - la Puszta »..

Les objectifs du parc national depuis son classement sont : la protection de la puszta, steppe hongroise avec sa faune typique comme les chevaux sauvages ou la grande outarde ; la protection des oiseaux migrateurs, nombreux à faire escale dans les zones humides du territoire, tels que la grue cendrée et les oies ; la valorisation et la préservation du pastoralisme et de la culture locale. La diversité de ses zones humides a permis son enregistrement par la convention de Ramsar entre la rivière Tisza, son lac, les prairies inondées par ses débordements, ou les roselières le long de la rivière Hortobágy et les étangs de pêche creusés dans les années 1950. vignette|centre|redresse=1.5|Grues cendrées, emblème du parc national

Géographie Localisation Le parc national de Hortobágy est situé dans les grandes plaines hongroises à l'est du pays, sur la rive orientale de la Tisza, qui descend des Carpathes au nord pour rejoindre le Danube. À une quarantaine de kilomètres à l'est, se trouve la deuxième plus grande ville de Hongrie : Debrecen. vignette|250x250px|Carte du parc national.

Différents zonages Parc national Le site d'Hortobágy, classé en 1973, est le plus ancien et le plus grand des parcs nationaux de Hongrie. En Hongrie, les parcs nationaux ont pour vocation à la fois la conservation de la nature et l'accueil du public pour le tourisme et l'éducation à la nature.

Réserve de biosphère Une zone centrée sur le parc national, mais qui s'étend au-delà, sur le territoire de 32 communes a été classée par le « programme sur l'homme et la biosphère » en 1979. Les réserves de biosphère sont divisées en trois zones, selon le niveau de protection : Aire centrale : : comprend la « réserve de Pentezug », ainsi que d'autres zones plus petites et de forme découpées au sud du Parc national, choisies pour leurs faibles anthropisations. Les activités humaines y sont globalement proscrites, hormis la recherche scientifique et l'éducation. Zone tampon : : correspond au secteur le plus grand du parc national. Zone de transition : : cette zone entoure les deux précédentes. Elle est principalement occupée par l'agriculture et on y trouve quelques habitations. Le foncier y est majoritairement la propriété d'individus privés, par opposition à l'aire centrale et la zone tampon où l'État, via la « direction du parc national », possède la majorité des terres.

Site du patrimoine mondial Le territoire est classé comme bien culturel au patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom de « parc national de Hortobágy - La Puszta », depuis 1999, en vertu des critères IV, qui indique la présence d'un patrimoine architectural illustrant à la fois la période antique et plus récente de l'histoire des steppes hongroises, et des critères V comme paysage représentatif des relations entre la société pastorale, la steppe, les lacs et les rivières de la région, depuis plus de deux mille ans.

Le bien couvre et sa zone tampon .

Site Ramsar Ce site a été enregistré par la convention de Ramsar en 1979, son périmètre couvre ..

Site Natura 2000 Hortobágy fait partie du réseau Natura 2000 depuis 2004, il abrite 74 espèces d'oiseaux d'intérêt communautaire sur HUHN10002.

Pentezug Au centre du parc, se situe la « réserve des chevaux sauvages de Pentezug » où les chevaux de Przewalski et des aurochs « reconstitués » vivent en semi-liberté. La réserve s'étend sur ..

Patrimoine naturel Le territoire du parc national de Hortobágy est la région où les plus grandes surfaces de « Prés, steppes et fourrés salés pannoniquesLes informations collectées dans le parc national de Hortobágy ont contribué à la définition de cet habitat pour la directive habitats (en). » sont représentées en Europe. Ces habitats ouverts abritent un nombre important d'espèces endémiques pour une zone tempérée. On y trouve également des prairies humides, des marais et des étangs. Cette mosaïque d'habitat est le résultat des inondations provoquées par la rivière Tisza et ses affluents.

Les steppes (ou Puszta) et les prairies s'étendent sur . Elles sont pâturées depuis plusieurs millénaires.

Steppes salées pannoniques Ce milieu, également qualifié de steppe alcaline, est le plus emblématique du parc national. Il se serait mis en place à partir du pléistocène. Du fait des variations de niveau même très légères, ce paysage forme une mosaïque de milieux plus ou moins humides occupé par différentes communautés phytosociologiques. : là où le sol est plus sec, c'est le terrain de la communauté Achilleo-Festucetum pseudovinae dominée par la fétuque (Festuca pseudovina) accompagné de l'achillée (Achillea setacea), l'asteracée Podospermum canum ainsi que de la lavande de mer, du plantain maritime, de la stellaire holostée et du bouton d'or (Ranunculus pedatus) ; plus la concentration en sel augmente plus les armoises sont présentes, avec les autres espèces halophiles, comme le plantain maritime, Gypsophila muralis. C'est la communauté des Artemisio-Festucetum pseudovinae ; enfin par endroit le sol est pratiquement à nu avec seulement quelques halophytes. Les sols sont des solonchak et divers types de solonetz.

En de rares endroits, en particulier au nord du parc national et sur les tumulus, se développent des communautés dominées par les fétuques en association avec Salvia austriaca, des espèces de sauges et des espèces de sols riches, comme l'euphorbe petit-cyprès, le marrube blanc et la grande ortie. Ces sols plus riches ont été mis en culture à une époque, ce qui explique la rareté des milieux naturels qui y sont liés, aujourd'hui.

