La bataille navale de la baie de Vigo, parfois appelée bataille de Rande, eut lieu le (nouveau style) ou le (selon le calendrier julien encore utilisé en Angleterre à cette date) dans la baie de Vigo, au large des côtes de la Galice en Espagne. Elle mit aux prises une flotte anglo-néerlandaise dirigée par l'amiral George Rooke, secondé par les amiraux néerlandais Philips van Almonde et Philips van der Goes, avec la Flotte des Indes, un convoi franco-espagnol commandé par les amiraux François Louis Rousselet de Châteaurenault et Manuel de Velasco.
Contexte Rooke avait été envoyé en mission avec une flotte anglo-néerlandaise de 49 navires pour s'emparer du port de Cadix, mais le , tenu en échec, il se décide à retourner en Angleterre et fait relâche à Lagos (Portugal). Là, il apprend qu'un convoi espagnol, chargé de ramener en une fois toute la production des colonies américaines de l'année précédente, a quitté La Havane le mais, alerté du raid anglais, avait reçu ordre de détourner sa route de Cadix vers Vigo, qu'il avait atteint le .
Décidé à rendre un peu de lustre à sa mission, Rooke fait voile immédiatement vers Vigo, où il tombe sur une escadre de 40 vaisseaux français et espagnols en train de décharger le fret. La flotte espagnole est composée de 20 vaisseaux ramenant leurs riches cargaisons des indes occidentales espagnoles commandée par Velasco, et de son escorte de 20 navires de la Marine royale française.
Chateaurenault avait déjà organisé la protection du port en refermant la darse par des herses de mâts de navire qu'il avait donné l'ordre d'abattre ; l'entrée du port était couverte par des pièces d'artillerie en batterie depuis les forts de la ville et de l'île de San Simón, non loin de Redondela.
Bataille vignette|left|La bataille de Vigo coûte à la France et 11 à l'Espagne. Au premier plan, les vaisseaux anglais de la Royal Navy et néerlandais de la Marine de la république des Provinces-Unies. Anonyme.
Pourtant, le , Rooke donna l'ordre d'attaquer, chargeant l'amiral , commandant le HMS Torbay, de forcer le barrage de mâts entassés et de faire débarquer le corps expéditionnaire du duc d'Ormonde afin qu'il s'empare des redoutes. Hopson s’étant porté à pleines voiles sur l’estacade et l’ayant rompue du premier choc, toute la flotte pénètre dans le portDezos de la Roquette, , vol. 31, p. 409.
L'affrontement se déroule dans l'anse de l'île de San Simón, non loin de Redondela où les Franco-Espagnols se sont abrités, pensant ainsi pouvoir se garder de toute tentative d'attaque de la part des Anglais.
L'assaut est un succès total pour l'amiral Rooke. Après un combat vivement disputé, les Espagnols et les Français se voient contraints de saborder ou mettre le feu à la plus grande partie de leurs bâtiments pour empêcher qu'ils ne tombent au pouvoir des Anglais, qui s’emparent néanmoins de 10 vaisseaux de guerre et de 11 galions ; douze des vaisseaux français sont détruits. Les Anglo-Néerlandais s'emparent du reste de l'escadre : six vaisseaux et deux frégates. De la flotte espagnole, onze navires sont détruits et neuf sont capturés.
Conséquences Les trésors de l’Amérique ont été sauvés grâce à l'action du chevalier Renau, mais le principal résultat de cette expédition reste le tort irréparable qu’éprouve la marine des Bourbon ; la domination des mers passe aux Anglais pour tout le cours de la guerre.
La flotte anglo-néerlandaise n'a perdu aucun bâtiment ; en revanche, le combat a fait de nombreuses victimes de part et d'autre : on estime qu'il y a et autant de blessés du côté franco-espagnol, et et du côté Anglo-néerlandais. Les vainqueurs récupèrent de butin (près de de livres avaient déjà été déchargés par les Espagnols avant l'assaut). Les deux chambres d'Angleterre votent des remerciements aux généraux vainqueurs. En reconnaissance des services rendus, le duc d’Ormond James Butler est nommé lord lieutenant (vice-roi) d’Irlande, et Rooke est nommé gouverneur de Gibraltar (1704).
Forces en présence Liste des vaisseaux ayant pris part à la bataille, il ne s'agit pas de tous les vaisseaux présents sur place.
Flotte française Commandée par le marquis de Châteaurenault Le Fort, 76, vice-amiral de Châteaurenault, brûlé Le Prompt, 76, amiral Beaujeu, capturé par les Britanniques L'Assuré , 66, capitaine d'Aligre, capturé par les Britanniques L'Espérance, 70, capitaine La Gallissonnière, échoué et sabordé Le Bourbon, 68, capitaine Montbault, capturé par les Néerlandais La Sirène, 60, capitaine de Mongon, échoué et sabordé Le Solide, 56, capitaine de Champmeslin, brûlé Le Ferme, 72, capitaine de Beaussier, capturé par les Britanniques Le Prudent, 62, capitaine de Grandpré, brûlé L'Oriflamme, 64, capitaine de Certaines de Fricambault, brûlé Le Modéré, 56, capitaine L'Autier, capturé par les Britanniques Le Superbe, 70, capitaine Botteville, échoué et sabordé Le Dauphin, 46, capitaine Duplessis, brûlé Le Volontaire, 46, capitaine Sorel, échoué et sabordé Le Triton, 42, capitaine de Court, capturé par les Britanniques Flotte anglo-néerlandaise Vaisseaux de la Royal Navy et de la Marine de la république des Provinces-Unies, commandés par l'amiral Rooke. , 60, Edward HopsonnFrère du vice-amiral., accompagné par le PhoenixBrûlot. , 70, Thomas Harlowe, accompagné par le Vulture , 80, Andrew Leake, vice-amiral , 70, John Jennings , 70, Dordrecht De Zeven Provinciën, 90, vice-amiral Vandergoes, accompagné par un brûlot Velue , 70, Richard Edwards, accompagné par le Terrible , 70, John Hubbard, contre-amiral Fairborne, accompagné par le Griffin , 70, Robert Wynn , 80, Richard FitzPatrick , 80, , amiral Rooke, accompagné par le Hawk , 70, Henry Haughton, accompagné par le Hunter Muyde Holland, amiral Callenburgh, accompagné par un brûlot Unie, contre-amiral Wassenaer Reygerburgh , 80, Richard Lestock , 70, James Greenway, , accompagné par le Lightning , 70 , 60, Thomas Hardy Gouda Alkmaar, vice-amiral Pietersen, accompagné par un brûlot Catwyck
Dans la littérature Longtemps courut une légende suivant laquelle une partie du butin de Vigo était encore sous les eaux, dans les épaves de certains navires. On en trouve un écho dans le roman de Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les mers, où le capitaine Nemo montre à ses hôtes l'épave d'un navire espagnol. On y fait référence également dans le roman La Bataille invisible, de Gaston Leroux, où les Alliés, commandés par le capitaine Hyx, et les Allemands tentent de s'emparer des richesses englouties en faisant une guerre de tranchées au fond de la baie de Vigo.
Notes et références
Bibliographie . . . . . . . . . .
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