François Émile Décorchemont né le à Conches-en-Ouche, commune où il est mort le Archives départementales de l'Eure, commune de Conches-en-Ouche, acte de naissance , année 1880 (page 445/640) (avec mention marginale de décès)., est un artiste peintre, céramiste et maître verrier français.
Biographie Contexte familial et jeunesse thumb|left|180px|Jean-Louis Décorchemont, Apôtres, collégiale Notre-Dame de Vernon thumb|left|180px|Lycée Chaptal, Paris Dans une généalogie qui remonte jusqu'au hameau d'Écorchemont sur la commune du Thuit près des Andelys vers 1700, François Décorchemont est issu d'une famille d'artistes : son grand-oncle Jean-Louis Décorchemont (1796-?), sculpteur, est l'auteur des statues des douze apôtres conservées en la collégiale Notre-Dame de Vernon et son père, Louis-Émile Décorchemont (1851-1921), né à Saint-Pierre d'Autils et marié à Françoise Laumonier, est également sculpteur, comptant parmi ses œuvres la statue d'Antoine-Louis Barye Georges Veyrat, Les statues de l'hôtel de ville, Librairies Imprimeries réunies, Paris, 1892, . visible sur la façade l'hôtel de ville de Paris. Les maîtres-verriers Étienne Leperlier (né en 1952) et Antoine Leperlier (né en 1953) seront ses petits-fils.
François Décorchemont passe les douze premières années de sa vie à Conches-en-Ouche chez son grand-père maternel François-Michel Laumonier, sculpteur de figures religieuses et réalisateur de meubles d'église consacrant ses loisirs à des fouilles d'archéologie gallo-romaine auxquelles il fait participer l'enfant, élève de l'école communale de Conches-en-Ouche jusqu'en 1892 où il vient vivre avec ses parents au 12, rue Ganneron à Paris et où il est élève du lycée Chaptal. Après ses études à l'École nationale des arts décoratifs de Paris où Henry de Waroquier, Francis Picabia, Victor Lhuer, Maurice Dufrêne et Georges Bastard - ce dernier, futur directeur de la Manufacture nationale de Sèvres, restera durablement un proche ami - sont de ses condisciplesPierre-Jean Deschênes, « À Conches, dans l'Eure, ces fours d'où sortent les vitraux », Le Monde, 9 avril 1977., période où il peint déjà des paysages de facture impressionniste dans de petits formats qu'il signe du monogramme FD, il commencera à réaliser de nombreux objets en pâte de verre qui lui apporteront rapidement la notoriété.
Maître verrier et toujours peintre La technique de la pâte de verre s'était développée à la fin du chez les verriers. Revenant s'installer à Conches-en-Ouche en 1907 pour y construire un four à bois et remplacer progressivement la technique de l'estampage - par laquelle il avait réalisé de premières pièces en pâte d'émail - par le procédé de la cire perdue, il fait évoluer dans les premières années du la technique de la pâte de verre fine puis épaisse et diaphane. , il s’impose alors comme maître verrier et invente une matière nouvelle, la pâte de cristal. Devenant artiste permanent de la Galerie Georges Rouard au 34, avenue de l'Opéra, il ne cessera cependant jamais de peindre : Madame Décorchemont (interview), « François Décorchemont », Nouvelles de l'Eure, n°42-43, 1971.. thumb|left|120px|Église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche thumb|180px|Église Sainte-Odile, Paris Après la Première Guerre Mondiale où il est mobilisé dans les transmissions à Évreux, François Décorchemont épouse le Germaine Heuzé, peintre pastelliste de Vernon (Eure), qui décède en 1921, peu après la naissance de leur fille Michelle (1921-2013) qui sera elle aussi artiste peintre. Il se remarie le avec Marie-Antoinette Pellet. Chrétien fervent, c'est en fréquentant l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche, dotée de remarquables vitraux de la RenaissanceVirginie Michelland, « Le verre à Conches : un savoir-faire qui perdure », Patrimoine normand, vol.103, 9 octobre 2017., que lui vient l'idée d'appliquer sa technique à l'art du vitrail dans les années 1930. Son premier vitrail daté de , une Nature morte aux fruits qui demeure conservée au Musée du verre François Décorchemont de Conches-en-Ouche, est bientôt suivi de la commande majeure des verrières de l'église Sainte-Odile dans le 17e arrondissement de Paris. Après la Seconde Guerre mondiale, il se consacre ainsi plus particulièrement aux vitraux, notamment dans sa régionFrance Poulain, « Les vitraux selon François Décorchemont », Connaissance, , 17 août 2013..
