Kemexhe, en wallon liégeois K’mexh', est une section de la commune belge de Crisnée située en Région wallonne dans la province de Liège.
C’était une commune à part entière avant sa fusion en 1964 avec Thys, Odeur, Fize-Marchal et Crisnée pour former la nouvelle entité de Crisnée. vignette|redresse|L’église Saint-Vincent.
Étymologie Il est probable qu'une agglomération existait avant l'arrivée des Romains. Qui, sinon les habitants de l'endroit et des environs, aurait tracé les voies qui se croisaient en étoile au lieu dénommé plus tard Batch'-dès-Macrales? Il fallait aussi que ces mêmes habitants nomment leur localité pour la distinguer de ses voisines. Seule la tradition orale était en mesure de nous renseigner à ce sujet. C'est sur cette tradition que les premiers chroniqueurs se sont basés pour nommer notre village. Ils l'ont fait avec les moyens de révoque, transcrivant avec leur orthographe approximative un nom qui leur était plus ou moins mal prononcé.
Plus tard, au , le chroniqueur liégeois Jean d'Outremeuse n'a pu que se fier à ces témoignages et à ces anciens documents pour nous transmettre son message. Par exemple que saint Materne vint ici évangéliser notre village. Et lui-même a écrit à la mode de son temps, avec sa langue et son orthographe. Voilà qui explique ces variations du nom de notre village dont la graphie sera fixée sur Kemexhe.
Ces anciens documents dataient du début du mais ils ne concordent pas sur le nom de Kemexhe. En se limitant aux cela nous offre nombre de variétés1230 Kumee — 1288 Cumegh — 1237 Comefe - 1305 Cumech - 1239 Quemech - 1334 Kemeghe - 1260 Cumehe — 1348 Kemesche — 1276 Kemeffe in Herbillon?? .
Nom latin "Quand apparaissent les premières déformations du nom, au début du , il y a déjà un millénaire que le nom existeJean d'Outremeuse (ref ?). Et la forme comafia, dont les auteurs précédents se prévalent, n'est que la relatinisation faussée - fréquente à l'époque - d'une forme patoisante.
Le x de Notger On trouve la même année Commehe et Quemeche (1239). L'écriture est mal fixée, le nom non plus. Suivant que le scribe était de Kemexhe, de Lamine ou d'Othée, le nom prenait différentes formes. Le nom de Kemexhe ne sera fixé qu'au , sous une graphie engendrant une prononciation moderne du x. Il s'agit en fait d'une graphie pour préciser que le h doit être prononcéJean Lechanteur, dans : , D/2006/11.092/1.
Nom wallon Par ignorance, le , perdant lentement ses traditions wallonnes, et ne connaissant pas la prononciation autochtone, prononcera le x. (Vide Xhendelesse, Xhoris, Xhendremael, etc). Le wallon prononce le nom du village de manière correcte:
"La forme varie depuis des siècles, mais c'est aujourd'hui K'mèhsi elle devient K'mèch à Lamine et K'mèf à Othée, c'est à la suite d'une déformation locale du phonème, exactement comme "Il faut qu'ils viennent" se dira à Kemexhe soit: I fât qui m'nèh ou i fât qui m'nesse; à Lamine: i fât qui m'nèch... et à Othée: I fât qui m'nèf vide Eugène .
Plusieurs villages des environs se sont distingués de leurs homonymes par la mention "près de Kemexhe" probablement dû à l'importance du bourgOn ne lit jamais, par exemple, Kemexhe près de Fexhe, mais bien Fies prope Kemeghe, Odoir juxta Comeffe, même Vileir deleis Kemexhe en Hesbaingne.
Géographie physique Kemexhe est situé à au nord-ouest de Liège, proche de la chaussée romaine Tongres-Amay. Le territoire de l'ancienne commune était de 456 hectares confine aux villages d'Odeur, Villers-l'Évêque, Fooz, Freloux, Momalle, Fize-le-Marsal, Crisnée, et présente une forme rectangulaire assez régulière, sauf au sud-ouest où une pointe s'avance vers Freloux.
Les limites de la commune suivent plusieurs tronçons de vieux chemins qui sont antérieurs à celles des anciennes seigneuries: - le chemin de Fize à la Râperie, la chaussée romaine Tongres-Amay (N69), - l'ancien chemin de Fize à Villers-l'Évêque, - l'ancienne route de Liège à Saint-Trond par Hognoul et Fooz (N3).
