Le Parti socialiste européen (PSE) est un parti politique européen regroupant les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d'Europe. Son groupe politique est le deuxième en taille au Parlement européen après les élections de 2019 ( en ). Selon la tradition européenne, il peut participer à des majorités de circonstance avec le Parti vert européen et le Parti de la gauche européenne, comme avec le Parti populaire européen et Renew Europe. Le PSE est lié à l'Internationale socialiste.
Histoire
Mouvement socialiste en Europe Depuis le milieu du il existe des partis socialistes, sociaux-démocrates ou travaillistes en Europe. Ils ont toujours eu des liens entre eux. C'est ainsi qu'il y a plus de cent ans, en août 1904, le congrès de l’Internationale socialiste (essentiellement européenne) réuni à La Haye est la première étape de l'unité des socialistes français, réalisée l’année suivante.
Lorsque certains pays ont été sous le joug de régimes totalitaires, les relations nouées entre les différents pays ont permis à la solidarité entre socialistes de fonctionner. C’est ainsi que la gauche française aide, clandestinement les socialistes espagnols pendant la guerre civile, que les Suédois accueillent les sociaux-démocrates allemands ou autrichiens qui luttent contre le nazisme ou qu’à nouveau la France sert de base à la reconstruction de la gauche espagnole, portugaise ou grecque pendant les années 1960 et 70.
Les sociaux-démocrates perçoivent l’Europe comme autre chose qu’un vaste marché sans règles. Depuis toujours, la tradition ouvrière et internationaliste de la social-démocratie a conduit la gauche européenne à mettre en pratique une forme de gouvernement qui a dominé toute l’Europe pendant plus d’un demi-siècle. C’est l’État-providence.
Ce qui caractérise la gauche européenne, c’est sa diversité. En Grande-Bretagne, les syndicats ouvriers ont construit un parti pour les représenter, c'est le travaillisme. En Allemagne ou dans les pays scandinaves, les partis sociaux-démocrates ont créé tout un ensemble de structures pour défendre les droits des travailleurs dans toute la société. En France et dans les pays méditerranéens, les partis socialistes et les syndicats n'ont quant à eux pas de liens organiques.
En Europe de l'Est, les partis actuels sont soit les héritiers d’anciens partis sociaux-démocrates d’avant la Seconde Guerre mondiale, soit les successeurs des partis staliniens de l’ère soviétique. En réalité, la tradition démocratique que l’on a vu s’exprimer à Berlin et en Pologne, en Hongrie ou en Tchécoslovaquie entre 1948 et 1981 venait elle-même d’un mouvement ouvrier dynamique depuis la deuxième moitié du . Souvent dans les pays de l'est, les mouvements socialistes et sociaux-démocrates sont clairement séparés. Alors que les formations socialistes traditionnelles ont, après la Seconde guerre mondiale, fusionné avec les partis communistes, les partis sociaux-démocrates se sont maintenus dans la clandestinité, et certains d'entre eux en exil se sont regroupés au sein de l'Union socialiste d’Europe centrale et orientale. Cet éclatement de la gauche modérée va plus loin lorsque existent dans certains pays comme la Hongrie des formations dites « libérales de gauche » (SzDSz).
1974-1992 : la Confédération des partis socialistes de la Communauté européenne Ancêtre du PSE, la Confédération des partis socialistes de la Communauté européennes (CPSCE) est fondée en 1974. Les socialistes sont ainsi les premiers à s'unir au niveau de la Communauté. Elle ne dispose pas de statuts, les partis membres de l'Internationale socialiste dans les pays de la Communauté européenne deviennent automatiquement membres de la Confédération. Les rôles-clés au sein de la Confédération sont assumés par les directions nationales et non par les élus socialistes au Parlement européen, à l'exception du chef de groupe.
Elle a comme premier président l’Allemand . La France y a un statut de poids lourd. Dès sa fondation, la confédération travaille à l’élaboration d’un programme commun qui doit servir de base aux engagements des socialistes européens pour les élections de 1979. C’est Michel Rocard qui est chargé d’en rédiger la partie consacrée à la politique économique. La rédaction d'un véritable programme commun se révèle toutefois difficile et c'est finalement un Manifeste qui est approuvé en . C'est également en 1978 que Robert Pontillon devient président de la CPSCE. En , la CPSCE publie un Appel à l'électorat qui souligne un certain nombre de principes communs, tels que le droit au travail ou le contrôle démocratique de l'économie.
Au moment des élections européennes de 1979 est le seul des trois groupements de partis de la Communauté européenne à avoir des membres dans les neuf pays membres. En mai 1979, Paris accueille le Printemps des socialistes européens qui rassemblent deux cents candidats et vingt mille personnes. François Mitterrand et Willy Brandt militent à ce moment pour un parti capable de transcender les clivages partis nationaux, avec un vrai pouvoir d’impulsion.
L’année suivante, le mot d’ordre pour le travail des socialistes, c’est « les socialistes contre la droite », pour lutter contre les partis qui recyclent les survivants des dictatures qui viennent de s’effondrer en Grèce, au Portugal ou en Espagne et contre la montée des droites dures en France, en Allemagne, dans les pays scandinaves ou en Grande-Bretagne.
Au début des années 1980, les socialistes européens luttent contre le thatchérisme qui se pratique en Grande-Bretagne et qui influence quelques autres pays. Mais plus le temps passe et plus l’inadaptation d’une structure qui n’est qu’un cadre de coordination se fait sentir. La victoire de la gauche aux élections européennes fit du groupe socialiste, le premier groupe au Parlement européen.
