thumb|285px|Jonathan Cartland (ici 8 tomes). Jonathan Cartland (ou simplement Cartland) est une série de bande dessinée de western dessinée par Michel Blanc-Dumont et écrite par Laurence Harlé. Nommée d'après le personnage principal et apparue en 1974 dans le magazine Lucky Luke, elle a été publiée en dix volumes jusqu'en 1995. C'est l'un des « westerns contemporains les plus importantsGaumer (2004) ».
Jonathan Cartland se déroule sur une période assez courte, de 1854 à 1863, pendant la conquête de l'Ouest américain et décrit les péripéties d’un trappeur empreint d’humanisme et proche des populations amérindiennes. C’est un western proche de la nature qui décrit la vie au dans l’Ouest sauvage. Michel Blanc-Dumont explique :
Dans les premiers volumes, les auteurs ont du mal à se démarquer de leurs influences. Jacques de Pierpont estime que l'histoire n'est qu' tandis que Blanc-Dumont reste très inspiré par le travail de Jean Giraud sur BlueberryDe Pierpont (1984). Cependant, le dessinateur trouve sa personnalité en affinant son trait tandis que les scénarios de Harlé, qui se teignent de fantastique à partir de La Rivière du vent, amènent le western franco-belge dans la direction encore inexplorée, selon J. de Pierpont, du .
Personnages
Jonathan Cartland:
C'est un trappeur et un justicier, spécialiste des jurons en anglais : , , , figurent parmi les plus répétés. Il est surnommé « Jon » par ses compatriotes, et « Cheveux jaunes » par les indiens Oglalas, Wa-pa-shee par l'homme-médecine mandanCe qui signifie sacrifice, voir Le Fantôme de Wah-Kee, p. 48., bahana, par les HopisC'est-à-dire homme blanc, en langue hopi, cf. Le Trésor de la femme araignée, p. 22., ou encore Ours BlesséLa rivière du vent, p.32. par les Cheyennes qui l'ont capturé.
Il connaît bien les indiens et l'Ouest américain. Avant 1854, année du début de ses aventures dans le premier tome, il a passé une partie de son enfance à Fairhaven dans une famille adoptive, les épiciers Cartland, violents avec luiL'Enfant Lumière, p.8., puis trois ans avec un français, Honoré Chouteau, grâce auquel il peut lire du Baudelaire dans le texteLes Survivants de l'ombre, p. 11. et enfin avec les Indiens Mandans chez qui Chouteau le laisse pour qu'il y soit soignéLe Fantôme de Wah-Kee, p. 48., puis il rencontre en 1854 les Oglalas et épouse Petite Neige, une indienne, fille de Running Bear, chef de la tribu. Ensemble, ils s'installent dans une cabane et ont un fils. Petite Neige meurt assassinée quand leur fils est encore tout jeune. Pendant une courte période, Cartland sombre dans l'alcool. Son ami Louis, un métis, lui trouve un travail et va lui permettre de refaire surface.
Il travaille parfois à son compte comme trappeur mais, sa bonne connaissance du terrain et sa force physique aidant, il se met également au service de l'armée ou de particuliers. Il est alors tour à tour éclaireur, guide, bûcheron, traducteur… Il se déplace beaucoup dans tout l'ouest des États-Unis : de Saint Louis à San Francisco, de montagnes en déserts.
Contrairement à de nombreux autres héros de western des années 1960-1970, c'est « un homme fragile, épris de justice », ami des indiens. La construction progressive du personnage s'inscrit dans l'évolution des autres héros westerniens des séries Comanche ou Blueberry. D'après Pierre Laurent DautèsMaître de conférence à Sciences Po Paris, intervention à l’École Européenne Supérieure de l’Image, dans le cadre d’un séminaire organisé à Angoulême par le réseau Canopé et la CIBDI. Lire la conférence en ligne sur le site casesdhistoire, article le western en bande dessinée, du 15 février 2016: ., ils sont la proie de conflits psychologiques et moraux que n’ont pas connus [leurs] prédécesseurs, héros aux chemises impeccablement repassées. Comme l’écrit Laurent Guyon : « Les auteurs y développent une vision clairement pessimiste de la nature humaine, rendant inutiles les tentatives du héros pour fuir la violence de la société ou des individus, qui finit toujours par le rattraper ». Jonathan Cartland [...] lui aussi est un héros tourmenté. Trappeur, marié à une indienne qu’il trouve un jour lâchement assassinée, Jonathan Cartland a une personnalité fragile et humaniste. Il doute, il a parfois peur et commet des erreurs et quelques lâchetésVoir par exemple le moment où il abandonne Wolcott, condamné à tort, qu'il fait semblant de ne pas connaître face à la foule en colère dans Le Trésor de la femme araignée, p. 48..
Louis :
C'est un métis qui travaille comme éclaireur pour l'armée. Il est aussi appelé « sang-mêlé ».
