Le régiment de Berwick est un régiment d'infanterie irlandais au service du royaume de France créé le pour Jacques FitzJames, duc de Berwick, fils naturel du roi Jacques d'Angleterre, renforcé le par incorporation du régiment de Clare, et renommé le 1er janvier 1791 le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : Création du régiment d'O'Brien : Devient le régiment de Lée : Prend le nom de régiment de Talbot : Redevient régiment de Clare : Prend le nom de régiment d'O'Brien : Reprend le nom de régiment de Clare : création du régiment de BerwickCinquième abrégé général du militaire de France, sur terre et sur mer, depuis novembre 1737 jusqu’en novembre 1738, Pierre Lemau de La Jaisse, Paris, 1739, : renommé d'infanterie de ligneHistoire de l’armée et de tous les régiments, tome 3, par Adrien Pascal

Colonels et mestres de camp

: André de Léeprécédemment lieutenant-colonel du régiment il devient colonel du même régiment, puis colonel du régiment de Dillon, maréchal de camp le 23 décembre 1702, lieutenant général le 26 octobre 1704, † 16 février 1734 : Richard Talbotbrigadier le 28 avril 1694, † 15 août 1702 : Charles O'Brien vicomte de Clarebrigadier le 2 avril 1703, maréchal de camp le 26 octobre 1704, † 23 mai 1706 : Morogh O'BrienBrigadier le 29 mars 1710, maréchal de camp le , † juillet 1720brigadier le 29 mars 1710, maréchal de camp le , † juillet 1720 : Charles O'Brien de Clare, comte de Thomondbrigadier le 20 février 1734, maréchal de camp le , lieutenant général le 2 mai 1744, maréchal de France le 24 février 1757, † 9 septembre 1761 : Charles O'Brien de Clare, vicomte de Thomond : Jean-Charles de Berwick duc de Fitz-James : Jacques Charles de Berwick duc de Fitz-James : Charles Alexis O'ConnorHistoire de l'ancienne infanterie française de Louis Susane : Olivier Harty

Historique des garnisons, combats et batailles Régiment d'O'Brien (1690-1693) Le régiment de Clare est constitué de volontaires irlandais ayant émigré d'Irlande à la suite de la bataille de la Boyne et du traité de Limerick, qui avait scellé la défaite des troupes de Louis XIV face à celles menées par le parlement anglais et le roi d'Angleterre Guillaume d'Orange.

Son uniforme comprend un habit de drap rouge garance, doublure verte et culotte blanche, parement et revers jaune, poches ordinaires, garnies de 4 boutons, de 2 en 2 autant sur la manche, 5 petits au revers en distance égale, 3 gros au dessous, boutons blancs . Chapeau bordé de galon blanc. Drapeau rouge et jaune par quartier Claude-Antoine Littret : Uniformes militaires, drapeaux, étendards et guidons, de tous les régiments de France, tant de la cavalerie que de l'infanterie, page 95.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg Ce régiment, formé comme le régiment de Dillon par ordre du . Il est constitué de volontaires irlandais ayant émigré d'Irlande à la suite de la bataille de la Boyne et du traité de Limerick, qui avait scellé la défaite des troupes de Louis XIV face à celles menées par le parlement anglais et le roi d'Angleterre Guillaume d'Orange.Le régiment de Clare est aussitôt envoyé sur les Alpes pour servir avec marquis de Saint-Ruth qui venait d'occuper toute la Savoie dans le cadre de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Il ne restait plus qu'à débusquer le comte de BernexCharles Amédée de Rossillon (que l'on trouve également écrit Roussillon) marquis de Bernex (Bernezzo) était lieutenant des armées du duc de Savoie depuis 1666, chevalier de l'ordre de l'Annonciade, et possédait le Château-Blanc qui était situé aux portes de Genève. Il était le père du comte Michel Gabriel Rossillon de Bernex et futur évêque Rossillon de Bernex. Il meurt en 1692. retranché avec 400 hommes dans la vallée de la Tarentaise à la hauteur de CevinsJacques Flournoy : Journal 1675-1692 pages 328 et suivantes. Le lieutenant-colonel de André de Lée s'offrit à aller forcer les Savoyards avec le régiment de Clare. Il tourne la montagne qu'il avait à sa gauche pour la gravir sur le revers opposé et en vient à bout après d'incroyables fatigues. Parvenu au sommet, il fait reposer et rafraîchir sa troupe, puis, sans donner à l'ennemi le temps de se reconnaître, il se précipite du haut de la montagne vers les retranchements. Les épouvantables cris que poussent les Irlandais jettent la terreur dans les rangs de l'ennemi, qui, sans chercher à se défendre, abandonne retranchements, artillerie et munitions, se hâte de mettre l'Isère entre lui et ses adversaires et disparaît dans les gorges des montagnes. Les Irlandais eurent pour eux tout le butin, et André de Lée fut fait colonel à la suite du régiment. Celui-ci fit au mois de novembre le siège de Montmélian, avant de se rendre à Pignerol ou il passa l'année 1691.

