Henri Dentz , né le à Roanne (Loire) et mort le à la prison de Fresnes (Seine), est un officier général français.
Il participa aux deux guerres mondiales. À la tête des troupes de l'armée de Vichy en Syrie mandataire, il lutte contre l'offensive des Britanniques et des Français libres en juin et juillet 1941. Condamné à mort à la Libération en , sa peine est commuée en prison à vie, mais il meurt de maladie quelques mois plus tard.
Biographie Famille Son père, Antoine Dentz (1853-1929), est le fils d'Étienne Dentz (1817-1868), maréchal-ferrant natif d'Altorf et de Madeleine Werlé (1815-1870). Il naît à Saverne dans le Bas-Rhin, et quitte l'Alsace en 1871 à la suite de l'annexion allemande de 1870 pour ne pas devenir allemand. Venu à Paris, il s'engagea dans l'armée et devint officier d'administration d'artillerie. Il obtient la distinction d'officier de la Légion d'honneur et la médaille militaire. La mère d'Henri Dentz, Éléonore Paccard (1862-1930)Née à Lury-sur-Arnon dans le Cher., est la fille de cafetiers.
Antoine Dentz et Éléonore Paccard se marient à Roanne le Acte de mariage d'Antoine Dentz et d'Éléonore Paccard, État-civil numérisé de la ville de Roanne, Archives départementales de la Loire, vue 3 (en ligne).. Après Henri, né le de la même annéeActe de naissance de Henri Fernand Dentz, État-civil numérisé de la ville de Roanne, Archives départementales de la Loire, vue 131 ()., ils donnent naissance à André (1888-1969)Né à Toulon (Var). Ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (Promotion du Maroc), chef de bataillon..
Celui-ci entre dans l'armée ; officier, distingué comme officier de la Légion d'honneurDossier base Léonore. puis versé dans la réserve, il devient industriel, administrateur de la SFFC et président de la Fédération française des carburantsVoir sur entreprises-coloniales.fr.
Henri Dentz se marie le à Tunis avec Théa Noetinger (née en 1881 à Mustapha (Algérie))Acte de naissance de Théa Paule Noetinger, État-civil numérisé de la ville de Mustapha, Archives nationales d'outre-mer, vue 93 (en ligne)..
Carrière militaire
En 1900, il réussit le concours d'admission à la 3ème place,de l'École spéciale militaire de Saint-CyrFiche matricule de Henri Fernand Dentz, Bureau de recrutement de Saint-Étienne (1901), Archives départementales de la Loire, vue 766 ().. Il y entre le (Promotion du Tchad), pour en sortir 2 ans après, major de sa promotion sur 514 élèves. : Promu sous-lieutenant au régiment de zouaves. : Promu lieutenant. 1907 : Participe à l'expédition du massif des Béni-Snassen au Maroc. En 1908, il participe au début de la campagne du Maroc dans la colonne des généraux d'Amade et Drude. Puis il est affecté au régiment d'infanterie le ; à partir du , il suit les cours de l'École supérieure de guerre. Passé au régiment d'infanterie le , il est breveté d'état-major en 1910. : Stagiaire à l'État-major du corps d'armée. : Nommé capitaine au régiment d'infanterie.
Première Guerre mondiale
: Affecté au Service des chemins des fers. : Promu chef de bataillon au régiment d'infanterie. : Nommé chef d'État-major de la division d'infanterie. : Affecté au Grand Quartier général. : Affecté à la Direction des transports militaires aux armées.
Entre-deux-guerres
: Affecté à la mission militaire de Prague auprès de la République tchécoslovaque (adjoint du général Pellé). : Affecté à l'État-major de l'armée. : Détaché à l'État-major général de la Haute-commission française des territoires rhénans à Mayence. : Affecté à l'État-major du corps d'occupation de Constantinople comme officier de liaison de l'État-major auprès du Haut-commissariat de la République française à Constantinople. : Passé au régiment de tirailleurs algériens. : Chef du service des renseignements de l'armée française au Levant à Damas (auprès du général Weygand puis du général Sarrail). : Nommé lieutenant-colonel au régiment d'infanterie. - : Détaché comme instructeur à Versailles. : Nommé chef d'État-major de la division d'infanterie. : Promu colonel. 1931 : Détaché au Centre des hautes études militaires. : Réaffecté au régiment d'infanterie. : Nommé commandant par intérim de la brigade d'infanterie à Gap. : Promu général de brigade. 1937 : Aide-major général chargé des théâtres d'opérations extérieurs.
