La Nouvelle-Hollande (), aussi appelée Brésil hollandais (), était une portion du Nordeste brésilien au . Les Néerlandais fondent en 1621 la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (WIC) chargée de concurrencer l’Union ibérique sur ses zones d’enrichissement. En 1630, naît une colonie , entre Sergipe et le Maragnan, qui va couvrir .
Le compromis entre thèses affaiblit les Hollandais, tout comme la de la population portugaise, dont un tiers fuit vers le Sud en vue de la contre-attaque hispano-portugaise, qui échoue en 1640, malgré 86 navires et , puis oblige dès 1645 l'occupant à se barricader sur l'île de Recife et à la quitter définitivement en 1654.
Motivations diplomatiques, économiques et religieuses Des motivations économiques diverses et parfois fragiles Araya et le Potosi autant que le Brésil La préférence des Hollandais pour le pillage et la course en mer, qui dispensent des était très ancienne, s'inspirant des Anglais de l’époque élisabéthaine. Dès 1604, les Hollandais avaient pillé le port de Bahia et en 1595, ils avaient pillé les comptoirs portugais sur la côte de l’Afrique noire, .
Mais l'Europe, selon l'historien Fernand Braudel générait 80 % de la richesse hollandaise, simple superstructure marchande coiffant les systèmes productifs déjà développés d’Amérique et d’Asie, . En Amérique, les motivations hollandaises dépassaient largement le cas du Brésil. Depuis le début du , leurs navires acheminaient dans toute l'Amérique du Sud des marchandises concurrençant celles de la route officielle des galions espagnols et sur deux cents à trois cents navires quittant annuellement les côtes portugaises pour le Brésil, la majorité venait du Nord de l'Europe. Ces derniers étaient ainsi plus nombreux dans l'Atlantique portugais que dans l'Atlantique espagnol, et visaient aussi le flux d'argent métal du Potosi péruvien dont la route par l'isthme de Panama était concurrencée par une autre traversant la Pampa argentine puis la Cordillère des Andes mais aussi le sel de la lagune d'Araya ou d'une autre au Brésil, indispensable pour conserver les aliments consommés par les marins.
La volonté de briser le trafic d'esclaves ibérique S'y ajoute l'accélération brutale de l'économie Brésilienne, qui permet aux Ibériques de bénéficier d'une nouvelle monnaie, le sucre, moteur de l'économie brésilienne"Le Brésil néerlandais, 1624-1654 : une tentative de projection conjoncturelle de longue durée à partir de données de court terme", par François J. L. Souty, dans la Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine en 1988 . C'est qu'a débuté l'essor brésilien, dans la capitainerie portugaise du Pernambouc, avec des esclaves africains qui .
Production de sucre au Brésil, en arrobes
Année15701580159116001610Milliers d'arrobes produits180350378 (Pernambouc seul)12004000
Mais la politique des Hollandais dans ce domaine sera fluctuante et peu efficace, d'autant qu'ils n'ont aucune expérience dans ce domaine et se heurtent à la résistance des négriers portugais, durable et rusée.
Un contrat officiel donnait au Pernambouc portugais le et en échange il . En 1612, un document déplore qu'il en résulte l'obligation pour le Pernambouc de pour cette main d'œuvre.
Les Hollandais s’emparent des registres de douane brésiliens lors du sac d'un port portugais au Brésil; en 1624 à Bahia. Selon ces documents, , soit une moyenne de près de 4000 par an.
De leur côté et pour la période suivante, les registres des échanges de la Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales avec l’Afrique, .
Par ailleurs, brésiliennes, et car les Portugais dans les parties du Pernambouc encore sous leur domination et au sud, à Bahia.
Selon l'estimation de Johannes de Laet, chroniqueur hollandais de la Compagnie des Indes Occidentales, dans l'Atlantique, en abordant des navires portugais, provenaient d’Angola. Ensuite, entre 1637 et 1646, arrivés au Brésil venait d’Afrique de l’Ouest, principalement de la future république du Bénin . Le flux annuel d’environ 800 esclaves par an acheminé au Brésil avait alors été divisé par cinq par rapport à la période de domination portugaise sans partage de 1620-1624, les Hollandais créant une insécurité des trafiquants portugais.
Des actionnaires hollandais divisés et appauvris L'argent finalement massivement perdu par les Hollandais au Brésil, alors la colonie la plus riche du Monde avant leur arrivée, est liée à des problèmes politiques. Les deux principaux groupes d'actionnaires de la WIC s'opposent, ceux de Zélande réclament un strict monopole tandis que ceux d'Amsterdam sont favorables à la liberté du commerce. La WIC restera toujours déficitaire alors que la VOC, en charge elle des Indes orientales, affiche de plantureux bénéfices. La première voit la valeur de son action stagner entre 1623 et 1636 puis décliner pour tomber à seulement 10 % de son montant initial en 1655, alors que la seconde quadruple au contraire sa valeur.
