Portulacaria afra est une espèce de plantes à fleurs du genre Portulacaria.
Elle est appelée pourpier en arbre en français, spekboom ou olifantskos en afrikaans, porkbush ou elephant's food en anglais. Le nom « arbre de jade », parfois employé, est ambigu : il désigne aussi d'autres espèces, dont Crassula ovata.
Cette espèce est une plante succulente originaire d’Afrique australe. Son aire d’origine s’étend du Kenya, et du Mozambique à l’Afrique du Sud.
Les feuilles sont consommées par les humains et les animaux comme le bétail ou les éléphants.
Nomenclature et étymologie L’espèce a été décrite et nommée Portulacaria afra par le botaniste néerlandais Nicolaus Joseph von Jacquin en 1786 dans Collectanea 1: 160, t. 22.
Le nom de genre Portulacaria est dérivé du genre portulaca « et du suffixe -aria signifiant « ressemblant à, lié à ».
L’épithète spécifique afra est un terme de latin signifiant « africain ».
Sur le plan taxonomique, le genre Portulacaria n'a rien à voir avec le genre Portulaca dont fait partie le Portulaca oleracea, le pourpier.
Synonymes Selon POWO, le nom valide Portulacaria afra possède 9 synonymes botaniques hétérotypiques :
Crassula portulacaria L. in Sp. Pl., ed. 2.: 406 (1762) Crassula portulacastrum Harv. in W.H.Harvey & auct. suc. (eds.), Fl. Cap. 2: 386 (1862) Haenkea crassifolia Salisb. in Prodr. Stirp. Chap. Allerton: 174 (1796), nom. superfl. Portulacaria afra f. macrophylla H.Jacobsen in Natl. Cact. Succ. J. 10: 81 (1955) Portulacaria afra f. microphylla H.Jacobsen in Natl. Cact. Succ. J. 10: 81 (1955) Portulacaria afra f. variegata H.Jacobsen in Natl. Cact. Succ. J. 10: 81 (1955) Portulacaria portulacaria (L.) Graebn. in P.F.A.Ascherson & K.O.R.Graebner, Syn. Mitteleur. Fl. 5(1): 436 (1915), not validly publ. Claytonia portulacaria (L.) L. in Mant. Pl. 2: 211 (1771) Portulaca fruticosa Thunb. in Prodr. Pl. Cap.: 85 (1800), nom. illeg.
Description C’est un arbuste au tronc brun-gris, très ramifié, à tiges et feuilles succulentes.
Il atteint 2 à 5 m de haut dans la nature, mais le plus souvent ne dépasse pas 1,5 à 2 m en jardin.
Les rameaux sont opposés mais si un bourgeon terminal avorte sur un nœud d’une branche faible, il produit une croissance dichotomique. Les jeunes pousses sont souvent rouges, brun-rouge ou violacées avant de foncer progressivement en vieillissant et en se lignifiant.
Les jeunes plants produisent généralement des rameaux horizontaux au ras du sol afin de mettre la base du plant à l'ombre par couverture du sol pour limiter l'évaporation. Les Sud-africains parlent de jeunes plants en forme de pieuvre ("octopus seedlings"). Une fois ce "paillage végétal" réalisé, la plante se développe en hauteur (quand elle n'est pas mangée par les herbivores). Cette couverture horizontale permet également de faciliter le marcottage de la plante qui peut ainsi se multiplier et développer rapidement son emprise au sol.
Les feuilles sont opposées, sessiles, charnues, obovales de de long sur de large. Elles sont brillantes, de couleur vert jade et plus fines que celles de Crassula ovata.
Les fleurs, rose pâle sont réunies en grappes terminales ou axillaires, sont apparemment hermaphrodites, mais seules quelques-unes sont fécondées. Elles sont portées par de court pédicelle avec 3 bractées à la base. Les 2 sépales membraneuses très courtes et les 5 pétales obovés sont persistants. Elles sont produites en abondance de la fin de l'hiver au printemps, mais la floraison est souvent irrégulière en culture. Elles sont très nectarifères.
