Le Parc des Princes est un stade situé dans le quartier d'Auteuil du de Paris, en partie au-dessus du périphérique. Inauguré le sous le nom de « stade vélodrome du Parc des Princes », à proximité de l'ancien lieu-dit éponyme de Boulogne-Billancourt, c'est aujourd’hui le cinquième plus grand stade en France et le plus ancien toujours en activité.
L'enceinte actuelle, signée par l'architecte Roger Taillibert, date de 1972 et possède en 2026 une capacité de ..
Depuis 1974, le stade est l’hôte du club de football du Paris Saint-Germain (PSG), qui y dispute ses rencontres nationales et européennes. Avant l'ouverture du Stade de France en 1998, il était le plus grand stade de l’Hexagone et, à ce titre, accueillait les matchs à domicile de l'équipe de France de football et de rugby à XV, ainsi que la finale de la Coupe de France de football.
Le Parc des Princes a également reçu plusieurs matchs de grandes compétitions dont la finale du championnat d’Europe (en 1960 et 1984) et des finales de coupes d’Europe entre 1956 et 1998. Il a été le théâtre de la finale du tournoi de football des Jeux olympiques de Paris 2024 et continue d’accueillir des grands concerts internationaux.
Propriété de la ville de Paris, il est exploité par la Société d’Exploitation Sports et Événements, depuis 2013 sous le contrôle du club résident, le Paris Saint-Germain, qui, en cas de refus de la mairie de lui laisser acheter et agrandir le stade, envisage de le remplacer par une nouvelle enceinte à Massy ou à Poissy.
Clubs résidents Son club résident actuel est le Paris Saint-Germain depuis 1974. Le Paris FC de 1972 à 1974 puis en 1978-1979 ainsi que le Racing CF de 1984 à 1990, y ont également séjourné. Ceci concerne l'enceinte de 1972, car avant cette date, outre la traditionnelle arrivée du Tour de France sur le vélodrome du stade entre 1903 et 1967, les sections football du Racing CF (1932-1966) et du Stade français (1945-1968) furent aussi résidentes du Parc tout comme l'équipe de France de football qui y disputa également de nombreuses rencontres, en alternance avec le stade olympique de Colombes, et l'équipe de France de rugby à XIII pour ses test matchs contre les britanniques, australiens et néo-zélandais.
À partir de 1972, les équipes de France de football et de rugby à XV abandonnèrent définitivement le stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes et utilisèrent un Parc rénové de 49 691 places assises et couvertes jusqu'à l'inauguration du Stade de France en . De même, de 1974 à 1997, le Parc accueillit tous les ans la finale de la Coupe de France de football tout comme la finale du championnat de France de rugby à XV, qui jusque-là se déroulait en alternance en province dans les villes de Toulouse, Bordeaux et Lyon.
Histoire Le Parc des Princes, depuis son ouverture en 1897, a accueilli de nombreux événements sportifs majeurs, dont deux finales de l'Euro de football (en 1960 et 1984), trois finales de la Coupe des clubs champions européens (en 1956, 1975 et 1981), deux finales de la Coupe des coupes (en 1978 et 1995) et une finale de Coupe UEFA en 1998. Le stade accueille aussi des matchs des éditions 1938 et 1998 de la Coupe du monde de football, de l'Euro 2016, des éditions 1991 et 2007 de la Coupe du monde de rugby à XV, du Tour de France, dont celle de la première édition en 1903, du Tournoi des Cinq Nations, de l'équipe de France de football, de Coupe de France de football, du Championnat de France de rugby, la finale de la première édition de la Coupe du monde de rugby à XIII, le premier reportage sportif télévisé en direct en France, et même des championnats du monde de boxe ou des spectacles musicaux.
Le site avant 1897
vignette|gauche|Carte du Parc des Princes et de ses environs en 1856.
Le site fut dès le un lieu de détente, de chasse et de promenade prisé par le roi et les princes royaux., plus vaste que les quelques hectares de l'emprise actuelle du stade. Ce caractère fut renforcé durant la première moitié du avec l'adoption par la bourgeoisie parisienne de ces plaisirs jadis réservés à la noblesse.
