La rivière des OutaouaisRésultats de recherche pour Rivière des Outaouais des Ressources naturelles Canada (Ottawa River en anglais) est le principal affluent du fleuve Saint-Laurent et constitue un important segment de la frontière entre les provinces canadiennes du Québec et de l'Ontario. L'Outaouais a joué un rôle déterminant de voie de pénétration dans le continent nord-américain, au nord vers la baie d'Hudson et à l'ouest vers les Grands Lacs. Elle est la plus longue rivière du Québec. Elle est nommée en l'honneur de la nation des Outaouais.
Hydrographie Parcours
Le bassin versant de l'Outaouais s'étend sur environ . D'une longueur de , l'Outaouais prend sa source principale dans le lac des Outaouais dans la région de l'Outaouais (municipalité régionale de comté de La Vallée-de-la-Gatineau), à au nord-ouest de Montréal. De là, la rivière alimente le lac Capimitchigama. dans la Réserve faunique La Vérendrye et ensuite les réservoirs Cabonga et Dozois, puis le Grand Lac Victoria et le lac Granet. Elle quitte la réserve faunique avant de rejoindre le réservoir Decelles, le lac Simard et le lac des Quinze. Jusque-là, elle s'est écoulée en zigzaguant vers l'ouest à travers les régions de l'Outaouais et de l'Abitibi-Témiscamingue. À partir du lac Témiscamingue, la rivière bifurque vers le sud et devient la frontière naturelle entre l'Ontario et le Québec. Elle poursuit alors son cours dans un axe nord-ouest sud-est, jusqu'à Hawkesbury Est où son rôle de frontière naturelle s'arrête. Elle continue de descendre, au Québec exclusivement, jusqu'à se jeter dans le Saint-Laurent, après son élargissement au lac des Deux Montagnes. La confluence des deux cours d'eau crée l'archipel d'Hochelaga.
Affluents vignette|Rivière des Outaouais au printemps. vignette|La rivière à Ottawa-Gatineau. vignette|droite|Un pont ferroviaire enjambe la rivière des Outaouais, à Mattawa, Ontario, à environ au nord de la capitale canadienne. L'Outaouais compte plusieurs dizaines d'affluents dont la Dumoine, la Noire, la Coulonge et la Quyon. Dans la partie inférieure de la rivière des Outaouais, les principaux affluents sont, en aval de : Gatineau sur sa rive gauche, au Québec : Gatineau, Blanche, du Lièvre, Petite Nation, Rivière rouge ; Ottawa sur sa rive droite, en Ontario : Rideau et Nation sud.
Plus loin, à la hauteur de Grenville sur le flanc québécois et de Hawkesbury sur le flanc ontarien, la rivière s'élargit pour former le lac Dollard-des-Ormeaux qui est borné en aval par le barrage de Carillon. Au pied du barrage se trouve un élargissement naturel de la rivière, le lac des Deux Montagnes, lui-même alimenté par quelques affluents.
Émissaires L'Outaouais termine sa longue course dans le fleuve Saint-Laurent, principalement par la rivière des Prairies qui reçoit de son eau et, dans une moindre mesure, par la rivière des Mille Îles (qui rejoint la rivière des Prairies avant que celle-ci se jette dans le fleuve). Le reste s'écoule vers le fleuve par le lac Saint-Louis.
Canaux L'Outaouais est une importante voie navigable parsemée d'obstacles naturels notamment les rapides, les chutes d'eau et plusieurs zones de haut-fond. Dès la première moitié du on a creusé et aménagé quatre canaux sur son parcours, auxquels s'ajoutèrent, formant un ensemble complexe, les canaux des autres cours d'eau auxquels il est rattaché (notamment, le canal Lachine et le canal Rideau). C'est cet ensemble qui permit la libre circulation des bateaux dans un vaste réseau navigable jusqu'au cœur de l'Amérique du Nord.
