La rue Saint-Honoré, située dans les 1 et 8 arrondissements de Paris, est l’une des plus longues voies de la capitale. Elle permet de joindre les Halles, à l’est, au quartier de la Madeleine, à l’ouest, en passant par les quartiers du Palais-Royal et de la Place-Vendôme.
Situation et accès Longue de , large de sur la plupart de son parcoursMairie de Paris, Nomenclature officielle des voies, cartouche « rue Saint-Honoré », accessible par l'instrument de recherche (Consulter en ligne)., elle ne commence plus de nos jours, côté impair (sud) qu’au , à l’intersection avec la rue des Bourdonnais, et côté nord qu’au à l’intersection avec la rue du Pont-Neuf. Elle se termine rue Royale, sur l'axe Madeleine-ConcordeConsulter en ligne le cadastre du 1er arrondissement. Dans la fenêtre de recherche il faut indiquer un numéro de parcelle (exemple : 33), un nom de rue normalisé (ici : RUE SAINT-HONORE), l'arrondissement normalisé (ici : PARIS 01), le code postal normalisé (ici : 75001), le département normalisé (ici : 75 -PARIS).. Au-delà de la rue Royale, elle est prolongée vers le nord-ouest de la rive droite par la rue du Faubourg-Saint-Honoré, avec laquelle elle est parfois confondue.
Elle permet d'accéder à plusieurs sites culturels de renommée internationale (musée du Louvre, Comédie-Française, jardin du Palais-Royal), à des édifices publics où siègent trois des quatre plus hautes juridictions de la République française (Conseil constitutionnel, Conseil d'État, Cour des comptes), tout en étant bordée d'édifices religieux de moindre notoriété (Oratoire du Louvre, église Saint-Roch, église de l'Assomption).
Elle est desservie par le réseau ferréVoir le plan du métro/RER. : en son début, à l'est, par les stations Châtelet, Les Halles, Châtelet - Les Halles des lignes du métro 1, 4, 7, 11 et 14, des RER A, B et D que l'on rejoint par la sortie "Saint-Honoré", Place Marguerite-de-Navarre. en son centre, par la station Palais Royal - Musée du Louvre des lignes du métro 1 et 7. à son extrémité ouest principalement par la station Concorde des lignes du métro 1, 8 et 12 que l'on rejoint par la rue Saint-Florentin, et aussi par les stations Madeleine et Opéra .
Origine du nom 150px|vignette|gauche|Panneau Histoire de Paris « Rue Saint-Honoré ». La rue doit son nom à la chapelle Saint-Honoré, érigée hors les murs en 1204 par les époux Cherey, boulangers qui font consacrer cette chapelle à saint Honoré d'Amiens, saint patron de leur profession, et la constituent dès l'origine en collégiale. Au cours des siècles, ce petit édifice religieux est progressivement entouré de plusieurs maisons destinées aux chanoines et à de simples particuliers, dont certains y tiennent commerce. L'ensemble ainsi bâti finit par former, avec ses circulations intérieures, le cloître Saint-Honoré, un enclos délimité par les rues Saint-Honoré au sud, des Bons-Enfants à l'ouest, Croix-des-Petits-Champs à l'est, et, au début du , par la rue Montesquieu au nord. En , l'îlot Saint-Honoré, considéré comme insalubre, est entièrement démoli. Son terrain est alors acheté par les Grands Magasins du Louvre pour l'édification d'un vaste bâtiment destiné au stockage de ses réservesCommission du Vieux-Paris, Compte-rendu de la réunion du 5 décembre 1913, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (BHVP), Éphémères, adjudications (Lire en ligne). L'immeuble réquisitionné en par le ministère des Finances est occupé depuis par la plupart des services du ministère de la CultureVoir ministère des Finances, Historique de l'ilot Saint-Honoré, 1919-2005 (Lire en ligne..
Historique Constitution La rue Saint-Honoré est une voie de Paris très ancienne, prolongement vers l'ouest d'un decumanus gallo-romain de Lutèce. À l’origine, la rue était un chemin qui allait à Saint-Ouen, Argenteuil et Neuilly. Elle s'est développée à la fin du ; sous le règne de Philippe Auguste, elle faisait partie de la croisée avec la rue Saint-Denis et la rue Saint-Jacques. Elle prolongeait la rue de la Ferronnerie.