Purement naturel jusqu'en 1855, le site connut ses premiers aménagements urbanistiques avec le percement d'une route vers un nouveau quartier aménagé par le duc de Morny en 1860 dans le cadre d'une vaste opération immobilière de luxe supervisée par le baron Haussmann.
Il semble que le nom de Parc des Princes fasse son apparition à cette période en reprenant les termes de Route des Princes et de Porte des Princes, en usage dès le ..
Après l'annexion des communes limitrophes en 1860, voulue par Napoléon III, dont Auteuil et une partie de l'ancien quartier de Billancourt sur l'ancienne commune de Boulogne-sur-Seine, le parc se retrouve à cheval sur les territoires de la ville de Paris et de la nouvelle commune de Boulogne-Billancourt.
En 1881, une station d'étude scientifique appelée « Station Physiologique du Parc des Princes » s'installe sur le site, à proximité de l'actuel stade Roland-Garros. Étienne-Jules Marey y mène des recherches sur la chronophotographie. Cet institut fut détruit en 1979 pour permettre l'extension de Roland-Garros..
Le premier Parc, 1897-1932 thumb|Vue générale du premier Parc des Princes ici sous une légère couche de neige lors de l'hiver 1908.
Le stade vélodrome du Parc des Princes est inauguré le dimanche 18 juillet 1897. À l'occasion de cette première, l'accès à la tribune est toutefois interdit par décision préfectoraleLe Petit Parisien, du 19 juillet 1897, , sur gallica.bnf.fr.. Faite à la hâte, la tribune inquiète les autorités qui ne donneront leur accord qu'après travaux de renforcementBerthou Thierry, Histoire du Paris Saint-Germain Football-Club (1904-1998), Pages de Foot, 1998, . La Presse, du 19 juillet 1897, sur gallica.bnf.fr. se massent toutefois au pesage pour cette réunion inaugurale. L'accès à la tribune est autorisé pour la deuxième réunion du 25 juillet 1897 (plus de ), saluée par l'ensemble de presse parisienne comme la meilleure réunion de cyclisme jamais organisée en FranceLa Presse, du 27 juillet 1897, sur gallica.bnf.fr.. Lors de cette deuxième réunion, le journaliste de La Presse note que le terrain gazonné au centre de la piste nécessite encore du temps afin que la pelouse soit utilisable pour la pratique des sports athlétiquesLa Presse, du 26 juillet 1897, sur gallica.bnf.fr.. Les débuts de cette nouvelle enceinte n'ont pas les faveurs de Frantz Reichel, qui écrit un article très critique le 24 juillet 1897 dans la revue Le Sport Universel Illustré, pointant notamment l'« énervante silhouette de la Tour Eiffel » à l'horizon..
thumb|left|Les premières tribunes et gradins du Parc des Princes de l'actuelle rue du Commandant-Guilbaud.
L'enceinte d'origine peut accueillir 15 000 spectateurs et compte places assisesProgramme de match PSG-Toulouse du 2 mai 1984, dossier sur l'histoire du Parc des Princes, et se trouve ceinturée par une piste cycliste de de périmètreSudres Claude, Dictionnaire international du cyclisme, Éditions du siècle, 2001, . Henri Desgrange, alors chroniqueur à Vélo puis directeur de L'Auto-Vélo à partir du , et déjà directeur du vélodrome de l'Est, en est aussi directeurRonald Hubscher, L'histoire en mouvements, le sport dans la société française (), Paris, Armand Colin, 1992, .. En 1903, Desgrange met en place le Tour de France qui achèvera son parcours sur la piste du Parc jusqu'en 1967. Le cyclisme sur piste est d'ailleurs le sport vedette au Parc et la piste de la Porte de Saint-Cloud accueille les championnats du monde de cyclisme sur piste en 1900. La piste du Parc est également utilisée pour des courses de motos. Ce type d'épreuves figure déjà au programme de l'inauguration du .