Personnage très discret et peu communicant, il garde secrètes ses découvertes et ses techniques. Peintre, céramiste, verrier, il crée l’ensemble de ses œuvres, le dessin, le moule et la finition, offrant à Jean Marchal de souligner : .
Situé par Jean Rollet Jean Rollet, Les maîtres de la lumière, Bordas, 1981., son œuvre se caractérise par un dessin épuré, proche de l'Art nouveau, aux lignes simples et par l'éclat, la transparence et la luminosité des couleurs. Ses créations n’ont pas de valeur fonctionnelle mais seulement décorative de par leur fragilité et leur coût de production. Il édite ses œuvres en petites séries et ne cherche pas le rendement mais l’esthétisme.
Expositions thumb|120px|Exposition franco-britannique de 1908 thumb|120px|Exposition universelle de Bruxelles de 1910 Expositions collectives
Expositions personnelles François Décorchemont - Rétrospective, Hôtel du Grand Cerf, Évreux, 1971 « Une famille d'artistes - François Décorchemont », numéro spécial de la revue Nouvelles de l'Eure, , automne 1971.. François Décorchemont - Paysages et cours d'eau - Quarante tableaux dans le cadre du Festival Normandie impressionniste, Musée du Pays de Conches, Conches-en-Ouche, juin-Éric Louet, François Décorchemont - Paysages et cours d'eau, dossier de presse, Musée du Pays de Conches, 2013..
Réception critique - René Chavance, 1926 René Chavance, « Les pâtes de verre de Décorchemont », Art et décoration, n°291, mars 1926, . - Ernest Tisserand, 1929 Ernest Tisserand, « Chronique de l'art décoratif - La pâte de verre », L'Art nouveau, 15 juin 1929, . - Giuseppe Cappa, 1998 Giuseppe Cappa, Le Génie verrier de l'Europe - Témoignages de l'historicisme à la modernité (1840-1998), Pierre Mardaga éditeur, 1998. - Véronique Ayroles, 2006 Véronique Ayroles, François Décorchemont, maître de la pâte de verre, Norma, 2006. - Judith Miller, 2012 Judith Miller et Nicholas M. Davis, L'Art Déco, collection « L'Œil du chineur », Gründ, Paris, 2012, . - Marie Noëlle Médaille, 2018 Marie-Noëlle Médaille, François Décorchemont : peintre verrier, éditions Lieux-Dits, 2018.
Conservation Églises et monastères thumb|240px|Église Sainte-Odile de Paris
Paris église Sainte-Odile, 17e arrondissement de Paris : outre les vitraux symboliques du chœur (1938), trois verrières de la nef () constituées de 210 panneaux de vitraux : Évangélisation de la France à travers la vie des Saints, 1935-1937 Revue L'Illustration, Noël 1936.. Dans la première verrière (on y lit au centre : Saint Michel, protégez la France), figurent en bas de gauche à droite Saint Germain, Sainte Solange, Saint Martin, l'archange Saint Michel, Saint Martial, Sainte Foy et Saint Léger surmontés de scènes historiques ou légendaires de leur vie. Dans la verrière centrale dédiée à Sainte Odile, François Décorchemont a représenté les initiateurs et acteurs de la construction de l'église : le cardinal Jean Verdier, l'abbé Edmond Loutil portant la maquette de l'église et l'architecte Jacques Barge. Sous Sainte Odile, l'artiste s'est lui-même représenté en mendiant aveugle tenant une sébile dans laquelle sa fille Michelle dépose une aumône. Dans la troisième verrière figurent en bas de gauche à droite Saint Rémi, Sainte Radegonde, Saint Denis, l'archange Saint Raphaël, Saint Pothin, Sainte Geneviève et Saint ÉloiValérie de Maulmin, « L'église Sainte-Odile entre tradition et modernité », Narthex - Art sacré, patrimoine, création, 29 septembre 2021..
thumb|240px|Église de la Nativité-de-Notre-Dame de Fontaine-Henry Calvados Monastère des Bénédictines de CaenVéronique David, « Castro et le défi du travail », In situ - Revue des patrimoines, , 2009. : Les oiseaux bleus, vitrail, 1933 (don de François Décorchemont, 1971) ; Croix sur fond bleu, 88 petits vitraux pour les cellules du couvent, 1957. Église de la Nativité-de-Notre-Dame de Fontaine-Henry. Cantal Albepierre, quatre vitraux : La Sainte Famille, La Vierge de la paix, Saint Timothée, La parabole du bon grain et de l'ivraie (1939-1942), Notre-Dame des oliviers, 1946Jean-Louis Philippart, Quatre vitraux de François Décorchemont ornent l'église du bourg d'Albepierre - Regard sur le maître-verrier, communication de la cathédrale de Reims, 2001. ; Fressanges, quatre vitraux : Saint Jean l'évangéliste, L'archange Saint-Michel, Saint-Louis, Le Sacré-Cœur, 1958-1964.