Les premiers canaux En remontant le fleuve, on rencontrait un premier obstacle de taille, à Montréal : les rapides de Lachine. Il était nécessaire de les contourner pour aller plus loin. Pour ce faire, on creusa dans un premier temps le canal Lachine () puis, au , on aménagea la voie maritime du Saint-Laurent. Ces deux ouvrages permettaient de passer du fleuve Saint-Laurent au lac Saint-Louis situé quelque plus haut. La route de l'Outaouais passait par le lac des Deux Montagnes. Pour rejoindre ce lac (situé plus haut) à partir du lac Saint-Louis, il fallait un canal, le premier sur l'Outaouais, celui de Sainte-Anne-de-Bellevue. Plus loin on arrivait aux rapides du Long-Sault. Pour les contourner il fallut creuser et aménager trois canaux successifs sur une distance d'environ , celui de Carillon, celui de la Chute-à-Blondeau et celui de Grenville. À la hauteur des villes de Gatineau et Ottawa le passage était bloqué par les chutes des Chaudières et il l'est toujours aujourd'hui. L'amont de la rivière n'est plus directement accessible par eau à partir de ce point. Il n'existe aucun canal qui permet de contourner ces chutes ni tous les rapides qui se trouvent en amont sur le reste du parcours. Pourtant, la navigation était possible plus en amont et jusque dans les lacs d'Abitibi grâce aux trains de portage qui permettaient de transporter les marchandises et les passagers au-delà de chaque nouvel obstacle.
Les nouveaux canaux Du pied des rapides de Lachine dans le Vieux port de Montréal à l'entrée du canal Rideau à Ottawa, l'escalier d'eau comptait, au , dix-sept marches, qui étaient autant d'écluses sur le parcours. Depuis les années 1960 et l'avènement de la voie maritime du Saint-Laurent et de la centrale hydroélectrique de Carillon, les navigateurs ont, selon la taille de leur bateau, le choix entre deux voies, soit le passage du canal Lachine, soit celui de la voie maritime. Pour remonter vers Ottawa et Gatineau l'escalier compte désormais quatre marches (par la voie maritime) ou sept marches (par le canal Lachine).
Harnachement Le cours de la rivière des Outaouais est ponctué de dix barrages qui captent et transforment son énergie en hydroélectricité et contrôlent par le fait même son débit. En amont du lac Témiscamingue, six structures sont en place. Toutes ces installations à l'exception d'une seule, la centrale de Rapide-7, sont dites centrales au fil de l'eau. Le premier barrage a produit de l'électricité dès 1910., à Hull, aujourd'hui Gatineau mais on a produit de l'électricité sans barrage dès 1881 à l'usine E.B. Eddy, puis en 1882 à Ottawa.
La centrale de la Première-Chute La centrale de Bryson La centrale de Rapide-2 La centrale de Rapide-7 La centrale des Rapides-des-Îles La centrale des Rapides-des-Quinze La centrale de la Chute-des-Chats Le barrage des Chaudières (Hull, auj. Gatineau) La centrale de Hull-2 La centrale de Carillon
Dans la partie où elle est la frontière naturelle entre les deux provinces, la production hydroélectrique est parfois le fait de l'Ontario Power Generation, parfois celui d'Hydro-Québec, les deux sociétés d'État provinciales de production d'électricité, et elle est parfois le fait des deux sociétés, conjointement. Certaines centrales sont privées, ou l'ont été. Au barrage de Carillon, en amont de Montréal, la moyenne du débit s'établit à /s ; ce débit connaît des variations entre 700 et /s selon les saisons. En 1974, la crue amène des inondations importantes à Hudson dans Vaudreuil-Soulanges.
Tous ces barrages ont haussé le niveau de la rivière et modifié ses rives. Ils ont noyé des rapides et altéré les écosystèmes. Les eaux vives se sont transformées en eaux calmes. Certains de ces obstacles naturels, connus des communautés autochtones et notés dans les rapports d'expédition des explorateurs européens, sont disparus sous les eaux. C'est notamment le cas des rapides du Long-Sault en amont du barrage et de la centrale de Carillon ainsi que des rapides des Sept-Chutes Le Nord de l'Outaouais. Manuel-Répertoire d'Histoire et de Géographie régionales, Le Droit, Ottawa, 1938, 396 p. Chapitre 2, À l'ouest de Hull, . en amont du barrage de Bryson.
Lacs La rivière des Outaouais comprend plusieurs lacs fluviaux et plusieurs lacs de barrages, des élargissements qui sont tantôt l'œuvre de la nature et tantôt la conséquence de la construction de barrages permettant d'exploiter l'énergie de la rivière.
