L'observatoire du Pic du Midi est un observatoire astronomique situé au sommet du pic du Midi de Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées, depuis 1881.

C'est un haut lieu d'observation et de recherche consacré à la météorologie puis à l'astronomie, particulièrement connu pour avoir abrité des travaux pionniers dans l'étude du soleil, particulièrement la mise au point de la coronographie. L'astronomie est encore à l'heure actuelle le domaine d'investigations scientifiques le plus important au pic du Midi. Depuis le début des années 2000, il s'est aussi ouvert aux astronomes amateurs et au grand public avec la valorisation du tourisme scientifique.

L'observatoire est rattaché à l'observatoire Midi-Pyrénées et constitue une UFR de l'université Toulouse-III-Paul-Sabatier.

Histoire Choix du site vignette|gauche|redresse|Le général de Nansouty.

L'observatoire est situé au sommet du Pic du Midi de Bigorre, à d'altitude, dans la chaîne des Pyrénées, à de Toulouse et à de la frontière espagnole.

Dès le tout début du , le lieu est connu pour être un lieu d'observations astronomiques. On sait que François de PlantadeFrançois-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, vol. 11, éditeur Vve Duchenne, 1776, Archive de Bibliotheque cant. et univ. Lausanne, lire en ligne. monte au pic à plusieurs reprises : il étudie pour la première fois de façon scientifique la couronne solaire lors de l'éclipse solaire . Il remonte pour y effectuer des mesures barométriques dans le but de dresser une carte des diocèses du Languedoc.

Ces mesures sont suivies, dès 1774, par celles de Monge et d'Arcet qui montent au pic pour y étudier la pression atmosphérique.

Construction vignette|gauche|redresse|Le général de Nansouty et l'ingénieur Vaussenat.

En 1873, une station météorologique temporaire est installée au col de Sensours (2378 m), soit 500 mètres sous le Pic, par Charles du Bois de Nansouty, général en retraite, et Célestin-Xavier Vaussenat, ingénieur en construction. Pendant que Vaussenat lève des fonds pour le projet d'observatoire, Nansouty mène personnellement des relevés météo.

Les premiers terrassements au sommet commencent en 1875. La construction commence en 1878 et dure quatre ans car les conditions météo ne permettent que 4 mois de travail par an. Les premiers locaux sont achevés le Voir les photos conservées à l'Observatoire de Paris témoignant des différentes étapes de constructions et d'aménagement.. Menacé par un manque de financement pour terminer les travaux, le bâtiment est repris par l'État et passe sous la responsabilité du Bureau National de Météorologie qui nomme Vaussenat comme premier directeur.

En 1891, après la mort de Vaussenat, Émile Marchand prend la direction de l'observatoire. Il y mène des travaux de recherche en météorologie, en géophysique, en astronomie et en biologie, publiant 92 articles scientifiques. Au début du , il fait construire un jardin botanique au sommet afin d'y réaliser des expériences.

vignette|Entrée de l'observatoire du pic du Midi, début du . Photographie d'Eugène Trutat conservée au muséum de Toulouse.

En 1907, Benjamin Baillaud y fait installer un premier télescope de de diamètre, l'un des plus grands au monde pour l'époque, qui permet de démentir l'existence de canaux sur Mars que défendait Percival Lowell et place l'observatoire à la pointe de la recherche.

Le site de l'observatoire, qui a l'avantage de la pureté de l'air et de l'absence de pollution lumineuse, est un atout majeur, mais l'accès au site est difficile et nécessite une solide forme physique et un minimum d'aptitude à l'alpinisme, ce qui explique que les « mandarins » universitaires installés à l'observatoire de Meudon montrent peu d'enthousiasme pour le site. Pour les observations hivernales, les astronomes doivent utiliser des skis de randonnée munis de peaux de phoque et des raquettes à neige. Le confort du site est à peine meilleur que celui d'un refuge de montagne. Cependant la validité du site est démontrée par les résultats obtenus dans les années 1930 par un jeune astronome, Bernard Lyot, auteur de remarquables résultats sur les perturbations solaires grâce au coronographe qu'il a inventé et perfectionné. Grâce à l'action obstinée du directeur Jules Baillaud, des projets de développement du site sont élaborés mais sont perturbés par la Seconde Guerre mondiale.

