Les guerres perso-romaines commencent lorsque les Romains, après avoir conquis la Grèce, envahissent l'Asie Mineure et entrent en contact avec l'Empire parthe vers En , , dernier monarque séleucide, est détrôné par Pompée qui réduit la Syrie séleucide en province romaine. Les Parthes, occupant les territoires séleucides à l'est de l'Euphrate, deviennent le « concurrent » de l'Empire romain dans l’est de la Méditerranée. La civilisation et la culture des Parthes semblent reprendre celles des Achéménides, particulièrement dans leur système religieux. Elle est aussi marquée par la présence d'importantes cités grecques en Mésopotamie. L'Empire parthe, organisé de manière peu autoritaire, prend fin en 224 ap. J.-C. Il laisse la place aux Sassanides qui continuent leur guerre contre les Romains. La guerre perdure avec l'Empire byzantin et prend fin avec l'expansion de l'islam : les guerres perso-byzantines (502-628).

La longue série de conflits entre le monde méditerranéen et le monde perse forme une des plus longues séries d'affrontements régionaux de l'histoire. Aucune partie n'étant capable de dominer l'autre, ceux-ci ne prirent fin qu'avec les conquêtes musulmanes.

L'est de la Syrie romaine, le nord-ouest de la Mésopotamie et le contrôle indirect de l'Arménie sont les principaux enjeux de ces affrontements, mais ils peuvent aussi surgir du désir de gloire du souverain de l'un ou l'autre empire. Malgré la récurrence des conflits, d'assez longues périodes de paix existent et les deux empires ont aussi des échanges pacifiques propices au développement d'un commerce à longue distance le long des routes de la soie en direction de l'Extrême-Orient.

Période partho-romaine vignette|upright=0.5|Crassus, triumvirat romain vaincu et tué à Carrhes en vignette|, roi des Parthes (54 à 38). Les premiers contacts de Sylla à Pompée

Tigrane II d'Arménie, mis sur le trône par les Parthes, fait de son royaume une puissance régionale majeure de à Tigrane s'allie à son voisin , le roi du Pont, et tente de s'emparer de la Cappadoce au cœur de l'Asie Mineure. Il déclenche ainsi la réaction des Romains qui interviennent sous la conduite de Sylla.

Le traumatisme de la défaite de Crassus

En , sur les conseils d', Crassus franchit l'Euphrate pour affronter les Parthes mais est vaincu à la bataille de Carrhes. Peu de jours après, il est tué au cours d'une entrevue avec le général parthe Suréna. Sa tête est ensuite envoyée au roi parthe, . On a raconté qu'il mourut d'une façon peu orthodoxe : en effet, il était si cupide que Suréna lui aurait fait couler de l'or en fusion dans la bouche en lui disant « Rassasie-toi donc de ce métal dont tu es si avide ! »Dion Cassius, Histoire romaine livre XL, 26-27.. Son fils, Publius Crassus, est tué au cours de la même bataille.

La campagne avortée de Jules César

Jules César est assassiné trois jours avant son départ pour sa campagne contre les Parthes, aux ides de mars . Ses motifs étaient que les Parthes ont aidé Pompée lors de la guerre civile, venger Crassus et surtout continuer d'égaler la gloire d'Alexandre le Grand. Une très importante armée romaine avait été réunie en Macédoine en ce but.

La guerre romano-parthique de 40-33 av. J.-C.

vignette|upright=0.7|Buste de Marc Antoine, musées du Vatican. vignette|upright=0.7|, roi des Parthes (38 à ).

La guerre de Labienus ou guerre romano-parthique du nom du général romain Quintus Labienus, est une guerre qui opposa les armées romaines à une armée coalisée de Parthes et de républicains romains entre 40 et

Les événements qui suivent la mort de Jules César en Orient sont bien attestés par de nombreux historiens antiques : Plutarque, Appien, Dion Cassius. Ils n'en sont pas moins très complexes : Rome est en effet plongée dans les guerres civiles et les rivalités politiques, alors que les Parthes doivent eux aussi, à plusieurs reprises, affronter des problèmes dynastiques sérieux.

