vignette|Portrait de Claude Debussy par Raphaël-Schwartz, 1912. La Sonate pour violoncelle et piano (FL 144) de Claude Debussy fait partie des dernières œuvres du compositeur, écrite en quelques jours entre la fin juillet et le début , lors du séjour de Debussy à Pourville au bord de la mer, en dépit des premiers signes d'affaiblissement du compositeur.

Historique

La création de la Sonate pour violoncelle et piano eut lieu le à Londres (Æolian Hall) avec Charles Warwick-Evans au violoncelle et au piano ; elle fut suivie, quelques jours plus tard, le , par la création suisse à Genève (Casino Saint-Pierre) avec Léonce Allard au violoncelle et Marie Panthès au pianoFrançois Lesure, Claude Debussy : Biographie critique suivie du Catalogue de l’œuvre, Fayard, 2003, 563-564..

La création française, quant à elle, semble« semble » parce que, d’une part, nous n’avons pas de preuve que le concert annoncé pour le ait réellement eut lieu et, d’autre part, on ne peut exclure qu’un concert encore antérieur ne soit découvert un jour. avoir eu lieu le à Paris (Odéon) avec Louis Ruyssen au violoncelle et Rose Gentil-Depecker au pianoQuatre quotidiens (parmi beaucoup d’autres) ont annoncé ce concert du .. Plusieurs autres exécutions publiques eurent lieu avant celle, historique, du à Paris (4, avenue Hoche) avec Claude Debussy au piano et Joseph Salmon au violoncelle : le à Paris (Salons de Paul Poiret - 107 Faubourg Saint-Honoré) avec Carlos Marchal au violoncelle et Pierre Lucas au pianoAnnonce de cette séance dans de nombreux journaux, parmi lesquels L'Écho de Paris, 3, 3 du et La France, 3, 6 du ; compte-rendu dans Le Carnet de la semaine, 24, 2-3 du .. le à Bordeaux (Salle Art-Nouveau du Nouvel-Hôtel de Bordeaux) avec Louis Rosoor au violoncelle et Yvonne Gellibert-Lambert au pianoAnnonce de ce concert dans La France de Bordeaux et du Sud-Ouest, 3, 5 du ; compte-rendu dans La Gironde, 2, 4 du .. à Paris les (Salle des Concerts Rouge - 6, rue de Tournon) et (Salle des Agriculteurs - 8, rue d’Athènes) avec Louis Ruyssen au violoncelle et Lazare-Lévy au pianoAnnonces de ces concerts dans plusieurs quotidiens dont Excelsior, 5, 1 du et Journal des Débats Politiques et Littéraires, 4, 1 du - Si le violoncelliste Louis Ruyssen n’est pas nommé pour le de ces deux concerts, il l’est comme violoncelliste du quatuor pour le dont le programme est rigoureusement le même que celui du .... Tout ceci illustre l’enthousiasme que suscita très rapidement cette œuvre auprès des interprètes. Nota : cette sonate a été travaillée au Front fin 1916 début 1917 par André Caplet et Maurice Maréchal sur son célèbre violoncelle le "Poilu". C'est lors d'une rencontre le chez Debussy qu'elle a été mise au point.

Structure Le titre Pierrot fâché avec la lune aurait été pressentiMoray Welsh. « Behind the Moon-eyed Mask ». The Strad (April - June 1992) (en)., une allusion probable au peintre Watteau, revue par le Verlaine des Fêtes galantes ; mais la question de savoir si les commentaires descriptifs utilisés par Louis Rosoor dans ses programmes de concerts sont de Debussy reste sans réponseAntoine Pery, « Louis Rosoor et l’interprétation de la Sonate pour violoncelle et piano de Debussy », Cahiers Debussy n° 39 / 2015, Centre de documentation Claude Debussy, juin 2016..

Debussy aurait été hanté par les arlequinades de la commedia dell'arte. La composition reste un mélange d'humour sarcastique et de poésie mélancolique. Le piano cantonné dans un rôle d'accompagnateur (de continuo) laisse la part belle au violoncelle, dont la sonorité évoque celle de la guitare ou de la mandoline. Debussy a d'ailleurs laissé cette mention manuscrite : « Que le pianiste n'oublie jamais qu'il ne faut pas lutter contre le violoncelle, mais l'accompagner. »Cité par Adelaïde de Place, livret du CD Debussy : Sonates et trio, Erato, 2017, p. 9.

La sonate comprend trois mouvements : un Prologue qui débute dans le style d'une ouverture à la française, fière et majestueuse. Le piano revient vite à son rôle d'accompagnateur et laisse s'épanouir le violoncelle dans des épanchements solitaires. Un passage à l'agitation inquiète animando poco a poco ramène le thème initial. Le Prologue se termine en ré majeur sur une quinte à vide dans le registre aigu du violoncelle. La Sérénade, à l'humeur fantasque et capricieuse, n'est pas sans évoquer le prélude pour piano Général Lavine. Sur un rythme de Habanera, le violoncelle fournit pizzicatos, portandos et harmoniques, évoquant la mandoline. Le dernier mouvement Finale s'enchaîne, virtuose, évoquant encore des images d'Espagne en particulier les « Parfums de la nuit » dIberia, dans une sorte de gaieté lunaire.

Bibliographie Ouvrages généraux éditée sous la direction de François Lesure et Didier Herlin

Monographies

, préface et traduction d'André Cœuroy

Articles et analyses

Discographie sélective Paul Tortelier et Jean Hubeau, avec des œuvres de Fauré chez Erato, 1962. Mstislav Rostropovitch et Benjamin Britten, avec la Sonate Arpeggione de Schubert chez Decca Records. Mischa Maisky et Martha Argerich chez Deutsche Grammophon. Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud chez Harmonia Mundi.

Références

Liens externes

Interprétation filmée de la Sonate par Anastasia Kobekina (violoncelle) et Paloma Kouider (piano), en ligne sur France Musique.

Catégorie:Musique de chambre de Claude Debussy Catégorie:Composition impressionniste Debussy Catégorie:Œuvre en ré mineur Catégorie:Œuvre musicale composée en 1915