Hermalle-sous-Huy ([ʔɛʁmalsuɥi]), en wallon , est une section de la commune belge d'Engis située en Région wallonne dans la province de Liège.
C’était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Étymologie et variantes du nom En 779 Harimala, 1131 Harmala, 1524 Hermal devant Floene (ou Hermal), 1800 Hermalle-sous-Huy ; signifie « lieu de réunion du mallum » ou « assemblée de l'armée » (du germanique mathla et harja). D'aucuns rapportent ce nom à la déesse germanique Harimella. La terminaison en -malle, qu'on retrouve également dans Flémalle (comme le rapporte son étymologie, la terminaison est en rapport avec Hermalle), Bomal et d'autres localités belges.
Hermal devant Floene fait référence à l'Abbaye de Flône sise face à Hermalle mais sur la rive gauche de la Meuse. Hermalle-sous-Huy indique la situation du village en aval de la ville de Huy que traverse ce même fleuve.
Les cartes Namurcum comitatus de Johannes Surhonius en 1579, Luttich de Abraham Ortelius (Anvers, 1612) et la Carte des Pays-Bas autrichiens de Joseph de Ferraris (publiée entre 1770 et 1778) indiquent simplement Hermal.
Géographie Géologie Hermalle-sous-Huy se trouve dans le lit majeur de la Meuse et dans la Bande ordovico-silurienne du Condroz, dite aussi « Bande de Sambre-et-Meuse », « Bande condruzienne », « Bande Silurienne du Condroz » ou encore « Bande de Dave » (entre les Synclinorium de Namur et de Dinant, entre la Faille du Midi à l'ouest et la Faille Eifelienne à l'est). On y trouve des schistes du siluro-ordovicien (450 Ma), des schistes et grès du dévonien inférieur (± 415 Ma) sur la rive droite, des calcaires, dolomies et grès du carbonifère (± 350 Ma) sur la rive gauche.
Climat
Localisation
Historiquement, Hermalle-sous-Huy faisait partie de la Hesbaye liégeoiseLeopold August Waernkœnig et Pierre Florent Gérard, histoire des Carolingiens, Bruselles / Paris, 1862, chapitre VI « La Belgique sous les Carolingiens ».. Situé sur la rive droite de la Meuse, le village se trouve dans l'Ardenne condruzienne.
L'accès au village par automobile se fait par l'importante voie rapide N90 et deux autres routes nationales : N644 et N617. Piétons et cyclistes préfèrent le GR 576 ou la ligne 1 du RAVeL de Meuse qui fait partie de la route des pèlerins. Le bus 9 du TEC (Liège-Huy) dessert également Hermalle.
Démographie
Sources:INS, Rem:1831 jusqu'en 1970=recensements, 1976= nombre d'habitants au 31 décembre
Histoire Préhistoire Des fouilles ont révélé la présence de l'homme au lieu-dit Thier d'Olne depuis le Paléolithique moyen ; des haches et des silex taillés y furent retrouvésHistoite de Hermalle-sous-Huy.
Protohistoire et Antiquité Au premier âge du fer (entre 800 et 400 av. J-C.), le bord de Meuse, sur la rive droite de la Meuse (au lieu-dit « campagne de Gerée ») est occupé par des Celtes comme l'attestent les 150 structures trouvées entre 2003 et aout 2006 par l’asbl « Les Chercheurs de la Wallonie » et par le Service de l’Archéologie du Ministère de la Région wallonne :
Dans les années 1960, le Cercle archéologique Hesbaye-Condroz avait déjà exploré deux fours de tuiliers gallo-romains dans la campagne de Gerée. Les fouilles de 2003-2006 ont révélé un complexe beaucoup plus important des permettant toutes les opérations, de l'extraction de l'argile au stockage des tuiles pour l'expédition. Plusieurs dizaines de poteaux supportaient la couverture d'une aire de cuisson de ; les fours, placés à les uns des autres, disposaient d'une aire de chauffe individuelle. Des fosses d'extraction et des fossés de drainage, quatre constructions de et deux halles de séchage et de stockage de complétaient l'infrastructure. Plusieurs tegulae ont été retrouvées portant les marques de leurs fabricants : NEH, QVA et GFPÉconomie de Hermalle-sous-Huy. Des traces d'un vicus belgo-romain sont également présentes à Ombret.
