La cathédrale Saint-Étienne de Toulouse est une cathédrale catholique romaine du centre historique de Toulouse, dans le département de la Haute-Garonne en France. Elle a donné son nom au quartier qui l'entoure.
On ne connaît pas les origines de la cathédrale. Ses premières traces datent de 1071, quand l'évêque Isarn de Lavaur décida de reconstruire l'édifice alors en ruine. Son architecture est particulière car elle est composée d'éléments architecturaux de diverses époques. La cathédrale jouxte l'ancien palais épiscopal, aujourd'hui occupé par la préfecture.
Histoire thumb|left|upright|La place de la cathédrale entre 1859 et 1866. La cathédrale a été bâtie sur les fondations d'une chapelle construite par saint Saturnin au , et reconstruite par saint Exupère 150 ans plus tard. Il est difficile de juger aujourd'hui en l'absence de fouilles. L'histoire de cette église est tellement émaillée de modifications, de rénovations et de reconstructions qu'on pourrait la surnommer la « cathédrale inachevée ».
Jusqu'au , les plans de l'église romane furent sans cesse modifiés. Ainsi, une révision de la hauteur prévue de l'édifice est visible par la coupe des fenêtres sur le mur sud, tandis que le mur nord, construit plus tard, ne présente pas cette anomalie. On reconnaîtra sur le mur occidental une rosace, directement inspirée de celle Notre-Dame de Paris.
La principale originalité de l'édifice est de présenter deux parties très distinctes : une partie en style gothique méridional à l'arrière du vaisseau, la nef raimondine, et une partie en style gothique d'Île-de-France, ou gothique rayonnant, le chœur. Ces deux églises ont été reliées au par le futur cardinal Jean d'Orléans. Le chœur est deux fois plus large que la nef, si bien que l'allée centrale est en ligne brisée. Le mur roman sud a été prolongé par l'église gothique. Ce projet gigantesque a débuté en 1272, sous l'égide de l'évêque . À l'instar de sa petite jumelle, l'église gothique a subi de nombreux ajouts, et a donné lieu à de nombreux projets, souvent abandonnés en cours de route.
En 1609, l'architecte Pierre Levesville se résout à mettre une voûte au chœur dont le toit venait de brûler. Le projet initial prévoyait une hauteur de plafond de , la voûte n'est aujourd'hui que de , et n'en est pas moins impressionnante. On dote aussi la cathédrale d'un nouveau mobilier mariant le baroque au gothique pour remplacer l'ancien mobilier brûlé.
En 1794, le bourdon majestueux de 12 ou , la « Cardailhac », est jeté du haut du clocher, s'enfonce profondément dans la terre et se brise, malgré plusieurs couches de paille disposées sur le parvis. Ce n'est qu'au début des années 2000 que la maçonnerie de cette fenêtre est refaite, tout comme le pignon devant la rosace romane. Malheureusement, la pollution urbaine et les pneus brûlés devant la Préfecture ont eu tôt fait de noircir à nouveau la pierre restaurée, en quelques années à peine. Ce n'est qu'en 1938 que l'État achève la dernière transformation remarquable, par la réalisation de la façade du transept nord inachevé, rendue nécessaire par la destruction du moulon de la rue des Cloches, et le dégagement du parvis gothique et du square Saliège.
Le clocher roman fortifié abrite un carillon de 17 cloches au clavier et 5 en volée.
Comme toutes les cathédrales, Saint-Étienne est le siège de l'évêque du lieu (à Toulouse, c'est un archevêque). Elle est aussi une paroisseSite officiel, Paroisse St Étienne, Toulouse vivante, qui rassemble entre 300 et 800 paroissiens chaque dimanche, et environ du diocèse pour les grandes célébrations (ordinations, accueil de l'évêque…).
L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1862..
L’extérieur thumb|Façade Nord. Le clocher vignette|gauche|Bourdon Étienne-Florian, coulé en 1876. thumb|Le clocher. Le clocher du renferme 17 cloches sacrées, auxquelles il faut ajouter 3 cloches civiles d'horloge en montre au sommet, une cloche du chapitre dans le campanile sur la nef gothique et une petite cloche de sacristieÉcole occitane de carillon Inventaire des cloches de Toulouse.
