Paul Rivière, né le à Montagny (Loire) et mort le à BronRelevé des fichiers de l'Insee, Compagnon de la Libération, est un résistant et homme politique français.
Il s'engage dans la Résistance dès 1941 puis participe aux guerres d'Indochine et d'Algérie. Il est député de la circonscription de la Loire de 1962 à 1978 et maire de Montagny de 1965 à 1983.
Biographie
Famille, études et service militaire Il est issu d'une famille paysanne et catholique.
Paul Rivière est le fils de Jean-Baptiste Rivière (1870-1955), directeur d'école et de Clothilde Poulette (1876-1955). Il est le frère aîné de Joseph Rivière (1914-1984), homme politique.
Paul Rivière fait ses études primaires à Montagny puis ses études secondaires à l'Institution Saint-Gildas de Charlieu et obtient son baccalauréat en 1931. Il passe ensuite une année au séminaire de Saint-Joseph à Francheville puis enseigne les lettres classiques à l'Institution des Chartreux à Lyon de 1932 à 1933. De 1933 à 1934, Paul Rivière effectue son service militaire au bataillon de dragons portés, il est libéré en avec le grade de maréchal des logis. Il est ensuite professeur de lettres à l'Externat Saint-Joseph à Lyon.
Bataille de France En 1939, il est mobilisé et nommé instructeur à l'École de cavalerie de Saumur. Paul Rivière est blessé le par un éclat d'obus lors des combats de Saumur, il est opéré à l'hôpital de Niort, puis est évacué sur Bordeaux puis Toulouse où il séjourne un mois. Il poursuit ensuite sa convalescence dans sa maison de Tarare. Remis de ses blessures, il est démobilisé avec la croix de guerre en et reprend son poste de professeur de lettres à l'Externat Saint-Joseph ; Paul Rivière prépare en parallèle l'agrégation de lettres.
Activités de résistance Au début de l'année 1941, cherchant à rejoindre les Forces françaises libres, Paul Rivière fait, par l'intermédiaire d'un officier anglais, une tentative de départ pour l'Angleterre par Port-Vendres où un sous-marin doit venir le chercher mais l'opération échoue.
Fin , Pierre Chaillet, prêtre jésuite à Lyon, le met alors en contact avec Henri Frenay et Berty Albrecht, Paul Rivière adhère au mouvement Les Petites Ailes, puis au mouvement Combat en .
Peu après l’arrivée en France de Jean Moulin, qu’il rencontre dès le , il abandonne la propagande pour l’action et devient l'adjoint de Raymond Fassin, officier de liaison de Jean Moulin, parachuté en même temps que ce dernier et que son opérateur radio, Joseph Monjaret. Le , à Clermont-Ferrand, il est arrêté par la police de Vichy, au lendemain d'un parachutage pour détention de faux-papiers. Détenu à la prison Saint-Paul de Lyon, il est jugé le et condamné à quatre mois de prison ; il est libéré le soir même. Dès sa libération, il rentre dans la clandestinité où il reste jusqu’à la fin de la guerre.
Il prend alors une part active à l'organisation des services de transmission radio et des opérations aériennes clandestines dans l'ensemble de la zone Sud, dans le cadre des Mouvements unis de la résistance (MUR).
Le , à la gare de Brive-la-Gaillarde, il manque d'être arrêté en même temps que Jacques Renouvin, chef des groupes francs de Combat. Parti pour Londres le afin de suivre ses stages d'habilitation aux fonctions de chef d'opérations aériennes, il y apprend l'arrestation de Jean Moulin à Caluire et est renvoyé d'urgence en France par le colonel Passy, chef du BCRA, pour réorganiser le service qui prendra alors le nom de section atterrissage parachutage (SAP).
Il reste à la tête de la SAP jusqu'à la Libération et est également chef des opérations pour la région Rhône-Alpes, ce qui l'amène à organiser parmi les plus importantes opérations clandestines d'atterrissages et de parachutages, qui permettent la distribution à l'Armée secrète et aux maquis de centaines de tonnes d'armes et de matériels, ainsi que l'acheminement de millions de francs à la Résistance. Il organise également le transfert de nombreux agents et de personnalités entre la France et Londres. Parmi eux, on peut citer : Jean de Lattre de Tassigny, Vincent Auriol, Albert Gazier, Emmanuel d'Astier de la Vigerie, Jacques Chaban-Delmas, Maurice Bourgès-Maunoury, François de Menthon, Henri Frenay, Eugène Claudius-Petit, Jean-Pierre Lévy, Daniel Mayer, Christian Pineau, Raymond et Lucie Aubrac.