Moyen Âge
vignette|Sarcophage du Thier d'Olne orné de motifs de croix (), calcaire lorrain, musée royal de Mariemont. L'occupation romaine laisse la place aux mérovingiens et à un l'établissement d'une famille aristocratique au Thier d'Olne, colline isolée qui domine la Meuse à proximité du gué et du pont romain. Position idéale par l'exploitation de la plaine alluviale en aval, la récolte des produits de la forêt bordant le plateau condrusien et le contrôle de la navigation sur la Meuse avec possibilité d'en percevoir un tonlieu.
L'habitat est modeste, en pierres, bois, torchis, chaume, entouré d'un enclos au centre duquel se trouve le mausolée où l'on a trouvé deux sarcophages, les seuls sur une trentaine de tombes. La présence de motifs chrétiens sur l'un des sarcophages laisse penser qu'une partie au moins de la population était christianisée. D'autres sépultures ont été mises en évidence en dehors de l'enceinte palissadée.
Dans la seconde moitié du sous les mérovingiens, le mausolée est remplacé par une chapelle chrétienne construite avec un soin particulier : murs de pierre recouverts d'enduits peints et vitrail. L'habitat s'étend.
Ce complexe aristocratique est l'objet d'une transformation importante dans le courant du . Il comprend alors une église et un vaste édifice seigneurial carolingien avec domus, camerae, porches, cellier, étable ou écurie, etc., implanté à une vingtaine de mètres de distance de l'église, relié à elle par un mur limitant une cour intérieure.
Le centre domanial est abandonné - sans traces de destruction violente - aux environs de l'an mil au profit d'un autre site de hauteur, le rocher d'Engihoul (à Éhein), propice à la défense tandis que la paroisse est installée à Hermalle. Vers 1070 est sculptée une Vierge hiératique, assise, tenant sur ses genoux l’enfant Jésus ; cette sedes sapientiae est l’une des plus anciennes qui soient conservées en Belgique.
Au , un donjon entouré de fossés, de murs d'enceinte et de tours, dont deux subsistent toujours, est construit au centre actuel du village. Propriété, au , de Henri de Hermalle, maréchal de l'évêché de Liège et chef du parti des Waroux dans la Guerre des Awans et des Waroux, le château de Hermalle-sous-Huy est attaqué et ruiné avec, selon Jean d'Outremeuse, l’aide des mineurs liégeois. En 1346, il est à nouveau saccagé par les Hutois.
Époque moderne
thumb|Cour d'honneur du château de Hermalle-sous-Huy et tour du (remaniée). Hermalle-sous-Huy fut le siège de l'une des plus anciennes seigneuries de la vallée de la Meuse relevant d'une cour féodale et censale dès le Moyen Âge et jusqu'au ; l'histoire du bourg se confond donc avec celle de son château et de ses seigneurs qui ont appartenu, notamment, aux familles de Lummen, de Salme, de Horion, de Rougrave, de Goisbeck, de Berlo.
Au , les forgerons du village travaillent le fer étiré pour les usines sidérurgiques de Liège et Huy. Son transport, comme celui du charbon de bois nécessaire à la sidérurgie et à l'industrie armurière, est effectué par bateau sur la Meuse.
La configuration actuelle du centre du village se dessine au avec des bâtiments couverts d'ardoises, dont les encadrements (baies), les chaînages et les soubassements sont souvent en calcaire de Meuse, les murs extérieurs étant réalisés en briques à partir de l’argile et du limon régionaux, les murs intérieurs en colombage et briques. Le château de Hermalle, transformé par le comte Conrard d’Ursel qui préserve la tour du , devient un édifice de style roman. thumb|upright|Tour de l'église Saint-Martin et, dans le cimetière emmuré, chapelle funéraire néo-gothique de la famille de Potesta.
Époque contemporaine Au , la carte de Ferraris indique l’emplacement de groupes de bâtiments le long de la route qui va vers Liège et aux lieux-dits Ronheu, Magotte et Héna. La basse-cour de la ferme castrale est limitée par l’adjonction d’une aile qui la sépare de la grande avant-cour d’un château doté d’un parc à la française et, au début du siècle suivant, de nouveaux aménagements interviennent tant au château (construction d’une terrasse, d’une passerelle et d’un pont sur les douves, de garages, d’un manège couvert) qu’à la ferme (élargissement de l’aile est). L’église Saint-Martin, qui avait été partiellement reconstruite au , est dotée d'une tour pourvue de deux cadrans d'horloge à une aiguille et d'une belle porte à deux battants ornés de sculptures de style Régence.
