vignette|upright=2|Affiches électorales à Genève en 2011, place des Alpes.
Généralités Le fédéralisme suisse donne une très large autonomie aux cantons suisses. Ainsi, chaque canton dispose d'une constitution propre. Les droits politiques notamment peuvent varier assez sensiblement d'un canton à l'autre, voire d'une commune à l'autre (par ex. le droit de vote des étrangers).
Les cantons disposent de larges prérogatives en ce qui concerne l'éducation et la formation, la santé, l'aide sociale, l'organisation de la justice, la police ou les transports. Les cantons lèvent aussi des impôts et taxes.
La constitution du canton de Genève présente la particularité d'être modifiable en partie alors que les constitutions des autres cantons doivent en général être entièrement révisées. Cette particularité a permis l'inscription de principes juridiques modernes (par ex. le droit au logement) dans une structure datant de près d'un siècle et demi, la constitution de 1847. Cependant, dans un souci de clarté et de lisibilité, la révision complète du texte a été proposée au peuple en votation en février 2008. Le principe ayant été accepté, l'Assemblée constituante de Genève a été élue le , chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le canton. Acceptée en votation le par 54,1 % des électeurs Etat de Genève - Une nouvelle constitution pour Genève - sur ge.ch, la nouvelle constitution est entrée en vigueur le .
Autorités Pouvoir législatif
Le pouvoir législatif est exercé par le Grand Conseil. Il est composé de 100 députés élus directement par le corps électoral au scrutin proportionnel tempéré d'un quorum de 7 %. Leur mandat dure 5 ans depuis l'entrée en vigueur de la nouvelle constitution en 2013. Il était de 4 ans auparavant (3 ans jusqu'en 1957) et est renouvelable indéfiniment. Dans plusieurs partis politiques, des règles internes limitent toutefois le nombre de mandats successifs.
Le Grand Conseil est compétent pour voter des lois dans tous les domaines de compétence du canton et pour approuver le budget et les comptes de l'État. En outre, il exerce la haute surveillance sur l'administration de l'exécutif. Genève est l'un des seuls cantons dans lequel chaque député dispose d'un droit d'initiative législative. Ainsi, chaque député peut soumettre au législatif un projet de loi entièrement formulé.
Le Grand Conseil est assisté d'un sautier.
Élections
Lors du premier tour, la population est notamment amenée à renouveler son parlement. À la suite des élections du , le Grand Conseil genevois, pour la seconde législature (2023-2028) se compose de la manière suivante:
Résultats du premier tour (participation de 37,14 % soit suffrages exprimés sur électeurs inscrits, le quorum est à 7 %, il y a 100 sièges à pourvoir):
Fichier:Grand Conseil Genève 2023-2028 Parliament.svgPartisVoixSuffragesen %+/-Sièges +/-Parti libéral-radical(PLR) 17 281 19,02 % -6,16 6Parti socialiste(PS) 14,65 % -0,65 1Les Verts(PES) 12,93 % -0,22 0Mouvement citoyen genevois(MCG) 11,72 % 2,29 3Union démocratique du centre(UDC) 10,69 % 3,37 4Liberté et Justice Sociale (LJS) 8,45 % 8,45 10Le Centre(LC) 7,88 % 2,83 3
Pouvoir exécutif
Il est exercé par le Conseil d'État qui est un collège de sept membres élus directement et séparément par le corps électoral genevois au scrutin majoritaire. Il s'agit toujours d'une coalition.
Depuis la Constitution de 2012, le président du Conseil d'État, rompant avec l'habitude du tournus annuel parmi ses membres, est nommé par le Conseil d'État pour la durée complète du mandat (5 ans). Le président est responsable de la préparation des séances du Conseil d'État dont il arrête l'ordonnancement des travaux, en collaboration avec les autres membres du gouvernement et le chancelier. Il convoque les séances extraordinaires éventuelles. Il dispose également du pouvoir provisionnel, c'est-à-dire qu'il peut prendre des décisions exceptionnelles si la situation l'exige qui seront ensuite ratifiées formellement par le Conseil d'État. Cette présidence durant toute la législature est peu courante dans les autres gouvernements cantonaux, seul le canton de Bâle-Ville et celui de Vaud ont le même système.
