, né le sous le nom de Hiroyuki , est un ancien lutteur professionnel de sumo très populaire au Japon. Originaire de Nōgata dans la préfecture de Fukuoka sur l'île de Kyūshū, vainqueur de cinq coupes de l'Empereur, il n'a jamais réussi à atteindre le grade de yokozuna à cause de blessures qui l'ont souvent handicapé dans sa carrière. Doté d'une poigne de fer exceptionnelle, il est réputé pour ses projections (nage). Surnommé Kinta, Kaiō est sans conteste l'un des plus grands ōzeki de l'ère moderne du sumo.

Profil

Au : Heya (écurie) : Tomozuna-beya

Rang : ōzeki depuis ( ōzeki de l'histoire du sumo)

Tournois : 147

Victoires/défaites, absences : 1047*/700, 158 (* 2ème de tous les temps) En makuuchi : 879*/581, 141 (* 2ème de tous les temps ).

Prix : Shukun-shō (prix de l'exploit) : 10 Kantō-shō (prix de la combativité) : 5 Kinboshi (étoile d'or) : 6

Prises/techniques favorites : hidariyotsu/yorikiri, uwatenage

Carrière

Son entrée dans le sumo

Hiroyuki Koga est le troisième enfant de la famille, il pèse plus de 7 kg à la naissance. Passionné de sport dès l'enfance, il rêve de devenir cycliste professionnel (cyclisme sur piste : keirin). Après une expérience de karaté à l'école primaire (ses parents l'obligent à arrêter car il a fait l'école buissonnière !), il se tourne vers le judo au collège et domine très rapidement les compétitions locales. En parallèle, il pratique le sumo. Et là encore, il remporte plusieurs tournois locaux (vainqueur de 6 tournois consécutifs au lycée). Mais il n'imagine pas un instant devenir professionnel, se destinant plus à un emploi dans le monde ouvrier.

En novembre 1987, pendant le Kyūshū basho (tournoi majeur organisé chaque année en novembre à Fukuoka, à deux pas de sa ville natale), Hiroyuki assiste à des entraînements à la Tomozuna-beya et à la Miyagino-beya. Il n'est pas très intéressé par une carrière mais en fait tout a été arrangé dans son dos par sa famille pour qu'il intègre une heya (écurie en japonais = école de sumo). Il n'a rien à perdre et comme une telle offre ne peut se refuser, il accepte finalement de rentrer dans une écurie fin 1987 : ce sera la Tomozuna-beya sous les ordres de l'ancien sekiwake Kaiki qui devient son oyakata (maître). La Tomozuna-beya est célèbre pour avoir été celle du yokozuna de l'histoire : Tachiyama Mineemon.

En mars 1988 (haru basho), Hiroyuki fait ses débuts officiels dans le monde du Sumo (ozumo) en prenant le shikona (nom de combat) de Koga, son nom de famille. Il débute dans la même classe (haru 1988) que les trois futurs yokozuna : Akebono, Takanohana et Wakanohana. Deux mois plus tard, il termine son premier tournoi avec une fiche négative de 3-4, make-koshi (au cours de sa carrière, à chaque fois que Kaiō est monté dans une nouvelle division, son premier tournoi s'est terminé par un bilan négatif). Il signe sa première victoire le second jour du natsu 1988 face à un dénommé Kobayashi. La première défaite de sa carrière a lieu trois jours plus tard face à Wakahanada, futur yokozuna. En , à seize ans, son poids est de 101 kg.

Comme tout apprenti (shin-deshi) dans l’ozumo, Koga doit s'occuper des taches les plus ingrates de sa heya (ménage, cuisine…). Il a beaucoup de mal à s'y faire, mais grimpe régulièrement dans la hiérarchie du Sumo - gagnant un yusho en tant que sandanme en juillet 1990 (victoire par yorikiri sur Shimamusashi lors d'un kettei-sen, combat pour départager les leaders) et un autre en tant que makushita en (battant notamment Kotobeppu, futur maegashira dans les années 1990). En 1990, son poids atteint 110 kg.

Débuts de professionnel

1992 à 1994 : jūryō puis maegashira

Ce n'est qu'en atteignant le grade de jūryō, donc en accédant au statut de professionnel (en janvier 1992), qu'il commence vraiment à apprécier le sumo. Pour la première fois il effectue des entraînements en dehors de sa propre heya (de-geiko). À l'époque le tout jeune sekitori (professionnel du sumo) pèse 123 kg. Il change alors de shikona. Il devient Kaiō.