La mort de César ne remet pas en cause les liens tissés entre les Parthes et les adversaires romains du dictateur — à la suite de l'appel du pompéien Quintus Cæcilius Bassus. Caius Cassius Longinus, l'un des meneurs de la conjuration contre César, cherche à s'appuyer sur les troupes de Syrie pour contrer les héritiers du dictateur défunt. Il y rassemble un nombre important de légions. En conséquence, il ravive l'alliance de son parti avec les Parthes en négociant avec et obtient de lui des auxiliaires engagés aux côtés des républicains jusqu'à la bataille de Philippes en Après la déroute, certains des chefs républicains cherchent donc un asile dans le royaume d'Arménie, comme Quintus Labienus. Ce dernier devient une importante personnalité de la cour du roi parthe et le pousse à entreprendre une action contre la Syrie.

La grande offensive parthe : alors qu'Antoine rentre à Alexandrie pour l'hiver 41-40, il laisse deux légions pour protéger la Syrie. Mais ces légions sont composées d'anciennes troupes républicaines récupérées par Antoine après la victoire de Philippes et celles-ci rallient Labienus, ce qui lui permet d'enfin convaincre le roi parthe de se battre. Ainsi le fils aîné du roi , nommé Pacorus, attaque la Syrie romaine pendant l'absence d'Antoine avec à ses côtés le Romain Quintus Labienus et ses deux légions. Ils échouent une première fois à Apamée, mais Labienus peut y recruter des vétérans des anciennes armées de Cassius et Brutus. Ces ralliements entraînent la fuite de Lucius Decidius Saxa, qui est le légat de Marc Antoine en Syrie, et de son frère qui était questeur. Ce dernier regroupe alors ses troupes, mais il est quand même vaincu et exécuté par la cavalerie parthe. Après la fuite et la rumeur de la mort du légat, Apamée se rend et ouvre ses portes aux forces combinées des Parthes et des Romains menées par Labienus. Le général romain remonte ensuite la vallée de l'Oronte et s'empare d'Antioche.

L'armée romano-parthe se sépare alors en deux forces. Labienus se lance à la poursuite de Lucius Decidius Saxa à travers les monts Taurus jusqu'en Cilicie où il finit par éliminer le légat d'Antoine. Il conquiert ensuite la moitié sud de l'Asie Mineure hormis quelques cités. Au cours de l'année 40, Labienus fait la conquête de l'Anatolie de telle façon que Lucius Munatius Plancus, récemment nommé proconsul d'Asie à Rome, est obligé de fuir peu de temps après son arrivée dans sa province.

Pendant que Labienus poursuit Saxa, le prince Pacorus et son général Barzapharnès avancent au sud vers la Phénicie et la Palestine. Ils se séparent en deux une fois de plus : Pacorus longe la côte et Barzapharnès s’enfonce à l’intérieur des terres. De nombreux rois se rallient aux Parthes, tels que le roi d'Abilène Lysanias ou le prince hasmonéen Antigone II Mattathiah qui veut récupérer son trône perdu contre Pompée au profit de son frère . Barzapharnès finit par arriver aux portes de Jérusalem où les partisans d'Hérode le Grand et d'Antigone II ont déjà commencé les hostilités. Par la ruse, un des généraux de Barzapharnès, nommé Pacoros, arrive à faire sortir Hyrcan II et Phasaël, fils d'Antipater, de la cité et ils sont alors faits prisonniers. Quant à Hérode, il parvient à s'enfuir et les terres syriennes et palestiniennes passent aux mains des Parthes, à l'exception de quelques cités comme Tyr. Pendant ce temps Marc Antoine est retourné à Rome réaffirmer son pouvoir face à Octave.

La contre-attaque romaine : pendant l'hiver 40-39, Antoine envoie son meilleur lieutenant nommé Publius Ventidius Bassus contre les Parthes alors qu'il est encore occupé à Rome. Ventidius arrive en Asie au printemps 39 avec une importante armée. Il surprend Quintus Labienus par son arrivée et le contraint à se battre près des monts Taurus avant que les renforts parthes puissent rallier le renégat romain. Ventidius vainc Labienus et le satrape parthe de Syrie, un certain Phranicates. Labienus est alors exécuté pendant que ses troupes intègrent celles de Ventidius et pendant que Phranicates fuit. Ce dernier est finalement vaincu et tué à la frontière entre la Cilicie et la Syrie. Pacorus fuit alors la Syrie et le lieutenant d'Antoine peut y restaurer l'autorité romaine en 39.

