thumb|upright|Réservoir d'acide d'une papeterie. L'archéologie industrielle est, comme les autres branches de l'archéologie, l'étude des vestiges matériels du passé, mais centrée plus précisément sur le patrimoine industriel : installations minières, métallurgiques, manufactures et usines, transport routier, ponts, tunnels, chemin de fer, chantier naval, marine, navigation fluviale, aviation.

L'archéologie industrielle est née en Angleterre vers 1940 avec les premières études des vestiges de la révolution industrielle. Cette prise de conscience s'est concrétisée par la mise en valeur de l'ensemble de l'Iron Bridge et de la vallée de CoalbrookdaleDès 1939, le National Trust inclut dans ses actions de préservation le Quarry Bank Mill de Styal..

Définition thumb|upright|Grands Moulins de Pantin. L'archéologie industrielle est un domaine qui unit une variété de disciplines parmi lesquelles on retrouve l’archéologie, l’architecture, la construction, l’ingénierie, la préservation historique, la muséologie, la technologie, l’urbanisme et d’autres diverses spécialités, afin de mettre ensemble l’histoire des activités industrielles du passé. L'archéologie industrielle comprend à la fois l'examen des structures existantes et des sites qui doivent faire l'objet d'une fouille.

Historique Le domaine de l’archéologie industrielle a été développé pendant les années 1950 au Royaume-Uni où plusieurs sites industriels historiques et des artefacts étaient détruits partout dans le pays, parmi lesquels fait partie le cas notable de l' à Londres. Dans les années 1960 et 1970, avec la hausse du mouvement du patrimoine culturel national , l’archéologie industrielle s’est définie comme une forme distincte de l’archéologie avec un fort accent sur la préservation, tout d’abord en Grande-Bretagne, ensuite aux États-Unis et dans le reste de monde. Pendant cette période, les premiers inventaires du patrimoine national industriel ont commencé, Heritage Documentation Programs aux États-Unis et The Industrial Monuments Survey. au Royaume-Uni en 1963.

De plus, de nombreuses organisations d’archéologie industrielle ont été établies, comme la basée en Amérique du Nord en 1971, et l’ en Grande-Bretagne en 1973.

La première conférence internationale sur la Conservation des monuments industriels a eu lieu à Iron Bridge, en Angleterre. Cinq ans plus tard est créé le .

Premiers développements On retrouve les précurseurs du mouvement de l’archéologie industrielle dans l’Université de Sheffield lorsque la préservation des éléments industriels de leur ville de fut instaurée en 1918.

En 1920, la (groupe formé en 1920 à Londres qui tient son nom de Thomas Newcomen, considéré comme « Le père de la Révolution industrielle ») est créée en Grande-Bretagne dont le but premier est de promouvoir l'étude de l'histoire de l'ingénierie et de la technologie. On y retrouve notamment l’étude de nombreux vestiges de la révolution industrielle, à savoir les ponts de fer, les machines, canaux, moteurs, etc. Ainsi, en 1964, le Journal d’Archéologie Industrielle est publié, premier écrit relatant ces informations.

Le mouvement de conservation historique semblait juste démarrer aux États-Unis au début du . La majorité des sites historiques ayant retenu l’attention avaient un lien avec les présidents, personnalités publiques ou la première période coloniale.

En 1925, l’un des premiers musées industriels ouvre ses portes aux États-Unis au Vieux Moulin de Slater, construit en 1793 à Pawtucket, dans l’État de Rhode Island, aux États-Unis.

Ce musée a été créé par un groupe de chefs d’entreprise du milieu de l’industrie du textile de la Nouvelle Angleterre durant une période de déclin due à la concurrence venue du sud.

En 1966, le Vieux Moulin de Slater est déclaré comme National Historic Landmark (site historique national). On considérait, au début des années 70, Paul E. Rivard, alors directeur du Vieux Moulin Slater comme l’un des personnages clés de la création de la Society for Industrial Archeology, organisation à but non lucratif nord-américaine vouée à l’étude et la préservation des sites industriels historiques.

Débuts du mouvement de l'Industrie archéologique Michael Rix, de l’Université de Birmingham a popularisé le terme "archéologie industrielle" en Grande-Bretagne en 1955, qui a écrit un article dans The Amateur Historian sur la nécessité de mieux étudier et préserver les sites industriels des ainsi que les reliques de l’industrie britannique. En 1959, un comité de recherche d'archéologie industriel a été établi par le Conseil pour l'archéologie britannique (CAB).

Angus Buchanan a collecté des fiches d’enregistrement qui ont permis de créer, en 1965, en tant qu’archive centrale, le Registre national des monuments industriels (NRIM). On retrouve donc un grand nombre de groupes d'archéologie industrielle formés au Royaume-Uni à la fin des années 1960 tels que la Société d'archéologie industrielle du Gloucestershire en 1963, la Société d'archéologie industrielle de Bristol en 1967 et la Société d'archéologie industrielle du Grand Londres en 1968, entre autres.

Le but de ces groupes locaux d’industrie archéologie était d’enregistrer les vestiges de l'histoire industrielle, en particulier ceux considérés comme les plus menacés par les projets de réaménagement urbain. On récoltait donc des informations sur l’historique du site via les archives disponibles, telles que des anciennes photographies. On y alliait aussi des mesures détaillées du site ainsi que des dessins. Ces informations créaient donc l’enregistrement du vestige.

