vignette|Territoires occupés par Israël après la guerre des Six Jours de 1967 : Sinaï, détroit de Tiran, bande de Gaza, Cisjordanie, Jérusalem-Est, et Golan. Les territoires occupés par Israël désignent toutes les zones occupées militairement et civilement par Israël, soit par le passé, soit encore aujourd'hui. Ces occupations (menant parfois à des annexions unilatérales) sont jugées illégales par la Cour internationale de Justice, et condamnées par la très grande majorité de la communauté internationale.
L'expression trouve son origine dans la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies du , prévoyant le retrait d’Israël « de territoires occupés » en échange de la reconnaissance de l'État d'Israël par tous les États de la régionVoir Résolution 242, § 1.b : « respect et reconnaissance de la souveraineté, de l'intégrité territoriale et de l'indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l'intérieur de frontières sûres et reconnues, à l'abri de menaces ou d'actes de violence ». — Le texte anglais, qui seul fait foi, évoque la restitution « de territoires occupés » et non « des territoires occupés » (« Withdrawal of Israeli armed forces from territories occupied in the recent conflict » : art. 1 (i), lire en ligne).. Ces territoires sont ceux qui ont été conquis lors de la guerre des Six Jours : les territoires palestiniens de la bande de Gaza et de Cisjordanie (dont Jérusalem-Est), le plateau du Golan syrien et le Sinaï égyptien. De même, le Sud-Liban fut occupé après l'invasion israélienne de 1982.
Le Sinaï a cessé d'être occupé en 1979, quelques enclaves de Cisjordanie après 1993, le Sud-Liban en 2000, et la bande de Gaza entre 2005 et 2023. En revanche les territoires palestiniens restent très majoritairement occupés, dont Jérusalem-Est, de même que le plateau de Golan syrien et quelques territoires libanais.
Sinaï égyptien (1967-1979)
Après sa victoire lors de la guerre des Six Jours en 1967, Israël ferme le canal de Suez et garde le contrôle complet de la péninsule pour en faire une zone tampon, y implanter des colonies de peuplement et exploiter ses ressources naturelles. Le pétrole brut du Sinaï est transporté par mer jusqu'à Eilat, d'où un oléoduc l'envoie aux raffineries d'Ashkelon. Par la suite, les Israéliens développent une extraction de gaz naturel à Yamit, au nord-est, et des forages offshore dans le golfe de Suez.
L'accord du 4 septembre 1975 sur le Sinaï permet un rapprochement entre l’Égypte et Israël. En 1979, le traité de paix israélo-égyptien amène un retrait israélien de la péninsule et l'évacuation des colonies de peuplement israélien comme Yamit.
Golan syrien (depuis 1967) vignette|Carte des colonies israéliennes dans le Golan occupé, 1992.
Occupé et colonisé depuis 1967 puis annexé en 1981 Le Golan est un plateau montagneux situé en Syrie. Occupé par Israël depuis 1967, ce territoire est ensuite annexé unilatéralement par le gouvernement israélien à la suite de la loi votée par les députés israéliens (63 voix pour sur 120) le .
Extension de l'occupation en décembre 2024
vignette|Carte de l'extension de l'occupation israélienne du Golan depuis 2024. Le , avant même la chute du régime de Bachar el-Assad, l'armée israélienne se déploie dans une partie supplémentaire du Golan, la zone tampon, située entre la partie occupée par l’Etat hébreu et le territoire syrien. Mise en place en 1974, sont déployés sur place un millier de soldats appartenant à la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (Fnuod). Selon l’ONU, la présence de l’armée israélienne dans la zone tampon du Golan est une « violation » de l’accord de 1974.
Le , à l’occasion de sa première conférence de presse depuis trois mois, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou déclare que la partie du plateau du Golan syrien annexée appartient à Israël « pour l’éternité ». Puis, le , son gouvernement approuve un projet visant à doubler la population des colons juifs dans la partie du Golan syrien annexée par Israël. Actuellement, environ vivent dans du Golan annexé, auxquels s'ajoutent se revendiquant pour la plupart syriens.
Territoires palestiniens (depuis 1967)
vignette|En rouge, les territoires partiellement autonomes ; en hachuré, la zone C, entièrement contrôlé par Israël ; et en blanc, Jérusalem-Est. L’expression « Territoires palestiniens » ou « Territoires palestiniens occupés » désigne les territoires issus de la partition de la Palestine mandataire britannique et dévolus à la constitution d'un État arabe, et qui sont occupés par Israël après la Guerre des Six Jours en 1967. Ils comprennent la Cisjordanie (incluant Jérusalem-Est) et la Bande de Gaza.