Le carillon, fondu à la Révolution, a été reconstitué par étapes. En 1922, après l'apport de 6 cloches coulées par A. Vinel (à Toulouse), on jouait 13 cloches au clavier et 6 au banc du sonneur. Ces deux modes manuels ont été abandonnés dans les années 1960 lors de la deuxième grande électrification. Les cloches de volée ont été portées au nombre de 5 en 1992, par l'apport de 2 cloches Paccard (à Annecy). Aujourd'hui, on peut encore jouer le carillon par le biais d'un petit clavier électrique, depuis la sacristie située à l'autre extrémité de la cathédrale.
C'est l'édifice de Toulouse qui contient le plus de cloches anciennes (antérieures à la Révolution), puisqu'il fut notamment le réceptacle des grosses cloches des couvents toulousains : Flos Carmeli, la Cordelière, l'Augustine. Ces deux dernières n'existent pourtant plus, au profit du bourdon Étienne-Florian, coulé en 1876 par Amans Lévêque (maison Louison à Toulouse) sur les deniers du futur cardinal Desprez, pour un poids de , un diamètre de et sonnant la.
Architecture intérieure La cathédrale est la seule église de Toulouse à avoir conservé ses vitraux originaux datant du pour les plus vieux.
Des vestiges de la cathédrale romane précédente Si l'existence d'une communauté chrétienne est attestée à Toulouse depuis l'Antiquité (son premier évêque - Saint Saturnin - est martyrisé en 250), la cathédrale Saint-Étienne n'apparaît dans les textes qu'en 844.
L'évêque Isarn (1071-1105) lance la construction d'un édifice roman dédié à Saint Etienne, à trois vaisseaux, dominé par un massif occidental à deux tours. De cet édifice, l'actuelle nef conserve l'emprise des murs latéraux, caractérisés par leurs oculus à appareil alterné de brique et de pierre, et les vestiges de la tour nord, noyés à la base du grand clocher, ainsi que des restes de la galerie nord du cloître des chanoines. Les vestiges du côté nord sont visibles depuis le square du Cardinal Saliège. Au nord-est du chœur actuel, à l'emplacement de la rue Sainte-Anne et des bâtiments qui l'entourent se trouvaient le cloître et les bâtiments conventuels des chanoines, qui vivaient régulièrement selon le souhait de l'évêque Isarn. L'église Saint-Jacques fermait l'ensemble au sud.
La nef raimondine de style gothique méridional À partir des années 1210, l'évêque Foulques (épiscopat de 1206 à 1231) décide de réédifier la nef de la cathédrale. Il surélève les murs latéraux de l'église romane pour lancer de puissantes voûtes sur croisées d'ogives, qui couvrent de leur portée unique les trois vaisseaux précédents. Foulques étend la cathédrale d'une travée supplémentaire vers l'ouest, que ferme une façade ajourée d'une rosace d'influence cistercienne, ordre auquel l'évêque appartenait.
La nef de la cathédrale Saint-Étienne, qualifiée de « raymondine » car elle a longtemps été attribuée au comte de Toulouse Raymond VI, présente pour la première fois les caractéristiques de l'art gothique tel qu'il est développé dans le Midi (gothique méridional) : c'est un grand volume d'une seule portée, soutenu par de puissants contreforts, qui favorise la diffusion de la prédication. La sobriété de cette architecture, marquée par d'importantes surfaces murales, est compensée par l'ampleur des gigantesques voûtes, probablement les plus amples d'Europe occidentale à leur achèvement. Elles reposent sur des pilastres qui réemploient de splendides chapiteaux romans, récupérés de la cathédrale précédente.
La construction du grand chœur de style gothique rayonnant, sous l'épiscopat de Bertrand de l'Isle-Jourdain (1275), destinait la vieille nef à être remplacée par un édifice deux fois plus large et beaucoup plus lumineux, à l'image des monuments du Nord de la France. Si l'inachèvement de ce projet a produit la plus déconcertante des cathédrales françaises, il a permis de conserver trois des cinq travées d'origine de la nef mère du gothique en terres méridionales. On y accède par le portail occidental de la cathédrale. Plusieurs tableaux ornent la contre-façade, un "Christ en croix apparaissant à Saint-Bernard" huile sur toile du classé au titre des monuments historiques., Au-dessus de la porte la Cène, Le passage de la mer Rouge, huile sur toile du classé aux monuments historiques..
