La ligne E du RER d'Île-de-France, couramment désignée sous le nom de RER E, est l'une des lignes du réseau express régional d'Île-de-France, exploitée par la SNCF pour le compte d'Île-de-France Mobilités. Elle est issue du projet « Eole » (Est-Ouest Liaison Express), conçu pour renforcer la desserte de l'agglomération parisienne selon un axe transversal est-ouest. Cette ligne relie les gares de Chelles - Gournay et Tournan à l'est à la gare de Nanterre-La Folie à l'ouest, avec un prolongement prévu jusqu'à Mantes-la-Jolie. Son tracé traverse d'est en ouest le nord de Paris, et dessert les gares de Rosa Parks, Magenta, Haussmann - Saint-Lazare et Neuilly - Porte Maillot.
Ouverte par étapes à partir de 1999, et comprenant 21 gares en 2003 (jusqu'à Haussmann - Saint-Lazare), elle est alors la ligne la plus courte du RER avec une longueur de . À la fin des années 2000, elle transportait près de chaque jour de la semainedont dans Paris entre Haussmann - Saint-Lazare et Magenta, le samedi et le dimancheTransilien.com - "Actus Ligne E", consulté le 27 mai 2011. En 2012, sa fréquentation en semaine se portait à par jour. Le nombre d'usagers a depuis continué de croître, pour atteindre chaque jour ouvré en 2016« Le nouveau train d'Île-de-France », Dossier de presse, 11 janvier 2017, page 6 (consulté le 21 janvier 2017)..
Son prolongement à l'ouest était effectif depuis le jusqu'à Nanterre-La Folie, avec un service réduit en navettes jusqu'à Magenta, uniquement en heures creuses de la semaine et le weekend. Le service complet avec l'extension de toutes les missions jusqu'à Nanterre-La Folie, est effectif depuis le . Le prolongement complet jusqu'à Mantes-la-Jolie est prévu par étapes entre mars 2027 et fin 2029.
centré|vignette|upright=2.6|Plan de la ligne.
Historique Chronologie vignette|Une rame Z 58000 en gare d'Haussmann - Saint-Lazare, en .
: annonce par le Premier ministre Michel Rocard de la réalisation des projets Eole et Meteor : présentation du schéma de principe d'Eole : prise en considération par le Syndicat des transports parisiens (STP) de la première étape du schéma de principe : prise en considération par le Syndicat des transports parisiens (STP) de la seconde étape du schéma de principe du au : déroulement de l'enquête publique du projet : approbation par le STP de l'avant-projet d'Eole (première étape) : publication d'un décret déclarant l'utilité publique et l'urgence des travaux d'Eole : approbation de l'avant-projet d'Eole par le ministre des Transports Paul Quilès : commande de cinquante-trois rames MI 2N à deux niveaux : baptême du tunnelier « Martine » : achèvement du tunnel nord : livraison du premier MI 2N : achèvement du tunnel sud : présentation de l'avant-projet rectificatif d'Eole : mise sous tension du tronçon parisien en tunnel : inauguration de la ligne par le Premier ministre Lionel Jospin : mise en service de la ligne de Haussmann - Saint-Lazare à Chelles - Gournay : mise en service de la seconde branche jusqu'à Villiers-sur-Marne - Le Plessis-Trévise : approbation par le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF) de l'avant-projet du prolongement d'Eole à Tournan : prolongement vers le sud de Villiers-sur-Marne à Tournan : obtention de la première certification « NF Services » : relance du projet d'extension de la ligne à l'ouest de Paris par l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) : déclaration d’utilité publique du prolongement du RER E vers l'ouest : ouverture de la gare Rosa-Parks, lancement de nouvelles dessertes et mise en service de rames à un niveau, le Francilien (Z 50000), en complément des rames à deux niveaux : mise en service des premières rames RER NG 3 et : inauguration puis mise en service du prolongement occidental entre Haussmann - Saint-Lazare et Nanterre-La Folie, exploitation en navettes du prolongement entre Magenta et Nanterre-La Folie : prolongement de toutes les circulations d'Haussmann - Saint-Lazare à Nanterre-La Folie
Désengorger la ligne A vignette|Une rame du RER A, après la gare du Val d'Europe, en .