Cisjordanie
thumb|upright=1.8|Source:Il Sole 24 Ore En 1993, à la suite de l'Accord intérimaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, il est convenu qu'Israël se retire partiellement de certaines enclaves. La Cisjordanie est alors partagée en trois zones. La zone A (18 % de la superficie en 2025) passe sous l'administration civile et policière, mais pas militaire, de l'Autorité palestinienne. Autour de cette zone, la zone B (22 % en 2025) est sous administration partagée, civile par l'Autorité palestinienne, et policière par Israël. Enfin, la zone C (60 % de la Cisjordanie), est sous contrôle total d'Israël et inclut l'ensemble des colonies israéliennes.
Toutefois, selon la Cour internationale de justice, ce processus de retrait israélien est resté Wall advisory Opinion, paragraph 77.. Même en ce qui concerne les zones A et B, la souveraineté palestinienne est symbolique depuis la seconde intifada (2000-2005) : l'armée israélienne y circule librement. L'économie de ces deux zones est aussi sous tutelle, le budget de l'Autorité palestinienne étant constitué au deux tiers des taxes collectées par Israël puis reversées sous conditions. De plus, l'Autorité palestinienne ne dispose pas de la politique monétaire, dans la mesure où en l'absence de monnaie palestinienne, c'est le shekel israélien, le dollar américain et le dinar jordanien qui servent aux transactions.
Bande de Gaza
En 2005, Israël met fin unilatéralement et sans concertation à son occupation militaire de la bande de Gaza, de même que sont détruites les 21 colonies civiles peuplées d'environ 9000 Israéliens. Le retrait des colons s'accompagne de violences contre les Palestiniens, notamment les massacres à Siloh et à Shefa Amr qui font huit morts. De plus, la fin de l'occupation n'est pas considérée comme totale par les observateurs internationaux dans la mesure où Israël continue d'exercer un contrôle sur la bande de Gaza, notamment sur le registre d’état civil, les eaux territoriales, l'espace aérien, et les frontières terrestres du Nord et de l'Est de la bande de Gaza.
Ce territoire est gouverné par le Hamas depuis sa victoire aux élections palestiniennes de 2006 puis au conflit intra-palestinien l'opposant au Fatah en 2007. La bande de Gaza est depuis soumise à un blocus de la part d'Israël et de l'Égypte.
Dans le contexte de la guerre menée par Israël depuis 2023, à la suite de l'attaque du , la bande de Gaza est à nouveau envahie par l'armée israélienne. En , 86,3% de son territoire est sous occupation militaire. Au même moment, le gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyaou annonce son intention d'occuper la totalité de l'enclave palestinienne.
Territoires libanais (1978-2000 et depuis 2024)
Pendant 22 ans, de 1978 à 2000, de nombreux territoires libanais ont été occupés par l'armée israélienne et ses supplétifs de l'Armée du Liban sud. À partir de 2024, Israël occupe à nouveau une partie du sud du Liban.
En 1978, l'armée israélienne envahit une partie du sud du Liban, puis en 1982, elle étend son occupation jusqu'à Beyrouth avant de se repositionner sur le sud du pays à partir de 1985. En 2000, à la suite des attaques menées par le Hezbollah au Sud-Liban, l'armée israélienne se retire derrière la ligne bleue. Toutefois, ce retrait n'est pas considéré comme complet par le Hezbollah et le gouvernement libanais. Les territoires dont la libération est encore réclamée sont les fermes de Chebaa et les villages de Ghajar et Kfarchouba.De plus, en 2024 a lieu une nouvelle invasion israélienne du Liban dans le cadre du conflit entre Israël et le Hezbollah. Celui-ci s'achève avec le cessez-le-feu du . En théorie, il prévoit le retrait israélien complet du Liban sous 60 jours. Toutefois, un an après la signature de l'accord, l'armée israélienne continue de maintenir et fortifier cinq postes au delà de sa frontière, choisis pour leur position stratégique élevée permettant une vue large du territoire libanais. De plus, le cessez-le-feu est violé quotidiennement par Israël. Entre novembre 2024 et février 2026, la FINUL et le gouvernement libanais ont comptabilisé plus de du cessez-le-feu par l'armée israélienne, ayant entrainé la mort de plus de .
Début 2026, alors qu'Israël intensifie ses attaques contre le Hezbollah, son armée étend ses positions au Sud, empêchant les populations locales de revenir dans leurs villages. Sur place, les soldats israéliens détruisent les infrastructures, pillent les habitations puis rasent des villages entiers.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Résolutions de l'ONU concernant Israël Droit israélien Conflit israélo-arabe Conflit israélo-palestinien Conflit israélo-libanais Colonies israéliennes Apartheid israélien Mur de séparation israélien
Liens externes
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