À la suite de l'affaire Maudet, le Grand Conseil adopte le deux projets de loi pour un retour au tournus annuel de la présidence du gouvernement cantonal. Ces projets touchant à la Constitution genevoise doivent être soumis au vote populaire.. Les deux textes sont approuvés par les électeurs lors de la votation du et mis en application. La présidence tournante est officiellement rétablie le .
La composition du gouvernement pour le mandat de 2023 à 2028 est la suivante : +Composition et évolution du Conseil d'État depuis le .IdentitéÉtiquetteFonctionDépartement85x85pxNathalie FontanetPLRPrésidente depuis le Département des finances et des ressources humaines (DF)85x85pxThierry ApothélozPSVice-président depuis le Département de la cohésion sociale (DCS)84x84pxAntonio HodgersLes VertsConseiller d'État Président du au Département du territoire (DT)87x87pxAnne HiltpoldPLRConseillère d'ÉtatDépartement de l'instruction publique, de la formation et de la jeunesse (DIP)60x60pxCarole-Anne KastPSConseillère d'ÉtatDépartement des institutions et du numérique (DIN)90x90pxPierre MaudetLJSConseiller d'ÉtatDépartement de la santé et des mobilités (DSM)80x80pxDelphine BachmannLe CentreConseillère d'ÉtatDépartement de l'économie et de l'emploi (DEE)87x87pxMichèle Righetti-El ZayadiSansChancelière d'ÉtatChancellerie d'État (CHA) Le Conseil d'État est assisté d'un chancelier. Le poste est occupé par Michèle Righetti depuis le . Sa prédécesseur, Anja Wyden Guelpa (PSS) était chancelière de 2009 à 2018.
Les sept départements ainsi que la chancellerie forment l'administration cantonale genevoise. Au , l'administration comptait 15 729 employés pour un nombre de postes total de 13 522,18.
Élections
+Résultats du second tour de l'élection complémentaire du Conseil d'État du Nom des candidatsSuffragesPartiStatutFabienne FischerLes VertsÉluePierre MaudetIndépendantNon éluDelphine BachmannPDC Non élueYves NideggerUDCNon éluParticipation 42,74 %
En , à la suite de nombreux rebondissements dans l'affaire Maudet, le Conseil d'État accentue encore plus la crise politique que vit le canton depuis le début de l'affaire, en . Il démet provisoirement Pierre Maudet de son département du développement économique (DDE) et le délègue à sa collègue ministre des Finances Nathalie Fontanet. Cette décision est prise en raison d'un premier rapport interne accablant sur les méthodes de travail du conseiller d'État avec ses collaborateurs. Il présente sa démission quelques jours plus tard et annonce qu'il se représente à sa propre succession.
+Résultats du premier tour de l'élection complémentaire du Conseil d'État du Nom des candidatsSuffragesPartiStatutFabienne FischerLes VertsNon éluePierre MaudetIndépendantNon éluCyril AellenPLRNon éluYves NideggerUDCNon éluMichel MatterPVLNon éluMorten GisselbaekPdTNon éluOlivier PahudÉvolution suisseNon éluYann TestaPBDNon éluMajorité absolue Participation
et Lors des élections de 2018, 31 candidats se disputent les sept premières places pour l'élection au Conseil d'Etat. Et à l'exception de François Longchamp (PLR), tous les autres sortants se représentent. Le , Pierre Maudet obtient plus de 50 000 voix, il est donc largement réélu dès le premier tour. Lors du second tour, tous les candidats sortants sont réélus, sauf Luc Barthassat (PDC), qui perd son siège au profit du socialiste Thierry Apothéloz, qui le distancie de plus de 10 000 voix, et qui par la même occasion entre au gouvernement. C'est la PLR Nathalie Fontanet qui succède au siège du magistrat PLR François Longchamp.