Le territoire appartient au bassin du Geer (donc de la Meuse via Maastricht), et suit une pente générale descendant du sud vers le nord. Le point culminant - - est situé aux confins de Fooz, un peu au sud de la route Fooz-Kemexhe. Au nord de ce point, la ligne des crêtes suit à peu près la limite du village.
À l'ouest se creuse une vallée formée par la réunion de deux anciens ruisseaux, l'un venant de Fexhe et de Freloux, l'autre venant des confins de Fooz et de Fexhe. Cette vallée est orientée sud-nord et forme, entre la voie de Fooz et la voie de Liège un repli très caractéristique dont les trois versants forment comme un pétrin (èl m&). Par le fond dè Vivî, elle gagne ensuite Villers-l'Évêque et Odeur. Ce ruisseau, à sec, sauf pendant la période des pluies, est dit "al rôye d'êwe" (à la ligne d'eau).
Une autre vallée traverse tout le territoire du sud au nord, venant de Noville et de Streel (dépendances de Fexhe-le-Haut-Clocher). Elle est suivie par le rouâ di Strêle, passe au Pont dans le village, traverse la Chaussée romaine et, par le fond gagne le village de Crisnée par le point le plus bas de Kemexhe : .
La ligne des crêtes qui sépare ces deux vallées porte les noms de hauteurs. Vers le Nord, les deux vallées divergent, et entre elles se creuse un fond qui s'allonge en direction d'Odeur.
Une troisième vallée est proche de la lisière occidentale du village. Elle se rattache à un fond venant de Fize-le-Marsal et va rejoindre le grand ruisseau venant de Streel. Au sud, la ligne des crêtes entre ces deux dernières vallées suit à peu près la Chaussée romaine Jules, Topographie de la Hesbaye Liégeoise Kemexhe, vol. 7, date à préciser
Histoire du ban de Kemexhe Les anciens sceaux échevinaux Un saint, probablement saint Jean l'Evangéliste, nimbé, accosté de deux arbustes et portant sur la main gauche un écusson à trois jumelles, Légende:S. curie ville de kenieheA.E.L., Collégiale de Saint-Pierre charte du 28 mai 1387A.E.L., Collégiale de Saint-Jean charte du 15 novembre 1391.
À l'acte de 1387, les échevins de Kemexhe déclarent avoir pendu ...rostre propre général et commun seul de nosfre dicte halte court, dequeil usons eu nos oevres et lettres a suelleir en teils semblons cas. Le blason figurant sur ce premier sceau pourrait être celui du doyen de Saint-Jean à l'époque de la confection dudit sceau.
Aigle essorante, emblème de Saint Jean l'Evangéliste Légende : S. delle court de kemexhe, fin du A.E.L., Collégiale de Saint-Jean, charte des 4 août 1505 et 6 janvier 1516. (Greffe, 8 mai 1631).
Les Anciennes juridictions du Ban Seigneurie tréfoncière Pays de Liège, Seigneurie appartenant à la Collégiale Saint-Jean de Liège.
L'avouerie On trouve mentionnés comme avoués de Kemexhe: en 1230, Rigaud de Beaurieux, en 1238 Amel, fils (lu précédent, en 1281 et 1318 Jean de Cockeroul, fils d'Anmel, en 1330 Amel, fils du précédent, mort sans hoirs le .
L'avouerie appartient en 1414 à Jean del Champ de Fexhe, fils de Lambert de Fexhe-le-Haut-Clocher et d'Odile de Champ laquelle était fille de Jean de Champ et de Gertrude de Kemexhe, sœur d'Amel, Beaurieux, Chartes de Sainte-Croix — : Hemricourt.
La noblesse Il y avait vers 1200-1400 deux familles nobles à Kemexhe: les de Beaurieu et les de Pénilh, toutes deux issues de la plus puissante famille de Hesbaye dont le grand aïeul était Raes de Danmartin qui avait épousé Alix de Warfusée. Il est aussi difficile d'établir leur histoire que de situer leur manoir. Des Beaurieu : "Burelé d'argent et d'azur, de dix pièces au lion de gueules sur tout" dix rayures de blanc et de bleu avec un lion rouge). Armoiries des Pénilh :
"De gueules au lion d'or", ce qui signifie: un lion d'or sur fond rouge.