Pendant l’annexion de la région à la première République française, la délimitation précise des communes est décidée ; elle se fait entre Hermalle et Clermont le 3 avril 1810, après la pose de bornes en granit portant la lettre H gravée en creux d’un côté et la lettre C sur la face opposée.
L’établissement de la ligne de chemin de fer Namur-Liège en 1850-1851 (ligne 125) dote Hermalle d’une gare située sur la rive gauche de la Meuse, à la Mallieue. En 1853, la propriété seigneuriale passe à la famille de Potesta qui fait planter des espèces rares (séquoias, tulipier de Virginie, etc.) dans le parc du château et dans la drève de la ferme. On édifie les bas-côtés de l’église dont on remanie la nef, avant d’installer au jubé un orgue des frères François-Joseph et Jean-Mathias Molinghen avec un buffet à trois tourelles. On construit la Tour Malakoff en bordure du fleuve ; cette tour disparaitra, comme l'ile de Chaumont, lors de la canalisation de la Meuse, en 1938.
Le , un pont en béton armé (système Hennebique), construit en 5 mois avec l'aide de scaphandriers, remplace enfin le traditionnel passage d’eau. L'armée belge fait sauter l’ouvrage la nuit du 4 au ; il ne sera reconstruit qu'en 1923-1924 mais sera à nouveau miné par le génie belge le et rétabli avec difficulté - une arche s'effondra entrainant 12 ouvriers dans la Meuse dont 5 ne survécurent pas - en 1947-1948 par le ministère des Travaux publics. Celui-ci le cède en 1951 à la commune. Le pont devient ensuite propriété conjointe de Hermalle-sous-Huy et Saint-Georges-sur-Meuse, une situation juridique exceptionnelle, jusqu'en 1985 où il est repris par l'État, les communes ne pouvant assumer les frais de contrôle et d'entretienArlette Lemonnier et Claire Marlaire, « Le Pont de Hermalle-sous-Huy - la Ferme castrale d'Hermalle-sous-Huy » dans Ponts d'hier et d'aujourd'hui - Le Pays hutois, Éd. MET, 1999, 137 à 147..
Après la Seconde Guerre mondiale, l’ouverture d’un nouveau cimetière permet la réduction de moitié de l’ancien, accolé à l'église, et la création d’une place dite des combattants. Le moulin à roue hydraulique alimenté par un bief du ruisseau d’Oxhe cesse ses activités dans les années 1960. thumb|left|Port de Hermalle sur la rive droite de la Meuse.
Le , Hermalle-sous-Huy est démembré par la fusion des communes décidée par le gouvernement belge : la partie située sur la rive gauche de la Meuse, dite la Mallieue, zone industrielle où se trouve la gare, passe à la nouvelle commune de Saint-Georges-sur-Meuse ; la partie située sur la rive droite de la Meuse, zone rurale et semi-rurale d'intérêt patrimonial et paysager, est intégrée à la nouvelle commune d’Engis. Un parc d'activités industrielles de 301,25 ha va s’y développer entre le fleuve, le long duquel se développe à nouveau un port, et une nouvelle route à quatre bandes de circulation (RN 90) qui relie Huy à Seraing ; le parc est également desservi par la ligne de chemin de fer Val Saint-Lambert-Hermalle-sous-Huy.
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977
Patrimoine et culture
Monuments et sites remarquables
Château d'Hermalle (tour du - autres parties des bâtiments des , style mosan) et Ferme castrale de 1642 (monument en attente de classementCatherine Duchateau, NON, la ferme castrale n’est pas classée, Le Jour Huy-Waremme, quotidien belge, 20 octobre 2010 version en ligne, consultée le 20 octobre 2010.), contigüe au château. Début septembre 2014, le château a en partie été détruit par un violent incendie qui n'a toutefois pas fait de victimes, le bâtiment étant inoccupé et mis en vente depuis 2012 Site de la RTBF. Cense Cassal (1610)