Le racisme en France prend des formes différentes et peut être appréhendé à l'échelle individuelle ou systémique.. Dans le passé, des périodes de racisme d'État ont existé, en particulier pendant la période coloniale. Au début du , le droit ne crée plus de différence de droit si ce n'est sur la base de la nationalité. Le racisme est une idéologie qui part du postulat de l’existence de races humaines, et qui considère que certaines sont intrinsèquement supérieures à d’autres. L’antisémitisme se distingue du racisme et de la xénophobie. C’est une forme de racisme spécifique à l’égard des Juifs.

En particulier, en France, il n'existe pas de critère officiel de classification de la population en race. Toutefois, le fichier de police STIC classe les individus recherchés sur la base suivante : blanc (caucasien) ; méditerranéen ; gitan ; moyen-oriental ; nord-africain maghrébin ; asiatique eurasien ; amérindien ; indien (Inde) ; métis-mulâtre ; noir ; polynésien ; mélanésien-canaque (, la graphie en vigueur étant kanak)Fichiers de police et de gendarmerie - La Documentation françaiseUne nouvelle classification a été proposée dans le cadre de la réflexion sur l’évolution du fichier STIC-Canonge, et notamment des types mentionnés en vue de l’identification puis de l’interpellation des individus recherchés : type européen (nordique, caucasien, méditerranéen) ; type africain/antillais ; type métis ; type maghrébin ; type moyen-oriental ; type asiatique ; type indo-pakistanais ; type latino-américain ; type polynésien ; type mélanésien (dont notamment canaque...).

Contexte Le racisme en France, est à la fois simultannément omniprésent et nié, l'idéologie républicaine française: elle nie la validité des catégories de race et ethnicité, ce qui fait en sorte que la France ne peut mesurer statistiquement le racisme à l'aide des indicateurs statistiques usuels. Mame-Fatou Niang fait remarquer qu'il n'y a pas de terme français pour .

Malgré l'idéologie républicaine qui dénie la race, et la difficulté de parler du racisme en France, les études démontrent que les descendants d'anciennes colonies françaises sont souvent exclues de la société francaise, et de ce qu'est ou peut être, une personne française

Législation La question de la race a fait, au cours de l'histoire de France l'objet de diverses législations.

Histoire

La question de l'esclavage et du métissage thumb|Arrêté consulaire du 13 messidor an X (2 juillet 1802) interdisant aux noirs, mulâtres et gens de couleurs d'entrer en France. thumb|Circulaire du ministre de la justice du 18 nivôse an XI (8 janvier 1803) interdisant aux officiers d’état civil la célébration des mariages entre Blancs et Noirs en France.

Établi dans le but de régir la vie des esclaves noirs dans les colonies françaises des Antilles, le Code noir (1685) a institutionnalisé le racisme en justifiant la mise en esclavage des déportés africains sur les colonies des Antilles et de Guyane. Le Code noir liste les châtiments possibles à l'encontre des esclaves.

À la suite des révoltes d'esclaves dans la colonie de Saint-Domingue, l'esclavage est aboli par la Convention montagnarde en 1794. Huit ans plus tard, en 1802, il est rétabli par Napoléon Bonaparte. L'esclavage reste en vigueur en France jusqu'au décret du 27 avril 1848.

La différence de traitement imposée aux Noirs et dans la métropole et aux colonies incitait ces derniers à s'établir en métropole. En 1776, environ Noirs vivent en France, essentiellement à Paris et dans les ports. Devant l'ampleur du mouvement, dans le dernier quart du la législation coloniale ségrégative est étendue au territoire du Royaume (France métropolitaine). La Déclaration royale du sur la police des Noirs, mulâtres ou autres gens de couleur en France interdit à ces derniers, qu'ils soient libres ou non, l'entrée en FranceDéclaration du Roi pour la police des Noirs du 9 août 1777. Cette loi créait un dans chaque port qui recevait ceux qui arrivaient en attendant qu'on puisse les renvoyer. LArrêt du Conseil d’État du interdit les mariages entre blancs et noirs ou gens de couleur en FranceArrêt du Conseil d’État du 5 avril 1778. Selon l'historien Pierre Pluchon Introduction de Pierre Pluchon in Haïti au : richesse et esclavage dans une colonie française (1797), Alexandre-Stanislas baron de Wimpffen, Karthala, 1993, p. 22. Ces mesures, qui témoignent de la peur croissante du métissage sur le sol français, sont en effet prises après le recensement décidé en 1776 par le ministre de la Marine, Antoine de Sartine qui déclarait les Pierre H. Boulle, Race et esclavage dans la France de l'Ancien Régime, Perrin, 2007, p.135Rapport de Sartine, ministre de la Marine, au conseil des dépêches sur la [août 1777], AN, Col., F/1B/3, n° 379. 66..

Après la loi du rétablissant l'esclavage, des mesures discriminatoires similaires à celles de l'Ancien Régime sont à nouveau prises par Napoléon à l'encontre des Noirs et libres sur le territoire métropolitain. Le , les officiers de couleur sont exclus de l'armée ; le , le territoire métropolitain est interdit aux Noirs et puis le , les mariages interraciaux et sont interditsAlain-Jacques Tornare, La Révolution française, EDI8, 2012, p.247Jean-Simon Loiseau, Dictionnaire des arrêts modernes, Clament, 1809, volume 2, p.449. Ainsi on pouvait lire dans les Annales périodiques de la ville d'Orléans en 1809 : Annales périodiques de la ville d'Orléans, , n°598, samedi 23 septembre 1809, p. 212..

