Pierre-Marie Taillepied, comte de Bondy, est un homme politique français né à Paris le et mort dans la même ville le .
Biographie
Issu d'une famille de financiers, Pierre-Marie Taillepied de Bondy devint, en 1792, directeur de la fabrication des assignats. Après le 10 août, il donna sa démission, qui ne lui fut accordée qu'avec réticence, et se retira de la vie publique jusqu'à l'avènement de l'Empire.
Le prince Eugène, avec qui il était lié, le fit nommer chambellan de en 1805. Il suivit l'empereur dans ses voyages et, au retour de la campagne d'Autriche, fut nommé maître des requêtes au Conseil d'État et président du collège électoral de l'Indre (1809).
Créé baron de l'Empire () puis comte de l'Empire (), il fut attaché à la personne des rois de Saxe et de Bavière et fut au nombre des hauts dignitaires envoyés à Karlsruhe au-devant de la nouvelle impératrice Marie-Louise.
Nommé préfet du Rhône en août 1810, il s'y distingua par une administration active et vigilante, créa le nouveau quartier de Perrache à Lyon sur des marais qu'il fit combler et assainir, prévint la disette de 1812 et donna un grand essor aux travaux publics et au commerce. Il acquit l'estime des négociants en appliquant notamment avec vigueur les décrets impériaux contre l'introduction des marchandises anglaises. Lors de l'attaque de Lyon par les alliés en 1814, il organisa lui-même la défense de la ville et n'en sortit qu'avec le dernier régiment.
Les autorités autrichiennes d'occupation le remplacèrent à titre provisoire mais, lors de la Première Restauration, le gouvernement, cédant aux instances des Lyonnais, accepta de maintenir Taillepied de Bondy à son poste. Il ne l'y laissa toutefois que brièvement et, après l'avoir écarté, le nomma en compensation commandeur de la Légion d'honneur ().
Durant les Cent-Jours, Napoléon le nomma préfet de la Seine. Élu représentant à la Chambre des Cent-Jours le par l'arrondissement du Blanc (Indre), il sut, comme préfet, maintenir l'ordre dans Paris, recommanda le calme et la prudence à l'approche des troupes alliées, et fut l'un des trois commissaires chargés de négocier la convention du .
Sous la Seconde Restauration, il figura comme témoin à décharge dans le procès du maréchal Ney (). Élu député par le grand collège du département de l'Indre le 79 voix sur 134 votants et 180 inscrits, il siégea à gauche parmi les défenseurs de la Charte et des libertés qu'elle garantissait. Il fut successivement réélu le 210 voix sur 409 votants et 729 inscrits et, dans le électoral de l'Indre (La Châtre), le 124 voix sur 232 votants et 351 inscrits contre 101 voix à M. Paul Augustin Delacou, avocat à Éguzon. Le , il échoua dans le même collège89 voix contre 145 à M. Bourdeau de Fontenay, élu et, huit jours plus tard, il échoua également au collège de département19 voix contre 98 à M. de Montbel. Mais, le , le électoral de l'Indre (Châteauroux) le renvoya à la Chambre178 voix sur 248 votants et 314 inscrits contre 60 à Louis Girard, maire de Châteauroux. Il vota l'adresse des 221 contre le ministère Polignac et fut réélu le 198 voix sur 265 votants et 318 inscrits contre 60 à Louis Girard.
Après la Révolution de 1830, Taillepied de Bondy fut appelé à remplacer Odilon Barrot comme préfet de la Seine en février 1831. Dans ce poste délicat, il sut faire apprécier ses qualités d'administrateur avisé : il assainit la situation financière de la ville mais les vives tensions politiques de l'époque ne lui permirent pas d'entreprendre des réformes de longue haleine. Il se montra inflexible dans la répression des émeutes populaires, en particulier celles du 5 et , lors de l'enterrement du général Lamarck. Il fut démis de ses fonctions le , recevant à cette occasion la croix de Grand officier de la Légion d'honneur, puis devint président du Conseil général de l'Indre. Il devint pair de France le dans la fournée de 36 pairs nommée à l'instigation du gouvernement pour faire adopter par la Chambre haute le projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie. Au Palais du Luxembourg, il siégea parmi les ministériels. Il devint par la suite chambellan de la reine Marie-Amélie et intendant de la liste civile du au , lorsque le comte de Montalivet fut appelé au gouvernement. En 1839, ses fonctions sont changées en celles d'intendant général honoraire de la liste civile. Il est le père de François-Marie Taillepied de Bondy (1802-1890), pair de France sous la monarchie de Juillet et sénateur de la Troisième République.
Archives Les papiers personnels de Pierre-Marie Taillepied de Bondy sont conservés aux Archives nationales sous la cote 177APVoir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales Les Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon conservent également un fonds d'archives privées de Pierre-Marie Taillepied de Bondy, qui concerne essentiellement son action comme préfet du Rhône entre 1810 et 1814.
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Familles subsistantes de la noblesse française
Liens externes
Les archives des dons aux musées royaux et des secours aux artistes prodigués par l’Intendance générale de la Liste civile, sous la tutelle de Pierre-Marie de Bondy (15 avril 1837-31 mars 1839), sont conservées aux Archives nationales (France).
Notes et références
Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Préfet du Consulat ou du Premier Empire Catégorie:Préfet de la Restauration Catégorie:Préfet de la Moselle Catégorie:Préfet du Rhône Catégorie:Préfet de la Seine Catégorie:Député des Cent-Jours Catégorie:Député de la Restauration Catégorie:Député de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de l'Indre Catégorie:Président du conseil général de l'Indre Catégorie:Maître des requêtes au Conseil d'État Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Locataire de l'hôtel de Villemaré Catégorie:Naissance en octobre 1766 Catégorie:Décès en janvier 1847 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 80 ans