Côtes-d'Armor Église Saint-Jacques-et-Saint-Philippe, Tressaint, Le baptême du Christ, vitrail, 1948Jean-Pierre May, « Lanvallay et son histoire - Les vitraux de l'église de Tressaint », Histoires, 2 juillet 2021. Une trentaine d'églises dans l'Eure thumb|210px|Église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, Étrépagny thumb|210px thumb|210px|Église Saint-Ouen de Gaillon, Crucifixion, vitrail (en haut) et détail de la signature (en bas)
Église Sainte-Cécile, Acquigny, Glorification de Sainte Cécile et baptême de Saint Valérien, vitrail en tympan semi-circulaire (nef, mur ouest), 1936Église Sainte-Cécile d'Acquigny, Glorification de Sainte Cécile, verrière figurée, description. ; Église Notre-Dame-de-Fatima-et-Saint-Martin, Berville-la-Campagne, 6 vitraux, 1952 : Assomption de la Vierge, Sainte Thérèse de Lisieux, Sainte Thérèse d'Avila, Charité de Saint MartinMinistère de la culture, église Notre-Dame-de-Fatima-et-Saint-Martin de Berville-la-Campagne, quatre baies., Armoiries de pape Pie XII, Armoiries de l'évêque cardinalMinistère de la culture, église Notre-Dame-de-Fatima-et-Saint-Martin de Berville-la-Campagne, deux vitraux aux armoiries. ; Église Saint-Hélier, Beuzeville, 19 vitraux : derrière le buffet d'orgue, Anges musiciens'''; nef côté droite, Saint Louis, Jeanne d'Arc au bûcher, Saint Pierre, Saint Hélier, Saint François d'Assise, symboles des sept sacrements, L'enfance du Christ ; nef côté gauche, Charles de Foucauld, Sainte Geneviève, Saint Anselme, Saint Paul, Les litanies de la Vierge; Attributs de la Vierge selon le Cantique des Cantiques ; autour de l'entrée, Les grandes fêtes liturgiques en 4 vitraux, 1953-1960Ville de Beuzeville, Patrimoine : l'église Saint-Hélier.… ; Église Saint-Pierre, La Bonneville-sur-Iton, 5 vitraux, 1959-1964 : Jeanne d'Arc, 1961Ministère de la culture, église de La Bonneville-sur-Iton, "Jeanne d'Arc", vitrail ; Procession d'enfants vers l'église de La Bonneville-sur-Iton, 1962Ministère de la culture, "Procession d'enfants vers l'église de La Bonneville-sur-Iton", vitrail, L'adoration des mages, Sainte Geneviève ravitaillant Paris assiégé, Saint Louis recevant Étienne Boileau et les corporations ; Bournainville-Faverolles ; Breuilpont ; Église Notre-Dame, Champ-Dolent, 5 vitraux sur le thème de L'enfance du Christ, 3 vitraux sur le thème de Notre-Dame, 1967-1968Ministère de la culture, église Notre-Dame de Champ-Dolent, description ; Chapelle de l'hôpital de Conches-en-Ouche, Saint Paul, vitrail, 1955. Duranville ; Église Saint-Gervais-et-Saint-Protais, Étrépagny, 11 vitraux, 1946-1952 (ont été restaurés par le maître-verrier Vincent Jaillette)Ville d'Étrépagny, Histoire et patrimoine. ; Église Sainte-Christine, Ferrières-Haut-Clocher, Sainte Christine, vitrail, 1962Ministère de la culture, église Sainte-Christine de Ferrière-Haut-Clocher, description du vitrail. ; Église Saint-Georges, La Ferrière-sur-Risle, un vitrail-souvenir en mémoire de l'abbé Lebarde, prêtre de la paroisseMinistère de la culture, église Saint-Georges de La Ferrière-sur-Risle, verrière souvenir. ; Église Saint-Ouen, Gaillon, Crucifixion, vitrail , 1954Ville de Gaillon, Les vitraux Décorchemont. ;