Le fruit membraneux, porte 3 ailes transparentes, indéhiscent.
L’espèce se multiplie rarement par ses graines mais ordinairement par reproduction végétative.
Photosynthèse Portulacaria afra présente une photosynthèse CAM facultative : elle utilise la voie C3 le jour durant les périodes fraîches et humides, et bascule vers le CAM (fixation nocturne du CO2) en conditions chaudes et sèches, avec une activité CAM de fond mesurable en continu. Cette plasticité phénotypique en fait un sujet d'étude pour l'amélioration de l'efficience d'usage de l'eau chez les plantes en C3.
Résistance à la sécheresse Lors d’une expérimentation de 145 jours, des plants de Portulacaria afra cultivés en pots ont été soumis à une sécheresse prolongée. Pendant les 60 à 80 premiers jours, la masse fraîche de leurs feuilles a diminué progressivement, jusqu’à ne représenter qu’environ un quart de celle des plants régulièrement arrosés. À ce stade, les feuilles ne contenaient plus qu’environ 30% de la quantité d’eau mesurée dans celles des plants témoins. Après environ 103 jours sans eau, les feuilles ont cessé d’absorber du CO₂, ce qui indique que la photosynthèse nette était devenue nulle. Pourtant, après 145 jours de sécheresse, les plants ont recommencé à absorber du CO₂ et à réaliser une photosynthèse diurne dans les 24 heures suivant le réarrosage. Les autres mécanismes photosynthétiques ont récupéré progressivement au cours des jours suivants.. En perdant leur eau, le diamètre du tronc et des rameaux peut être réduit de 15%.
En culture, on peut donc ne pas arroser la plante pendant plusieurs mois même en période sèche sans que la plante meurt mais pour un développement maximal, mieux vaut tout de même arroser la plante une fois par semaine en période chaude et une fois par mois en période froide.
Séquestration du carbone et restauration écologique Dans le fourré subtropical du Cap-Oriental ("succulent ticket"), Portulacaria afra est considérée comme une espèce ingénieure, capable de favoriser le recrutement d'autres espèces et de contribuer à la restauration des écosystèmes dégradés. Elle est notamment utilisée pour restaurer des terres semi-arides dégradées par le surpâturage, où la reconstitution du couvert végétal peut contribuer à réduire l'érosion et le ruissellement et à améliorer l'infiltration de l'eau.
Un projet d'envergure est mené dans la Kuzuko Private Game Reserve, sur d'anciennes terres agricoles fortement dégradées par plusieurs décennies de pâturage. En 2023, environ 26 millions de boutures de P. afra ont été plantées sur près de 5 000 hectares, dans le cadre d'un programme associant restauration écologique et séquestration du carbone. Le projet a mobilisé plus de 400 personnes et bénéficie notamment du financement de Reforest'Action.
En 2026, la phase principale de plantation est achevée et le projet est entré dans une phase de suivi et de restauration à long terme. L'efficacité écologique et climatique du projet ne peut toutefois pas encore être évaluée définitivement : la survie des plants, la recolonisation naturelle par d'autres espèces, l'évolution des sols et la quantité de carbone effectivement stockée devront être suivies sur plusieurs années, voire plusieurs décennies. Les chiffres de plantation ne constituent donc pas à eux seuls une mesure de la séquestration effective du carbone.
Distribution et habitat
Selon POWO, l’aire d’origine de Portulacaria afra couvre une partie de l’Afrique du Sud (les Provinces de Cap-Occidental et de Cap-Nord, le KwaZulu-Natal), le Swaziland, le Mozambique et le Kenya. Elle a été introduite en Sicile où elle s’est naturalisée.
On la trouve dans des situations chaudes sur des pentes rocheuses dans les broussailles succulentes du karoo, les fourrés, le bushveld et les vallées fluviales sèches dans les parties orientales de l'Afrique du Sud, du Cap oriental vers le nord jusqu'au KwaZulu-Natal, au Swaziland, au Mpumalanga et dans la province du Limpopo ainsi qu'au Mozambique..
