Berthold Charles Désiré Mahn, né dans le Archives en ligne de Paris, arrondissement, année 1881, acte de naissance , cote V4E 4045, vue 15/28 le On le donne souvent à tort comme étant né en 1893, probablement à cause de références bibliographiques non vérifiées. Par ex. dans RKDartists.Le 25 décembre 1881 est la date qui figure dans la notice d'autorité du catalogue général de la BnF.La notice d'autorité indique également Villeneuve-sur-Yonne comme lieux de naissance et de mort. et mort à Chaumot (Yonne) le , est un artiste peintre, dessinateur, lithographe et illustrateur français.

Biographie De Belleville à Chantilly (1881-1918) Aîné de quatre enfants, Berthold Mahn naît dans le quartier de Belleville de l'union d'un artisan silésien venu s'installer à ParisAuroræ Libri, Berthold Mahn et d'une Luxembourgeoise née Marie-Jeanne DantzLes Amis de Georges Duhamel et de l'Abbaye de Créteil, Berthold Mahn. À seize ans, obligé de travailler pour vivre, il est embauché dans une fabrique de fourneaux et de cuisinières de l'avenue Parmentier. Il suit des cours de dessin d'Edmond Eugène Valton à l’école Germain Pilon (future école Duperré)Encyclopædia Universalis, « Berthold Mahn ».. thumb|left|Abbaye de Créteil : au fond à droite, Berthold Mahn. thumb|Membres de l'abbaye de Créteil, vers 1906-1907 : Berthold Mahn est au second rang au milieu, entre Georges Duhamel et Jacques d'Otémar.Au premier rang : à gauche, Charles Vildrac ; au milieu, Albert Gleizes.

Pendant son service militaire effectué en 1902 au régiment d'infanterie d'AmiensJean-Luc Dauphin, « Berthold Man, biographie », site Homère-Iliade-Odyssée. (affecté à y peindre des décors, il y réalise également sa première lithographie grâce à la presse du régiment). Il rencontre les peintres Jacques d'Otémar et Albert Gleizes ; ce dernier l’encourage dans la voie artistique. C'est par Gleizes qu'il entre en contact avec les membres de l'abbaye de Créteil, une communauté d'artistes fondée par Georges Duhamel et Charles VildracVille de Créteil, « Le centenaire de l'abbaye de Créteil », Carnet de voyages cristoliens, , 2007. Il demeurera en relation avec eux toute sa vie.

Pendant la Première Guerre mondiale, Berthold Mahn est dans un premier temps brancardier en première ligne avant, dans un second temps, d'entrer au service du Camouflage où il rencontre André Dunoyer de Segonzac. restitue Cécile Coutin en s'appuyant sur les carnets de notes de Jean-Louis Forain, de Louis de Monard, d'André Mare, d'Henri Bouchard, ou encore les mémoires (non publiées) de Berthold Mahn, tous des documents Cécile Coutin, « Le camouflage pendant la Première Guerre mondiale, une arme qui trompe mais qui ne tue pas », Tromper l'ennemi - L'invention du camouflage moderne en 1914-1918, Éditions Pierre de Taillac / Ministère de la défense, 2012. En 1917, Berthold Mahn se trouve dans l'unité de Chantilly et lui-même évoque : Nadine Laval, « Camoufleurs, les caméléons des tranchées », Picardia, l'encyclopédie picarde.

Du Vieux-Colombier à Chaumot (1920-1975) thumb|left|Théâtre du Vieux-Colombier, Paris. thumb|Laghouat (Algérie). thumb|Chaumot (Yonne). De 1920 à 1924, il travaille au Théâtre du Vieux-Colombier, y exécutant des croquis de comédiens au travail : son recueil Souvenirs du Vieux-Colombier (55 dessins préfacés par Jules Romains), en 1926, en est l'aboutissement« Mort du peintre Berthold-Mahn », Le Monde, 5 avril 1975.

Si la biographie de Bethold Mahn se confond désormais pour l'essentiel avec sa production bibliophilique, plusieurs voyages n'en sont pas moins repérables : L'Algérie en 1926 dont témoigne le dessin Palmeraie à Laghouat conservé au Metropolitan Museum of Art ; l'Alsace qu'en 1931, en compagnie de Georges Duhamel et dans la voiture de celui-ci, il traverse jusqu'à Strasbourg, exécutant une soixantaine de dessins pour les besoins du livre que les deux amis publieront la même année, L'Alsace - Entrevue, ou l'aveugle et le paralytique : le mot « aveugle » glissé dans le titre du livre, comprend l'universitaire américain L. Clark Keating, constitue l'aveu par l'écrivain de son incapacité à accompagner l'artiste dans sa perception immédiate de la beautéL. Clark Keating, Critic of civilization - Georges Duhamel and his writings, University of Kentucky Press, 1965, page 225 ; la Grèce, toujours en compagnie de Georges Duhamel et en 1936, périple dont l'artiste se confie lui-même dans ses Lettres de voyages qui, à l'instar de ses croquis, enrichiront le livre de Georges Duhamel Homère au .