Seconde Guerre mondiale À partir de , il est nommé général de corps d'armée et commande successivement le corps d'armée dans les Alpes pendant trois semaines, puis le corps d'armée en Alsace dans le secteur fortifié de Haguenau.
Il reçoit le l'ordre de rejoindre la capitale pour devenir adjoint du général Héring, gouverneur militaire de Paris. Le , Paris est déclarée et Héring replie alors ses troupes au sud de la Loire. Le , Henri Dentz le remplace comme gouverneur militaire de Paris, et reçoit la mission de remettre la capitale à l'ennemi le lendemain, .
Quelques jours après l'Armistice du 22 juin 1940, le , il prend le commandement de la division militaire à Marseille qu'il occupe jusqu'au 28 .
Le 27 , Jean Chiappe, tout juste nommé haut-commissaire de France au Levant, disparait en Méditerranée lors de son vol vers le Liban. Son avion, piloté par Guillaumet et Reine, a été abattu par erreur par des avions italiens. Un mois plus tard, le 29 décembre 1940, Dentz est placé hors cadres et est mis à la disposition du ministre secrétaire d'État aux Affaires étrangères pour remplir les fonctions de Haut-commissaire de l'État français au Levant, et est en même temps nommé commandant supérieur des troupes françaises au Levant.
Sur ordre de l'amiral Darlan, il fait passer en Irak deux trains d’armes françaises destinées aux partisans du Premier ministre irakien Rachid Ali al-Gillani, révolté contre les Britanniques lors de la guerre anglo-irakienne. En outre, quelque 70 avions militaires allemands dont certains arborent la cocarde tricolore sont autorisés à transiter par la Syrie mandataire et le Liban. Il tente néanmoins de limiter la présence allemande à la seule région d’Alep.
De juin 1941 à juillet 1941, en tant que général d'armée, lors de la campagne de Syrie, il s’oppose par la force aux Alliés, commandés par le général Wilson (et comprenant les Français libres commandés par le général Legentilhomme). N’ayant pas obtenu de renforts, ni les avions allemands qu'il réclamait pour bombarder Britanniques et Français libres, il demande le aux Britanniques les conditions de l'armistice. Celui-ci est signé le à Saint-Jean-d'Acre. Cette convention d'armistice, signée par les Britanniques d'un côté et par les troupes de Dentz fidèles au régime de Vichy de l'autre, stipule que les militaires de Syrie ne pourront pas être poursuivis. Le général de Gaulle estime que la France libre n’est pas engagée par une convention qu’elle n'a pas signée.
Du 29 septembre 1941 à 1942, il est chargé de l’inspection générale des troupes rapatriées du Levant ; de 1942 à 1943, il est président de la Commission d'octroi des récompenses de la guerre 1939-1940. Henri Dentz, atteint par la limite d'âge, cesse ses fonctions le . Il se fixe alors à Grenoble.
Il est arrêté le 4 septembre 1944 par une patrouille de FFI. Au cours de l’épuration, il est inculpé le d’intelligence avec l'ennemi. Ses avocats sont René de Vésinne-Larue et Alcide Delmont ; le jugement est prononcé par la Haute Cour de justice le 20 avril 1945 : il est condamné à mort, à la dégradation militaire, à la confiscation de ses biens, et à la radiation des matricules de la Légion d'honneur. Le général de Gaulle le gracie et sa peine se trouve commuée en détention à vie le .
Décès Son état de santé s'étant rapidement détérioré, il meurt d'une crise cardiaque à la prison de Fresnes le . Il est inhumé au cimetière de Neuilly-sur-Seine, quelques jours plus tard, le .
Décorations
Décorations françaises
(), remise le par l'amiral Darlan à Arles, en présence des généraux Huntziger et Bergeret, rayé des matricules de la Légion d'honneur le . 50px Commandeur de la Légion d'honneur (). 50px Officier de la Légion d'honneur (). 50px Chevalier de la Légion d'honneur (). (3 ). 50px Croix de guerre 1939-1940. 50px Croix du combattant. (avec agrafes Oujda et Casablanca).
Décoration étrangère
Officier de l'ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie).
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . .
Articles connexes Mandat français en Syrie et au Liban
Liens externes
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