Rikishi (lutteur) très prometteur, Kaiō doit tout de même patienter 8 basho avant d'accéder à la division makuuchi (une blessure lors du haru 1992 explique cela). Il débute en division makuuchi, la plus prestigieuse, en mai 1993 (natsu basho) en tant que maegashira 15 ouest. Ce premier tournoi chez les professionnels se termine malencontreusement par un make-koshi (plus de défaites que de victoires dans un tournoi) et Kaiō retourne en jūryō pour deux autres basho. Il pèse alors 147 kg.

Le Kyūshū basho 1993 marque les véritables débuts de Kaiō en division makuuchi. Cette fois-ci, il enchaîne les bonnes performances et gagne son premier Prix de la performance (shukun-shō) en mars 1994 (haru basho) après avoir battu notamment deux ōzeki (ginboshi — étoile d'argent) et surtout le yokozuna Akebono (kinboshi - étoile d'or). Le tournoi suivant (natsu basho), Kaiō atteint pour la première fois les rangs des san'yaku et devient komusubi. Sur la balance, il atteint les 157 kg.

1995 : sekiwake

En janvier 1995 (hatsu basho), à 22 ans, il obtient le grade de sekiwake, grade qu'il conserve pendant plus de deux ans de suite (record de 13 tournois). En 1995, il atteint son poids maximal à l'époque : 163 kg. Les trois années suivantes, ce poids va diminuer - tombant à 151 kg en .

Surnommé le nouveau Kitanoumi, dû à sa force et à son talent, il accroche plusieurs Prix de la performance supplémentaires (au total dans sa carrière, il va décrocher 10 shukun-shō), ainsi que quelques Prix de la combativité (au total, il a décroché 5 kantō-shō dans sa carrière).

1996 : il finit avec un bilan de 60 victoires pour 30 défaites ( bilan de l'année en division makuuchi derrière le yokozuna Takanohana et l’ōzeki Takanonami). Il demeure malgré tout assez inconsistant. Des problèmes avec l'alcool sont peut-être la cause de cette irrégularité : souvent candidat à une promotion au rang d’ōzeki, il échoue à chaque fois, ne pouvant supporter la pression de l'enjeu.

Fin 1996, lors du Kyūshū basho, avec une fiche de 11-4, il finit en tête du tournoi à égalité avec 4 autres rikishi. Il perd en play-off (kettei-sen) au premier tour face à l’ōzeki Takanonami.

Début 1997, il réussit le meilleur tournoi de sa carrière, finissant le haru basho en mars avec une fiche de 12-3. Il ne perd le tournoi que dans un Play-off à quatre (battu par le yokozuna Takanohana). Lors de ce tournoi, il décroche deux nouvelle étoiles d'or. alt=Tegata originale de Kaio|vignette|Tegata originale de Kaio

Les premières blessures

Mais les pépins physiques vont freiner le sekiwake. En , alors qu'il est en route pour une éventuelle promotion au rang d’ōzeki, Kaiō se blesse contre Takanonami lors du du natsu basho : articulation de la hanche et genou touchés. Ces blessures sont longues à se soigner (près d'un an et demi) et Kaiō tant bien que mal obtient des kachi-koshi (plus de victoires que de défaites) pour garder un rang élevé dans la hiérarchie (pendant ces 9 mois de convalescence, il ne descendra pas plus bas que maegashira 3). Il décroche en 1998 trois nouvelles étoiles d'or dont deux face aux frères Hanada (les yokozuna Takanohana et Wakanohana) lors du Kyūshū basho. Au total Kaiō a décroché six kinboshi dans sa carrière.

1999 marque le grand retour de Kaiō au premier plan (à nouveau bilan de l'année en division makuuchi avec 59 victoires). En mai (natsu basho), il finit notamment du tournoi (jun-yusho) derrière l’ōzeki Musashimaru, avec une fiche de 12-3. Le sekiwake regagne du poids à l'époque. Il atteint les 165 kg en 1999.

Cette même année le à Tokyo devant 570 invités (dont le yokozuna Takanohana), il épouse Mitsuko Nishiwaki, une ancienne lutteuse professionnelle.