En 1939, Berthold Mahn acquiert aux Lorris, hameau dépendant du village de Chaumot (Yonne), une petite ferme où il établit sa résidence.

À la suite de l'invasion allemande de 1940, Berthold Mahn se réfugie dans le village de Boisséjour, dans le Puy-de-Dôme. C'est au cours des deux hivers qu'il y passe qu'il fait la connaissance et qu'il devient l'ami d'Henri Pourrat avec qui il parcourt et dessine alors l'AuvergneHenri Pourrat, « Dans le haut pays avec Berthold Mahn », in L'Auvergne littéraire, , , 1946.. On retrouvera ces dessins, dont Roger Gardes écrira qu', dans Le Chemin des chèvres, publié chez Gallimard en 1947 Roger Gardes, Centenaire Henri Pourrat - Henri Pourrat, sa vie et son œuvre, collection « Documents régionaux », Annales du Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand, 1987..

C'est dans les années 1950, observe Hélène Braeuner, qu'une évolution est perceptible chez Berthold Mahn dans le traitement du dessin : .

Mort en , Berthold Mahn repose dans le cimetière de Chaumot (Yonne).

Famille Son fils, l'historien médiéviste Jean-Berthold Mahn, meurt au combat en 1944 à Castelforte, à l'âge de trente-deux ans..

Réception critique Le dessinateur, l'illustrateur

Le peintre

Postérité Une rue de Chaumot et une rue de Créteil portent son nom.