Modernisation et téléphérique Après la guerre, les locaux sont grandement complétés : nouvelles terrasses, nouvelles coupoles, nouveaux bâtiments d'habitation. L'électricité arrive au sommet . Auparavant, les équipements électriques étaient alimentés par un ensemble de batteries et un groupe électrogène.

Un premier téléphérique, affecté au transport du personnel, est installé , ce qui permet d'atteindre le sommet en toute saison. En 1959-1962 est installé le « bâtiment interministériel », qui regroupe les activités d'astronomie, de météorologie, de relai de télévision et de navigation aérienne.

En 1994, l'État envisage la fermeture de l'observatoire. La région Midi-Pyrénées se mobilise, et crée un syndicat mixte pour la réhabilitation du site. Le projet prévoit une réhabilitation des installations scientifiques, ainsi que l'ouverture au public d'une partie du site. Ainsi, le téléphérique de service est remplacé par un nouveau téléphérique capable d'accueillir le grand public. D'importants travaux sont engagés à partir de 1996 ; le site, dans sa version rénovée, ouvre en 2000.

vignette|alt=Bâtiments du pic du Midi de Bigorre en 3D|Animation 3D des bâtiments du pic du Midi de Bigorre.

Télescopes

En 1908 la première coupole est installée, la coupole Baillaud, de de diamètre. Elle est équipée d'une monture équatoriale mécanique. Elle abrite une lunette et un télescope. Hors service , elle fait désormais partie du musée.

En 1946, Marcel Gentili offre à l'observatoire une coupole et un télescope de , doté d'une optique Cassegrain taillée par Emile Schær à Genève vers 1910. Marcel Gentili, d'origine juive italienne, avait dû fuir Paris en 1942 et s'était réfugié à l'observatoire, et a fait don du télescope familial en remerciement à la fin de la Guerre.

Un spectrographe est installé en 1958.

En 1963, la NASA finance l'installation d'un télescope de . Il est utilisé pour prendre des clichés précis de la surface lunaire dans le cadre de la préparation des missions du programme Apollo, avec l'astronome et mathématicien Zdeněk Kopal et l'université de Manchester...

Une tour haute de et de de diamètre est construite à partir de 1972. Elle est installée à l'écart des autres bâtiments, de façon à minimiser les perturbations atmosphériques. En 1980, elle abrite un télescope de : le télescope Bernard-Lyot.

L'observatoire dispose d'un coronographe, qui permet l'étude de la couronne solaire.

Autre instrument, installé depuis 1961, la coupole Tourelle (rebaptisée « lunette Jean-Rösch » en 2004, en l'honneur de son créateur). Cette coupole à la forme caractéristique abrite une lunette de de diamètre destinée à l'étude du Soleil (imagerie de la surface, étude de la granulation). L'instrumentation s'est vue complétée par un spectrographe.

Ainsi, on dénombre actuellement au sommet : le télescope de (coupole du T60, accueillant des astronomes amateurs par l'intermédiaire de l'association T60) qui remplace depuis 2021 un télescope de 60 cm ; le télescope de (coupole Gentilli) affecté aux observations du système solaire ; le télescope de ou télescope Bernard Lyot (utilisé avec le spectropolarimètre NarvalNarval) ; le coronographe CLIMSO (étude de la couronne et du disque solaire) ; la lunette Jean-Rösch (étude de la surface solaire). Figurent également : la coupole Charvin, ayant abrité un coronomètre photoélectrique (étude du Soleil) ; la coupole Baillaud, réaffectée au musée et abritant une maquette à l'échelle 1:1 du coronographe ; la coupole du télescope DIMM (instrument nocturne destiné à mesurer le niveau de turbulence atmosphérique), qui a remplacé la coupole Robley qui abritait le T55. la coupole Vénus-Dauzère, surnommée "coupole-tente", devient en 2025 la première coupole à ouverture totale installée dans un environnement de haute montagne. Cette coupole à double volet pliant de 3 m de diamètre, dessinée par l'ingénieur Maël Boussange, a été entièrement conçue et fabriquée par les équipes de l'Observatoire.