L'appel du Congo aux Hollandais après les raids portugais À partir de la fin du , la plus grande mine du Monde, le Potosi péruvien, assure à l’Espagne la moitié de son argent-métal importé d'Amérique et elle y emploie noirs dès 1610, qui arrivent tous d’Angola, où le déportations d'esclaves africains ont pris leur essor depuis 1580, date de l’Union ibérique entre Portugal et l'Espagne Kara Danielle Schultz, The kingdom of Angola is not very far from here': the Río de la Plata, Brazil, and Angola, 1580-1680, 2016.. Le transit des esclaves et du métal par l’isthme de Panama étant exposé aux pillards, une seconde voie d’accès au Pérou passe par le sud, avec des escales successives à Récife, Buenos-Aires et Mendoza, où une partie sont revendus sur place, principalement Récife. Au milieu des années 1610, cette mine du Potosi a atteint son niveau historique de production et cet argent-métal en Europe, en se diffusant en Europe, facilite l’achat de produits coloniaux, en particulier le sucre du Brésil. Au même moment, l', avec la fondation de Benguela, deuxième plus grand port de la traite négrière et l’arrivée pour quatre ans du gouverneur Luis Mendes de Vasconcellos. Dans un mémoire au Roi de 1616, ce vétéran des guerres portugaises en Asie, qui a épousé la fille d'un des plus importants négriers portugais, explique que ces déportations ne pourront être à l'échelle requise que par l'envoi d'une armée portugaise plus importante en Angola. Et la guerre qu'il mènera dans l'intérieur des terres va provoquer l'envoi de plus en plus de troupes portugaises. . Depuis que le roi avait envoyé six cents soldats commandés par Francisco de Gouveia, battre en 1575 ce que l'historien Joseph C. Miller appelle une pseudo invasion des « Jagas », invention servant aux Portugais à interférer dans les successions au Kongo.John K. Thornton, « A Resurrection for the Jaga. », dans Cahiers d'Études africaines, 1978, , les Portugais avaient bâti cinq forts dans l’intérieur des terres. Le mot Jaga, qu’ils ont appliqué aux mercenaires de plusieurs ethnies, décrit en fait une façon de vivre, a rappelé l'historien John K. Thornton. Le roi proteste en 1617 contre l’aggravation de la traite négrière, dans une lettre au Pape, qui ouvre une enquête tandis que l’ordre des Capucins accepte en 1618 de lui envoyer des missionnairesBiographie coloniale belge Volume 2, de l’ Académie royale des sciences d'outre-mer en 1948, qui n’arriveront qu’en 1645.
À la même époque, le négrier António Fernandes de Elvas, de la même confrérie religieuse que le gouverneur portugais, acquiert l'asiento, exclusivité d'approvisionnement de l'Empire espagnol : il doit y livrer par an entre le et le Ribeiro da Silva, Filipa (2011). Dutch and Portuguese in Western Africa: Empires, Merchants and the Atlantic System, 1580-1674. Brill. .. Son asiento a causé le plus grand mouvement d'esclaves africains vers les Amériques depuis le début de la traite négrière, la plupart en provenance d'Angola, vers le Venezuela, les Antilles et la mine d'argent du Potosí, via un voyage terrestre éprouvant qui cause encore plus de morts que la traversée de l'AtlantiqueBystrom, Kerry (2017). The Global South Atlantic. Fordham Univ Press. ..
L'évêque du Congo dénonce lui aussi ces pratiques et la capture de près de quatre mille Africains chrétiens en 1619, l'année où un raid massif a lieu par parmi les chrétiens de la ville d'Angoleme et où une partie de supplétifs africains finissent par se désolidariser des Portugais pour rallier au roi africain Ngola Mbande, tandis que le pays est dévasté"Central Africans, Atlantic Creoles, and the Foundation of the Americas, 1585-1660" par Linda M. Heywood, John K. Thornton, aux Cambridge University Press en 2007 .
La future reine Njinga du Ndongo et du Matamba travaille alors à l'alliance avec Kongolais, pour créer un large front anti-portugais allant des Kongolais aux Hollandais, notamment après 1621, quand le gouverneur portugais Vasconcellos est remplacé par (1621-1623). Ce dernier attaque dès sa prise de fonctions le Kongo, pour annexer le Kasanze, région frontière au nord de Luanda. Le roi du Kongo meurt le et son fils Ambroise, jugé trop jeune, est écarté de la succession. Correia de Sousa, qui espérait le manipuler, est déçu car les électeurs désignent plutôt .
Le gouverneur ordonne alors au capitaine Major Pedro de Sousa Coelho, à la tête de , de supplétifs Mbundu et d'un contingent d'Imbangala, d'envahir la province Kongo de Mbamba. La bataille de Mbumbi est ainsi gagnée le contre royaume du Kongo mais amène ce dernier à expulser les troupes portugaises à l'issue de leur premier conflit armé qui dure de 1622 à 1623, en gagnant notamment la bataille de Mbanda Kasi, en .
Des émeutes anti-portugaises éclatent dans tout le Kongo, causant des massacres. Le nouveau roi tente de les éviter, mais finalement déclare la guerre à l'Angola portugais en prenant l'offensive contre des territoires sous sa domination. Autre conséquence, il écrit en 1622 à la république des Provinces-Unies, proposant une alliance militaire aux Hollandais. afin de combattre les PortugaisM. Heywood, Njinga: Histoire d'une reine guerrière (1582-1663), éditions La Découverte, ..
La conséquence est l'éviction du gouverneur portugais de Luanda et la libération des sujets kongolais emmenés comme esclaves dans les campagnes précédentes, tandis que recherche une alliance durable avec les Hollandais dans le but d'expulser totalement les Portugais de la région.
Motivations religieuses et report de la création de la WIC