thumb|right|350px|Carte des circonscriptions remportées par parti : ■ - PLD ■ - PDJ ■ - Kōmeitō ■ - NPP ■ - PSD ■ - Indépendants Les , la chambre basse et la plus importante des deux chambres formant la Diète, s'est tenue le , deux ans avant la fin normalement prévue de la législature qui a débuté à la suite des élections de 2003.

Le , l'empereur Akihito dissout la Chambre des représentants, sur proposition du premier ministre d'alors, Jun'ichirō Koizumi. Ce dernier a ainsi décidé de convoquer des élections anticipées à la suite du rejet de son projet de loi de privatisation de la poste japonaise par la chambre haute de la Diète, la Chambre des conseillers (qui ne peut être dissoute). Projet phare du gouvernement et de Koizumi, cette privatisation fut contestée dans son propre parti, le Parti libéral démocrate (PLD), entraînant de vives contestations de poids lourds de la formation et la création de partis dissidents.

Ces élections furent considérées, vu la victoire imposante du PLD, qui retrouve à lui seul la majorité absolue pour la première fois depuis 1990 (et à du seuil des 2/3 de la Chambre qui lui permettrait de passer en force tous les projets de loi rejetés par la Chambre des conseillers, seuil atteint largement grâce à l'apport des 34 élus de l'allié traditionnel du PLD au sein de la majorité, le Kōmeitō), comme un succès personnel pour Koizumi. Non seulement les électeurs lui donnent la majorité et le soutien qu'il cherchait pour mener à terme sa réforme de la poste, mais en plus ce scrutin démontre qu'il est l'un des premiers chefs du gouvernement japonais à s'être libéré du jeu des factions internes du PLD qui jusqu'ici faisaient et défaisaient les gouvernements. En effet, la défection de ses opposants au sein du parti, pour la plupart des parlementaires de longue date, fut l'occasion pour lui de renouveler et de moderniser les cadres dirigeants de la formation en s'appuyant sur deux piliers : des nouvelles têtes et l'augmentation des femmes à la chambre.

Campagne et partis en présence Majorité : PLD et Kōmeitō

Jun'ichirō Koizumi, en tant que président du parti et « père » de la réforme de la poste, s'investit personnellement dans la campagne. Il est principalement secondé par les membres de la direction du PLD : Tsutomu Takebe (secrétaire général), Fumio Kyūma (président du Conseil général), Kaoru Yosano (président du Conseil de recherche politique), Hidenao Nakagawa (président du Comité des Affaires à la Diète) et Toshihiro Nikai (directeur général de la division des élections).

Le slogan du parti au cours de la campagne est alors : « Don't stop the reforms' - Koizumi », Japan visitor blog, 29/08/2005.

Les dissidences des opposants à la privatisation de la poste donne l'occasion à Koizumi de faire arriver sur la scène politique un certain nombre de nouveaux venus, pour la plupart assez jeunes, n'ayant pratiquement jamais occupé de fonctions électives, avec une grosse part de femmes et tous entièrement soumis au Premier ministre. Parachutés dans des circonscriptions clés afin soit de défaire les représentants ex-PLD qui ont mené la fronde contre Koizumi, ou encore quelques figures du PDJ ou enfin pour améliorer la présence du parti majoritaire dans les régions urbaines (jusqu'à présent le PLD faisait l'essentiel de sa réussite dans les zones rurales). Ils sont appelés par les médias les A guy in pyjamas, « Koizumi's Assassins », blog.

Parmi ces « assassins », le rôle des femmes, également appelées les , est particulièrement important, Koizumi faisant de la féminisation du PLD et de la Diète l'un des piliers de la modernisation de la vie politique japonaise M. Kaneko, « Koizumi counting on his 'female ninja' », Kyodo News International in Tribe magazine, 29/08/2005.

Même s'il s'agit souvent de leur entrée réelle en politique, beaucoup d'entre eux sont déjà connus du grand public en provenant notamment de la télévision, du cinéma ou pour leur réussite personnelle particulièrement importante. Ainsi, l'ancienne présentatrice vedette du World Business Satellite (programme d'information nationale) dans les années 1980 sur TV Tokyo Yuriko Koike est une des principales représentantes des Kunoichi (bien qu'elle ne soit pas alors une nouvelle en politique, puisqu'elle est déjà député depuis 1993 ainsi que ministre de l'Environnement de Koizumi, elle est parachutée lors de ce scrutin, et alors qu'elle avait été précédemment élue dans sa préfecture natale de Hyōgo, dans le de Tokyo circonscription qu'elle remporte contre le sortant qui est un des chefs de file du camp opposé à la privatisation, Kōki Kobayashi) S. Buckley, « Koizumi's 'assassins' get set for poll », BBC News, 07/09/2005.

Ces « Assassins » font partie des artisans de la victoire du PLD. Ils ont contribué à un rajeunissement et à une féminisation certaine du parlement japonais. Ainsi, sur les 296 élus obtenus alors par le PLD, 83 entrent pour la première fois à la Chambre des représentants (ce ne sont pas tous des « Assassins », certains d'entre eux étant des héritiers politiques de représentants ayant pris leur retraite avant les élections), dont 36 furent élus dans des circonscriptions locales (dont beaucoup de circonscriptions urbaines), 33 furent défaits au vote uninominal mais élus sur une liste du parti à la proportionnelle, et 14 qui ont obtenu leur siège en étant uniquement présent sur une liste « 'Koizumi kids' brace for battle / Ex-premier's pet lawmakers face scrap for survival in next election », Yomiuri Shimbun, 05/10/2008 (à la suite des élections de 2003, ils n'y avaient eu, en comparaison, que 27 nouveaux élus sous les couleurs du PLD). Ces nouveaux députés ont alors été baptisés les , ou encore l'.

