Abadiño en basque ou Abadiano en espagnol est une commune de Biscaye dans la communauté autonome du Pays basque en Espagne. Le nom officiel de la ville est Abadiño.

Toponymie Abadiano appartient à la série de toponymes basques au suffixe -ano. Des philologues comme Julio Caro BarojaJulio Caro Baroja (Madrid, 13 novembre 1914 – † 18 août 1995), anthropologue, historien, linguiste et essayiste espagnol. ou L.M. Mujika ont établi l'hypothèse de travail que tant ce suffixe, que le suffixe -ain, très fréquents dans la toponymie basco-navarraise étaient le fruit de l'évolution du suffixe latin -anum.

Dans beaucoup de régions de l'ancien Empire romain, le suffixe accusatif -anum associé à un nom propre formait le nom des possessions rustiques appelées fundus. Ce nom était généralement celui du propriétaire original du fundus, puisqu'ensuite, s'il changeait de possesseur, on avait l'habitude de maintenir le nom du fundus. En suivant cette hypothèse, les populations de noms basques avec le suffixe -ain ou -ano auraient pour origine les règlements ruraux de l'époque romaine ou de l'Antiquité tardive et du Moyen Âge, maintenant ainsi des règles de nominations toponymiques des propriétés héritées de l'époque romaine.

Julio Caro Baroja chercha à analyser les toponymes basques -ano en essayant d'établir le nom propre qui se dissimulerait derrière chacun d'eux. Dans le cas d'Abadiano, il soutenait qu'on trouvait le nom propre Abatius Julio Caro Baroja, (1945-6). Materiales para una historia de la lengua vasca en su relación con la latina. Acta Salmanticensia, , numéro 3.. l'évolution du toponyme est Abatianum → Abatiano → Abadiano → Abadiño.

Face à cette hypothèse, elle met en rapport le nom de la localité avec le mot « abbé » (abade en basque) ou « abbaye ». Non infondée, car les premières traces écrites sur Abadiano, datées du , font toujours référence aux abbés d'Abadiano Juan Antonio Llorente, (1807). Noticias históricas de las tres provincias Vascongadas. et pour cette raison, les origines de la localité pourraient être en rapport avec une abbaye ou un monastère située dans ce lieu. Il est possible qu'on ait suivi la règle de nomination toponymique à laquelle faisait référence Julio Caro Baroja au moment de nommer ce lieu.

Abadiano a été choisi au Moyen Âge comme forme écrite du nom, en basque le nom a continué toutefois à évoluer oralement et a donné lieu à Abadiño, qui est actuellement le nom donné aux habitants de cette ville, toujours en basque. En espagnol, on garde l'ancien nom Abadiano, comme nom usuel pour cette localité.

En 1983, la mairie a décidé de changer la dénomination officielle de la commune d'Abadiano en Abadiño, adoptant le nom basque de la localité.

Orographie vignette|Maison des Assemblées d’Astola à Abadiño, Biscaye, Pays basque (Espagne). La commune de l'elizateUn elizate ou une elizate est un village ou un secteur municipal qui a son origine dans les Communautés qui étaient organisées autour d'une église et avaient comme organe de gouvernement l'assemblée de tous les habitants qui avait lieu en conseil ouvert dans le porche ou l'atrium de l'église paroissiale. Le terme vient de cette coutume. L'origine de cette organisation, qui a un but socio-politique, se fonde sur les éléments suivants : existence d'une église paroissiale, institutionnalisation publique des réunions tenues. En Biscaye cette institution de base est consolidée quand on créera les Juntes Générales, qui sont les réunions des représentants des différentes elizate d'un territoire donné. Cette institution jouissait d'une autonomie très vaste en ce qui concerne les Organes du Gouvernement seigneurial. Les juridictions forales de 1452 et 1526 n'incluent que très partiellement la réglementation concernant les autorités des elizates. d'Abadiño se situe dans le centre-sud de la comarque du Durangaldea et occupe une partie de la vallée de la rivière (rio) Ibaizabal, juste la zone où elle reçoit le Zaldu venant de Zaldibar, et la comarque d'Urkiola, avec son versant méditerranéen et les grandes masses calcaires qui forment les montagnes du Durangaldea. Dans ces montagnes se trouvent les remarquables les sommets d'Alluitz (), d'Aitz Txiki () et d'Untzillaitz (). Sur le versant sud se trouve le Saibigain (), célèbre par les batailles qui ont été livrées durant la guerre civile espagnole, et l'Urita ().

