Alexandre Julien Savérien, né le à Arles et mort le à Nanterre, est un écrivain, philosophe et mathématicien français.

Biographie

Fils de Julien Savérien, enquêteur commissaire examinateur au siège d’Arles, et de Thérèse Mercurin, Savérien fit des études chez les Jésuites d’Arles et fut admis garde de l’étendard de Marseille dans la marine de guerre.

Attiré très jeune par les sciences, il obtint à vingt ans le brevet d’ingénieur de marine. Ses ambitions le poussant à quitter la Provence, Savérien devint professeur à Paris à vingt-deux ans. En 1742, il composa un Discours sur la navigation et la physique expérimentale qu’il réécrivit trois fois sur le conseil de l’abbé DesfontainesLaurent Bonnemant, ms296, p.65.. Ce discours lui permit d’obtenir une relative reconnaissance. Il est un des rares historiens de mathématiques à avoir lu le Cursus d'HérigoneCharles-Ange Laisant, Emile Michel Hyacinthe Lemoine, l'intermédiaire des mathématiciens, Gauthier-Villars et Fils 1906 ; 203 ..

Son œuvre

Premiers traités de science maritime

Il consacra la totalité des années suivantes à l’étude et à la recherche et publia une multitude d’autres discours et traités, parmi lesquels : Manœuvre des vaisseaux (1744), Recherches historiques sur l’origine et le progrès de la construction des navires des anciens (1747), L’Art de mesurer sur mer le sillage des vaisseaux (1750), Description et usage des globes célestes et terrestres (1752). On ne sait ce qui a motivé chez lui sa passion pour les sciences de la mer, si ce n'est peut-être son enfance arlésienne.

Mathématiques, physique

Avec les années, sa passion pour la mer se diversifia pour alimenter des écrits plus généraux : Dictionnaire universel de mathématiques et de physique (1753), Histoire critique du calcul des infiniment petits (1753), Réédition et enrichissement du Dictionnaire d’architecture de D’Aviler (1755), Dictionnaire historique, théorique et pratique de la Marine (1758, réimpr. 1781).

Philosophie

Il entama ensuite une série sur la philosophie : Histoire des philosophes modernes, avec leurs portraits gravés par François (1760, rééd. 1769-1773)Consultable sur Google Livres. On y trouve entre autres un des portraits les plus fameux du mathématicien François Viète, Histoire des progrès de l’esprit humain dans les sciences exactes et les arts qui en dépendent (1766, rééd. 1776), Histoire des philosophes anciens, jusqu’à la renaissance des lettres, avec leurs portraits (1771), Histoire des progrès de l’esprit humain dans les sciences naturelles... (1775). Son arrivée aux sciences mathématiques et physiques était due en grande partie à la lassitude qu’il ressentait face aux critiques qui ne tardèrent pas à poindre. En outre, aucun avancement ne lui étant proposé, il entreprit de lui-même des recherches dans des domaines étrangers à la marine.

Les querelles des spécialistes

La fécondité de sa production ne doit pas laisser oublier la qualité du propos et, dès ses premiers écrits, il se crée des ennemis et provoque des querelles de spécialistes. À cet égard, le mathématicien Bernoulli lui sera d’une aide précieuse en 1744. Citons au nombre de ces critiques ses discussions avec Bouguer sur le point d’appui du mât de navire, Bouguer bénéficiant du soutien de l’Académie des sciences. Ces discussions incessantes lui valurent une profonde remise en question :

Arles non plus ne le reconnaîtra pas. Depuis son séjour à Paris,

Humeur d’intellectuel ? Réponses aux critiques faciles des siens face à la réussite de l’enfant exilé ? Il n’empêche que la brouille d’avec sa famille fut définitive. Savérien dut vivre ses dernières années au jour le jour, sans fortune, ses œuvres ne lui rapportant quasiment rien. La Révolution ne lui fut pas plus bénéfique, le privant de la plupart de ses moyens d’existence.

Épuisé et surmené, il se retira dans le village de Nanterre, près de Paris, où il habita une modeste et humide maison paysanne, alité la plupart de ses hivers, faute de bois pour se chauffer et perclus d’infirmités. Il n’eut aucun enfant de son épouse, Catherine Denise d’Autane, une mégère épousée à Paris, et mourut dans le dénuement le plus complet.

Reconnaissance posthume

En l’an III de la République, le nom de Savérien fut donné à une rue d’Arles, dans le quartier de la Roquette. Cette rue fut rebaptisée rue Saint-Nicolas le . Il fallut attendre une délibération du conseil municipal de la ville d’Arles en date du pour qu'elle reprenne le nom de « rue Alexandre-Savérien », nom qu’elle conserve aujourd’hui.

Notes et références

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