thumb|La Suède dans l'Europe de 1942.

Lhistoire de la Suède durant la Seconde Guerre mondiale se caractérise par sa politique de neutralité en place depuis plus d'un siècle. Elle maintient un statut de pays non-belligérant, ponctué d'exceptions, jusqu’à la fin des affrontements. Mais depuis les années 1980, l'affichage officiel de la neutralité suédoise est remis en cause par les Suédois eux-mêmes.

Contexte La neutralité suédoise est de mise depuis la fin des guerres napoléoniennes afin de protéger la souveraineté politique du pays.

Environ 300 Suédois se portent volontaires pour servir dans les armées du troisième Reich mais le nazisme est une idéologie qui rassemble peu les Suédois. Les Suédois se comportent comme des spectateurs des événements qui évoluent.

Seconde Guerre mondiale En 1939, 20 pays décident de conserver une politique de neutralité, mais seulement cinq d'entre eux seront en mesure de la maintenir tout au long de la guerre.

Au début des hostilités, le , l'avenir de la Suède est flou et le gouvernement Hansson II se déclare neutre. Les militants du Parti social-démocrate suédois des travailleurs et la confédération des syndicats suédois sont bien opposés au nazisme mais le maintien de la paix est la priorité du gouvernement en particulier devant le manque de préparation militaire et des sympathies de Gustave envers le troisième Reich.

Guerre d'Hiver

Lors de l'attaque de l'Union soviétique sur la Finlande en novembre 1939, une grande partie de la population suédoise désire un engagement dans le conflit, à la fois pour des raisons humanitaires et militaires. L'intérêt de la Suède pour la Finlande est renforcé par le fait que ce pays a fait partie de la Suède du Moyen Âge à 1809, année où la Suède perd ses provinces outre-baltiques. Malgré des sollicitations répétées de la part du gouvernement finlandais, le gouvernement suédois choisit d'éviter un engagement militaire contre l'Armée rouge dans la guerre d'Hiver.

Toutefois, la Suède est déclarée non belligérante plutôt que neutre pendant cette guerre, acceptant l'engagement de Suédois volontaires, et envoyant des aliments, des vêtements, des médicaments et une quantité limitée d'armes ainsi que de munitions destinées à l'aide de la Finlande attaquée. En plus, enfants finlandais sont accueillis par des familles suédoises. Toutefois, le , la Suède n'autorise pas le transit de troupes franco-britanniques armées sur son territoire. Bien que la Suède ne se soit pas déclarée neutre dans la guerre d'Hiver, elle est neutre dans le conflit opposant la France et le Royaume-Uni à l'Allemagne, qui n'a alors pas encore rompu le Pacte germano-soviétique de non-agression ayant rendu possible l'agression soviétique sur la Finlande. À l'époque, permettre le passage de troupes alliées sur son territoire aurait été considéré comme une entorse trop grande aux lois sur la neutralité.

Lors de la guerre de Continuation, pendant laquelle la Finlande se lie avec l'Allemagne hitlérienne contre l'Union soviétique, l'aide suédoise reste beaucoup plus limitée.

Occupation du Danemark et de la Norvège thumb|Soldat suédois durant la Seconde Guerre mondiale À l'inverse, lorsque le Danemark et la Norvège furent à leur tour attaqués par l'Allemagne, en , la Suède n'aide pas ces pays, se voyant forcée de respecter sa politique de neutralité, surtout de peur de se voir elle-même envahie par l'armée allemande.

Concessions

À l'Allemagne nazie

La politique de la Suède pendant la Seconde Guerre mondiale est surtout une politique pragmatique. Lorsqu'en 1941, le Reich demande à faire transiter ses troupes reliant la Norvège et la Finlande par les chemins de fer suédois, menace d'abdiquer si Hitler n'obtient pas satisfaction. Afin de sauver le gouvernement d'union nationale, le Premier ministre Per Albin Hansson se résout à accepter le transit des troupes.. Le gouvernement suédois est donc obligé de faire des concessions et d'autoriser l'utilisation des chemins de fer suédois par la Wehrmacht pour transporter l'infanterie de la Norvège à la Finlande et entre la Norvège et l'Allemagne.

L'accord sur l'export de minerai de fer suédois vers l'Allemagne est signé le . L'Allemagne est un excellent partenaire économique pour la Suède qui jusqu'en exporte outre son minerai de fer, nombre de produits sidérurgiques et métallurgiques.

Aux Alliés La Suède collabore secrètement avec les Alliés, en autorisant leurs unités de renseignement à espionner en Suède. Le mathématicien Arne Beurling déchiffre ainsi le codage des messages allemands qu'il transmet aux britanniques.

La Suède aurait préféré aider les Alliés, puisqu'elle était opposée aux politiques nazies, mais la réalité de la situation produit un scénario différent. Le choix de la Suède est le sujet de nombreux débats dans ce pays, mais à l'époque, c'était considéré comme l'option la plus valable. D'autant plus qu'elle était une voie de sortie privilégiée de l'or nazi volé aux populations déportées.