La politique napoléonienne imposa ainsi durant seize années dans la métropole une discrimination à l’égard des Noirs. Ce n'est que sous la Restauration que des mesures anti-esclavagistes et des politiques raciales plus libérales furent mises en place en métropole. En 1818, le comte de Serre, devenu ministre de la Justice, abolit l’interdiction concernant les mariages interraciaux. En , l’interdiction de voyager pour les de condition libre fut également supprimée par une circulaire ministérielle et confirmée en par le ministreJennifer HEUER, , Law and History Review, 27-3, 2009, p. 515-548Rebecca H. SCHLOSS, Sweet liberty : The final days of slavery in Martinique, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2009, pp. 92-93..

Les esclaves asiatiques sont péjorativement nommés les "Coolies".

Théories raciales du XIXe siècle

Nationalisme et racisme

Racisme scientifique La IIIe République est une période d'institutionnalisation et de formalisation du savoir scientifiques. C'est ainsi que les anthropologistes français sont rassemblés autour de la Société et de l’École d'anthropologie de Paris. Paul Broca lui donne pour mission en 1866 de contribuer à « la description particulière et la détermination des races ». Cette analyse des races est selon l'auteur le domaine spécifique de l'ethnologie, deuxième sous-catégorie dans la science anthropologique. Elle a donc pour fondement idéologique l'idée de l'existence d'une multiplicité de races qu'il s'agit de classifier et d'expliquer. Ces anthropologistes estiment que les races se développent d'abord par l'hérédité. Celle-ci est censée transmettre les caractéristiques physiques, mais aussi morales. Le développement des races est aussi influencé par le milieu de vie et par les métissage. Cette dernière notion les incite à penser qu'il n'existe pas de race pure en Europe, mais seulement des races métissées - au contraire des milieux nationalistes contemporains. A cet égard, l'école de Broca défend que les mélanges raciaux ne se fassent qu'avec des races dites proches. Cette pensée s'accompagne de fait d'une hiérarchie des races. La race dite blanche serait supérieure aux races dites jaune ou noire. Cette hiérarchie est expliquée par des démonstrations pseudo-scientifiques qui rapprochent des caractéristiques physiologiques à des caractéristiques animales. Cependant, nombre de ces scientifiques admettent la difficulté de discerner précisément ces races à cause des métissages.

Cette période se caractérise donc aussi par une formalisation des techniques dites scientifiques qui devaient permettre une analyse plus précise du phénomène des races. L'anthropométrie se construit à cette époque. Broca est aussi l'auteur d'''Instructions générales qui définissent les différentes méthodes d'analyse que les étudiants doivent ou peuvent emprunter.

Racisme de l'entre-deux-guerre

Racisme et extrême droite

Anthropologie raciste Les anthropologues français s'avèrent critiques à l'égard de l'idée d'une race pure, défendue par les nazis. Contre la propagation de cette idéologie, ils se rassemblent notamment autour de la revue Racisme et Antiracisme de 1937 à 1939 pour proposer une approche dite scientifique du phénomène racial et critiquer la pensée d'une supériorité de la race blanche. Néanmoins, cette critique de l'idée d'une race pure, ne se départ pas pour certains scientifiques de l'idée d'une hiérarchie tout de même existante. C'est ainsi que Henri Neuville utilise le concept de races primitives pour penser l'infériorité des populations humaines plus lointaines à partir de leurs caractéristiques physiques. De même, Jacques Millot, dans ses articles de l'entre-deux-guerres, analyse l'infériorité des personnes noires par exemple à partir de leur capacité crânienne plus réduite qui expliqueraient selon lui qu'ils n'aient que 75 à 80 % de l'intelligence des personnes blanches. Il tient encore ces propos dans l'immédiat après-guerre dans son cours de Physiologie des races humaines à l'Institut d'ethnologie de l'université de Paris.

Racialisme Les thèses racialistes, qui tentaient de fonder sur l'autorité de la science l'idéologie raciste, ont été développées en France dès le milieu du , avec lEssai sur l'inégalité des races humaines du comte de Gobineau, qui eut une influence importante par la suite. Ce courant a été perpétué par Georges Vacher de Lapouge à la fin du , Jules Soury ou encore George Montandon et René Martial, auteur des Traits de l'immigration et de la greffe inter-raciale (1931), lors des années 1930.

Racisme par groupes de population Antisémitisme

L'antisémitisme est un racisme ethnique contre toute personne d'origine juive ou plus anciennement une haine religieuse plutôt appelée antijudaïsme. Il a été particulièrement fort lors de l'affaire Dreyfus à la fin du , puis lors des années 1930, sous Vichy et est de nouveau virulent depuis les années 2000 notamment dans les milieux musulmans pratiquants..

Racisme anti-noir

Rapports de la Commission nationale consultative des droits de l'homme Le rapport 2019 de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, publié en , comporte une focalisation sur le racisme anti-noir. Il reprend notamment le constat effectué dans le rapport 2018, selon lequel les personnes noires constitueraient une des minorités parmi les plus touchées par les discriminations, tout en étant paradoxalement parmi les minorités les plus acceptées dans les sondages sur la tolérance vis-à-vis des minorités... Il affirme que . Il cite l’enquête Trajectoires et Origines (TeO), qui porte sur les descendants d’immigrés établis en France, qui indiquerait que les descendants de Subsahariens ont 1,3 fois plus de risque de subir des traitements inégalitaires ou des discriminations que la et que les Noirs, aux côtés des Maghrébins, subissent plus de discriminations que le reste de la population.