La Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) est au départ le regroupement des différents courants socialistes français avant de devenir le principal parti socialiste réformiste des années 1880 et 1890 sous la direction de Paul Brousse.

Elle participe à la fondation du Parti socialiste français en 1902.

Histoire FPTSF : union des courants socialistes vignette|redresse|Schéma synthétique des scissions socialistes. La Fédération du parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF) est créée fin Larousse: F.P.T.S.F. sigle de Fédération du parti des travailleurs socialistes de France à la suite du congrès ouvrier socialiste de Marseille (appelé plus tard l'« immortel congrès) », lorsque Jules Guesde, en particulier, réunit des groupes syndicaux sur la base d’un collectivisme marxiste.

Elle est alors, comme son nom l'indique, plus un regroupement de syndicats et comités locaux qu'un parti politique dans le sens moderne du terme. Mais elle est la première tentative d'union des différents courants socialistes français : les guesdistes, représentants du courant marxiste en France, ils sont animés par Jules Guesde et Paul Lafargue. À l'origine de la FPTSF, ils sont plus représentés au sein de la direction qu'au sein des congressistes. les possibilistes ou réformistes, animés par Paul Brousse et Jean Allemane, ils sont collectivistes comme les Guesdistes mais plus nuancés sur l'accession au pouvoir et la transformation de la société qu'ils souhaitent progressive. C'est le courant le plus important de la FPTSF. les blanquistes, partisans d'Auguste Blanqui (encore emprisonné lors du Congrès de Marseille). De tradition jacobine, ce sont les plus radicaux sur la question de révolution en pronant une « action totale » qui doit aboutir à l'instauration d'un nouveau système socialiste. les anarchistes, proches des idées de Bakounine, ils se définissent comme communistes libertaires à l'instar d'Élisée Reclus. Collectivistes eux aussi, ils sont toutefois pour « la disparition de toute forme étatiste ». les coopérateurs, héritiers des idées de Proudhon et de Louis Blanc (qui s'est depuis rapproché des républicains radicaux), ils sont opposés au collectivisme et à l'action violente.

Lors du Congrès du Havre de 1880, la FPTSF se divise dès avant l'ouverture. Les Chambres syndicales (modérées et coopératrices) refusèrent les mandats provenant des « Cercles d'études » parisiens (révolutionnaires) qui avaient été créée pour gonfler leur représentation au Congrès national. Par conséquent, deux congrès ont lieu au Havre, un « Congrès du cercle Franklin » (Congrès socialiste ouvrier) qui rassemble la majorité du FPTSF et un « Congrès national socialiste », modéré, composé des « Coopérateurs ». Dans ce dernier congrès, qui est en théorie celui officiel, il est décidé d'acter la division et de soutenir une « République démocratique et sociale » et consacre le principe de la propriété individuelle mais mutualisée. Deux autres congrès ont lieu en 1881, où Georges Clemenceau y est invité, et en 1882 avant de s'arrêter.

Dans l'autre Congrès, qui se tient de la salle Franklin, il est adopté un programme clairement collectiviste rédigé par Karl Marx, Jules Guesde et Paul Lafargue. Il est décidé de faire campagne pour les élections municipales et législatives de 1881 avec un véritable programme politique, lui aussi rédigé par eux, il est ainsi fait mention notamment de l'abolition des lois contre la presse, contre les réunions et les associations et notamment de l'International des travailleurs, de la fin du budget de culte, de la dette publique, de l'armée permanent, du transfert à la commune de la police, d'un repos hebdomadaire, passer à 8 heures de travail par jour, la fin du travail des enfants de moins de 14 ans et réduction à 6 heures pour les moins de 18 ans, un salaire minimal, égalité de rémunération avec les travailleurs étrangers et entre les hommes et les femmes, instructions scientifique et professionnel, création de pension de retraite et d'invalidité, gestion ouvrière des caisses ouvrières, renationalisation des banques, chemins de fer et mines et fin des impôts indirects pour une transformation en impôts progressifs, fin de l'héritage en ligne collatéral et limitation de l'héritage en ligne directe. Il est cependant précisé que si les élections « n'abouti[sse] pas, [les socialistes] ne retiend[raient] purement et simplement que l'action révolutionnaire. ».

Lors du deuxième congrès fédéral de l’Union Fédérative du Centre qui se déroule du 22 au 31 mai 1881, six groupes anarchistes sont exclus, incluant notamment Louise Michel, Émile Pouget, Pierre Kropotkine, Jean Grave, et forment un congrès autonome. La majorité des anarchistes ne participent pas au congrès du FPTSF de fin d'année.

De leur côté, les « Blanquistes » menés par Édouard Vaillant qui a fondé le Comité révolutionnaire central (CRC) dès juin 1881, comme exécutif d'un parti qui n'existe pas encore mais qui est à construire et qu'il sert avant tout comme réseaux d'influence. Il s'agit alors d'une organisation complémentaire au FPTSF. Cependant, cette création diminue la force unificatrice du FPTSF.

Crée en octobre 1880, l'Alliance socialiste républicaine est un parti crée par des radicaux et des communards pour un rassemblement pour les élections de 1881. Deux interprétations sont possibles pour cette création, soit il s'agit d'un véritable parti créée en opposition ou au moins à côté de la FTSF, soit d'un malentendu électoral. Ce parti n'est que peu actif et il s'agit avant tout d'une stratégie qui vise les radicaux et les républicains et non les socialistes. Il s’agit d’obtenir une alliance électorale avec des militants socialistes qu’ils connaissent pour les avoir côtoyés ou aidés pendant leur exil. L'ASR présente un programme d'activités d'hommes politiques et non un programme général, qui est d'ailleurs réformiste et non collectiviste. De fait, même si au départ, il n'y a pas concurrence, à partir de la sélection des candidats pour les élections, les militants de la FPTSF rejettent l'ASR, car il y entraine une concurrence des candidats. Ce n'est qu'en avril 1881, que l'ASR change de nature et devient un parti qui cherche à unifier tous les socialistes, l'ASR est finalement un échec et entre en sommeil à partir de 1882.