+Résultats du second tour de l'élection du Conseil d'État du Nom des candidatsSuffragesPartiStatutPierre MaudetPLRRéélu au premier tourMauro PoggiaMCGRééluSerge Dal BuscoPDCRééluAntonio HodgersLes VertsRééluNathalie FontanetPLRÉlueAnne Emery-TorracintaPSRéélueThierry ApothélozPSÉluLuc BarthassatPDCNon rééluJocelyne HallerEàGNon élueYves NideggerUDCNon éluWilly CretegnyProspérité maîtriséeNon éluPaul AymonSanté!Non éluParticipation
+Résultats du premier tour de l'élection du Conseil d'État du Nom des candidatsSuffragesPartiStatutPierre MaudetPLRRééluMauro PoggiaMCGNon éluSerge Dal BuscoPDCNon éluAntonio HodgersLes VertsNon éluAnne Emery-TorracintaPSNon élueThierry ApothélozPSNon éluNathalie FontanetPLRNon élueSandrine SalernoPSNon élueLuc BarthassatPDCNon éluAlexandre de SenarclensPLRNon éluMarjorie de ChastonayLes VertsNon élueYvan RochatLes VertsNon éluYves NideggerUDCNon éluJocelyne HallerEàGNon élueEric StaufferGEMNon éluSalika WengerEàGNon élueAna RochMCGNon élueJean BurgermeisterEàGNon éluThomas BläsiUDCNon éluRonald ZachariasGEMNon éluWilly CretegnyProspérité maîtriséeNon éluDaniel SormanniMCGNon éluStéphane FloreyUDCNon éluSusanne AmslerPVLNon élueJérôme FontanaPVLNon éluMagali OrsiniLa liste pour GenèveNon éluePaul AymonSanté!Non éluThierry VidonnePBDNon éluPierre GauthierLa liste pour GenèveNon éluAxel AmbergerRien pour pas grand choseNon éluAndré LeitnerPBDNon éluMajorité absolue Participation
Pouvoir judiciaire Le canton - souverain en tant que sa souveraineté n’est pas limitée par la Constitution fédérale (art. 3 Cst. féd.) - est responsable de l'exécution de certaines lois fédérales et des lois cantonales sur son territoire. Il dispose pour ce faire de juridictions dans tous les domaines du droit (droit civil, droit pénal, droit administratif).
Le canton de Genève a la particularité de ne former qu’un seul et unique arrondissement en matière judiciaire. C’est dire qu’il n’existe, pour tout le canton, qu’une seule juridiction de première instance en matière civile (le Tribunal civil) et une seule juridiction de première instance en matière pénale (le Tribunal pénal). La juridiction de seconde instance est confiée à la Cour de justice, constituée d’une cour civile, d’une cour pénale et d’une cour administrative ; la Cour de justice est donc l’équivalent de ce que la plupart des cantons nomment « Tribunal cantonal » (Kantonsgericht).
Dès lors, à Genève, le pouvoir judiciaire est exercé par: le Ministère public, le Tribunal civil, comprenant le Tribunal de première instance, le Tribunal des baux et loyers et la commission de conciliation en matière de baux et loyers, le Tribunal pénal, comprenant le Tribunal des mesures de contrainte, le Tribunal de police, le Tribunal correctionnel, le Tribunal criminel et le Tribunal d’application des peines et des mesures, le Tribunal tutélaire et Justice de paix, le Tribunal des prud’hommes, le Tribunal des mineurs, le Tribunal administratif de première instance, la Cour de justice comprenant la Cour civile, soit la chambre civile, la chambre des baux et loyers, la chambre des prud’hommes, et la chambre de surveillance; la Cour pénale, soit la chambre pénale de recours et la chambre pénale d’appel et de révision; la Cour de droit public, soit la chambre administrative et la chambre des assurances sociales, la Cour d’appel du pouvoir judiciaire.
Aux conditions définies par la loi fédérale sur le Tribunal fédéral, les jugements et arrêts des juridictions genevoises peuvent être portés devant le Tribunal fédéral.
Les magistrats, très souvent élus tacitement via la Commission inter-partis art. 50 al. 5 Cst. GE, sont soumis à la surveillance du Conseil supérieur de la magistrature pendant la durée de leurs fonctions. On trouve la liste des magistrats genevois (par juridiction, par ancienneté, par répartition politique) sur le site internet de l'institution www.ge.ch/justice.