Pendant les campagnes de 1692 et 1693 le régiment est sous les ordres du maréchal de Catinat et combat à la bataille de Marsaglia, où le colonel commandant le régiment perd la vie. André de Lée est alors nommé colonel commandant le régiment.

Régiments de Lée et de Talbot (1693-1696) Guerre de la Ligue d'Augsbourg De 1693 à 1696 le régiment continua de servir en Italie, sous les noms de régiment de Lée et régiment de Talbot, il ne se passa rien d'extraordinaire si ce n'est que le régiment repoussa une sortie des assiégés de Valenza Siège de Valence par le Duc de Savoie : [estampe Montalègre. Graveur]

Régiment de Clare (1697-1706) Guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1697, le régiment de Clare fait la campagne sur la Meuse.

En 1698, après le traité de Ryswick qui met fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg le régiment est réduit à un bataillon.

Guerre de Succession d'Espagne Quand la guerre de Succession d'Espagne éclata en 1701, le régiment de Clare était en Alsace.

Rétabli à deux bataillons, il sert en 1703 au siège de Kehl et fait toute la campagne de Bavière sous le maréchal de Villars et se distingue particulièrement au combat de Munderkirchen et à la première bataille d'Höchstädt.

En 1704, il montre une grande bravoure à la défense des retranchements de Schellemberg et à la seconde journée d'Höchstädt avant de terminer cette campagne en Alsace et de passer l'hiver à Metz.

En 1705, on le trouve à l'armée de la Moselle.

En 1706 le régiment est l'armée de Flandre. À Ramilies, il faisait partie de la brigade de Picardie et faillit être anéanti. Un corps ennemi très nombreux, débouchant à travers des haies, fondit sur la brigade, qui, malgré son infériorité, s'avança à sa rencontre et fit la moitié du chemin. Le choc fut des plus rudes, et le régiment de Clare allait être écrasé et entraîner le régiment de Picardie dans sa ruine, quand il fut secouru très à propos par les régiments Royal-Italien et Gondrin. Grâce à ce secours , le régiment put faire sa retraite, mais il laissa sans vie sur le champ de bataille un grand nombre d'officiers et de soldats, dont son colonel Charles O'Brien vicomte de Clare.

Régiment d'O'Brien (1706-1720)

Guerre de Succession d'Espagne Le régiment fait la campagne de 1707 dans la brigade de Piémont.

En 1708, il combat à Audenarde avec Bourbonnais. Pendant le siège de Lille, il demeura au camp du Saulsoy avec le duc de Bourgogne, Louis.

En 1709, durant la bataille de Malplaquet, le régiment et la brigade Irlandaise jouèrent un rôle brillant.

En 1711, Clare combat encore avec éclat au siège d'Arleux.

En 1712, il participe activement à la bataille de Denain, à la reprise de Douai, du Quesnoy et de Bouchain.

Passé à l'armée du Rhin après la paix d'Utrecht, il se trouva aux sièges de Landau et de Fribourg. Après ces combats, en 1713, le régiment se trouvant réduit à un bataillon, dans lequel on incorpora le le « régiment d'O'Donnell », créé en 1698 sous le nom de « régiment d'Albemarle ». Les régiments irlandais se recrutaient difficilement, et par la suite on n'entretint ces corps au complet qu'en en diminuant successivement le nombre.

