Joseph Haïm Sitruk, né Joseph Sitruk le à Tunis et mort le à Neuilly-sur-SeineRelevé des fichiers de l'Insee, est un rabbin français. Il est grand-rabbin de France pendant trois mandats consécutifs, de à .

Issu du judaïsme séfarade, il a été pendant ses mandats le guide spirituel de la communauté juive d'Europe la plus nombreuse.. Conformément à une tradition juive, le prénom Haïm (signifiant « vie ») a été ajouté à son nom en 2001 dans l'espoir d'une guérison après l'accident vasculaire cérébral dont il est victime.

Biographie Parcours Né en 1944 à Tunis de Jacques Isaac Sitruk et Emma Portugais, Joseph Sitruk est le deuxième d'une fratrie de cinq enfants : son frère aîné, Sion Jean Claude Sitruk (1942-2022), est le père de l'acteur Olivier Sitruk. Viennent ensuite Gisèle Cohen-Scali, née en 1946 ; Sylvia Maruani, née en 1948, puis Pierre Alain Hai Sitruk (1950-2007).

Joseph découvre le judaïsme lors de son passage aux Éclaireuses et éclaireurs israélites de France (EI) qu'il fréquente à Nice à partir de . Il y apprend l'hébreu, fait ses premiers pas dans l'exploration de la tradition juive et connaît sa première expérience de prise de responsabilité au service de la communauté juive. C'est également aux EI qu'il rencontre celle qui deviendra plus tard sa femme, Danielle Azoulay..

Constatant ses capacités de et son envie de judaïsme, le rabbin de Nice Saül Naouri l'encourage à devenir rabbin. Il choisit alors d'entrer au Séminaire israélite de France en 1964, accompagné de deux autres EI niçois : les futurs rabbins Bismuth et Hassoun. Ils logent la première année à l'école Gilbert Bloch d'Orsay, créée après la guerre par Robert Gamzon et vivier de futurs cadres communautaires. Pendant ses études rabbiniques, il poursuit son engagement scout en assumant la formation des cadres au niveau national.

En 1969, il part passer quelques mois en Israël afin d'étudier à la Cheerit Yossef à dirigée par le rav Nissim Toledano qui devient son maître. En Israël, il est plus sensible à l'approche cartésienne du judaïsme lituanien qu'à celle du judaïsme hassidique.. Il rentre en France en 1970 pour y devenir rabbin à Strasbourg à partir d'.

Il est d'abord aumônier de la jeunesse, avant de devenir l'adjoint du grand-rabbin de Strasbourg, Max Warchawski.

En 1975, le rabbin Joseph Sitruk succède à Israël Salzer au poste de grand-rabbin de Marseille. Il contribue au développement et à la réforme de cette communauté, mouvement initié quelques années auparavant par des personnalités comme Simon Zouaghi ou Nessim Chamla. Le consistoire phocéen s'occupe davantage des questions sociales ou religieuses. On voit alors apparaitre épiceries, centres communautaires, écoles, centres sociaux.

En , il est élu pour occuper la charge de grand-rabbin de France à partir du . Il est ensuite réélu pour deux autres mandats de sept ans chacun en 1994. Il est notamment à l'initiative des différents (au Bourget et au parc floral de Paris), événements qui ont réuni des milliers de personnes.

Présent à Carpentras le pour l'affaire de la profanation du cimetière juif, il veut marquer un avant et un après Carpentras..

Dans les , il crée à Neuilly-sur-Seine où il habite, hors le Consistoire central, le centre Alef, centre communautaire strict quant à la qui correspond mieux à sa conception du judaïsme que la synagogue consistoriale de Neuilly. Ce centre est, depuis 2009, dirigé par le rabbin Ariel Gay, gendre du grand rabbin Sitruk.

Ami de Jacques Chirac, il lui rend visite en 2001 lors de l'accident vasculaire cérébral (AVC) du chef de l'État. Il a lui-même été victime d'un AVC cette année-là, à la suite de quoi le prénom Haïm (signifiant « vie ») a été ajouté à son nom dans l'espoir d'une guérison, conformément à une tradition juive.

En 2007, il est élevé au rang de commandeur de la Légion d'honneur.

Début , il annonce son intention de briguer un quatrième mandat de grand-rabbin de France, alors que le grand-rabbin Gilles Bernheim se déclare aussi candidatBlog élections rabbiniques 2008.« Institutions juives : cimenter une communauté dispersée », Le Monde, 21 juin 2008.. Le , ce dernier est élu pour lui succéder. Le mandat de sept ans de Bernheim prend effet le « Gilles Bernheim élu Grand rabbin de France », article dans Le Monde du 22 juin 2008..