Écologie
Une écologie intéressante a été rapportée par Andrew Hankey, avec cette plante dans le Cap oriental où elle fait partie du régime alimentaire des éléphants dans le Parc national des Éléphants d'Addo.
Les éléphants mangent la plante du haut vers le bas permettant à la plante de se propager végétativement en étendant des branches horizontales au niveau du sol. À l'extérieur du parc, les plantes sont mangées par les chèvres qui mangent la plante du niveau du sol vers le haut, empêchant la plante de se propager végétativement. Par conséquent, ces plantes doivent compter uniquement sur les graines pour proliférer l'espèce, ce qui s'avère souvent difficile dans un climat aussi sec. En conséquence, il a été observé qu'à l'intérieur du parc où la plante est soumise au broutage par les éléphants, le « Porkbush » (nom de l'espèce en anglais, "spekboom" en afrikaans), survit et se propage avec succès alors qu'à l'extérieur du parc, la plante devient rare en raison du surpâturage et de la mauvaise régénération.
Culture
Bien qu’il soit discutable de la considérer comme un bonsaï (n’étant pas un arbre), cette espèce peut présenter des caractéristiques justifiant cette classification. C’est une plante qui s’acclimate ordinairement volontiers en appartement.
Sa vitesse de croissance est assez rapide. Il apprécie le soleil et tolère le vent. Il supporte les milieux secs mais apprécie l’humidité.
Il supporte plus ou moins bien le gel selon la variété. La forme ‘Limpopo’ supporte le gel alors que d’autres formes doivent être rentrées en intérieur dès que les températures descendent sous les . En Afrique du Sud, des pourpiers en arbre ont survécu à une température de .
La plante qui est mangée par différents animaux brouteurs, a une capacité assez stupéfiante à se régénérer à partir des rameaux et feuilles tombées à terre, qui rapidement émettent des racines.
Portulacaria afra se bouture très facilement en laissant sécher 3 à 4 jours la bouture avant de la placer dans un substrat légèrement humide. Une simple bouture de feuille peut aussi fonctionner.
Cultivars Plusieurs cultivars existent.
Limpopo : variété aux feuilles beaucoup plus grandes (x2). Variété sauvage de l’extrême nord de l’aire de répartition de l’espèce, qui est connue aussi sous le nom de Portulacaria afra var. macrophylla, est très vigoureuse et tolère les gelées. Prostrata : forme basse et décombante, fréquemment utilisée comme couvre sol. Aurea : forme compacte et dressée aux feuilles arrondies qui virent au jaune vif au soleil. Foliis variegatus : forme panachée Medio-picta : panaché avec un centre plus clair
Utilisation Principalement décorative sauf en Afrique du Sud où elle peut constituer jusqu’à 80 % de l'alimentation des éléphants ( par jour). Le broutage par les éléphants peut favoriser sa propagation végétative dans le parc national d'Addo.
Les feuilles du pourpier en arbre peuvent être consommées par les humains ; elles ont une saveur aigre et acidulée. Elles sont consommées par les peuples de Zululand. Ses fleurs abondantes roses butinées par les abeilles donnent un miel de qualité.
Les feuilles sont aussi fortement broutées par le bétail et les herbivores comme les éléphants de nombreuses espèces d'antilopes (koudous, impalas, steenbock, duiker) ou les tortues. Les feuilles peuvent-être composées jusqu'à 90 % d'eau après une pluie (chiffre qui peut descendre à 25 % après une longue période de sécheresse) et sont donc principalement utilisées pour étancher la soif.
Supportant très bien la taille, cette espèce est parfois utilisée dans les zones chaudes pour faire des topiaires.
Notes
Références
Liens externes
Portulacaria afra, the Elephant's Food or Spekboom Portulacaria afra in bonsaï
Catégorie:Portulacaceae (Cronquist) Catégorie:Didiereaceae Catégorie:Plante utilisée comme bonsaï