Yamina Benguigui, née Yamina Zora Belaïdi le à Lille (Nord), est une réalisatrice et femme politique française.

Elle revendique dans son travail, que ce soit par le biais du documentaire ou de la fiction, une volonté de contribuer à rendre visible une mémoire commune et à restaurer, sans ressentiment, une identité tronquée entre deux cultures, pour un mieux vivre ensemble.

Du au , Yamina Benguigui exerce la fonction de ministre déléguée chargée des Français de l'étranger et de la Francophonie auprès de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, dans le . Du au , elle occupe le poste de ministre déléguée à la Francophonie dans le . Depuis 2008, elle est conseillère de Paris (dans le groupe des non-inscrits depuis 2014)

Depuis 2015, elle est vice-présidente de la fondation Énergies pour l'Afrique, présidée par Jean-Louis Borloo.

Biographie Yamina Zora Belaïdi naît à Lille de parents algériens musulmans, au sein d'une fratrie de six enfants.. Elle voit le jour le ...Décret du relatif à la discipline des membres de la Légion d'honneur et décret du relatif à la discipline des membres de l'ordre national du Mérite, JORF, , , textes , NOR PRER1819083D et PRER1819086D, sur Légifrance., quoiqu'on trouve également la date du dans de nombreuses sources...

Homme politique, son père était l'un des responsables clandestins du Mouvement national algérien chargé de pousser à la grève les ouvriers du Nord de la France. Il fut, à ce titre, assigné à résidence à Saint-Quentin et détenu pour avoir organisé des grèves insurrectionnelles..

À l'adolescence, elle étudie chez des religieuses catholiques et obtient la nationalité algérienne.

Yamina Benguigui est titulaire d'un baccalauréat. Pour s'émanciper de la tutelle pesante de son père, elle épouse un étudiant algérien, puis quitte son mari une fois hors de portée de son père. Sa mère resta en France alors que son père retourna en AlgérieYamina Benguigui, la diva du Quai, tempsreel.nouvelobs.com, 13 octobre 2012.

Elle porte le nom de famille de son ex-mari, Francis Benguigui (frère du chanteur Patrick Bruel) qu’elle a épousé en 1984 et avec qui elle a eu deux enfants.

Carrière

Yamina Benguigui commence sa carrière comme assistante réalisatrice auprès de Jean-Daniel Pollet, avant de fonder avec Rachid Bouchareb une société de production nommée Raya Films. Elle produit, entre 1990 et 1991, une émission hebdomadaire culturelle et musicale sur France 3, intitulée Rencontres, qui traite de sujets liés aux communautés immigrées en France.

En 1992, elle rejoint la société de production « Bandits » et réalise, en 1994, son premier documentaire « Femmes d’Islam »].. Ce documentaire en trois volets, « Le voile et la République », « Le voile et le silence », « Le voile et la peur » se penche sur la condition des femmes musulmanes dans le monde et en France. Tourné dans une dizaine de pays dans le monde, le fil conducteur de ce documentaire visionnaire est le voile, symbole culturel devenu religieux selon des interprétations totalement erronées, et annonce le questionnement politique actuel en France.

En 1994, elle intègre le conseil d’administration de la Fondation Danielle-Mitterrand - France Libertés, créée par Danielle Mitterrand. Yamina Benguigui réalise pour la Fondation plusieurs films « Gorée fraternité » en faveur de la réhabilitation de la Maison des Esclaves à Gorée, au Sénégal, « Mandela à Paris » sur la venue à Paris, de Nelson Mandela. vignette|upright|gauche|Yamina Benguigui au Festival international de géographie en 1997. En 1996, Yamina Benguigui réalise « La maison de Kate, un lieu d’espoir », avec l’APTE, (aide et prévention des toxicaux dépendants par l’entraide), une institution unique en France qui utilise un modèle thérapeutique d’origine américaine appelé Hazelden ou modèle du Minnesota, créée par Kate Barry, fille aînée de Jane Birkin, fil conducteur du film. Ce documentaire suit les premiers pas des patients qui découvrent un traitement conjoint des dépendances à l’alcool ou aux drogues dans le même lieu, dans les mêmes groupes de parole et avec la même approche clinique, sans médicament de substitution, jusqu’à leur sortie. .

En 1998, elle initie et anime « Place de la république » sur France 2, une émission de société sur des sujets relatifs à l’enracinement des populations issues de l’immigration.

Son documentaire, Mémoires d'Immigrés, réalisé en 1998 pour Canal+, . Elle y retrace l'histoire de l'immigration maghrébine aux travers de témoignages qui rendent compte de la quête d'identité et des effets du racisme. En 2000, elle réalise le court-métrage Pimprenelle, pour la collection Pas d'histoires ! Douze regards sur le racisme au quotidien (2001). En 2001, elle présente son premier long-métrage de fiction, Inch'Allah dimanche, qui remporte de nombreux prix.

En 2003, elle présente avec Gilles Schneider l'émission Place de la République sur France 2, puis D'une rive à l'autre de la Méditerranée. Elle est présidente du FIPA pour trois ans. Son documentaire Aïcha, Mohamed, Chaïb… engagés pour la France, sur l'intégration dans l'armée, est diffusé sur France 3 en octobre de la même année.

Au printemps 2006, elle crée la société de production Elemiah, en collaboration avec Marc Ladreit de Lacharrière. L'objectif de cette société est de . Elle emploie des personnes issues de l'immigration et produit des fictions mettant en scène des héros de toutes origines. La même année, elle devient membre du Haut Conseil à l'intégrationDécret du portant nomination au Haut Conseil à l'intégration, JORF, 81, , 5128, texte 40, NOR PRMX0609201D, sur Légifrance..