Personnages récurrents Jonathan Cartland, tome 1 Dernier convoi pour l'Oregon Le Fantôme de Wah-Kee Le Trésor de la femme araignée La Rivière du vent Les Doigts du chaos Silver Canyon Les Survivants de l'ombre L'Enfant Lumière Les Repères du diableLouis le métis, scoutouiouimentionnéBlack Turtle, sioux oglalaouiouimentionnéouiRunning Bear, chef de tribu oglalaouimentionnémentionnéPetite Neige, fille de Running Bearouiouimentionnéedans une vision de JonathanmentionnéeEnfant lumière, fils de Petite Neige et Jonathanouimentionnéouihomme-médecine mandanouimentionnéO-Kee-He-Dee, l'esprit du mal mandanouiapparaît dans des rêves de JonathanCynthia-Ann, fille d'un archéologue anglaisouimentionnéegardien hopi du tombeau de la femme araignéeouimentionnéCecilia, amie d'un comte allemandouiouiWilhelm von Kirchenheim, comte allemandouiouiAnskovinis, indien contraire cheyenneouiouiEmily, ex-prostituée, mère de FeliceouimentionnéeViolante, propriétaire de Lune d'automne et de la hacienda MoralèsmentionnéeouiOta Kte, sioux oglalaouiouiLune d'automne, cheval de Violanteouiouioui
Thèmes
Du héros à l'anti-héros Folie et déchéance Les illusions perdues et les projets chimériques La culture amérindienne Le destin et le mal Les femmes L'enfance L'amitié Les animaux
Trois animaux au moins jouent un rôle narratif de premier plan dans la série.
Il s'agit d'abord d'un puma qui se révèle immortel dans Le Trésor de la femme araignée, chargé de protéger le tombeau qui fait l'objet de la convoitise de Bolton.
Dans la Rivière du vent et Les Doigts du chaos, le chien Berganza protège la fragile Cecilia, l'amie du comte Wilhelm, jusqu'à ce qu'elle soit possédée par l'esprit de la rivière du vent qui cherche à protéger les lieux de l'entreprise insensée du comte. Ne la reconnaissant plus, il s'éloigne peu à peu d'elle, se rapproche de Jonathan et protège le comte du coup mortel que Cecilia, qui n'est plus elle-même, cherche à lui porter dans son sommeil, à la fin du premier tome du diptyque, en l'attaquant à la main, ce que l'on découvre à la page 15 du second tome. Berganza tuera par ailleurs un des enfants Cordwainer à la fin du second volume. Le nom de Berganza est peut-être inspiré de l'animal homonyme des Contes fantastiques d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, qui se révèle un véritable lettré malgré sa condition de chienVoir le conte Les dernières aventures du chien Berganza sur Wikisource ., ou pour remonter plus loin encore, fait référence au chien Berganza de Miguel de Cervantès, auteur du Colloque des chiens dans lequel il donne la parole à deux chiens philosophes.
Dans la trilogie qu'entame Les Survivants de l'ombre, Jonathan sauve un cheval racé, qu'il appelle Lune d'Automne, du nom de l'astre qui brille quand il le découvre. Il se promet de le ramener à Violante, sa propriétaire légitime, ce qu'il parviendra à faire dans Les Repères du Diable. C'est Lune d'automne qui tuera de ses sabots Shadrach, le tueur en série malade qui tentait de le voler.
Publication Jonathan Cartland est d'abord apparue en 1974 dans le mensuel Lucky Luke, où les westerns du groupe Dargaud étaient publiés en priorité. Dès 1975, les récits courts font l'objet d'un recueil, augmenté d'inédits. À la mort du magazine, la série est transférée vers Pilote, qui pré-publie les tomes 4 à 9 jusqu'en 1989. Le dernier album est le seul à être sorti sans pré-publication.
Périodiques Lucky Luke : 5 récits de huit à dix pages, 1974-1975 PiloteDe mars 1986 à juillet 1988, Pilote est devenu durant 26 numéros Pilote & Charlie, à la suite d'une fusion avec Charlie Mensuel. Ensuite, le magazine a repris le nom Pilote jusqu'à sa fin en octobre 1989. : Le Trésor de la femme araignée, 1977-1978 La Rivière du vent, 1979 Les Doigts du chaos, 1981 Silver canyon, 1983 Les Survivants de l'ombre, 1986-1987 L’Enfant lumière, 1988-1989
Albums thumb|50px|Jonathan Cartland aux éditions Rombaldi. Albums individuels Tous ces albums ont été publiés chez Dargaud, dans la collection Western: Jonathan Cartland, 1975, en grand format. Dernier convoi pour l'Oregon, 1976 Le Fantôme de Wah-Kee, 1977 Le Trésor de la femme araignée, 1978 La Rivière du vent, 1979 Les Doigts du chaos, 1982. Silver Canyon, 1983 Les Survivants de l'ombre, 1987 L'Enfant lumière, 1989 Les Repères du diable, 1995
Intégrales Jonathan Cartland, 2 volumes, Rombaldi, 1985. Réédition des sept premiers albums (avec l'ajout, dans le deuxième volume, de Courts métrages, un récueil d'histoires courtes indépendantes de Michel Blanc-Dumont). Jonathan Cartland, Dargaud, coll. « Omnibus », 1987. Réédition des trois premiers albums en un volume. Intégrale Cartland, 3 volumes, Dargaud, 2004-2006. Réédition de l'intégralité de la série.
Distinctions
1984 : Prix du Meilleur scénario au festival d'Hyères pour Silver Canyon 1988 : Alph-Art du meilleur album français au festival d'Angoulême pour Les Survivants de l'ombre
Notes et références Références
Notes
Bibliographie Patrick Gaumer, « Jonathan Cartland », dans Larousse de la BD Paris : Larousse, 2004, 430 Jacques de Pierpont, « Silver Canyon », dans Les Cahiers de la bande dessinée 56, février-, 50
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