Œuvre Éditions de bibliophilie thumb|Claude Aveline. thumb|Élémir Bourges, Le Crépuscule des dieux, édition enrichie de 37 lithographies de Berthold Mahn, 1937. thumb|Berthold Mahn, Portrait de Georges Duhamel, mai 1919. thumb|Luc Durtain. thumb|Henri Pourrat. Berthold Mahn estimait avoir illustré une centaine de livres dont, par ordre alphabétique des auteurs : Alain-Fournier : Le Grand Meaulnes, 41 illustrations de Berthold Mahn, numérotés, coll. « Les gloires littéraires », Éditions du Nord, Bruxelles, 1933. Marie-Catherine d'Aulnoy, Les Contes de fées, illustrations de Berthold Mahn, Mercure de France, 1956. Claude Aveline : Les Ouvrages de Georges Duhamel - Essai de bibliographie, portrait de Georges Duhamel par Berthold Mahn en frontispice, 865 exemplaires numérotés, Claude Aveline éditeur, 1925. Les Muses mêelées, 4 dessins par Antoine Bourdelle, Théophile Alexandre Steinlen et Berthold Mahn, André Delpeuch, Paris, 1926. Le Postulat, 8 lithographies hors texte de Berthold Mahn, 500 exemplaires numérotés, Au Sans Pareil, Paris, 1927. Routes de la Catalogne ou le livre de l'amitié, 55 compositions dessinées par Berthold Mahn, Paul Hartmann, Paris, 1932.. Dans Paris retrouvé, frontispice de Berthold Mahn, 575 exemplaires numérotés, Éditions Émile-Paul Frères, 1945. Honoré de Balzac : Le Lys dans la vallée, illustrations de Berthold Mahn, numérotés, Paul Hartmann éditeur, 1947. Henri Barbusse : L'Enfer, portrait-frontispice par Berthold Mahn, Les éditions Georges Crès, Paris, 1925. Le Feu, 2 volumes, illustrations de Berthold Mahn, Les Œuvres représentatives, 1930. Henri Béraud : La Gerbe d'or, lithographies de Berthold Mahn, 330 exemplaires dont 280 numérotés, Jeanne Walter, Paris, 1930. Jean-Richard Bloch : …Et Cie, illustrations in et hors texte de Berthold Mahn, 443 exemplaires numérotés, P. Mornay, 1930. Élémir Bourges : Le Crépuscule des dieux 37 lithographies de Berthold Mahn, 1 151 exemplaires numérotés, Henri Jonquières et Cie, 1927. Jean Cassou, Colette, Jean Giraudoux, Gérard d'Houville, Edmond Jaloux, Valéry Larbaud, Pierre Mac Orlan, François Mauriac, Francis de Miomandre, Paul Morand, Anna de Noailles, Henri de Régnier, Paul Valéry, Jean-Louis Vaudoyer…, D'Ariane à Zoé - Alphabet galant et sentimental agrémenté de vers, de proses et de lithographies par vingt-six écrivains et autant d'artistes, 26 lithographies dont Berthold Mahn, Raoul Dufy, André Dunoyer de Segonzac, Raymonde Heudebert, Marie Laurencin, Edy Legrand…, 220 exemplaires numérotés, Librairie de France, 1930. Miguel de Cervantes (traduction de Francis de Miomandre), Don Quichotte de la Manche (4 volumes) suivi de La Vie de Cervantes ( volume), illustrations des volumes 1 à 4, frontispices des volumes 1 et 5 par Berthold Mahn, Union latine d'éditions, 1935. Jacques Chardonne : Claire, illustrations de Berthold Mahn, numérotés, coll. « Contes de France et d'ailleurs », Henri Piazza, 1938. André Chénier, Poèmes, suite de 8 lithographies et illustrations à la sanguine par Berthold Mahn, Paris, 1955. Collectif (dont Jean Cassou, Jean Fayard, Jean Follain, Marcel Haedrich, Edmond Jaloux, Thomas Mann, Daniel-Rops, Rainer Maria Rilke, Hommage à Maurice Betz, lithographies originales de Jean-Gabriel Daragnès, Jacques Ernotte, Berthold Mahn et Paul Welsch, 305 exemplaires numérotés, Émile Paul éditeur, 1949. Alphonse Daudet : Le Nabab - Mœurs parisiennes, 20 illustrations hors texte de Berthold Mahn, Librairie de France, Paris, 1930. Trente ans de ma vie à travers ma vie et mes livres - Souvenirs d'un homme de lettres, illustrations de Berthold Mahn, Librairie de France, Paris, 1930. Charles Dickens : Les papiers posthumes du Pickwich Club, 3 volumes, illustrations de Berthold Mahn, Club du livre, Marseille, 1941-1946. David Copperfield, 3 volumes, 173 compositions par Berthold Mahn, Club du livre, Marseille, 1948. De grandes espérances (traduction de Pierre Leyris, prééface de Henri Mondor), portrait en frontispice par Berthold Mahn, 3 000 exemplaires numérotés, André Sauret, Paris, 1956. Benjamin Disraeli : Conningsby, illustrations de Berthold Mahn, 2 volumes, Club du bibliophile, 1957. Fernand Divoire : Stratégie littéraire, portrait-frontispice par Berthold Mahn, La Tradition de l'intelligence, 1928. Georges Duhamel : Civilisation MCMXIV-MCMXVII, portrait de Georges Duhamel par Berthold-Mahn en frontispice, coll. « Les Maîtres du livre », Les éditions Georges Crès, 1921. Lettres d'Auspasie, frontispice de Berthold Mahn, 550 exemplaires numérotés, Éditions du Sablier, 1922. Confession de minuit, frontispice et 31 lithographies originales par Berthold Mahn, 540 exemplaires numérotés, Henri Jonquières, Paris, 1926. Deux hommes, illustrations in et hors texte par Berthold Mahn, 266 exemplaires numérotés, Les éditions Georges Crès, 1926. La Pierre d'Horeb, dessins et pointes sèches de Berthold Mahn, numérotés, coll. « Les beaux romans », Henri Jonquières, Paris, 1928. Journal de Salavin, lithographies de Berthold Mahn, 216 exemplaires numérotés, coll. « Les Livres modernes », Les éditions Georges Crès et Cie, 1930. Les jumeaux de Vallangoujard, 60 dessins de Berthold Mahn, Paul Hartmann, Paris, 1931. L'Alsace - Entrevue, ou l'aveugle et le paralytique, eaux-fortes de Berthold Mahn, Hertz Paul éditeur, 1931. Les Sept Dernières Plaies, 8 lithographies de Berthold Mahn, numérotés, Les Œuvres représentatives, 1933. Homère au , illustrations dans le texte et Lettres de voyage en annexe de Berthold Mahn, 10 000 exemplaires, Union latine d'éditions, 1947. Chronique des Pasquier, illustrations de Berthold Mahn, 10 volumes, chacun en dont numérotés, Union latine d'éditions, 1949. Confession de minuit, éditions André Sauret, 1950 (série du grand prix des Meilleurs romans du demi-siècle). Chronique de Paris au temps des Pasquier, illustrations de Berthold Mahn, Union latine d'éditions, 1951. Vie et aventures de Salavin, 5 tomes, 5 frontispices et 77 illustrations de Berthold Mahn, 4 900 exemplaires numérotés, Union latine d'éditions, 1955.