À la fin des années 1980, la saturation de la ligne A du RER constitue déjà le principal problème des transports dans l'agglomération de Paris. La ligne connaît alors des pics de fréquentation de à l'heure de pointe, dans le sens le plus chargé, dépassant largement sa capacité maximale théorique. Avec une croissance rapide de son trafic, des pics de à l'heure sont évoqués, et sa paralysie est annoncée à court terme. La mise en place du système d'aide à la conduite, à l'exploitation et à la maintenance ou SACEM apporte une première solution, mais elle demeure insuffisante face à la hausse constante du trafic.
Dès 1987, un projet pour décongestionner le prévoyait une liaison Torcy – Gare Saint-Lazare en passant les gares du Nord et de l'Est, moyennant un raccordement entre la RATP et la SNCF... Ce projet qui n'a pas eu de suite, dessine déjà les grandes lignes du futur RER.
Le , Michel Rocard, Premier ministre et Michel Delebarre, ministre de l'Équipement, engagent la réalisation de la première phase du schéma de développement des transports collectifs, dans le cadre du contrat de plan État-Région et du plan d'urgence pour les transports en Île-de-France, afin de désengorger le RER A RFF - Bilan LOTI de l'Interconnexion du RER D Châtelet-Gare de Lyon, 16.
Ce schéma comprend la réalisation de l'interconnexion du RER D (SNCF) entre Gare de Lyon et Châtelet - Les Halles, pour un coût de 1,5 milliard de francs ainsi que : soit la construction de la ligne Meteor (RATP), ligne de métro automatique permettant de soulager la ligne A sur son tronçon central, le plus chargé, entre Auber/Saint-Lazare, Châtelet - Les Halles et Gare de Lyon ; soit la réalisation d'Eole (futur RER E) (SNCF), liaison ferroviaire à grand gabarit devant relier la banlieue Est à la banlieue Ouest via la capitale, d'où son nom de projet, acronyme pour Est-Ouest Liaison Express RFF - Bilan LOTI de l'Interconnexion du RER D Châtelet-Gare de Lyon, 13.
vignette|gauche|La gare de La Varenne - Chennevières, en . Le , le Premier ministre Michel Rocard décide, face à l'urgence de la situation, de réaliser simultanément les deux projets Eole et Meteor en plus du projet d'interconnexion de la . La mise en service de ces liaisons est alors programmée en 1995 pour le projet Meteor et pour l'interconnexion du , et fin 1996 pour la première étape d'Eole.
Le , la SNCF présente le calendrier de réalisation de la nouvelle ligne de chemin de fer Eole, avec une mise en service prévue en 1996.
En , le schéma de principe d'Eole est présenté. Il prévoit une liaison souterraine reliant les voies de banlieue de la gare Saint-Lazare à un point des lignes vers l'Est situé à environ au nord de la gare de l'Est, quatre gares nouvelles à quatre voies (près de Saint-Lazare, entre la gare de l'Est et la gare du Nord, à Pont-Cardinet et à La Villette), l'aménagement des lignes de la banlieue Est sur ainsi que la réouverture au trafic voyageurs de la Grande Ceinture entre Nogent - Le Perreux et La Varenne, pour constituer une branche de la future ligne RER. Eole sera réalisé en plusieurs étapes mais formera un tout, pour un coût alors estimé à de francs aux conditions économiques de 1998, soit d'euros aux conditions économiques de 2003, excluant les gares et travaux à Pont-Cardinet et La Villette RFF - Bilan LOTI du RER E, 12 et 13.