Depuis , elle est la marraine de la Bibliothèques sans frontières, une ONG qui vise à faciliter l'accès au savoir dans les pays en voie de développement. La même année, elle écrit, réalise et produit Aïcha, une fiction pour France 2, mettant en scène la vie d'une jeune française issue de l'immigration maghrébine dans une banlieue de Paris. Rêvant de liberté et d'indépendance, celle-ci cherche à créer sa propre identité, sans passer par la case mariage et sans rompre avec sa famille. Suivie par plus de cinq millions de téléspectateurs, ce téléfilm, réalisera la meilleure audience en 2009 pour une fiction française diffusée sur France Télévisions.

Le documentaire, 9/3. Mémoire d'un territoire, diffusé le sur Canal+, a été plébiscité par la presse et a reçu en 2009 le Globe de Cristal pour le meilleur documentaire. Le film retrace l'histoire de la Seine-Saint-Denis (le « 93 » ou « 9/3 ») à partir du milieu du jusqu'à nos jours. Selon le documentaire, ce territoire aurait toujours été sacrifié par l'État : concentration des industries, relégation des populations les plus pauvres, grands ensembles déshumanisés et mal construits, sous-équipement chronique ; une des raisons des émeutes de banlieue en 2005 serait cette discrimination territoriale et, aujourd'hui, ethnique.

Cette thèse de la paupérisation organisée du nord-est de la banlieue de Paris soulève cependant la critique de plusieurs historiens interrogés à l'issue de la vision de ce film et dont seuls les propos allant dans le sens de cette idée centrale ont été retenus au montage.. Selon ses détracteurs, ce film doit être regardé comme une œuvre militante, avec les qualités et les défauts du genre, mais non comme un travail de reconstitution du passé, qu'ils jugent souvent fort éloigné de la thèse qu'il entend défendre. La réalisatrice a répondu à ces critiques dans une intervention ultérieure. Ce document non daté semble être paru en novembre 2008..

De 2008 à , Yamina Benguigui est adjointe à la Mairie de Paris, chargée des Droits de l'homme et de la lutte contre les discriminations. Elle est par ailleurs depuis 2011 membre du club d'influence Le Siècle. En 2011, elle fait partie l'équipe de campagne de Martine Aubry pour l'élection présidentielle de 2012Martine Aubry et sa "dream team", nouvelobs.com, 14 juillet 2011.

Yamina Benguigui réalise un documentaire La Rumba congolaise, les héroïnes sur l'histoire des femmes dans la Rumba congolaise qui de Lucie Eyenga à Mbilia Bel se sont battues pour transmettre leur passion de cette musique et exister. Le documentaire est projeté au Canal Olympia de Brazzaville pendant la 12e édition du Festival panafricain de musique (Fespam) en .

Ministre déléguée chargée de la Francophonie vignette|upright=0.9|Yamina Benguigui en 2009.

Le , Yamina Benguigui est nommée ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Français de l'étranger du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Elle ne conserve que le portefeuille de la Francophonie après le remaniement du . En , conformément aux engagements du gouvernement, elle démissionne de son poste d'adjointe au Maire de Paris.

Elle est par ailleurs nommée représentante personnelle du président de la République française à l'OIF, poste auquel elle a succédé à Jean-Pierre Raffarin le Nomination en tant que représentante personnelle du président de la République à l'OIF . Annick Girardin lui succède le .

Combat pour le droit des femmes Yamina Benguigui a fait du droit des femmes son combat au sein de l'espace francophone. En effet, en tant que ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, elle a effectué plusieurs voyages, dont un en République démocratique du Congo peu après sa nomination. Là-bas, elle a découvert la situation de milliers de femmes victimes de violsLexpress.fr : le français doit être un vecteur du droit pour les femmes .

Elle cite régulièrement la condition de femmes tunisiennes qui sont victimes, depuis la révolution du jasmin, de remises en cause de leurs droitsDirectmatin.fr : Yamina Benguigui cite la condition des femmes en Tunisie .

Premier Forum mondial des femmes francophones Le , la France accueille, à l'occasion de la Journée de la francophonie, le premier Forum mondial des femmes francophonesLa page du forum sur le site du Ministère des Affaires étrangères à Paris.

Organisé avec l'Organisation internationale de la Francophonie, il a réuni près de 700 personnes venues de nombreux pays. À l'issue de cette journée, un Appel des femmes francophonesTexte de l'appel en suivant ce lien : a été remis au président français François Hollande. Les femmes y demandaient notamment la création d'un réseau de femmes francophones : c'est le Réseau francophone pour l'égalité Femme-Homme lancé le par l'Organisation internationale de la francophonie.

Second Forum mondial des femmes francophones Les 3 et , se tient à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), le second Forum mondial des femmes francophones. Le choix de cette ville est cohérent pour deux raisons : la République démocratique du Congo tient la présidence de la Francophonie depuis le Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Francophonie d'. et jusqu'au Sommet suivantLe Sommet des chefs d'État et de gouvernement de la Francophonie se tiendra à Dakar en novembre 2014. ;

À Kinshasa, Yamina Benguigui insiste sur l'importance de la scolarisation des jeunes filles jusqu'à l'âge de 16 ans au moins dans l'espace francophone, comme dans un article dans La Croix :