On compte, parmi ces « 83 », . À cela il faut ajouter les 8 représentantes sortantes réélues et 2 anciennes députées battues lors de précédents scrutins et qui retrouvent alors un siège à la chambre. Le nombre de femmes au sein du groupe PLD passe ainsi de 9 à 26. Sur les de la Chambre des représentants, la représentation féminine passe de 34 à 43 députées, soit un record depuis les élections de 1946 (qui avaient vu entrer alors à la chambre ), tout en ne réduisant pas de manière consistante le retard du Japon dans ce domaine J.S. Curtin, « Female 'ninjas' steal Koizumi's limelight », Asia Times, 23/09/2005.

Le phénomène est particulièrement marqué dans le cas du Parti libéral démocrate (PLD) mais se retrouve aussi, à un degré moindre, au Parti démocrate (PDJ).

La moitié des élus du PLD lors de ce scrutin appartiennent à des dynasties politiques.

La campagne du Kōmeitō est totalement associée à celle du PLD et aux accords électoraux signés entre les deux partis, avec pour slogan . Grâce à cela, il conserve 8 des 9 circonscriptions qu'il détenait (il n'en perd qu'une, le de la préfecture d'Okinawa, au profit d'un indépendant soutenu par le PDJ) et 23 sur les à la proportionnelle qu'il possédait (il en perd 1 dans la région du nord Kantō au profit du parti social-démocrate, et 1 autre dans celle de Kinki au profit du Nouveau Parti nippon). Il réalise toujours l'essentiel de ses résultats électoraux à Osaka avec 4 circonscriptions territoriales correspondant au territoire de la ville.

L'opposition non communiste : le PDJ et le PSD PDJ

C'est Katsuya Okada, président du parti et chef de l'opposition, qui mène la campagne du Parti démocrate du Japon. Il est principalement secondé par les membres de la direction du PDJ : Hirohisa Fujii (président délégué), Hajime Ishii, Tomiko Okazaki, Ichirō Ozawa, Hiroshi Nakai et Takashi Yonezawa (vice-présidents), Tatsuo Kawabata (secrétaire général), Yoshito Sengoku (président du Conseil de recherche politique), Yoshio Hachiro (président du Comité des Affaires à la Diète) et Tsutomu Hata (premier conseiller).

Le slogan du parti au cours de la campagne est alors : « Koizumi again vows to privatize Japan Post, jokes about DPJ's defeat », Kyodo News international, 03/10/2005. Il propose également de réaliser l'essentiel de ses objectifs en seulement S. R. Reed, « DPJ not dead yet », SSJ Forum, 17/08/2005.

Il propose un programme en Programme du PDJ aux élections de 2005 : Finances et Réforme de l'État : Profondes coupes budgétaires, prévoyant de réduire les dépenses de l'État de de yens en , avec notamment la réduction du nombre de Représentants à la Diète du Japon de 80, la suppression du système de retraites séparés des parlementaires, la diminution des coûts de personnel des fonctionnaires du gouvernement central de 20 % et la réduction du poids des entreprises publiques en passant par des privatisations (le PDJ soutient alors la privatisation de la poste). Le PDJ promet également de ne pas augmenter les impôts tant que le « gaspillage » n'aura pas été résorbé. Santé, travail et sécurité : Amélioration des conditions de vie passant tout d'abord par une réforme de la sécurité sociale japonaise et du système de santé, en supprimant l'Agence d'assurance sociale pour la remplacer par un système de retraite unifié, avec un minimum garanti de par mois financé par une taxe sur la consommation, à quoi s'ajoutent toute une série de mesures d'aides aux personnes âgées (réforme des soins médicaux aux plus âgés, création d'un système d'assurance aux soins à domicile...) et des malades (création d'un centre d'information sur le cancer, garanti des revenus des personnes handicapées...). Le programme prévoit également de réformer le droit du travail pour que travailleurs à temps plein et à temps partiels soient traités de la même manière, et pour lutter contre la discrimination à l'embauche. Le PDJ prévoit également de renforcer la sécurité, en augmentant le nombre d'officiers de police de et en mettant l'accent sur l'assistance aux victimes. Éducation, enfance et formation : le PDJ prévoit de créer une pension mensuelle à l'enfance de , tout en promettant de réduire de 10 % les dépenses de santé durant le temps de la scolarité obligatoire ou d'augmenter les allocations familiales à l'enfance de . La réforme de l'éducation proposée passe par un transfert de l'administration scolaire aux municipalités et aux établissements eux-mêmes auxquels il serait donné plus d'autonomie, par l'augmentation du nombre des enseignants, par la promotion des cours de soutiens hors des heures obligatoires et en augmentant l'âge de sortie de la scolarité obligatoire. Il prévoit également d'unifier les jardins d'enfants et les écoles maternelles, et d'augmenter leur nombre pour permettre aux jeunes parents de pouvoir continuer à remplir une activité professionnelle. Le PDJ appelle à la création d'un ministère de l'Enfance et de la Famille. La formation quant-à-elle doit permettre de lutter contre le chômage. Décentralisation : basée sur le principe de subsidiarité, elle passe par la transformation de 18 des de yens de subventions allouées jusqu'ici par l'État aux collectivités en revenus directs pour ces dernières dont d'impôts et de taxes et de sommes forfaitaires (gérées comme elles l'entendent par les administrations locales, contrairement aux précédentes subventions). Le plan de décentralisation du PDJ prévoit également le transfert de nouvelles compétences, et des revenus fiscaux correspondants, aux principales municipalités de plus de .