Sur son côté droit s'ouvre la chapelle de l'Agonie. Sur ce même côté on trouve la "Vierge de Pitié" par Gervais Drouet en terre cuite peinte (h= 203 ; l= 155 ; pr= 104) elle est classée au titre des monuments historiques. Gravée sur la base la date de 1654. L'œuvre a été restaurée en 1992 par l'entreprise Reynard Dubis puis en 2012 par Elise Rachez et Stéphane Moreau. Cette Vierge de Pitié est une commande du marchand Sébastien Taffin, initialement destiné à la basilique St Sernin. Elle sera exposée en premier lieu dans le chœur, puis déplacée dans la chapelle du "Sacré-Cœur". Sous la révolution elle est vendue sur le parvis en 1789. Elle est acquise par le sculpteur Jean-Baptiste Julia qui la restitua à la cathédrale neuf ans après..
En remontant vers l'autel de la nef raimondine, on trouve la chaire. Elle est surmontée d'un groupe en terre cuite représentant saint Étienne enlevé au ciel par les anges, dû au sculpteur Antoine-Joseph SalamonMaurice Prin, « Le tombeau du sculpteur Antoine-Joseph Salamon », L'Auta, , janvier 2001, ..
Du côté gauche, dans la contre-façade s'ouvre la chapelle de saint-Antoine de Padoue. Dans l'angle l'accès au clocher.
La chapelle des fonts baptismaux Sur le côté gauche proprement dit, elle contient les fonts composés d'une cuve circulaire reposant sur une base polygonale. Plusieurs inscriptions sont gravées sur la cuve ainsi que la date de 1305. Les fonts sont inscrits au titre des monuments historiquesPM31001489. Deux tableaux du : À droite, La mort de saint Étienne par Nicolas Sébastien Frosté en 1822., et à gauche La lapidation de saint Étienne par Charles Thévenin en 1829.
Le chœur de style gothique d'Île-de-France L'historiographie a traditionnellement attribué un grand rôle à l'évêque Bertrand de L'Isle, prévôt du chapitre puis évêque, dans la mise en chantier du chœur. Le milieu du est une époque de grands chantiers pour les cathédrales méridionales, marquées par la fin du conflit albigeois et une reprise en main des temporels diocésains, permettant le financement de reconstructions dans le goût de l'Île-de-France. La cathédrale de Narbonne joue un rôle précurseur dans l'introduction du gothique rayonnant dans le Midi, suivie de peu par Toulouse. La date du début du chantier est incertaine, traditionnellement située autour de 1272-1277, mais elle pourrait être un peu plus haute.
Les dernières travées occidentales sont élevées à la fin du et au début du . Les dernières piles, plus épaisses que les autres, laissent supposer la préparation d'un transept qui ne fut jamais construit. En 1609, un incendie est l'occasion de finalement voûter l'édifice.
Au , des cloisons entre les chapelles viennent bloquer la circulation entre elles, qui était l'une des originalités du plan du chœur.
Éléments remarquables :
En entrant par la nef raimondine : Pierre-Paul Riquet, promoteur du canal du Midi, repose dans une crypte, accessible sous une dalle, devant le "pilier d'Orléans", qui porte sa stèle (classée au titre des monuments historiques.).
Le retable du maître-autel a été réalisé par Gervais Drouet en 1662-1670.. Les grilles du chœur sont dues à Bernard Ortet, elles datent de 1766 et sont classées .. Le mur du transept montre les orgues. Au-dessous, un tableau de Hilaire Pader le Triomphe de Joseph peint en 1657. Le peintre a donné ses traits à Joseph.. Le tableau est classé au titre des monuments historiques.. Toujours sur le même mur vers la porte latérale un tableau classé de Jean-Pierre Rivalz La Visitation..