Préservation des milieux humides 350px|vignette|Vue satellite de la Rivière des Outaouais.. Devant la détérioration de nombreux milieux humides, le gouvernement fédéral canadien octroi de de dollars canadiens pour restaurer l'environnement. (Référence Radio-Canada du vendredi la rainette faux grillon ouache au milieu restaurer au Québec).
Îles La rivière des Outaouais est parsemée de centaines d'îles. Les plus importantes portent un nom. Certaines sont habitées. D'autres abritent des écosystèmes variés. Les deux plus grandes îles de l'Outaouais sont situées en territoire québécois. La première est L'Isle-aux-Allumettes qui est habitée par une population de (2014), en face de Pembroke (Ontario). La seconde en importance est L'Île-du-Grand-Calumet, tout près de Fort-Coulonge. L'île de Hull compte une partie de la population de la ville de Gatineau. Île du Rocher Capitaine Île Lemieux Île Limerick L'Île-Cadieux
Ponts et traverses Pas moins de dix-huit ponts routiers et six traversiers permettent de passer d'une rive à l'autre de l'Outaouais, sans parler des ponts ferroviaires.
Municipalités et localités Les villes d'Ottawa en Ontario (capitale fédérale canadienne, ) et Gatineau au Québec () forment le noyau principal de population sur la rivière. Plus en aval, on retrouve les municipalités québécoises de Montebello, Papineauville, Grenville, Rigaud et Saint-André-d'Argenteuil ainsi que la ville ontarienne de Hawkesbury.
vignette|800px|centré|Rivière des Outaouais en hiver, entre Ottawa et Gatineau.
Histoire
vignette|droite|290px|Carte des étapes numérotées de l'expédition de Samuel de Champlain de 1615 le long de l'Outaouais..
Il y a , la mer de Champlaincarte de la mer de champlain, créée par le retrait des glaciers, commence à se retirer vers l'est, formant ainsi les vallées de l'Outaouais et du St-Laurent. À son plus haut niveau, elle occupait les terres situées sous d'altitude (par rapport au niveau actuel des mers).
La rivière a été pendant longtemps le chemin privilégié par les amérindiens et par les premiers explorateurs. Ceux-ci l'empreintaient pour atteindre les Grands Lacs et l'ouest du Canada (Pays d'en Haut) par la rivière Mattawa puis le lac Nipissing et vers le nord par le lac Témiscamingue, le cours supérieur de l'Outaouais et les cours d'eau qui y communiquent. Son nom actuel vient d'une tribu originaire de l'Île Manitoulin (située dans le lac Huron), les Ouataouais (des algonquins dont le nom signifie "marchands"), qui l'utilisait pour venir faire la traite des fourrures avec les premiers explorateurs français. Son nom algonquin, Kitchesippi, signifie Grande rivière. La rivière des Outaouais a aussi porté les noms suivants : La Grande rivière (Galinée 1670), Rivière des Outaouai, Rivière des Hurons, Rivière des Outaouacs ou des Prairies (Bernou 1680), Outaouais (Alexander Henry), Utawas River (Alexander Mackenzie)Kennedy, Clyde C. The Upper Ottawa Valley, Renfrew County Council, Pembroke, Ontario, 1970.
Le blocus continental de 1806 instauré par Napoléon Bonaparte, oblige le Royaume-Uni, qui s'alimente habituellement sur la Baltique, à importer du bois en provenance du Canada, stimulant le commerce du bois d’œuvre sur la rivière des Outaouais.
Le , la portion ontarienne de la rivière des Outaouais a été désignée rivière du patrimoine canadien dans le cadre du Réseau des rivières du patrimoine canadien.. Le , la portion québécoise de la rivière des Outaouais, en excluant les îles, a été désignée comme lieu historique par le ministère de la Culture et des Communications..
Organismes de protection Garde-Rivière des Outaouais. est un organisme formé de citoyens qui exprime d'une voix impartiale les enjeux entourant la Rivière des Outaouais dans l'intérêt des citoyens. L'organisme travaille à faire de la rivière un affluent sain et durable sur le plan écologique dans l'intérêt de tous..
Notes et références
Bibliographie
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Annexes
Articles connexes
Outaouais, région administrative