Les échecs parthes qui s'ensuivent : les Parthes reprennent l'offensive au printemps 38. Ventidius regroupe alors ses forces sur le mont Gindarus au nord-est d'Antioche où il écrase une fois de plus l'armée parthe et tue Pacorus le 9 juin 38. Le lieutenant d'Antoine s'occupe ensuite des États vassaux qui ont soit trahi Rome, soit été submergés. Il est rejoint par Antoine devant les murailles de Samosate, capitale du royaume de Commagène accusé d'avoir aidé les Parthes. La ville semble imprenable et Antoine négocie une alliance avec Antiochos de Commagène sans représailles pour ce dernier.

Résultat de la guerre en 38 : Publius Ventidius Bassus est honoré du premier triomphe contre les Parthes le 17 novembre 38, étant le premier général romain à sortir victorieux d'une campagne contre les Parthes. Dans le royaume arsacide il y a des troubles de succession après la mort du prince Pacorus. Son père, le roi , est assassiné par son fils , aussi meurtrier de ses frères restants.

Le conflit commence par une offensive parthe menée par , le général parthe Barzapharnès et le républicain romain Quintus Labienus. Le lieutenant d'Antoine Publius Ventidius Bassus les écrase puis vainc à nouveau une offensive parthe de Pacorus en , devenant le premier Romain à triompher des Parthes. Caius Sosius renforce Hérode qui reprend Jérusalem en et devient roi de Judée avec l'accord de Rome tandis qu'un autre lieutenant d'Antoine, Publius Canidius Crassus, soumet l'Arménie en 37- Marc Antoine lance alors une grande offensive depuis l'Arménie vers la Mède atropatène en , mais il est contraint de faire une retraite proche du désastre.

À la suite d'un changement d'alliance, les Mèdes s'alliant à Rome contre les Parthes, Antoine s'empare de l'Arménie en et y place son fils Alexandre Hélios. En , les Parthes et le fils du roi déchu d'Arménie sont pour un temps repoussés par les Mèdes soutenus par les forces d'Antoine. Cependant, lors de la dernière guerre civile républicaine romaine, alors qu'Antoine dégarnit militairement l'Orient, les Mèdes seront mis en difficulté et l'Arménie temporairement perdue en Cette région devient alors un enjeu entre Rome et les Parthes, chacun cherchant dorénavant à imposer son candidat, et la « crise arménienne » va se prolonger tout au long de l'histoire de l’Empire romain.

L'époque augustéenne, vers une coexistence pacifique

La présence d'Auguste en Orient juste après la bataille d'Actium en 30- et de 22 à , ainsi que celle de Marc Agrippa en 23-21 av. J.-C. puis en 16-, démontrent l'importance accordée à ce secteur stratégique du territoire romain. Il est nécessaire de parvenir à un modus vivendi avec les Parthes, l'unique puissance concurrente capable de menacer Rome en Asie Mineure. Les deux empires, conscients de ce qu'ils avaient plus à perdre d'une défaite que ce qu'ils ne pouvaient raisonnablement espérer gagner d'une victoire, parviennent, non sans frictions, à s'accorder sur les conditions d'une cohabitation et Auguste peut, tout au long de son principat, concentrer ses efforts militaires sur l'Europe, comme il le désirait.

Les Arsacides acceptent qu'à l'ouest de l'Euphrate Rome organise de fait ses possessions et États clients à sa guise. Seul le royaume d'Arménie demeure, à cause de sa situation géographique, l'objet d'un contentieux, Rome et les Parthes cherchant continuellement à placer un roi acquis à leur cause sur le trône arménien, tout en évitant une confrontation directe l'un contre l'autre. La crainte mutuelle permet à cet équilibre de perdurer tout le long du principat d'Auguste.

La guerre romano-parthique de 58-63

vignette|La campagne de Cnaeus Domitius Corbulo en 58-60.