Il meurt le 25 septembre 2016 à Neuilly-sur-Seine. et est enterré le lendemain au cimetière du mont des Oliviers à Jérusalem.

Distinctions

(nommé en 2003) Officier du

Famille De son mariage le avec Danielle Azoulay sont issus dix enfants : Rebecca, Yacov, Hanel, Yekoutiel Mosche (1971-1971), Elie, Sarah, Ephraim, Esther, Isaac et Myriam.

Il est également l'oncle des comédiens Olivier Sitruk et Jules Sitruk. La psychiatre Rachel Bocher est sa petite nièce.

Prises de position Contraception Dans un entretien avec Norbert Attali, le grand-rabbin Sitruk prône la contraception féminine : .. Dans le même entretien, il est beaucoup plus circonspect sur la contraception masculine et l'usage du préservatif qu'il n'accepte qu'en cas de risque pour la santé.

Laïcité Pour lui, Cité dans ..

En 1994, il critique ce qu'il estime être une et appelle les Juifs pratiquants à ne pas participer au second tour des élections cantonales, qui coïncidaient avec le premier soir de la fête juive de Pessa'h..

Tribunaux rabbiniques Il souhaite l'extension des tribunaux rabbiniques, les , en France dont les compétences portent sur les mariages et divorces religieux, les conversions et la cacherout (règles alimentaires) et pourraient inclure les . Il déclare : (Actualité juive). Il précise sa pensée dans un entretien au mensuel Tribune juive. : .

Homosexualité Le , il affirme dans Le Figaro :

En 2006, à l'occasion de la sortie de son livre, Rien ne vaut la vie, lors d'un passage dans l'émission Tout le monde en parle sur , interviewé par Thierry Ardisson, il déclare à propos de l'homosexualité :

En , il déclare sur Radio J, à propos de la Marche des fiertés qui se déroulait à Tel-Aviv : Cette déclaration suscite une polémique, un an après l’assassinat de Shira Banki, poignardée à par un Juif ultra-orthodoxe lors de la marche des fiertés de Jérusalem. Alain Beit, président de l’association juive et LGBT, , proteste avec vigueur contre ces propos et organise le à l’espace culturel et universitaire juif d’Europe un débat sur la place de l'homosexualité dans le judaïsme en présence du grand-rabbin de France Haïm Korsia. C'est finalement l'association SOS Homophobie qui, début , dépose plainte, sans constitution de partie civile, pour « incitation au crime en raison de l’orientation sexuelle »....

Hommage La ville de Neuilly-sur-Seine a donné le nom de Joseph H. Sitruk à l'une de ses places.

Œuvres Diffusion en cassettes audio de ses cours donnés le lundi de 1990 à 2001 par l'association DVAR TORAH, puis en cd audio et en CD mp3, puis en téléchargement et en clé usb depuis le site www.dvartorah.org (1990-2020) Chemin faisant. Entretiens avec les journalistes Claude Askolovitch et Bertrand Dicale, Flammarion, 1999 Les Dix Commandements, avec Alain Mamou-Mani, Dalil Boubakeur et Jean-Charles Thomas, 2000, Éditions Albin Michel. Rien ne vaut la vie, Bibliophane - Daniel Radford, 2006 Pensée juive, tome I, retranscription de cours donnés à l'oral par les éditions Torah-Box, 2013Vision juive, tome III, retranscription de cours donnés à l'oral par les éditions Torah-Box, 2017 La Famille juive'', retranscription de cours donnés à l'oral par les éditions Torah-Box

Notes et références

Liens externes

Vidéo de l'émission Tout le monde en parle de Thierry Ardisson le 17 juin 2006 où Joseph Sitruk parle de son livre Rien ne vaut la vie (INA). Diffusion des cours du lundi du Rav Sitruk à la synagogue de la Victoire documentaire sur la vie du Rav Sitruk Les coulisses des cours du lundi

Catégorie:Naissance en octobre 1944 Catégorie:Naissance à Tunis Catégorie:Naissance dans le protectorat français de Tunisie Catégorie:Élève du lycée Carnot (Tunis) Catégorie:Étudiant du Séminaire israélite de France Catégorie:Rabbin français Catégorie:Grand-rabbin du XXe siècle Catégorie:Grand-rabbin du XXIe siècle Catégorie:Grand-rabbin de Marseille Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 2007 Catégorie:Commandeur de l'ordre national du Mérite Catégorie:Rabbin alsacien Catégorie:Personnalité pied-noire Catégorie:Judaïsme orthodoxe Catégorie:Grand-rabbin de France Catégorie:Décès en septembre 2016 Catégorie:Décès à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière juif du mont des Oliviers