Olga Alexandrovna Romanova (en russe : О́льга Алекса́ндровна Рома́нова), grande-duchesse de Russie, née le au palais de Peterhof en Russie et morte le à , Toronto, au Canada, est une princesse de la Maison Romanov et une artiste-peintre.

Biographie Famille et jeunesse left|thumb|La famille impériale en 1888.|alt=Black-and-white photograph of the Romanov family. Olga is a young girl who stands at the front resting against the arms of her seated bearded and bald father, who wears a military uniform. The older children and the empress complete the group. La grande-duchesse Olga Alexandrovna de Russie naît le au palais de Peterhof à l'ouest de Saint-Pétersbourg. Dernière fille du tsar Alexandre III de Russie et de Dagmar de Danemark, Olga est la sœur cadette de Nicolas II, dernier tsar de Russie mais aussi des grands-ducs Alexandre Alexandrovitch, Georges Alexandrovitch et Michel Alexandrovitch et de la grande-duchesse Xenia Alexandrovna. Sa naissance est annoncée par une salve traditionnelle de cent-un coups de canon depuis les remparts de la forteresse Pierre-et-Paul, et par des cérémonies similaires dans tout l'empire. Sa mère, conseillée par sa sœur, Alexandra de Danemark, princesse de Galles, confie Olga à une nourrice anglaise, Elizabeth Franklin.

La famille impériale russe est une cible fréquente des assassins, c'est pourquoi, pour des raisons de sécurité, la grande-duchesse est élevée au palais de Gatchina, à l'ouest de Saint-Pétersbourg. Olga quitte Gatchina pour la première fois en 1888, lors de la visite de la famille impériale dans le Caucase. Le , leur train de retour s'approche à grande vitesse de la petite ville de Borki. Les parents d'Olga et leurs quatre premiers enfants sont en train de déjeuner dans le wagon-restaurant lorsque le train fait une violente embardée et déraille. La voiture est éventrée ; le lourd toit de fer s'effondre et les roues et le plancher de la voiture sont arrachés. Les survivants affirment que le tsar a rampé hors du toit écrasé et l'a soutenu avec « un effort herculéen » pour que les autres puissent s'échapper ; une histoire jugée par la suite incroyableHarcave, .. Il y a vingt et un morts. L'impératrice aide à soigner les blessés et confectionne des bandages de fortune avec ses propres vêtements. Une enquête officielle révèle qu'il s'agit d'un accident, mais la croyance largement répandue est que deux bombes ont été posées sur la ligne.

Même si Olga et ses frères et sœur vivent dans un palais, leurs conditions de vie sont spartiates. Ils dorment sur des lits de camp, se lèvent à l'aube, se lavent à l'eau froide et mangent un simple porridge au petit-déjeuner. La grande-duchesse et ses frères et sœurs sont instruits à domicile par des professeurs particuliers. Les matières comprennent l'histoire, la géographie, le russe, l'anglais et le français, ainsi que le dessin et la danse. Les activités physiques telles que l'équitation sont enseignées dès le plus jeune âge et les enfants deviennent des cavaliers experts. La famille est profondément religieuse. Alors que Noël et Pâques sont des périodes de fête et d'extravagance, le Carême est strictement observé : la viande, les produits laitiers et toute forme de divertissement sont évités. alt=Oil painting of Olga as a girl|gauche|vignette|Portrait de la grande-duchesse Olga Alexandrovna en 1893 par Valentin Serov. L'impératrice est réservée et formelle avec Olga lorsqu'elle est enfant, et leur relation reste difficile. Mais Olga, son père et le plus jeune de ses frères, Michel, entretiennent une relation étroite. Ensemble, les trois font fréquemment des randonnées dans les forêts de Gatchina, où le tsar enseigne à Olga et Michel le travail du bois. Olga dit de son père :

Les vacances en famille ont lieu à Peterhof et chez les grands-parents d'Olga au Danemark. Cependant, en 1894, le père d'Olga est de plus en plus malade et le voyage annuel au Danemark est annulé. Le , il meurt à l'âge de quarante-neuf ans. L'impact émotionnel sur Olga, âgée de douze ans, est traumatisant, et son frère aîné, le nouveau tsar Nicolas II, est propulsé dans un rôle pour lequel, de l'avis ultérieur d'Olga, il est mal préparé.

