vignette|redresse=1.8|Distribution de l'haplogroupe N (ADN-Y) vignette|redresse=1.5|Tentative de reconstitution des routes de migration préhistoriques des porteurs de l'haplogroupe N du chromosome Y.

En génétique humaine, l’haplogroupe N (LLY22G) est un haplogroupe du chromosome Y, présent surtout dans le nord de l'Eurasie. Il serait apparu il y a environ en Asie du Sud-Est, avant de se répandre plus tard en Asie du Nord-Est, puis de gagner l'Europe du Nord à travers la Sibérie au cours du , en véhiculant les langues ouraliennes.

Origine On estime que l'haplogroupe NO-M214 (le dernier ancêtre commun de l'haplogroupe N et de l'haplogroupe O-M175) est apparu entre avant le présent (AP).

L'haplogroupe N-M231 serait apparu en Asie du Sud-Est il y a environ (± ), puis il se serait répandu vers le nord de l'Asie orientale au cours du Tardiglaciaire. Des hommes portant ce génome ont apparemment migré vers le nord alors que le climat se réchauffait progressivement, traversant la Chine et s'implantant en Mandchourie. L'haplogroupe N était prépondérant dans le Nord-Est de la Chine durant le Néolithique, il y a environ , puis a décru graduellement dans cette région jusqu'à l'Âge du bronze, il y a environ .

La rareté de l'haplogroupe N-M231 chez les Amérindiens confirme son arrivée relativement tardive en Asie du Nord-Est.

Diffusion vers l'Ouest Au cours du , l'haplogroupe N se diffuse d'Est en Ouest à travers la Sibérie, jusqu'à atteindre des régions aussi éloignées que la Fennoscandie et les Pays baltes.

Les résultats des études archéogénétiques suggèrent que la diffusion des langues ouraliennes vers l'Europe du Nord-Est vers s'est produite à partir de la population de Iakoutie de la fin du Néolithique. La population iakoute de cette période possède en effet tous les sous-clades de l'haplogroupe N, que l'on trouve aussi dans les populations ouraliennes Tian Chen Zeng, Leonid A. Vyazov, Alexander Kim et al., Postglacial genomes from foragers across Northern Eurasia reveal prehistoric mobility associated with the spread of the Uralic and Yeniseian languages, biorxiv.org, 4 octobre 2023, doi.org/10.1101/2023.10.01.560332. Tous les hommes étudiés (en 2023) de la population iakoute de cette période appartiennent à l'haplogroupe N. Celle-ci est génétiquement liée à toutes les populations de langues ouraliennes anciennes et contemporaines.

La diffusion de l'haplogroupe N vers l'Ouest à partir de coïnciderait avec un réchauffement climatique dans le nord de l'Eurasie. Elle parait liée à l'expansion des locuteurs de langues ouraliennes.

Sous-groupes Les sous-clades N3 et N2a de l'haplogroupe N sont les plus fréquents. Ils ont divergé il y a environ Anne-Mai Ilumäe et al., Human Y Chromosome Haplogroup N: A Non-trivial Time-Resolved Phylogeography that Cuts across Language Families, AJHG, volume 99, numéro 1, p.163-173, 7 juillet 2016.

L'une des caractéristiques génétiques les plus remarquables des populations de la Baltique orientale est un haplogroupe N3a à haute fréquence, une caractéristique partagée principalement avec les groupes de langue finno-ougrienne en Europe et plusieurs populations dans toute la Sibérie. L’expansion rapide de ce sous-clade a probablement eu lieu au cours des années. Les locuteurs ouraliens seraient arrivés dans la Baltique orientale seulement au Plus d'un tiers des hommes estoniens modernes partagent l’haplogroupe N3a, commun dans d'autres populations de langue ouralienne vivant beaucoup plus à l'est, mais qui est introuvable aux époques antérieures à l'Âge du fer dans la Baltique orientale.

Miroslava Derenko et collègues ont noté qu'il existe deux sous-groupes au sein du sous-clade N3a, tous deux présents en Sibérie et en Europe du Nord, avec des histoires différentes. Celui qu'ils ont appelé N3a1 s'est d'abord développé en Sibérie méridionale puis s'est étendu vers le Nord de l'Europe. Pendant ce temps, le sous-groupe qu'ils ont appelé N3a2 a émergé dans le Sud de la Sibérie (probablement dans la région du lac Baïkal).

Le sous-groupe N3a1a-M178 est défini par la présence des marqueurs M178 et P298. La fréquence moyenne du N-M178* est plus élevée en Europe du Nord qu'en Sibérie, atteignant environ 60 % chez les Finlandais et environ 40 % chez les Lettons, les Lituaniens et 35 % chez les Estoniens.

En Europe, le sous-clade N3a3-VL29 représente environ un tiers des Estoniens, Lettons et Lituaniens. Il est également présent chez les Samis, les populations de Carélie et les Finnois.

Références

Bibliographie

Articles connexes Langues ouraliennes Peuples finno-ougriens

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