La gendarmerie impériale de Paris est une unité de gendarmerie à statut militaire chargée du maintien de l'ordre et de la police quotidienne dans la capitale française sous le Premier Empire. Créée par décret impérial du , elle remplace la garde municipale de Paris dissoute à la suite du coup d'État du général Malet du . Elle ne doit pas être confondue avec la gendarmerie d'élite de la Garde impériale, corps distinct créé en 1801, intégré à la Garde et chargé de la protection des résidences impériales et de la sécurité personnelle de l'Empereur.

Recrutée principalement parmi les vétérans de la légion de gendarmerie d'Espagne, organisée en quatre compagnies et placée pour emploi sous l'autorité du préfet de police, elle assure la police des rues, la surveillance des marchés, foires, ports et barrières, ainsi que la garde des lieux de rassemblement. Son existence est brève: licenciée le au début de la Première Restauration, elle est rétablie pendant les Cent-Jours par décret du avant de disparaître définitivement après Waterloo, remplacée sous la Seconde Restauration par la gendarmerie royale de Paris.

Organisation et effectifs Le décret du 10 avril 1813 organise le corps en quatre compagnies, la quatrième n'étant effectivement formée qu'en 1814, chaque compagnie étant elle-même subdivisée en trente brigades. Le complet réglementaire est fixé à 853 hommes et 398 chevaux; la Fondation Napoléon retient le chiffre voisin de 840 hommes.

Le recrutement se fait essentiellement parmi les officiers, sous-officiers et gendarmes de première et de deuxième classe de la légion de gendarmerie d'Espagne, complétés par des «élèves gendarmes» tirés des régiments d'infanterie de ligne ayant au moins deux ans de service et âgés de vingt-deux ans au minimum.

Dans la hiérarchie des corps de gendarmerie, la gendarmerie impériale de Paris «a la droite» sur l'ensemble de la gendarmerie après la seule légion de gendarmerie d'élite de la Garde impériale. Indépendante de la gendarmerie départementale, elle constitue ainsi un corps distinct au sein de l'arme.

Tutelle et missions La gendarmerie impériale de Paris est placée, pour emploi, sous les ordres directs du préfet de police. Son casernement et son entretien sont financés par la municipalité parisienne. L'officier supérieur qui en assure le commandement effectif porte le titre de «colonel d'armes de la ville de Paris».

Ses missions, telles que définies par le décret du 10 avril 1813, recouvrent la police quotidienne des rues, la surveillance des grands rassemblements (marchés, foires, ports, lieux de spectacles, barrières d'octroi) et le maintien de l'ordre public dans la capitale. Cette mission de police urbaine la distingue nettement de la gendarmerie d'élite de la Garde impériale, également stationnée à Paris mais relevant d'une logique tout autre: créée dès 1801, intégrée à la Garde impériale en 1804, recevant ses ordres directement de l'Empereur et non du préfet de police, la légion d'élite est chargée exclusivement de la protection des demeures impériales, des lieux de pouvoir et de la sécurité personnelle du souverain lors de ses déplacements. Les deux corps sont ainsi complémentaires plutôt que concurrents: la gendarmerie d'élite occupe le premier rang dans la hiérarchie de l'arme, la gendarmerie impériale de Paris venant immédiatement après.

Uniforme L'uniforme de la gendarmerie impériale de Paris reprend celui de la gendarmerie impériale (modèle 1812), avec plusieurs marques distinctives:

boutons et plaques de gibernes gravés aux armes impériales, entourés de la mention «Gendarmerie impériale de Paris»;

aiguillette à gauche et bandoulière en drap rouge bordée d'argent, ornée d'une plaque aux armes de la Ville de Paris pour les officiers, sous-officiers et gendarmes de première classe;

chapeau français bordé pour les mêmes;

bandoulière et ceinturon de cuir blanc pour les gendarmes de seconde classe, qui portent en outre un chapeau sans galon;

shako d'infanterie de ligne à plumet rouge et épaulettes de grenadiers pour les élèves gendarmes.

Les gendarmes à cheval portent des bottes de type dragon, les gendarmes à pied des guêtres noires.

Dissolution et postérité Après l'abdication de Napoléon Ier le , Louis XVIII dissout la gendarmerie impériale de Paris par ordonnance du et la remplace par une «garde royale de Paris» à l'effectif augmenté (1 017 hommes), composée d'un état-major et de quatre compagnies, dont les marques impériales sont remplacées par la fleur de lis.

Lors du retour de Napoléon, le décret impérial du rapporte les ordonnances royales des 31 mai, 14 août et 23 décembre 1814 et rétablit le corps sous sa dénomination antérieure de gendarmerie impériale de Paris, qui exécute à nouveau son service sous l'autorité du préfet de police «conformément aux dispositions du décret du 10 avril 1813». La défaite de Waterloo le met un terme définitif à l'unité.

Sous la Seconde Restauration, l'ordonnance royale du institue la gendarmerie royale de Paris, qui reprend l'organisation à quatre compagnies du corps impérial. Au-delà des changements de dénomination successifs: garde royale de Paris (1814), gendarmerie impériale de Paris pendant les Cent-Jours, gendarmerie royale de Paris (1816), garde municipale de Paris (1830), garde républicaine (1848), la filiation organique entre la gendarmerie impériale de Paris et l'actuelle garde républicaine est aujourd'hui revendiquée par cette dernière.

Références

Voir aussi

Articles connexes

Les différentes gardes et polices d’Ancien Régime: le guet royal, devenu guet royal de Paris, puis garde de Paris (1250-1789); la prévôté de l’Hôtel du Roi, créée par Charles VII pour la garde personnelle du roi; la compagnie de la Connétablie, qui assurait un service d’honneur lors des réceptions officielles et du sacre;

Les formations qui ont succédé à la gendarmerie impériale de Paris: la garde royale de Paris à partir de 1814, devenue la gendarmerie royale de Paris en 1816 et dissoute en 1830, car elle était restée fidèle à la monarchie lors des Trois Glorieuses; la nouvelle garde municipale de Paris, formée en 1830, qui n’a plus de missions de police et réprime les émeutes; la garde civique (1848); la garde républicaine.

Les différentes gardes du Consulat et de l’Empire: la garde consulaire; la Garde impériale.

Bibliographie

Catégorie:Armée napoléonienne Catégorie:Garde de Paris Catégorie:Fondation en 1813