Grâce à tous ces enregistrements, on prépare généralement un rapport et des copies sont placées dans les archives publiques afin d’en faire bénéficier les générations futures. Ces enregistrements permettent d’obtenir une vue d’ensemble. vignette|Gorge d'Ironbridge L’une des premières régions à faire l’objet d’une étude systématique de l’archéologie industrielle fut la gorge d’Ironbridge, dans le Shropshire, au Royaume-Uni. Ce site s’est rapidement développé comme l’un des premiers paysages industriels au monde. À partir du , on y trouve, entre autres, une gamme d’industries extractives, ainsi que de vastes usines de fabrication du fer, et de nombreux chemins de fer. En 1967 est créé The Ironbridge Gorge Museum (Organisation du patrimoine industriel qui gère dix musées et 35 sites historiques de la gorge d'Ironbridge, largement considérée comme le berceau de la révolution industrielle). En 1986, l'importance de la gorge d'Ironbridge est reconnue grâce à sa désignation comme site du Patrimoine mondial de l'Unesco.

En 1963, le journaliste Britannique publiait le premier texte concernant l’archéologie industrielle intitulé Industrial archaeology: an introduction..

En , Hudson s’exprima lors d’un séminaire ayant lieu à la Smithsonian Institution, à Washington, D.C., qui est considéré comme le berceau du mouvement de l’Industrie Archéologique aux États-Unis.

Ce séminaire traitait de ce qui avait été fait pour mettre en avant l’étude de l’industrie archéologique en Grande-Bretagne et en Europe ainsi que ce qui devait être fait aux États-Unis. Des spécialistes de la préservation de l'histoire, de professionnels de musées et d'autres spécialistes ont assisté à ce séminaire.

L’Historic American Engineering Record (HAER) a été formé en 1969, en accord avec la Société américaine d'Ingénieurs des travaux publics. Depuis lors, HAER a enregistré des milliers de sites et de structures industriels / d'ingénierie à travers les États-Unis, qui ont été enregistrés à la Bibliothèque du Congrès à des fins d'intérêt public.

Les années 1970-1980 vignette|292x292px|Sloss Furnaces, Birmingham, Alabama Au début des années 1970, l’archéologie industrielle n’a été pratiquée que dans quelques pays par des amateurs et des professionnels qui avaient différents contextes et objectifs. Malgré tout ce qui était déjà acquis dans ce domaine, il était difficile pour l’archéologie industrielle d'être acceptée comme une vraie recherche savante.

En , des représentants des différents musées, universités et organisations aux États-Unis et Canada se sont réunis à Washington pour échanger des idées et des informations. Grâce à cette rencontre, a été créée la première société académique liée à l’archéologie industrielle dans le monde. Son premier journal a été publié en .

En 1973, l'association de l'archéologie industrielle a été fondée en Grande-Bretagne qui a réunis de nombreux groupes locaux de l’archéologie industrielle dans le pays. L’association publie un bulletin d’information, appelé « Industrial Archaeology News », ainsi qu’une revue universitaire. Beaucoup de membres de l’association ont activement contribué à la promotion de la mission de l’IA dans toute l’Europe et le reste du monde.

Avec le déclin rapide de nombreuses industries établies en Amérique du Nord et en Europe au cours des années 1970, les archéologues industriels ont commencé à assumer un nouveau rôle d'enregistrement et de préservation des sites récemment fermés. Parmi les projets notables de cette décennie, on retrouve la transformation de Sloss Furnaces à Birmingham, Alabama, en un musée industriel en plein air. Il a ouvert ses portes en 1983 et propose une variété de programmes éducatifs et civiques.

En 1982, un groupe de volontaires a commencé à enregistrer les industries passées et présentes, en tant que ressource pour l'archéologie industrielle. Lorsque c’est possible, ils capturent le processus et les activités d’une industrie pendant qu’elle fonctionne.

Depuis 1990 Depuis 1990, on assiste à une prise de conscience croissante de l’importance du patrimoine industriel, confirmée notamment par l’ajout de nombreux sites industriels à la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco. De nombreux sites industriels préservés sont devenus un élément vital du tourisme patrimonial, notamment la Route européenne du patrimoine industriel (ERIH), établie en 1999. Le nombre de sites industriels préservés et convertis à d’autres usages tels que des appartements, des espaces publics ou des musées au lieu d’être démolis témoigne également des efforts des archéologues industriels.

L'archéologie industrielle a été progressivement acceptée dans le monde universitaire. Au Royaume-Uni, où le domaine s’est développé en grande partie grâce aux efforts de chercheurs bénévoles, l’émergence de projets financés par des développeurs au cours des deux dernières décennies a conduit à une présence accrue de praticiens professionnels, avec l’application de méthodes d’archéologie théorique telles que l’archéologie du paysage. Cependant, alors que de nombreux départements d'archéologie universitaires incluent désormais la période industrielle dans leurs cursus, l'archéologie industrielle reste un domaine d'étude relativement limité, avec peu de programmes d'archéologie industrielle spécialisés, tels que ceux proposés par la Michigan Technological University et l'Ironbridge Institute.

Le grand public n’est toujours pas conscient de l’importance du patrimoine industriel, car le sujet a souvent l’impression de ne pas être «assez âgé» pour être véritablement considéré comme de l’archéologie. À l'instar d'autres domaines historiques, les archéologues industriels du monde entier continuent de faire face à la concurrence croissante des fonds publics alloués à leurs projets de recherche, d'enseignement et de préservation. Le nombre de sites industriels historiques et un financement limité signifie souvent que beaucoup sont encore perdu à la négligence, au feu et à la démolition.