Vie à la cour vignette|Olga, le roi Rama V de Siam, l'impératrice douairière, le tsar et le prince Vajiravudh lors de la visite du roi en Russie en 1897. Olga doit faire son entrée dans la haute société au milieu de l'année 1899, à l'âge de dix-sept ans, mais après la mort de son frère Georges, sa première apparition publique officielle est retardée d'un an, jusqu'en 1900. Elle déteste cette expérience et confie plus tard à son biographe officiel Ian Vorres : « Je me sentais comme un animal en cage, exposé au public pour la première fois ». À partir de 1901, Olga est commandante en chef honoraire du régiment de hussards Akhtyrsky de l'armée impériale russe.

En 1900, Olga, âgée de dix-huit ans, est accompagnée au théâtre et à l'opéra par un cousin éloigné, le duc Pierre Alexandrovitch d'Oldenbourg, membre de la branche russe de la maison d'Oldenbourg.. Il est de quatorze ans son aîné et est connu pour sa passion pour la littérature et les jeux de hasard.. Pierre demande la main d'Olga l'année suivante, une proposition qui surprend complètement la grande-duchesse : « J'étais tellement interloquée que tout ce que je pouvais dire, c'était "merci" », explique-t-elle plus tard. Leurs fiançailles, annoncées en , surprennent leur entourage, car Pierre n'a jamais montré aucun intérêt pour les femmes et les membres de la haute société pensaient qu'il était homosexuel.

vignette|La grande-duchesse et son premier époux en 1901.|gauche

À l'âge de dix-neuf ans, le , Olga épouse donc Pierre. Après la célébration, les jeunes mariés partent pour le palais d'Oldenbourg. Olga passe sa nuit de noces seule et en larmes, tandis que son mari fréquente un club de jeu et ne revient que le lendemain matin.. Leur mariage n'est pas consomméOlga déclare : « J'ai partagé un toit avec lui pendant près de quinze ans, et jamais nous n'avons été mari et femme » () ; voir aussi ., et Olga soupçonne que l'ambitieuse mère de Pierre l'a poussé à demander en mariage. La biographe Patricia Phenix pense qu'Olga a peut-être accepté sa proposition pour s'émanciper de sa propre mère ou pour éviter d'avoir à se marier dans une cour étrangère. La grande-duchesse vit d'abord avec ses beaux-parents Alexandre d'Oldenbourg et Eugénie Maximilianova de Leuchtenberg. Cet arrangement n'est pas harmonieux, car les parents de Pierre, tous deux bien connus pour leur travail philanthropique, réprimandent leur fils unique pour sa paresse. Olga n'aime pas sa belle-mère, bien qu'Eugénie, amie proche de l'impératrice douairière, ait offert à sa belle-fille de nombreux cadeaux, dont un diadème de rubis ayant appartenu à Joséphine de Beauharnais. Quelques semaines après le mariage, Olga et son mari voyagent en lune de miel à Biarritz, d'où ils naviguent vers Sorrente sur un yacht été prêté par le roi Edouard VII du Royaume-Uni..

À leur retour en Russie, ils s'installent au palais Baryatinsky à Saint-Pétersbourg, cadeau du tsar Nicolas II. Olga et Pierre ont des chambres séparées aux extrémités opposées du bâtiment et la grande-duchesse a son propre atelier d'art. Malheureuse dans son mariage, elle fait des crises de dépression qui lui font perdre ses cheveux, la forçant à porter une perruque. Il lui faut deux ans pour que ses cheveux repoussent.