La Suède et la Shoah En 1933, l'existence des camps de concentration nazis est révélée dans la presse mais ce n'est qu'en automne 1942, que l’extermination des Juifs est décrite en details.

À la fin des années 1930, les demandes d'asile de réfugiés juifs ne sont pas accordées bien que les opposants allemands ou baltes soient accueillis. Jusqu'en 1942, l’Église luthérienne, avec le soutien du gouvernement, décourage les mariages mixtes.

En , les autorités de la Norvège occupée par l'Allemagne lancent une série d'opérations pour rassembler la petite population juive du pays, estimée à environ . La nouvelle est relayée par la presse suédoise., mais le ministère des Affaires étrangères de l’époque est « plutôt lent à comprendre ce qui se tramait ». La plupart des Juifs norvégiens sont arrêtés lors des premières opérations, mais la résistance norvégienne réussit à faire passer clandestinement des réfugiés juifs en Suède à bord du « ». On estime ainsi que jusqu'à auraient pu être sauvées.

Après avoir reçu l'approbation du gouvernement suédois, sont évacués avec succès vers la Suède en octobre et .

Le diplomate suédois Raoul Wallenberg parvient à sauver plus de hongrois grâce à un passeport de protection.

Dans la fin des années 1990, un programme d'éducation sur la Shoah est mis en place par le Premier ministre Göran Persson. Ce dernier fonde par ailleurs l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste.

Camps d’internement Pendant la guerre, plusieurs camps d’internement ont été créé en Suède, servant notamment à l'emprisonnement de criminels présumés, de réfugiés étrangers, d’anarchistes et de communistes suédois.

Liste Les camps étaient repartis sur l'ensemble du territoire suédois :

Axmar, commune de Gävle, comté de Gävleborg Ede, commune de Krokom, comté de Jämtland Florsberg, commune de Söderhamn, comté de Gävleborg Grytan, commune d’Östersund, comté de Jämtland Hälsingmo, commune de Söderhamn, comté de Gävleborg Ingels, commune de Rättvik, comté de Dalarna Kusfors, commune de Norsjö, comté de Västerbotten Långmora, commune de Hedemora, comté de Dalarna Lövnäsvallen, commune de Härjedalen, comté de Jämtland Naartijärvi, commune de Haparanda, comté de Norrbotten Norra Bredåker, commune de Boden, comté de Norrbotten (fusionnée avec le camp d’internement de Storsien) Rengsjö, commune de Bollnäs, comté de Gävleborg Smedsbo, commune de Falun, comté de Dalarna Stensele, commune de Storuman, comté de Västerbotten Storsien, commune de Kalix, comté de Norrbotten Sunnerstaholm, commune de Bollnäs, comté de Gävleborg Säter, commune de Säter, comté de Dalarna Sörbyn, commune de Boden, comté de Norrbotten Tjörnarp, commune de Höör, comté de Skåne Vindeln, commune de Vindeln, comté de Västerbotten Vägershult, commune d’Uppvidinge, comté de Kronoberg Öxnered, commune de Vänersborg, comté de Västra Götaland

Remise en cause du mythe de la neutralité suédoise La coopération de la Suède est critiquée notamment par le journal Göteborgs Handels- och Sjöfartstidning et est aussi souvent le sujet de débats dans la Suède de l'après-guerre, ainsi que dans les pays voisins. On ne peut cependant pas dire qu'elle ait été pire que celle de nombreux autres pays en Europe : on pourrait argumenter que la Suède, jamais envahie, était plus ou moins occupée par défaut.

Il y a quelques années la Suède a décidé de remettre en cause sa neutralité pendant la Seconde Guerre mondiale et même sur son passé nazi.

En 1997, le quotidien Dagens Nyheter publie une enquête qui démontre que le gouvernement Hansson III était au courant de l'origine de l'or pour payer le minerai de fer. Au total, il s'agit de 35 tonnes d'or confisquées aux victimes du nazisme.

Références

Voir aussi Articles connexes Bus blancs Histoire de la Suède pendant la Première Guerre mondiale Raoul Nordling Relations entre la Finlande et la Suède

Bibliographie

Tobias Berglund et Niclas Sennerteg, Svenska koncentrationsläger i tredje rikets skugga, éditionx Natur och Kultur, 2088

Conférence

Une «drôle de neutralité» : la Suède entre 1939 et 1945, Salle de lecture du Département de la Bibliothèque nordique, bibliothèque Sainte-Geneviève, 6 rue Valette, 75005 Paris. Institution organisatrice : Département de la Bibliothèque nordique, Bibliothèque Sainte-Geneviève

Liens externes Mythes de neutralité : L’Holocauste ignoré en Suède et en Suisse