Découvertes De nombreuses découvertes ont été faites au pic du Midi.

En 1909, lors d'une opposition, des observations menées par Aymar de La Baume Pluvinel et Fernand Baldet ont permis de démontrer que les canaux martiens tels que décrits par Percival Lowell n'existaient pas.

L'observatoire est également un lieu prisé pour l'étude du rayonnement cosmique, grâce à son altitude relativement élevée, et permet plusieurs découvertes en physique des particules. À partir de 1947, une équipe de l'université de Manchester dirigée par Patrick Blackett y installe une chambre de Wilson dotée d'un puissant électroaimant pour traquer des particules inconnues, qui mènera à la découverte de plusieurs mésons. En 1953, une équipe de recherche de l'école polytechnique dirigée par le physicien français Louis Leprince-Ringuet découvre des particules de type hypéron.

Les neuf planètes mineures suivantes ont été découvertes par des observations astronomiques menées au pic du Midi entre 2001 et 2007 :

+Planète mineureDate de découverteDiamètre(63609) Francoisecolas20 août 20015,1 km(230151) Vachier20 août 20011,6 km(275786) Bouley20 août 2001760 m(155948) Maquet21 août 20011,2 km(82896) Vaubaillon22 août 20014,1 km(336811) Baratoux23 août 20011,1 km(231969) Sebvauclair24 août 20014,9 km(281272) Arnaudleroy10 septembre 20072,5 km(210245) Castets13 septembre 20071,0 km

Installations touristiques thumb|droite|Le Ponton du ciel permet aux visiteurs de dominer le vide. Depuis fin 2011, l'offre touristique du pic s'est doté d'un hébergement avec la possibilité d'y dormir la nuit., ainsi que d'un restaurant (le 2877) et d'un bistro snack. Les touristes participent à différentes animations comprenant une visite des lieux et des installations astronomiques et des interventions assurées par la structure La Ferme des Étoiles, basée dans le Gers, ainsi que par UPS in Space.

L'ouverture d'un planétarium de 45 places dans la coupole Baillaud en puis d'une seconde coupole dédiée aux manipulations et démonstrations permet d'offrir une initiation à l'astronomie visant le grand public.

La création d'une passerelle suspendue appelée « Ponton du ciel » renforcent les services rendus aux visiteurs..

Les autorités locales ambitionnent de solliciter l'inscription du pic sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO... Ce serait alors le deuxième observatoire astronomique à intégrer cette liste. En 2022, le pic du Midi n'a pas encore été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, mais le dossier est à l'étude.

vignette|upright=2.5|centre|Vue panoramique vers le sud depuis l'observatoire du pic.

Dans la culture Une grande partie de l'action du roman La Théorie Gaïa (2008), de Maxime Chattam, se déroule dans les locaux de l'observatoire.

Bibliographie

Références

Voir aussi

Articles connexes Liste d'observatoires astronomiques Liste des plus grands télescopes optiques Pic du Midi de Bigorre

Liens externes Site de l'observatoire Site du CLIMSO Histoire de l'observatoire sur le site de l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE)

Bases de données et dictionnaires

Pic du Midi Catégorie:Station météorologique Catégorie:Réserve internationale de ciel étoilé Catégorie:Découvreur d'astéroïdes Catégorie:Liste indicative du patrimoine mondial en France