Cette voie est citée par Guillot de Paris dans Le Dit des rues de Paris (vers 1280-1300) sous la forme « rue Saint-Honouré ».
Elle est citée sous le nom de « Grand rue faulxbourg Saint Honnoré », dans un manuscrit de 1636.
Elle porta les noms suivants : de la rue Tirechappe (disparue) à la rue de l'Arbre-Sec : « rue du Chastiau Festu », 1300, ou « rue du Château Fêtu », en raison d'une maison nommée « Chastiau-Festu ».Elle est citée dans Le Dit des rues de Paris, vers 1300, sous la forme « Chastiau Festu » ; de la rue de la Lingerie à la rue de la Tonnellerie : « rue de la Chausseterie », de 1300 au . Cette partie est citée sous le nom de « rue de la Chausseterie » dans un manuscrit de 1636 ; de la rue de l'Arbre Sec à la deuxième porte Saint-Honoré, devenue par la suite rue du Rempart (disparue) : « rue de la Croix-du-Tirouer », « rue de la Croix-du-Tiroir », « rue du Traihoir » ou « rue du Traihouer », « rue du Trayoir » ou « rue du Trahoir », « rue du Triouer » ou « rue du Trioir » entre le et le ; puis « rue de la Chaussée Saint-Honoré » à partir de 1450 ; entre la rue du Rempart et la rue Royale : « chemin de Clichy », 1204 ; « grand chemin Saint-Honoré », 1283 ; « chaussée Saint-Honoré », 1370 ; « grand chemin de la porte Saint-Honoré », 1392 ; « chemin Royal », 1393 ; « nouvelle rue Saint-Louis », 1407 ; « grand'rue Saint-Louis », 1421 ; « rue Neuve Saint-Louis », 1430 ; « grande rue du Faubourg Saint-Honoré », 1609 ; « chaussée Saint-Honoré », 1634 ; « rue Neuve Saint-Honoré », 1638.
En 1674, l'abbaye de Montmartre possède trente-trois maisons dans cette rue Acte notarié des dépendances du fief du Fort-aux-Dames, de l'abbaye de Montmartre..
Pendant les guerres de Religion, en 1590, durant le siège de Paris, la rue est bombardée par l'artillerie du roi de France Henri IVAdolphe Dufour : Histoire du siège de Paris par Henri IV.
En 1702, la voie, qui fait partie du quartier du Louvre, comporte 200 maisons et 30 lanternesJean de la Caille : Description de la ville et des fauxbourgs de Paris en vingt planches..
En 1817Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817., cette rue commençait aux 1-2, rue de la Lingerie et 19-20, rue des Déchargeurs et finissait aux 17-12, rue Royale et aux 27-16, boulevard de la Madeleine.
À cette époque, les numéros de la rue étaient rouges et le dernier numéro impair était le et le dernier numéro pair le .
La rue faisait partie des anciens , 3, 2 et arrondissements de Paris et passait dans plusieurs quartiers : ancien : numéros impairs de 1 à 231 : ancien quartier Saint-Honoré ; numéros pairs de 2 à 34 : ancien quartier des Marchés ; numéros pairs de 76 à 192 : ancien quartier de la Banque de France ; ancien : numéros pairs de 36 à 74 : ancien quartier Saint-Eustache ; ancien : numéros pairs de 194 à 354 : ancien quartier du Palais-Royal ; ancien : numéros impairs de 233 à 289 : ancien quartier des Tuileries ; numéros pairs de 356 à 420 : ancien quartier de la place Vendôme.
En 1854, les premiers numéros de la rue Saint-Honoré sont supprimés sur l’ordre du baron Haussmann pour en faire la rue des Halles, nouvellement percée, pour relier la place du Châtelet aux Halles de Paris construites par Victor Baltard.
La rue Saint-Honoré commence désormais au 33, juste après le 21, rue des Halles (ensemble historique de l’hôtel des Maréchaux de Villeroy et de la Crémerie de Paris).
Les numéros impairs de la rue Saint-Honoré s’arrêtent aujourd’hui au 283. Les numéros supérieurs viennent d'une ancienne numérotation pour laquelle nous n'avons pas la correspondance. Il en est peut-être de même pour certains numéros pairs de la même époqueLa plupart de ces indications sont issues des Pavés de Paris, de Guy de La Batut..