En , il fait un second voyage à Londres. Bloqué en Angleterre jusqu'au à cause du dû à l'imminence du débarquement, il rencontre le général de Gaulle ce même jour, avant de pouvoir être parachuté en France dès le lendemain et reprendre enfin ses activités jusqu'à la Libération.
Pseudonymes utilisés durant la période de résistance : François, Charles-Henri, Sif bis, Galvani et Marquis.
Après la guerre
Après la fin de la guerre, il est maintenu dans le service armé avec le grade de lieutenant-colonel au cabinet du ministre des Armées. En , il s'engage derrière le général de Gaulle au Rassemblement du peuple français (RPF) puis, engagé à nouveau, part pour l'Indochine en . De retour en France en 1955, il est envoyé en Algérie avant d'être nommé, en , attaché militaire adjoint près l'ambassade de France à Tokyo. Il rentre du Japon en 1960. Il est ensuite affecté comme chef de poste de sécurité militaire du corps d'armée d'Alger et, le , devient directeur de la sécurité militaire pour l'Algérie et le Sahara.
En novembre 1962, Paul Rivière est élu député de la circonscription de la Loire puis réélu en 1967, 1968 et 1973. En 1965, il est élu maire de Montagny puis est réélu sans interruption jusqu'en 1983. De 1967 à 1978, il est membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Avec Geneviève Devilliers, ainsi que Jacques Chaban-Delmas, Maurice Bourgès-Maunoury et quelques autres, il participe à la création de l'Amicale des Réseaux Action de la France Combattante, association qui avait pour but l'entraide des anciens officiers d'action et la liquidation des réseaux, jusqu'à la dissolution de celle-ci, en 2002.
Il est membre du comité d'honneur du Mouvement initiative et liberté.
Paul Rivière meurt le à Lyon. Il est inhumé au cimetière de Montagny au côté de son épouse.
Vie privée Le , il épouse Geneviève Devilliers (1920-1996), résistante, adjointe de Paul Rivière pendant la période de la SAP et veuve de Raymond Fassin.
De ce mariage naissent quatre enfants : Jean-Marie Rivière. Jacques Rivière. Françoise Rivière. Claude Rivière.
Mandats
Mandats parlementaires - : Député de de la Loire - : Député de de la Loire (réélu) - : Député de de la Loire (réélu) - : Député de de la Loire (réélu) - : Membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
Mandat local 1965 - 1983 : Maire de Montagny
Distinctions et honneurs
Décorations nationales
(décret du )vignette|237x237px|Liste des Compagnons de la Libération (6 citations) (3 citations) (décret du 31 mars 1947)
(avec agrafe Extrême-Orient)
Décorations étrangères
(avec palme)
Croix de la Vaillance
(officier) 50x50px|sans_cadre Military Medal
Bibliographie Henri Noguères, Marcel Degliame-Fouche et Jean-Louis Vigier, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, 5 volumes, Paris, Robert Laffont, 1967-1981. Alban Vistel, La nuit sans ombre. Histoire des mouvements unis de résistance, leur rôle dans la libération du sud-est, Paris, Fayard, 1970. Hugh Verity, Nous atterrissions de nuit, Paris, France-Empire, 1982.
Archives Centre d'histoire de la résistance et de la déportation, Lyon, « Fonds d'archives Geneviève et Paul Rivière » – Les opérations aériennes (atterrissages, parachutages) en zone sud. 1941 - 1944, Les grands fonds d'archives du CHRD, . Il s'agit principalement de l'ensemble des câbles codés échangés entre la SAP (en France) et le BCRA (à Londres), concernant l'organisation des opérations aériennes : les phrases BBC, les noms et situations des terrains d'atterrissage ou de parachutage, complétés par des souvenirs et des témoignages originaux, ainsi que de divers documents concernant les membres du réseau SAP.
Notes et références
Liens externes
Biographie sur le site de l'ordre de la Libération Les réseaux Action de la France Combattante sur le site de la Fondation de la Résistance Le site du Centre d'histoire de la résistance et de la déportation à Lyon
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