Christian Prouteau, né le à Béziers (Hérault), est un ancien officier de gendarmerie et ancien préfet français.
Il est le fondateur et le premier commandant du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) en 1974 puis du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) en 1982.
Biographie
Jeunesse et études Christian André Yves Prouteau est né le .
Originaire de la Vendée, il est très vite plongé dans le monde militaire. Son père, Gérard Prouteau, colonel de gendarmerie, est le co-inventeur du système PROSAM ancêtre du fichier JUDEX. Christian Prouteau grandit dans une caserne à Ghisonaccia en Corse.
Il sort diplômé de l'école militaire interarmes en 1969, promotion « Libération de Strasbourg ».
Après un début dans le de transmissions à Évreux, quartier Tilly, en 1971, comme officier à la compagnie d'instruction, il intègre l’École des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN). À l'époque il est lieutenant parachutiste.
Parcours professionnel
Au GIGN Le , Christian Prouteau crée le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), unité d'élite de la gendarmerie nationale, à Maisons-Alfort (Val-de-Marne)Le général Héraut, commandant la gendarmerie de la région Ile-de-France, sélectionna Christian Prouteau sur la recommandation du capitaine Jean-Pierre Baux, qui avait travaillé avec ce dernier lorsque, officier à l'escadron 6/3 de Saint-Denis, le lieutenant s'occupait de la formation des équipes commando (précurseurs des pelotons d'intervention actuels. Sources : Christian Prouteau, Mémoires d'État et Roland Môntins, GIGN, 40 ans d'actions extraordinaires.. Appelée à l'époque « Équipe commando régionale d'intervention » (ECRI), cette unité devient le GIGN le puis fusionne avec le GIGN de Mont-de-Marsan le pour former le GIGN, toujours sous le commandement de Christian ProuteauCollectif, Histoire de la gendarmerie mobile d'Île-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, . Tome II, . « Tableau récapitulatif avec dates officielles de création des unités »..
À l'époque, Prouteau, encore jeune lieutenant, doit convaincre tant en interne qu'auprès de l'administration de l'utilité et de la compétence de son unité. Il y parvient grâce au succès de plusieurs missions importantes réalisées sous son commandement, comme la prise d'otages de Loyada en février 1976, de la centrale de Clairvaux en janvier 1978 et celle de l'hôtel Fesch en février 1980 en Corse.
Le , il est blessé au visage par balle à Pauillac, lors d'une intervention contre un forcené, ce qui lui vaudra la médaille de la Gendarmerie nationale avec grenade de bronzeRecevant une décharge de plombs calibre 12 en plein visage, à moins de cinq mètres, il s’en sort quasiment indemne, malgré les 54 impacts de plombs, avec seulement la voix cassée. Source : « GIGN : principales opérations » sur le site GIGN historique.com (consulté le 7 mai 2016)..
L'unité, d'abord sous son commandement puis sous celui de ses successeurs, acquerra une réputation nationale puis mondialeL'intervention du GIGN à Marignane en décembre 1994, couverte et diffusée en direct par la chaîne LCI, recevra une couverture mondiale.. Christian Prouteau reçoit sept citations pour les opérations qu'il dirige (64 opérations sur les 67 effectuées par le GIGN pendant son temps de commandement)., dont la Légion d'honneur. Il en est décoré en 1979 le même jour que le Colonel Michel Veillon, l'instructeur de son successeur Paul Barril, dans la cour des Invalides : il est distingué au rang de chevalier tandis que Michel Veillon est élevé à celui d'officier.
À l'Élysée Peu apprécié par le président François Mitterrand, élu en 1981, l'existence du GIGN se trouve menacée. Christian Prouteau cherche le soutien du ministre de la défense, Charles Hernu en lui proposant de venir visiter les locaux du GIGN et de démontrer à quel point l'unité est importante. Après une démonstration exceptionnelle devant la commission parlementaire de défense, il reçoit le soutien du ministre affirmant que le GIGN est devenu indispensable.
Christian Prouteau quitte le GIGN après neuf ans de commandement actif pour créer le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le . L'unité est chargée de la protection du président Mitterrand, mais aussi de celle de sa fille, Mazarine Pingeot, dont le chef de l’État ne veut pas que l'existence soit dévoiléeCelle-ci sera divulguée notamment par l'écrivain Jean-Edern Hallier..
Il prend également la tête en 1982 d'une cellule anti-terroriste créée par ordre de François Mitterrand et sera poursuivi et condamné en 2005 pour des écoutes illégales réalisées par cette structure (voir ci-dessous)Près de concernant , dont 7 pour des raisons qui ont été jugées contestables, ont été enregistrées entre janvier 1983 et mars 1986.Les écoutes, que les initiés appellent les « bretelles du président », ont cessé en 1986. Elles ont directement concerné plus d'un millier de personnes.. C'est également à cette époque (août 1982) qu'éclate l'affaire des Irlandais de Vincennes pour laquelle il sera poursuivi et relaxé (voir ci-dessous), ses relations avec Paul Barril, qui avait dirigé l'opération, ayant attiré l'attention sur lui.
Corps préfectoral En mars 1985, après six années de services au GSPR, il quitte le groupe et devient préfet hors cadre. En 1992, il est responsable de la sécurité des Jeux olympiques d'hiver à Albertville. En décembre 1993, il est de nouveau placé hors cadre.
Un décret en date du le promeut colonel de réserve à compter du .
Retraite de fonctionnaire et autres activités Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite le . Retiré dans le de Paris, il réserve son temps à l'association des anciens et amis du GIGN.
Christian Prouteau intervient régulièrement comme chroniqueur à partir de 2019 sur CNews dans l’émission de débat de Clélie Mathias en début d’après-midi : La Belle Équipe.
Démêlés politico-judiciaires Christian Prouteau est mis en cause dans deux affaires survenues pendant qu'il était en poste à l'Élysée : dans l'affaire des Irlandais de Vincennes, il est relaxé en ; mais en 2005, il est condamné à une peine de huit mois de prison avec sursis et au versement d'une amende de dans le cadre de l'affaire des écoutes de l'Élysée...
En 2014, les juges d'instruction Roger Le Loire et Charlotte Bilger, enquêtant sur une affaire de corruption dans l'octroi de titres de séjour impliquant « l'escroc des stars » Christophe Rocancourt, l'ancien secrétaire d'État chargé de l'intégration Kofi Yamgnane et Christian Prouteau le font interpeller à Paris le , lui signifiant sa mise en garde à vue.. L'instruction s'est terminée le ..
Publications vignette|upright=0.9|Christian Prouteau à la Foire du livre de 2010 à Brive-la-Gaillarde.
Mémoires d'État, Michel Lafon, 1998 . Au service du président, Michel Lafon, 1999 . La Petite Demoiselle et autres affaires d’État, Michel Lafon, 2010. . Avec Jean-Luc Riva, GIGN : nous étions les premiers, Nimrod, 2017.
Décorations , le . . .
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) Affaire des écoutes de l'Élysée Affaire des Irlandais de Vincennes
Bibliographie « Christian Prouteau à l'origine de l'affaire ? », dans .
Liens externes
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