Scission de 1882

L’échec électoral de 1881, avec seulement 60 000 voix, provoque une rupture au sein du parti entre l’état-major guesdiste, et la majorité des militants qui souhaitent des réformes socialistes concrètes dans le sillage de Paul Brousse. Si de nombreux efforts sont déployés par des militants pour revenir sur les scissions et éviter celles qui se profilent, Paul Brousse cherche à s'opposer à Jules Guesde tandis que Guesde cherche à gagner l'appui de Prosper-Olivier Lissagaray. Ainsi, les dirigeants ne souhaitent pas porter la responsabilité de la scission alors que la base souhaite l'unité. De plus, un travail est en cours pour la recréation d'une instance internationale, où Marx et Engels, ne prennent pas position entre les deux grandes tendances françaises. Cette rencontre en octobre 1881 échoue, définissant que des instances nationales doivent d'abord être créées. Cet échec permet aux tendances au sein du FPTSF de se critiquer plus ouvertement, notamment du côté de Paul Brousse qui s'oppose maintenant à Marx, car éloigné de la rédaction du programme de 1881.

L'un des éléments qui met le feu au poudre est l'élection partielle de décembre 1881 à Paris où Jules Joffrin souhaite se présenter sur un programme différent de celui du Havre. Le congrès de Reims qui se tient en octobre est l'occasion d'analyser l'échec électoral. Les « Possibilistes » accusent le programme, trop radical, d’avoir effrayé les électeurs modérés et d’être responsable de l’échec électoral du parti. Malgré une très nette majorité Broussistes, le programme du Havre est conservé, temporairement, pour le parti mais il autorise le comité local à rédiger son propre programme électoral. Joffrin rédige donc un programme différent provoquant alors le début de la scission. Le Congrès créé un Comité national permanent qui est formé par les régions fédérales ouvrières qui forment ensembles le Parti ouvrier ou le Parti des Travailleurs qui doit exécuter les décisions des Congrès, assurer une communication avec les régions fédérales et avec les partis étrangers. Il est composé de cinq délégués choisis par chaque région fédérale, soit 30 délégués au total. Celles-ci restent explicitement autonomes et le Comité ne régit par les relations entre les fédérations entre elles. Cette orientation réformiste provoque le départ définitif des « Anarchistes » suivis par les « Blanquistes » qui transforme le Comité Révolutionnaire Central en parti indépendant.

L'isolement des « Guesdistes » face aux « Possibilistes » lors du Congrès et la montée en puissance de Paul Brousse au sein de la FPTSF, amène le 8 janvier 1882, Jules Guesde, à saisir le Comité national qui se prononce en faveur de Joffrin et provoque la démission des délégués guesdistes de la Fédération du Nord. Le 17, les rédacteurs de L’Égalité, journal de Guesde, sont exclus de l’Union Fédérative du Centre et ils créent une nouvelle fédération parisienne, l’Agglomération Parisienne. Il y a donc deux Fédérations à Paris pour le congrès suivant.

En septembre 1882, lors du congrès de Saint-Étienne, avec 111 délégués, la scission est actée avec l'exclusion des marxistes menés par Jules Guesde qui quitte la FPTSF pour créer le Parti ouvrier (PO). Il s'agit lors de ce congrès d'une importante scission, bien plus qu'avec le départ des Anarchistes ou des Blanquistes, les militants doivent faire un choix, alors que nombre des militants blanquistes étaient restés au sein du FPTSF. Certains préfèrent rejoindre l'ASR ou rester indépendants comme Clovis Hugues, rejoints plus tard par Benoît Malon, Eugène Fournière et Gustave Rouanet par exemple.

Renommée Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) en 1882, il est à nouveau renommé Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF) en 1883à ne pas confondre avec le plus durable Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR) de Jean Allemane.. La FTSF devient alors un parti socialiste réformiste sous la direction de Paul Brousse.

FTSF : un parti socialiste possibiliste Premier parti socialiste de France, la FTSF peut compter sur une base syndicale importante et une implantation militante en Ile-de-France, dans les Ardennes et dans la Vienne.

Elle connaît ses premiers succès électoraux en 1885 avec l’élection de deux députés dans le département de la Seine, autour d’un programme réformiste révolutionnaire. Aux élections municipales de 1887, elle fait élire plusieurs conseillers municipaux sur Paris dont Paul Brousse qui se présente pour la première fois devant les citoyens, et parvient à être élu au second tour dans le quartier des Epinettes du arrondissement de Paris. L'année suivante, il est élu vice-président du conseil municipal de Paris avec le soutien des radicaux.

Début 1888, le parti est fortement divisé entre broussistes et allemanistes mais ils s'unissent pour s'engager au moment de la crise boulangiste dans la défense de la République, au détriment de la lutte des classes. Le Cri du Peuple se fait le porte-voix de l'antiboulangisme jusqu'à son rachat en avril, alors que les possibilistes sont les premiers à effectuer un meeting antiboulangiste en . Si ceux-ci restent critique envers le parlementarisme, ils indiquent que cela vaut mieux que la dictature. Ils participent ensuite à la création de la Société des droits de l'homme et du citoyen et ouvrent un nouveau journal Le Parti ouvrier clairement contre Boulanger ..