Le rugby, souvent appelé « football », « football-rugby » ou « rugby football » à l'époque, fait ses débuts sur la pelouse du Parc le 14 novembre 1897 avec une affiche internationale franco-anglaise : Union athlétique du contre Swindon Rugby Football ClubLa Presse, du 14 novembre 1897, et La Presse, du 15 novembre 1897, , sur gallica.bnf.fr..
En football, alors plutôt nommé « association » ou « football-association », le premier match se tient au Parc le 26 décembre 1897 devant . Les Anglais de Ramblers n'ayant pas effectué le déplacement à Paris, ils sont remplacés au pied levé par l'équipe du Standard AC qui s'affuble du nom d'« English Ramblers »Le Sport Universel Illustré, N° du janvier 1898, sur gallica.bnf. Article très complet sur deux pages avec photos de ce tout premier match de football de l'histoire au Parc des Princes. pour affronter le Club Français. Le Standard s'impose 3 à 1 face après un score de parité un partout à la pauseLa Presse, du 27 décembre 1897, , sur gallica.bnf.fr. Les finales du championnat USFSA 1903, 1905, 1907 et 1910 ont également lieu au Parc, tout comme la finale de la Coupe Sheriff Dewar en 1905.
thumb|Le Parc des Princes vu du ciel en 1919.
Le concept de club résident existe au Parc depuis le début du . Le Racing Club de France obtient l'exclusivité de l'utilisation du stade pour les sports dits athlétiques : athlétisme, rugby ou football, notamment. En 1902, l'Olympique, fraîchement refondé, obtient un temps le statut de club résident pour les sports athlétiquesLa Presse du 8 février 1902, , gallica.bnf.fr., au mois de septembre, le Racing absorbe l'Olympique et récupère le ParcLa Presse du 30 septembre 1902, , gallica.bnf.fr..
Le XV de France dispute sa première rencontre officielle face aux All Blacks le devant plus de .. Le premier match officiel de l'équipe de France de football joué sur le sol français se tient également au Parc le , les Français s'imposant 1-0 face à la Suisse.
Devant le succès des manifestations proposées, la capacité du Parc est portée à assises juste avant la Première Guerre mondiale. Après le conflit, la tenue des Jeux olympiques à Paris en 1924 permet au Parc d'être encore agrandi à .. Le Parc des Princes, le stade de Colombes et celui de Pershing furent candidats au statut de stade olympique principal. Après des débats animés, le gouvernement français désigne le Parc des Princes comme stade principal des Jeux en 1922, mais la Ville de Paris refuse de financer les travaux. On évoque même un temps un repli des Jeux à Lyon... Au nom d'une politique du Grand Paris, et grâce à un financement du Racing Club de France, le stade de Colombes est finalement désignécoll., Les yeux du stade. Colombes, temple du sport, Éditions de l'Albaron, 1993, chapitre « Colombes et le Grand Paris », .. Ce dernier en profite pour être porté à places, rendant le Parc des Princes obsolète. Ce dernier n'accueilla donc finalement aucune épreuve olympique malgré une augmentation de sa capacité. Pendant un demi-siècle, Colombes constituera un solide concurrent au Parc des Princes.
Dans la foulée des Jeux de 1924, la Ville de Paris, propriétaire de l'enceinte, signe alors un contrat de concession de quarante ans avec le quotidien sportif L'Auto. Le loyer se monte à 4 % des recettesBerthou Thierry, Histoire du Paris Saint-Germain Football-Club (1904-1998), Pages de Foot, 1998, ..
Le deuxième Parc, 1932-1970 vignette|Démolition du premier Parc en 1931-1932. Après neuf mois de travaux, le Parc rénové est inauguré le 23 avril 1932L'Auto 452 du 23 avril 1932, dossier sur le Parc page 1 et 2.. Il offre à son ouverture, puis , sécurité et confort obligent ( assises). Les tribunes ont déjà leurs noms actuels : Présidentielle (ou Tribune de L'Auto), Paris (ou Tribune du Tour de France), Auteuil et Boulogne. Mieux situé géographiquement que Colombes, ce Parc des Princes fait l'unanimité.
vignette|gauche|Le deuxième Parc des Princes quelques mois après son inauguration en juillet 1932, lors de l'arrivée du Tour de France.