Parmi la faune associée à ce milieu, il est par exemple possible d'observer : le lièvre d'Europe, l'hemione, le chacal doré, le souslik d'Europe…

Zones humides : lacs, marais, prairies humides vignette|« Hortobágy-Örgtavak » vue du ciel vignette|Lac Tisza La rivière Tisza est bordée par une ripisylve riche en espèces d'arbres avec des saules, des aulnes, des peupliers blancs et noirs, puis en s'éloignant du cours principal, des chênes ou des érables et une grande variété d'autres espèces. Au printemps et au début de l'été, les fleurs parsèment les prairies inondables : consoude officinale, salicaire commune, iris des marais. Les divagations de la Tisza ont créé de nombreux bras-morts.

On y trouve aussi de vastes roselières et des marais à tous les stades de la succession écologique.

Les étangs couvrent une surface totale de , sachant que leur taille individuelle varie de 1 à .. Les étangs de pêche ont pour la plupart été créés dans la première moitié du , en creusant dans les zones humides préexistantes.

Le plus grand complexe d'étangs est le « Hortobágy-Örgtavak », de 1750 ha, à l'intérieur duquel le plus grand étang est le « Kondás », qui fait pratiquement 400 ha. 300 espèces d'oiseaux ont été recensées à proximité de ce site..

Le Lac Tisza, à l'origine une retenue d'eau pour la production hydroélectrique, est le plus grand lac d'eau douce de Hongrie. Une partie du lac a été classée comme réserve naturelle et c'est désormais un point d'attraction touristique important à proximité du parc national. La rivière Tisza charrie de grandes quantités de déchets qui s'y accumulent, sur une épaisseur pouvant atteindre les 3 mètres. Des opérateurs touristiques proposent donc des tours gratuits en bateau à ceux qui nettoient les rives et leur rapportent un sac de déchets..

Oiseaux Ce parc est l'un des sites les plus importants pour la migration et la nidification des oiseaux en Europe de l'est, avec environ 350 espèces observées. Les étangs de pêche accueillent de nombreuses espèces d'Anatidés (canards), d'Ardéidés (hérons), de limicoles divers, ainsi que trois espèces du genre Chlidonia, les Guifettes. Les steppes et prairies inondables sont le royaume des perdrix, cailles, et de l'Œdicnème criard. Le plus commun des passereaux de ce milieu est l'Alouette des champs. Les vanneaux huppés sont des nicheurs abondants.

L'oie rieuse compte une population de 30 à qui font escale dans le parc national de Hortobágy. Parmi les autres espèces qui les accompagnent dans les grands vols d'oies, pendant la migration, on trouve l'oie cendrée, la bernache à cou roux et en 2014-2015 quelques individus d'oie naine.

L'emblème du parc est la Grue cendrée (Grus grus), les plaines de Hortobágy sont, depuis les années 2010, le plus grand site d'escale de cette espèce pendant la migration. Les grues trouvent à se nourrir des graines tombées à terre après la récolte, dans les champs de maïs des zones alentour. Les effectifs sont passés de dans les années 1980 à plus de , avec un maximum à en 2012. L'industrialisation croissante de l'agriculture pourrait poser des difficultés aux grues..

Une autre espèce historique de la plaine préfère aujourd'hui les terres agricoles pour nidifier, la grande outarde (Otis tarda). Ces oiseaux utilisent toujours la steppe pour la parade nuptiale..

Les rapaces ne sont pas en reste avec des espèces comme l'aigle royal et la buse pattue. La population de faucons sacres compte 20 couples nicheurs dans le parc national. Après son spectaculaire rétablissement à l'échelle nationale, l'effectif est passé de moins de 30 couples à environ 120.

Les chevaux de Przewalski Une population fondatrice de chevaux de Przewalski a été relâchée dans la « semi-réserve » de Pentezug en 1997. La population, au côté de celle d'aurochs reconstitués, a beaucoup augmenté au cours des 22 années qui ont suivi, malgré la mortalité élevée constatée en 2018 à cause d'un hiver prolongé. En 2019 le changement dans l'utilisation de l'habitat et surtout la baisse de l'état général de santé de la population semble indiquer que la densité était devenue trop élevée..

Réserve de ciel étoilé Une zone de a été désignée réserve de ciel nocturne en 2011, au cœur du parc naturel. L'objectif principal de ce classement est de réduire les menaces pour les oiseaux, des randonnées nocturnes sont organisées régulièrement pour sensibiliser le public au problème de la pollution lumineuse..

Patrimoine culturel Patrimoine archéologique

vignette|Kourgane de Szalkahalom, PN de Hortobágy Pendant la préhistoire, plusieurs peuples nomades cavaliers ont étendu jusqu'au Hortobágy leurs civilisations, depuis la grande steppe eurasiatique à travers la steppe pontique. Vers 2000 a. J.-C., apparaissent les sépultures kourganes et les tells qui abritent des vestiges de campements néolithiques.

Les fouilles menées sur le site d'Ecze, dans le sud du parc, ont permis de comprendre qu'il s'agissait d'un tumulus de la fin de l'âge du cuivre, rattaché à la culture Yamna. Un horizon de sol s'est ensuite développé par-dessus, comme c'est le cas sur les autres sites de Hortobágy et de Grande Coumanie.. Les Kourganes sont protégés systématiquement en vertu de la loi de conservation de la nature de 1996.

Après les Celtes, les Gépides et les Slaves, les Hongrois se sont établis dans le bassin du moyen-Danube au tournant du , notamment en Pannonie et le long de la Tisza. Entre Debrecen et Tiszafüred, les fouilles ont montré que les villages du Moyen Âge étaient souvent dotés d'églises. À l'apogée du la population est plus nombreuse et l'activité est basée sur le pastoralisme. Par la suite, au la population décline et la steppe devient un espace destiné uniquement aux activités d'élevage.. vignette|Pont des neuf arcs

Patrimoine architectural