En 1989-1990, l’Histoire s’accélère et les socialistes entendent être à la hauteur des événements. La chute du Mur de Berlin, la réunification de l’Allemagne, la désagrégation du bloc soviétique, qui entraîne la disparition des régimes staliniens en Europe centrale et orientale conduisent la social-démocratie à penser plus loin. Le renforcement d’une Europe qui n’est encore qu’économique devient prioritaire.
1992-1997 : du Parti des socialistes européens au Parti socialiste européen En 1992, la signature du traité de Maastricht fait entrer l’Europe politique dans une nouvelle phase qui rend indispensable la transformation de la CPSCE. Le nouveau traité prévoit la constitution de partis européens pour les élections. Le congrès des 9 et de la même année, qui se tient à La Haye, donne naissance, après neuf mois de négociations au Parti des socialistes européens. Le nouveau parti accueille en plus des membres de l’ancienne confédération, les partis suédois, finlandais et le PDS italien. Le premier président du PSE est le Belge Willy Claes. Le nouveau parti adopte la parité dans ses instances et les partis observateurs y ont plus de droits.
Les élections européennes de 1994 confirmèrent la place du PSE comme premier parti au Parlement européen. Claes quitte bientôt la présidence du PSE, laissant la place à l’Allemand Rudolf Scharping en 1995. Puis le britannique Robin Cook a succédé à Rudolf Scharping en 2001 à la tête du PSE qui est désormais dénommé Parti socialiste européen.
Les buts que le PSE s’est fixés sont : le renforcement du mouvement socialiste et social-démocrate dans l’Union européenne et dans le reste de l’Europe ; Le développement d’étroites relations entre les partis nationaux membres, leurs groupes parlementaires, le groupe PSE au Parlement européen et le PSE lui-même ; L'élaboration de politiques communes pour l’Union européenne et, enfin, l’adoption d’un manifeste commun lors des élections au Parlement européen.
Depuis 1997 : conflits et perspectives vignette|redresse|Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE de 2004 à 2011. Les socialistes européens sont pourtant plus que jamais divisés depuis la fin des années 1990. Le débat structurant sur l'orientation de la social-démocratie européenne se cristallise rapidement sur les personnalités de Tony Blair et de Lionel Jospin. L'un défend avec Gerhard Schröder l'ouverture vers une « troisième voie-un nouveau centre » (, ) et l'autre lutte pour le maintien de la ligne classique, celle qui défend un rôle de l'État et des services publics et le concept de l'Europe politique et sociale. La division est apparue en plein jour à l'occasion des élections européennes de 1999, quand malgré l'adoption d'un programme commun du PSE, les leaders anglais et allemand ont publié quelques semaines avant le scrutin un programme prônant un « Nouveau centre ». Tandis que les socialistes français séduisent les partis du sud, ainsi que les socialistes belges, grecs ou italiens, le Labour et le SPD trouvent des émules du côté des nouvelles formations socialistes issues de l'ex-bloc communiste. Lors du congrès de Bruxelles de 2004, pour la première fois, il y eut deux candidats. Le Danois Poul Nyrup Rasmussen est le candidat tacite des Français qui souhaitent un véritable parti européen qui soit l'avant-garde d'une plus grande intégration européenne. L'Italien Giuliano Amato est le candidat « officiel » soutenu par le président sortant Robin Cook et les principales formations comme le Labour ou le SPD. Poul Nyrup Rasmussen est finalement élu avec quelques voix d'avance notamment grâce à l'intégration du vote personnel au sein des délégations au Congrès.
En , faisant le constat de l'échec aux élections européennes, le PSE, lors de son congrès à Prague, adopte comme résolution de nommer avant les élections européennes de 2014 un candidat pour le poste de président de la Commission européenne.. Une campagne est en cours au sein du PSE pour que ce candidat soit désigné par un processus de primaires..
Le PSE compte aujourd’hui trente-trois partis membres, issus des vingt-sept pays de l'Union européenne, ainsi que de Norvège. S'y ajoutent douze partis associés et douze partis observateurs.
Malgré la reprise récente du leadership par Tony Blair sur la social-démocratie européenne, celle-ci semble encore divisée sur les stratégies à suivre vers la construction européenne. Unis dans la défense du « oui » au traité établissant une constitution pour l'Europe, la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas a renforcé les courants euro-sceptiques ou plus à gauche. Le fossé entre les tenants d'un « socialisme au centre », qui accepte et accompagne le libéralisme économique (social-libéralisme), et les tenants d'un socialisme à gauche, qui maintient sa volonté de dépasser le capitalisme ne cesse de s'élargir. En Allemagne, un des leaders historiques du SPD Oskar Lafontaine a ainsi quitté son parti pour tenter un rassembler à gauche entre le WASG et le PDS néo-communiste, et a finalement fondé un nouveau parti, Die Linke, qui rejoint le PGE et le groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique.
Le congrès du PSE s'est tenu à Bruxelles les 28 et . À cette occasion, une nouvelle équipe dirigeanteLe président du PSE fraîchement élu présente sa nouvelle équipe, 29 septembre 2012 . a été élue et une résolutionRésolution "Ensemble pour l’Europe que nous voulons . promettant un retour aux valeurs progressistes qui sont au cœur du projet européen a été adoptée. Le congrès a également annoncé le début des préparatifs en vue des élections européennes de 2014, indiquant que le moment était venu de mettre en œuvre les plans du PSE pour la désignation d'un candidat commun.
Certains partis affiliés au PSE, comme le SMER – social-démocratie en Slovaquie et le Parti socialiste bulgare, ont cependant une orientation idéologique assez nationaliste et conservatrice.
Depuis 2023 : suspension et exclusion des partis pro-russes