En termes de desserte, le schéma de principe d'Eole retient une gestion de la ligne en recouvrement partiel STIF - Dossier d'objectifs et de caractéristiques principales Prolongement du RER E (EOLE) à l'Ouest, 9 décembre 2009, 12 et 13 : sur les seize missions Est prévues (en provenance de Chelles - Gournay, Villiers-sur-Marne et La Varenne - Chennevières), douze devaient se retourner dans la gare nouvelle de Pont-Cardinet et les quatre restantes circuler jusqu'à un des terminus occidentaux (Saint-Nom-la-Bretèche ou Versailles-Rive-Droite) ; sur les douze missions Ouest prévues (en provenance de Saint-Nom-la-Bretèche et de Versailles-Rive-Droite), huit devaient se retourner en gare de La Villette - Aubervilliers et les quatre autres continuer jusqu'à un des terminus orientaux (Chelles - Gournay, Villiers-sur-Marne et La Varenne - Chennevières).
En termes de matériel roulant, le schéma de principe fait état d'un matériel à deux niveaux identiques aux automotrices de type RFF - Bilan LOTI du RER E, 20 et 21, devant être présents en 53 exemplaires ; sept éléments supplémentaires auraient été nécessaires par rapport aux 46 éléments constituant le parc spécialisé, en situation de référence, pour un coût unitaire chiffré à d'euros, aux conditions économiques de 2003 RFF - Bilan LOTI du RER E, 24 et 25.
vignette|Une rame MI 2N de la RATP, en gare de Neuville-Université, en . Néanmoins, dès cette même année, la RATP et la SNCF s'associent dans l'acquisition de nouvelles rames à deux étages, la première devant acheter des trains plus capacitaires et la SNCF anticipant l'achat de trains pour la future ligne Eole dont la construction venait d'être décidée, afin de réduire les risques industriels et de permettre une réduction des coûts d'achat du matériel par des économies d'échelle. Ils commandent, dans un premier temps, deux prototypes, de ce qui deviendra le MI 2N, pour matériel d'interconnexion à 2 niveaux, à un consortium composé de GEC-Alsthom CIMT, devenu Alstom, et d'ANF-Industrie, devenu Bombardier France, pour permettre des essais en ligne dès 1991, le prototype de la RATP étant testé dans un convoi avec des éléments de train MS 61.
Le , le Syndicat des transports parisiens (STP, devenu Île-de-France Mobilités) prend en considération la du schéma de principe d'Eole RFF - Bilan LOTI du RER E, 14 et 15. Elle consiste en une liaison entre Paris et la banlieue Est via les gares nouvelles de « Saint-Lazare - Condorcet » (à quatre voies) et « Nord-Est » (à deux voies).
Le , le STP approuve la première étape du projet, de Saint-Lazare - Condorcet (actuel Haussmann - Saint-Lazare) à Chelles - Gournay, Villiers-sur-Marne et à La Varenne - Chennevières, en correspondance avec le RER A, sur la branche de Boissy-Saint-Léger. En termes de desserte, elle retient un cadencement à 18 trains par heure en période de pointe. Il prévoit ainsi tous les quarts d'heure, deux trains entre Pont-Cardinet et Chelles, un train entre Saint-Lazare et Villiers-sur-Marne, un train entre Saint-Lazare et La Varenne - Chennevières, ainsi qu'une navette reliant les nouvelles gares souterraines (Saint-Lazare - Condorcet et Nord/Est) toutes les demi-heures. En heures creuses, la desserte variait, mais maintenait au moins douze trains par heure, dans la section parisienne RFF - Bilan LOTI du RER E, 36.
vignette|gauche|La gare de Versailles-Rive-Droite, en . Le , le STP prend en considération la du schéma de principe. Elle prévoit de raccorder Eole à la banlieue Ouest sur les voies de la gare Saint-Lazare vers La Défense, Saint-Cloud, Versailles-Rive-Droite et Saint-Nom-la-Bretèche - Forêt de Marly en créant deux nouvelles gares à Pont-Cardinet (souterraine) et à La Villette - Aubervilliers.
Le , le dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique (DUP), reprenant le projet dans son ensemble, est adressé au préfet de Région, à la suite de la prise en considération du schéma de principe par délibération du conseil d'administration du STP du () et du (ensemble) RFF - Bilan LOTI du RER E, 18 et 19.