La monarchie néo-zélandaise est le régime politique en vigueur dans le royaume de Nouvelle-Zélande, dont le chef d'État est un monarque désigné selon le principe héréditaire. Le monarque actuel, , est monté sur le trône le à la mort de sa mère, , qui régnait depuis 1952. En tant que tel, il occupe de jure la position de chef de l'État et détient quelques pouvoirs qui lui sont propres. Cependant, comme le roi demeure au Royaume-Uni, il délègue la plupart de ses fonctions au gouverneur général de Nouvelle-Zélande (actuellement Dame Cindy Kiro), parfois considéré comme le chef d’État de facto.

Le royaume de Nouvelle-Zélande comprend la Nouvelle-Zélande proprement dite, Tokelau et la dépendance de Ross ainsi que les territoires autonomes des Îles Cook et Niue. En outre, le monarque néo-zélandais règne également sur quatorze autres royaumes, appelés royaumes du Commonwealth, tous indépendants les uns des autres. est ainsi spécifiquement titré « roi de Nouvelle-Zélande » et, comme pour ses autres Couronnes, il porte l'ordinal III, bien que et n'aient pas régné sur la Nouvelle-Zélande. L'actuel héritier du trône est le fils aîné de , le prince William.

En Nouvelle-Zélande, il existe également une monarchie maorie purement honorifique, qui coexiste sans conflit avec la monarchie néo-zélandaise. La reine des Maoris est Ngā Wai Hono i te Pō, montée sur le trône le .

Aspects internationaux et nationaux Royaume du Commonwealth

Le monarque de Nouvelle-Zélande a la particularité de régner sur un total de quinze royaumes, appelés royaumes du Commonwealth, dont le Royaume-Uni, ce qui veut dire que la monarchie néo-zélandaise a un caractère à la fois distinct et partagé... Il s'agit en effet d'États souverains indépendants les uns des autres.. La monarchie est donc une institution exclusivement néo-zélandaise, bien qu'elle soit souvent assimilée à la monarchie britannique dans le langage journalistique et courant pour des raisons historiques, politiques et de commodité. En tant que chef de l'État de Nouvelle-Zélande, le souverain agit uniquement sur avis des ministres de la Couronne néo-zélandais.. Depuis le , le gouvernement du Royaume-Uni ne peut conseiller le monarque sur les questions relatives à la Nouvelle-Zélande.

Compte tenu de ces dispositions, il est considéré comme impossible pour le monarque néo-zélandais d'envoyer un ambassadeur dans un pays dont il est également le monarque, ce qui reviendrait à envoyer un ambassadeur à lui-même. Au lieu de cela, des hauts-commissaires représentent un gouvernement du Commonwealth auprès d'un autre..

Titre du monarque L'un des premiers exemples, après la Seconde Guerre mondiale, du statut de la Nouvelle-Zélande en tant que monarchie indépendante est la modification du titre du monarque en 1953. Pour la première fois, la Nouvelle-Zélande est mentionnée séparément du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth, soulignant à la fois le rôle spécifique de la reine en tant que monarque de Nouvelle-Zélande et l'aspect partagé de la Couronne dans tous les royaumes. Le titre de la reine est alors. :

Le titre du monarque en Nouvelle-Zélande est à nouveau modifié en 1974, supprimant toute mention du Royaume-Uni. Le titre du roi est actuellement le suivant :

Bien que le titre néo-zélandais du monarque comprenne l'expression , ni le monarque ni le gouverneur général n'ont de rôle religieux en Nouvelle-Zélande.. C'est là une des principales différences avec le rôle du monarque au Royaume-Uni, où il est gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre..

Financement La Nouvelle-Zélande ne verse pas d'argent public au monarque, que ce soit pour ses frais personnels ou pour financer les résidences royales hors du territoire néo-zélandais. Ce n'est que lorsque le monarque se trouve en Nouvelle-Zélande ou lorsqu'il représente la Nouvelle-Zélande à l'étranger que le gouvernement néo-zélandais le soutient financièrement dans l'exercice de ses fonctions. Cette règle s'applique également aux autres membres de la famille royale. En revanche, le gouvernement paie les frais liés au gouverneur général, que l'organisation estime à de dollars par an, soit environ un dollar par habitant..

Succession au trône

vignette|redresse|gauche|Le prince William, héritier du trône néo-zélandais. La succession se fait par primogéniture absolue. Elle est régie par les dispositions de l'Acte de succession à la Couronne (2013), ainsi que par l'Acte d'Établissement (1701) et par la Déclaration des droits (1689). Cette législation limite la succession aux descendants naturels et légitimes de Sophie de Hanovre, à l'exclusion des catholiques. Si ces lois constitutionnelles, telles qu'elles s'appliquent à la Nouvelle-Zélande, restent sous le contrôle du Parlement britannique, le Statut de Westminster dispose que toute modification des règles de succession doit recevoir le consentement unanime des royaumes du Commonwealth.. Ainsi, l'ordre de succession au trône de Nouvelle-Zélande reste identique à celui du Royaume-Uni.