Près du palais de Ramon, la résidence de campagne des Oldenbourg dans la province de Voronej, Olga possède sa propre villa, appelée « Olgino », d'après la ville la plus proche. Elle finance de sa propre poche l'école du village et y crée un hôpital.. Sa belle-fille écrit plus tard : « Elle essayait d'aider chaque personne dans le besoin dans la mesure où ses forces et ses moyens le lui permettaient ». À l'hôpital, elle apprend les traitements médicaux de base et les soins appropriés auprès du médecin local. Elle illustre sa forte foi orthodoxe en créant des icônes religieuses, qu'elle distribue aux œuvres caritatives qu'elle soutient. À Ramon, Olga et Pierre aiment se promener dans les bois voisins et chasser ensemble le loup.. Il est gentil et attentionné envers elle, mais elle aspire à l'amour et à des enfants.

En , lors d'une revue militaire royale au palais de Pavlovsk, son frère Michel lui présente un officier des gardes cuirassiers bleus, Nikolaï Koulikovsky. Olga et Koulikovsky commencent à se voir et échangent régulièrement des lettres. La même année, elle confronte son mari et demande le divorce, ce qu'il refuse – sous réserve qu'il puisse reconsidérer sa décision après sept ans. Néanmoins, le duc nomme Koulikovsky comme aide de camp et lui permit de vivre dans la même résidence que lui et la grande-duchesse. La relation entre Koulikovsky et Olga Alexandrovna n'est pas publique, mais les rumeurs sur leur histoire d'amour se répandent dans la haute sociétéA Cuirassier's Memoirs par Vladimir Trubetskoy, cité dans ..

vignette|Olga et sa nièce Anastasia vers 1912.

De 1904 à 1906, le duc Pierre est nommé à un poste militaire à Tsarskoïe Selo, un complexe de palais situé juste au sud de Saint-Pétersbourg. À Tsarskoïe Selo, la grande-duchesse se rapproche de son frère Nicolas et de sa famille, qui vivent au palais Alexandre, près de sa propre résidence. Olga apprécie ses liens avec les quatre filles du tsar. De 1906 à 1914, Olga emmène ses nièces à des fêtes et à des événements à Saint-Pétersbourg tous les week-ends de l'hiver, sans leurs parents. Elle aime particulièrement la plus jeune des sœurs, sa filleule Anastasia, qu'elle appelle Shvipsik (« la petite »). Grâce à son frère et sa belle-sœur, Olga rencontre Raspoutine. Même si elle ne fait aucune critique publique de la proximité de Raspoutine avec la famille impériale, elle n'est pas convaincue de ses pouvoirs supposés et ne l'aime pas. À mesure qu'Olga se rapproche de la famille du tsar, sa relation avec son frère Michel se détériore. À sa grande horreur et à celle de Nicolas, Michel s'enfuit avec sa maîtresse, une roturière deux fois divorcée, et la communication entre le grand-duc et le reste de la famille cesse pratiquement.

Les troubles publics suscités par la guerre russo-japonaise de 1904-1905 et les demandes de réformes politiques augmentent au début du . Lors de l'Épiphanie de 1905, une bande de révolutionnaires tire à balles réelles sur le palais d'Hiver depuis la forteresse Pierre-et-Paul. Olga et l'impératrice douairière sont couvertes d'éclats de verre provenant d'une fenêtre brisée, mais sont indemnes. Trois semaines plus tard, lors du Dimanche rouge, les troupes cosaques tuent au moins quatre-vingt douze personnes lors d'une manifestation, et un mois plus tard, l'oncle d'Olga, le grand-duc Serge Alexandrovitch de Russie, est assassiné. Des soulèvements ont lieu dans tout le pays et une partie de la marine se mutine. Olga soutient la nomination du libéral Piotr Stolypine au poste de Premier ministre et il se lance dans un programme de réformes progressives, mais en 1911, il est assassiné.

Les troubles publics, la fuite de Michel et les difficultés de son mariage mettent Olga à rude épreuve et en 1912, alors qu'elle visite l'Angleterre avec sa mère, elle souffre d'une dépression nerveuse. La tsarine Alexandra souffre également de fatigue, préoccupée par la mauvaise santé de son fils hémophile, Alexis. Olga la remplace lors d'événements publics et accompagne son frère lors d'une visite du pays.

Première Guerre mondiale et révolution 200px|left|thumb|La grande-duchesse Olga Alexandrovna de Russie en uniforme militaire.