La partie nord de la commune s'élève doucement sur le flanc de l'Oitz ().

Hydrographie La commune d'Abadiño fait partie de deux bassins hydrographiques, cantabrique et méditerranéen. La principale rivière du bassin cantabrique est l'IbaizabalDu basque ibai (rivière) et zabal (large), autrement dit large rivière., venant du col de Kanpazar, et rejoint, dans le quartier de Traña-Matiena, le Zaldu, venant elle du col d'Areitio à Zaldibar. Cette rivière, avec le NervionNervion, forme la rivière de Bilbao.

Sur le versant sud, méditerranéen, la rivière principale est l'Urkiola et, en Alava se trouve le barrage de Santa Engracia.

Localités limitrophes Abadiño se trouve sur le bord sud-est du territoire historique de Biscaye.

Elle est limitée au nord par Garai, au nord-ouest par Berriz-Olakueta, à l'Est par Elorrio, au sud-est par Atxondo, au sud par Otxandiano et Aramaia, au sud-ouest par Dima, à l'ouest par Mañaria et Izurtza et au nord-ouest par Iurreta et Durango.

Composition La commune d'Abadiño est constitué par 12 quartiers :

Zelaieta (que l'on connaît comme Abadiño) et Traña-Matiena, et maintenant Muntsaratz prennent une structure urbaine et tend à être rejoint avec celui de Zelaieta. Ils sont de structure urbaine, surtout celui de Matiena qui est constitué comme un noyau d'identité propre et influence les quartiers environnants (Astola, Lebario et Gerediaga). Le reste des quartiers de la municipalité sont essentiellement ruraux.

Communications Les principales voies de communication de la Biscaye parcourent la vallée de l'Ibaizabal et par conséquent passent par la municipalité. La route nationale N-634 et l'autoroute à péage AP-8, ainsi que le chemin de fer à voie étroite, l'unissent avec Bilbao (à ) et Saint-Sébastien (). Vitoria-Gasteiz est accessible via la route BI-623 qui passe par le col et rejoint le parc naturel d'Urkiola. D'autres routes la relient avec la comarque de Lea-Artibai, avec Arrasate et Beasain, qui sera le futur et important axe « Durango-Beasain ». Il existe aussi la possibilité du chemin de fer Bilbao-Saint Sébastien avec les trains de la compagnie EuskoTren par la ligne 1D.

Histoire Les informations sur la fondation de la commune se perdent dans la nuit des temps. La figure de l'Elizate nous laisse déjà entrevoir qu'Abadiño est habité depuis très longtemps, et était rattachée à la Lur Laua de Biscaye. On a trouvé des restes préhistoriques d'importance dans plusieurs gisements comme ceux des grottes de Bolinkoba (gisement solutréen), Oialkoba (Âge du bronze), Astakoba et Albiztei qui témoignent de l'occupation humaine dans des temps préhistoriques.