Noblesse et blasons n'empêchent pas Charles le Téméraire de détruire leur manoir-château avec son artillerie lors de sa marche sur Liége en 1468, ... à moins que les pierres de ces vieilles bâtisses abandonnées aient servi à construire des maisons à Kemexhe.
Fin de l'Avoueriede Kemexhe
Les deux branches étaient éteintes, mais l'Avouerie de Kemexhe ne disparaîtra pas pour la cause et on en retrouvera des traces jusqu'en 1600 environ, mais le titre parait être devenu honorifique: on cite vers 1580, Guillaume Collar, "avoué et haut officier de Kemexhe Eugène; 2000 ans de vie en Hesbaye D'attuatuca à l'E5, 1976, p(?).
La Cour de Justice Les seigneurs de Kemexhe (lès ch'neûs ou les chanoines du chapitre de Saint-Jean) nommaient les membres d'une Cour de justice locale, composée de sept échevins, dont la juridiction s'étendait aussi au village de Herstappe. Mais en 1331 si le maieur est commun aux deux villages, il y a deux séries d'échevins et Herstappe tient des plaids ordinaires distincts de ceux de Kemexhe et les actes sont établis en son nom propre.
Plaids généraux Les manants de Herstappe ne se dérangeaient pas volontiers, alléguant que leur villaige et haulteur est particulière et distincte, mesmes quilz denioient avoir a nul jour comparu audit Kemexhe aux plaix generalz. À Kemexhe, les plaids généraux se tiennent à la Saint-Remy, aux Rois et le lundi de Pâques Closes.
La règle est que tous masuiers et surseans sont tenus de y comparoir au son de la cloche sonnant; les plaids ordinaires étant annoncés à l'église (en chaire). Les échevins siègent en plein air, sur des bancs, des xhammes. Les assemblées se font devant l'église, sur le cimetière ou au pied de celui-ci.
Les arbres de justice Le tilleul sous lequel on proclamait les sentences de la cour de basse justice était appelé "l'arbre de justice". Les publications se font "au Pont" où s'élève aussi un tilleul et, comme l'on écrit alors : publyet sur le pont a Kemexhe ou que l'on est acoustumé faire publications. Quand l'intimé est absent, l'affichage est fait outre au perron de Waremme et parfois à celui de Liège. On allait en rencharge (appel) aux Échevins de Liège qui devaient confirmer les peines infligées par la Cour de Kemexhe.
Un texte de 1345 en fait mention : "le court Lyna Lentretailheur, séante devant le tilhou en la ville de Kemexhe"...
Le , le curé fit planter cinq tilleuls près de l'église au pied du cimetière, et un autre à la Tombale, au Batch dès Macrales, lequel fut abattu en 1856 par un ouraganLes curés de Kemexhe (Leodium t.34).
Amendes et pèlerinages Si on n'applique plus couramment la loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent), et faute de prison, les pénalités sont lourdes, consistant en amendes et en pèlerinages à des sanctuaires renommés. Ainsi, au : Walcourt, Aix, Vendôme, Rocamadour, Rome, Saint-Jacques de Compostelle. Celui qui ne soumet pas est banni ou aubain.
Procédures Les surcéants kemexhois semblent avoir été procéduriers. En une seule séance de 1586, quinze affaires sont traitées. Malgré les amendes, les plaintes pour rixes et meurtres sont fréquentes. Quelques exemples d'affaires en un temps où le paysan ne se met en route, même dans son village, qu'armé de son gourdin lequel, tempérament ou cervoise aidant, se met vite en action! Plaintes pour soy avoir combattu a sang courant contre le sergent Fennar ou contre le forestier Glaude qui auraient peut-être abusé de leur autorité, plaintes contre les notables, comme le «chirurgien» Tombeur... Parfois on juge pour mort d'homme: Martin Humblet qui a été tué d'un coup d'épée au cours d'une rixe, ou Guillaume Strengnart tué d'un coup d' "harquebuse" au ventreLes curés de Kemexhe (Leodium XXXIV) — Eugène; ibidem, 1976 p(?) — (CHR)...
La potence Quattre verges scituées en lieu-dit aile voye de Foz, aile justice" (1584), les condamnés à mort sont conduits à la justice, c'est-à-dire à la potence laquelle était dressée, aux confins du village, vers Fooz.
Les cours