Ōzeki Kaiō

2000

2000 commence timidement pour le sekitori, une blessure au genou l'empêchant de lutter convenablement. Cette blessure marque un tournant dans la carrière de Kaiō. Pendant sa rééducation, il change de méthode d'entraînement et rajoute des exercices de musculation dans son programme. Son poids passe pour la première fois la barre des 170 kg. Il atteint le poids maximal de sa carrière : 175 kg. Sur le dohyo, les résultats ne se font pas attendre. Dès le mois de (natsu basho), sa blessure ne le faisant plus souffrir, il réalise un tournoi exceptionnel. Le dernier jour, il est à égalité avec le yokozuna Akebono avec 13 victoires. Kaiō bat Tamakasuga et dans le combat des yokozuna, Takanohana bat Akebono. Komusubi Kaiō remporte son premier titre en division Makuuchi avec la meilleure fiche de sa carrière, 14-1. C'est le premier basho remporté par un membre de la Tomozuna-heya depuis le natsu basho de 1916 (remporté par le yokozuna Tachiyama).

Voilà Kaiō de nouveau en course pour le grade d’ōzeki. Pour cela, il lui faut au moins 11 victoires au tournoi suivant. Tout se passe à merveille la première semaine (victoire notamment contre le yokozuna Takanohana) mais les choses se corsent en milieu de tournoi et à cinq journées de la fin, il a déjà 4 défaites. Plus le droit à l'erreur. Kaiō, pour une fois, ne craque pas et finit le tournoi avec cinq victoires de suite dont une victoire sur le yokozuna Musashimaru.

Le , à 28 ans, Kaiō est promu Ōzeki. Après 32 tournois en tant que san'yaku dont 21 au rang de sekiwake (record dans l'ère moderne du sumo), il devient le ōzeki de l'histoire du sumo.

Les premiers tournois au rang d’ōzeki se déroulent convenablement malgré un pouce cassé lors d'un entraînement face au jeune prodige mongol Asashoryu.

À noter que lors du dernier tournoi de l'année devant son public à Fukuoka, il bat le yokozuna Musashimaru sur ipponzeoi : kimarite très rare qui n'avait jamais été vu en division makuuchi depuis 1973. Kaiō finit l'année 2000 avec un bilan de 62 victoires pour 28 défaites, deuxième meilleur bilan derrière le yokozuna Akebono.

2001

Au mois de mars 2001, Kaiō accroche un deuxième yusho à son palmarès. Avant le dernier jour du tournoi (senshuraku), ils sont trois rikishi en tête : Kaiō, l’ōzeki Musoyama et le yokozuna Takanohana. Kaiō bat Musoyama sur un extraordinaire uwatenage et dans le dernier combat le yokozuna Musashimaru bat Takanohana. La légende dit que Kaiō, la veille du dernier jour de ce haru basho, pensant qu'il n'avait aucune chance de gagner, s'est enivré bien comme il faut, et a combattu dans un état catastrophique. Ivre ou pas, Kaiō décroche sa deuxième coupe de l'Empereur avec une fiche de 13 victoires contre 2 défaites et pour la première fois de sa carrière, se retrouve en course pour devenir yokozuna après le prochain basho.

Mais un pépin physique va à nouveau le bloquer. Cette fois-ci, il s'agit du dos. Il se blesse 12 jours avant le natsu basho. Kaiō n'est plus très jeune et ces problèmes de sciatique vont le poursuivre tout le reste de sa carrière. Malgré les douleurs, il participe au tournoi, mais abandonne après le .

Au tournoi suivant, le voilà kadoban (il peut perdre son grade d’ōzeki s'il fait un make-koshi). Avec seulement une semaine d'entraînement, il gagne à nouveau le basho (fiche de 13-2). Le yusho est remporté le quatorzième jour, grâce à une victoire par uwatenage sur yokozuna Musashimaru.

Troisième titre en division makuuchi, et voilà Kaiō qui se repositionne à nouveau en course pour l'obtention du grade suprême. Mais les douleurs du bas du dos ressurgissent avant le tournoi de septembre (aki basho). Kaiō abandonne après 3 jours. Les tournois suivants se passent sans souci pour l’ōzeki. Son grade est conservé après le Kyūshū basho et il attaque l'année 2002 avec de bons résultats.

2002 et 2003

Au Nagoya basho de juillet, un problème au niveau d'un tendon du bras le pousse à abandonner après 3 jours. Kaiō se retrouve kadoban pour la et là encore sauve son grade sans problèmes au tournoi suivant en septembre, finissant l’aki basho en (jun-yusho) avec un 12-3.