Après le décès ou l'abdication d'un souverain, la coutume veut que l'accession du nouveau monarque soit proclamée publiquement dans le pays par le gouverneur général, bien que l'héritier du souverain lui succède immédiatement et automatiquement, sans qu'il soit nécessaire de le confirmer. Au terme d'une période de deuil appropriée, le souverain est couronné au Royaume-Uni, même si ce rituel n'est pas nécessaire pour qu'il puisse régner. Comme pour les modifications de l'ordre de succession au trône, le monarque n'est pas autorisé à abdiquer unilatéralement : l'abdication requiert un avis favorable de chaque royaume du Commonwealth par le bais d'une loi spéciale votée par son Parlement.. Enfin, selon le , un régent installé au Royaume-Uni exercerait également la régence pour la Nouvelle-Zélande..

Après son accession au trône, le roi est officiellement proclamé roi de Nouvelle-Zélande le , au cours d'une cérémonie organisée à Parliament House, siège du Parlement de Nouvelle-Zélande à Wellington..

Îles Cook, Niue et Tokelau

Le monarque de Nouvelle-Zélande est également le souverain des Îles Cook et de Niue, États de facto indépendants mais non officiellement souverains et en libre association avec la Nouvelle-Zélande au sein du royaume de Nouvelle-Zélande.... La monarchie néo-zélandaise, cependant, est unitaire dans toutes les juridictions du royaume.. Les dispositions relatives à l'autonomie des Îles Cook au sein du royaume de Nouvelle-Zélande permettent au monarque d'être représenté en tant que chef d'État dans les Îles Cook par un représentant direct tandis que le gouverneur général de Nouvelle-Zélande représente le monarque dans le reste du royaume, dont Niue... L'administrateur du territoire des Tokelau est nommé par le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères pour représenter le gouvernement néo-zélandais, et non le monarque personnellement..

Personnification de l'État vignette|Le gouverneur général Dame Cindy Kiro signant à Lancaster House le livre de condoléances après la mort de la reine (2022). En tant qu'incarnation vivante de la Couronne, le souverain est considéré comme la personnification, ou la personnalité juridique, de l'État. En ce sens, l'État néo-zélandais est désigné sous le nom de « Sa Majesté le Roi du chef de Nouvelle-Zélande » ().. En tant que tel, le monarque est l'employeur de tout le personnel du gouvernement (y compris les juges, les membres des forces de défense, les officiers de police et les parlementaires), ainsi que le propriétaire de toutes les terres de l'État (appelées « terres de la Couronne »)., de tous les bâtiments et équipements publics (appelés « biens de la Couronne »), des entreprises appartenant à l'État (appelées « sociétés de la Couronne ») et du droit d'auteur de toutes les publications gouvernementales (appelé « droit d'auteur de la Couronne »).. En outre, les nouveaux employés de la Couronne, ainsi que les nouveaux citoyens néo-zélandais, sont tenus par la loi de réciter un serment d'allégeance au monarque, en réciprocité avec le serment du monarque à son couronnement..

Rôle constitutionnel La Constitution de la Nouvelle-Zélande est composée de divers statuts et conventions qui sont soit d'origine britannique, soit d'origine néo-zélandaise, et qui, ensemble, donnent à la Nouvelle-Zélande un système de gouvernement parlementaire dans lequel le roi est théoriquement investie des pouvoirs d'un monarque constitutionnel.. Dans les faits, toutefois, tous ces pouvoirs sont exercés par le gouverneur général de Nouvelle-Zélande, représentant du roi, qui agit uniquement sur avis du Parlement et du gouvernement. Cependant, certaines fonctions restent propres au monarque (par exemple, donner la sanction royale à la nomination du gouverneur général) ou réclament à la fois l'accord du monarque et celui du gouverneur général. En outre, le monarque de Nouvelle-Zélande n'intervient jamais directement dans les affaires politiques.

Toutes les institutions gouvernementales travaillent sous l'autorité du monarque ; les vastes pouvoirs de la Couronne sont connus communément sous le nom de prérogative royale. L'approbation de la Chambre des représentants n'est pas requise pour l'exercice de la prérogative royale, et le consentement du monarque doit être obtenu avant que le Parlement puisse même débattre d'un projet de loi affectant ses prérogatives ou ses intérêts. Si la prérogative royale est étendue, elle n'est pas illimitée ; par exemple, le souverain n'a pas la prérogative d'imposer et de percevoir de nouveaux impôts, une telle action nécessitant le vote d'une loi au Parlement.

Pouvoir exécutif vignette|gauche|Le gouvernement réuni autour de la reine (1981). Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande (officiellement appelé gouvernement de Sa Majesté.) est défini par la loi constitutionnelle comme étant le monarque agissant sur les recommandations du Conseil exécutif. L'un des principaux devoirs de la Couronne est de veiller à ce qu'un gouvernement démocratique soit toujours en place, ce qui implique de nommer un Premier ministre qui dirige ensuite le Cabinet et est légalement tenu d'informer le gouverneur général des affaires de l'État..

Dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle, l'avis des ministres est généralement contraignant. En effet, le monarque . Cela signifie que le rôle du monarque, et par conséquent celui du gouverneur général, est presque entièrement honorifique. Cependant, la prérogative royale appartient à la Couronne et non au gouvernement. Le monarque peut utiliser unilatéralement ces pouvoirs dans des situations exceptionnelles de crise constitutionnelle, lui permettant ainsi de s'assurer que le gouvernement agit en conformité avec la Constitution... Outre la nomination du gouverneur général (susmentionnée), l'assentiment royal est nécessaire pour l'attribution des distinctions honorifiques néo-zélandaises et pour tout changement du titre néo-zélandais du monarque.

Pouvoir législatif vignette|La reine (1954) ouvrant une session du Parlement.