L'histoire de la municipalité est unie à celle de la mérindade de Durango puisque l'elizate d'Abadiño avait le siège dans ses assemblées, et celles-ci se réunissaient sur ses terrains, dans l'aire (ou place) des assemblées de l'ermitage San Salvador et de San Clemente. Sur ses terrains également, à la demande de la reine , dite Jeanne la Folle (), fut reine de Castille (1504–1555), et reine d'Aragon (1516–1555), unissant définitivement sous un même sceptre toutes les Espagnes à partir du . Issue de la dynastie de Trastamare, Jeanne était le des Rois catholiques, (1452-1516) et (1451-1504)., appelée Juana la Loca, sera construite la maison auditoire quand la mérindade a eu des problèmes de propriété avec les installations qu'elle utilisait avec la ville de Durango. Elle sera finalement achetée et on reconstruira la maison Auditoire d'Astola. Dans ces Juntes, Abadiño avait le siège et un vote. L'elizate était divisée en sept confréries.

Les premières informations de l'elizate datent de 1172 et font référence à la famille de Muntsaratz, propriétaire de la tour qui porte son nom, ces documents traitent du mariage de l'infante de Navarre Doña Urraca avec le seigneur de Muntsaratz, Pedro Ruiz.

La participation des seigneurs de l'elizate, du côté oñacinLes Oñacins étaient des partisans de la lignée guipuscoane des Oñas. Elle était menée par la famille Mendoza, avec comme alliés les Beaumontais et la couronne de Castille., dans les guerres des BandesLa guerre des Bandes opposait les partisans de deux familles : les Oñas et les Gamboins. Les Oñacins étaient des partisans de la lignée guipuscoane des Oñas. Elle était menée par la famille Mendoza, avec comme alliés les Beaumontais et la couronne de Castille. Les Gamboins étaient les partisans de la lignée guipuscoane des Ganboa. Ils étaient alliés aux Agramontais (qui apparaissent pour la première fois au début du avec ) et le Royaume de Navarre. ont marqué le Moyen Âge avec la prolifération les tours et forteresses, certaines célèbres, comme celui de Muntsaratz (tour-palais), dont le propriétaire, Pedro Ruiz, a contracté mariage en 1212 avec l'Infante de Navarre Doña Urraca, avec des descendants aussi illustres que le premier évêque du Mexique, Juan de Zumarraga et de Muntsaratz (vers le ). Abadiño était la patrie d'Iñigo Abadiño et de Perucho d'Abadiño, gardien de palais d'Isabelle la Catholique à Madrid.

Dans l'économie rurale traditionnelle au s'est produit un essor de l'industrie du fer avec le développement de nombreuses forges comme celles d'Astola, Leberio (dont il reste encore des ruines) Murueta ou Traña qu'ils ont travaillé jusqu'au début du et certaines d'elles, transformées en centrales hydro-électriques.

Économie

La commune a une population de (INE 2007), répartie ainsi pour les noyaux démographiques : Zelaieta, ; Gastelua, ; Guerediaga, ; Traña Matiena, ; Mendiola, ; Muntsaratz, ; Urkiola, .

La densité de population est de .

L'économie de la commune, très liée à celle de la comarque et même hors de celle-ci, est évidemment industrielle avec l'important secteur primaire. Dans une analyse par secteurs nous avons ce qui suit :

Secteur primaire : les quartiers ruraux d'Abadiño basent leur économie sur l'agriculture, le bétail et l'élevage) et l'exploitation forestière, bien qu'il soit déjà naturel de combiner le travail agricole avec l'industriel, et dans l'agro-tourisme. Des de surface agricole nous avons des terres labourées, (1,5 %), des prés et pâturages pour (58,4 %), forestier (38,5 %). L'activité minière a déjà disparu de la municipalité. Secteur secondaire : emploie plus de 60 % de la population active. À souligner l'industrie métallurgique, particulièrement l'industrie auxiliaire de l'automobile et celle de l'outillage. L'industrie chimique a aussi une présence significative. Secteur terciaire : emploie 37 % de la population active, mais son influence dans la commune est plutôt faible étant donné la proximité de la tête de la comarque qu'est Durango et de la capitale provinciale, Bilbao, qui monopolisent la majorité des services.

Patrimoine Patrimoine civil

On trouve plusieurs monuments remarquables à Abadiño.