Guerre de la Quadruple-Alliance En 1719, le régiment de Clare est engagé dans la guerre de la Quadruple-Alliance et rattaché à l'armée des Pyrénées. et se trouve aux sièges de Fontarrabie, de Saint-Sébastien et d'Urgell, et au blocus de Roses.

Régiment de Clare (1720-1775)

Guerre de Succession de Pologne En 1733, au début de la guerre de Succession de Pologne le régiment est au siège de Kehl.

En 1734 il prend part à toutes les opérations de l'armée du Rhin, notamment à l'attaque des lignes d'Ettlingen et au siège de Philippsbourg, où le colonel Charles O'Brien de Clare, comte de Thomond est blessé à l'épaule du même coup de canon qui tue son oncle le maréchal de Berwick.

En 1735, le régiment sert entre Rhin et Moselle et se trouve à la bataille de Clausen.

Guerre de Succession d'Autriche En 1741 et 1742, durant la guerre de Succession d'Autriche le régiment de Clare est employé sur la frontière de Flandre.

En 1743 il passe à l'armée du Rhin et se trouve le à la bataille de Dettingen.

En 1744 il retourne en Flandre et fait le siège de Menin, ou il monte la garde de tranchée avec les Gardes Suisses, celui d'Ypres où il emporte le chemin couvert puis celui de Furnes.

Le , lors de la bataille de Fontenoy, avec les autres corps irlandais, il tombe sur la colonne anglo-hanovrienne en même temps que les Carabiniers et la Maison du roi, et prend deux drapeaux et quinze pièces de canon. Peu de jours après, Clare assistait à la capitulation de la citadelle de Tournai. Il fut ensuite destiné à une expédition d'outre Manche que les circonstances firent contremander.

Il continua de faire partie de la grande armée de Flandre en 1746 et se distingua à l'attaque du village de Rocoux.

Au commencement de 1747, il défendit Malines se trouva plus tard à la bataille de Lawfeld où les Irlandais firent des merveilles.

En 1748 il est employé dans les opérations du siège de Maastricht.

Guerre de Sept Ans Pendant les premières années de la guerre de Sept Ans, le régiment de Clare servait sur les côtes de la Normandie et avait ses quartiers habituels à Valognes.

Le , il fait de glorieux mais inutiles efforts, avec le régiment liégeois de Horion, pour s'opposer au débarquement d'un corps de , qui s'empara de Cherbourg.

Envoyé en 1760 à l'armée d'Allemagne, le régiment de Clare se fait remarquer à la bataille de Corbach puis à celle de Warbourg.

En 1761 il contribua à la défense de Marbourg et combattit bravement à Villinghausen. vignette|200px|Officier du régiment de Clare, vers 1767, musée de l'Armée (Paris) En 1762 il est au camp de Dunkerque, et le de la même année, il reçoit par incorporation les débris du régiment écossais d'Ogilvy créé en 1747.

Période de paix En , après la signature du traité de Paris, le régiment est mis en garnison à Valenciennes, puis il se rend à Gravelines en , puis à Philippeville en . Il revint à Gravelines en , puis à Berghes en , à l'ile de Ré en , à Blaye en , à Bayonne en , à Marseille en , à Landrecies en juin 1768, à l'île d'Oléron en et à Rochefort en janvier 1771. Il s'embarque aussitôt dans ce port pour passer aux îles de France et de Bourbon.

Le , une partie du détachement du régiment qui avait été envoyé à l'île de France est incorporé dans le régiment de l'Île-de-France.

Rentré en France par Brest et Lorient en , il arrive à Béthune en , puis à Rocroi en , à Bouchain en , puis à Valenciennes en .

Régiment de Berwick (1775-1791) Le régiment de Berwick fait partie de 5 régiments irlandais formés avec 13 compagnies de 50 hommes par un ordre du : Dorington, Albemarle, Galmoy, Lutrelle et Berwick. Leurs officiers et soldats sont ceux des 8 régiments d'infanterie irlandaise et des 2 régiments de dragons à pied du roi Jacques II licenciés par un ordre du même jour.

: création du second bataillon du régiment de Berwick : le de Berwick est supprimé afin de porter les régiments de Dorington et Berwick à 15 compagnies de 40 hommes, dont une de grenadiers.