En 1966, la partie comprise entre le Palais-Royal, le Théâtre Français et la place André-Malraux a été dénommée « place Colette ».
Une rue « révolutionnaire »
vignette|Plaque de la rue Saint-Honoré.
Rue de toutes les révolutions, la « barricade » y fut en quelque sorte inventée, à l'angle de la rue de l'Arbre-Sec, lors de la journée du même nom (Journée des barricades), le . Cet épisode vit la victoire de Guise sur et la fuite de ce dernier hors de Paris.
De 1790 à 1795, pendant la Révolution française, la Section des Gardes-Françaises se réunit dans l'église de l'Oratoire du Louvre, au 145 de la rueProcès-verbal de l’Assemblée nationale, , Paris, Baudouin, 1789, ..
C'est dans cette rue, entre la rue de l'Échelle et la rue de Rohan, que se déroulèrent les premiers combats des Trois Glorieuses contre la troupe, le , et que fut dressée la première barricade. Ces combats inspirèrent à Eugène Delacroix son fameux tableau La Liberté guidant le peuple.
Pendant la révolution de 1848, le Club du Rhône se réunissait près de la chapelle de l'Assomption, le Club des Amis fraternels y avait son siège au 19, et Étienne Cabet y tenait ses Réunions icariennes. Une foule d'autres clubs y organisaient leurs assemblées. Bakounine y fit un discours, fin 1847, pour la commémoration de la révolution polonaise de 1830.
L'abbé Morellet demeura dans cette rue. Adepte du libéralisme économique, encyclopédiste protégé de Marie-Thérèse Rodet Geoffrin, dite Geoffrin, cela ne l'empêcha pas d'être embastillé le pour sa Préface de la comédie des philosophes ou la Vision de Charles Palissot.
Jean-Baptiste Drouet y logea. Ce maître de poste de Sainte-Ménehould, qui avait fait arrêter à Varennes, était devenu député à la Convention. Il participa à la Conjuration des Égaux qui se réunit chez lui pour préparer la tentative d'insurrection contre le Directoire en .
On rencontre aussi dans les parages de nombreux personnages de romans, comme Le Bossu de Paul Féval, qui, revenu à Paris pour confondre Gonzague, s'y cache avec Aurore de NeversPaul Féval situe la maison où loge Aurore, , à l'angle de la rue Saint-Honoré et de la rue du Chantre (Paul Féval, , Le Bossu, troisième partie, chapitre 1)..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire De la rue des Halles à la rue de l'Oratoire : le savant Claude Bernard emménagea dans cette maison en 1863. : le couple Marguerite Durand-Georges Laguerre y demeura avant leur séparation en 1891Jean-Baptiste Duroselle, Clemenceau, Fayard 1988 : à partir de 1849, emplacement du magasin central de l'Association laborieuse et fraternelle des ouvriers cordonniers, coopérative d'inspiration fouriériste. : demeure d'Antoine de Lavoisier, éminent chimiste mais aussi Fermier général, qui fut à ce titre, comme tous ses collègues, guillotiné en 1794. : siège du Club des Prévoyants pendant la Révolution de 1848. : à la fin du s'y trouvait une école laïque de jeunes fillesJulien Chuzeville, « BARBEROUSSE Louise », maitron.fr, mise en ligne le 19 juin 2021, dernière modification le 19 juin 2024.. : demeure de Napoléon Bazin, membre de plusieurs sociétés secrètes républicaines, impliqué dans l'attentat de Quénisset contre le duc d'Aumale, fils de , à son retour d'Algérie en 1841. : demeure de François Chabot, ex-capucin, député à la Convention, membre du Comité de sûreté générale, impliqué pour trafic d'influences dans le scandale de la Compagnie des Indes, jugé avec Danton et guillotiné le . : demeure où séjourna en , dernière reine en exil de Madagascar« , symbole de la nationalité malgache », gasikar-histo.e-monsite.com.. : entrée du village Saint-Honoré, petite parcelle commerçante où sont implantées plusieurs galeries d'art et d'antiquaires. En 1976, Mila Parély tient le magasin que Jean Marais a ouvert à Paris au 91, rue Saint-Honoré, à l'enseigne Jean Marais, potier, où il vend ses poteriesGeorges Hillere, « Parce qu'il ne joue plus assez, Jean Marais ouvre, à Paris, un magasin de poteries », Télé 7 Jours, , 5 au , et 53..