Le palais Lascaris est une ancienne demeure aristocratique de Nice construite par la famille Lascaris de Vintimille dans la première moitié du , et aujourd'hui un musée des instruments de musique anciens. Situé au cœur du Vieux-Nice, il abrite une collection d'environ 500 instruments, ce qui en fait, d'après la mairie de Nice, la deuxième plus importante collection en France.

Faute de sources documentaires, les architectes du palais ne sont pas connus. Son style architectural est du baroque dit génois.

Historique Construit dans la première moitié du puis au , il est jusqu'en 1802 la propriété de la famille Lascaris de Vintimille. Tombé en décrépitude au début du , le palais est racheté en 1942 par la ville de Nice qui décide d'y aménager un musée des arts et traditions populaires régionaux Projet scientifique et culturel Palais Lascaris : Installation de la collection d'instruments de musique anciens, mairie de Nice (Direction centrale des affaires culturelles). Consulté le 4 août 2012.. Il fait l'objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Les travaux de réhabilitation débutent en 1963 et s'achèvent en 1970, année de l'ouverture définitive du palais au publicCharles Astro, Le Palais Lascaris, Édition Nice-Musées, 2007, p. 7. En 2001, les collections instrumentales de la ville de Nice sont transférées du musée Masséna au palais Lascaris dans le but d'y créer un musée des instruments de musique. En 2011, l'exposition permanente des instruments de musique anciens est enfin ouverte au public.

Caractéristiques thumb|left|Le salon d'honneur du palais thumb|left|Chambre d'apparat thumb|upright|Escalier

De style baroque, et imbriqué dans un tissu urbain ancien, le palais affiche une opulente façade principale avec la mise en valeur appuyée des fenêtres et des balcons à balustres de marbre blanc.

À l'intérieur, dès l'entrée, un imposant vestibule voûté d'arêtes, orné de motifs aux tons vigoureux, participe à un bel effet visuel.

Un escalier monumental fermé par des galeries d’arcades et décoré de statues permet d'accéder aux salles du premier étage utilisées pour les expositions temporaires.

Au deuxième niveau, l’étage appelé noble avec ses appartements d’apparat conservent ses décors plafonnantsCharles Astro, Le Palais Lascaris, Édition Nice-Musées, 2007, p. 17 d'origine, peints à la fresque au milieu du . Les statues et le décor rocaille des salons sont ajoutés au .

Des tapisseries flamandes et d'Aubusson ornent les murs du musée et un mobilier des XVIIe siècle et du XVIIIe siècle décorent les différentes pièces du musée .

De nombreux tableaux à thèmes religieux rappellent l'influence de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et sa vocation. Des objets de dévotion en particulier des reliquaires datent de l'héritage laissé par la famille Lascaris-Vintimille.

Tout cela participe à faire de cet endroit l'un des plus beaux palais de Nice.

Le palais consacre aujourd'hui sa surface d'exposition à la présentation permanente de sa collection d'instruments de musique anciens, issue du legs du notable niçois Antoine Gautier (1825-1904).

Collection thumb|upright|Instrument exposé dans le salon des saisons Legs d'Antoine Gautier La collection instrumentale provient surtout du legs d'Antoine Gautier qui prend effet en 1904.

Antoine Gautier est né à Nice en 1825, fils de Joseph Octave Gautier, riche négociant en bois et de Félicité Rossetti fille du préfet Rossetti et petite fille du sénateur RossettiHenri Bernardi, « Antoine Gautier, sa vie et ses activités musicales », dans Musée du palais Lascaris, Aspects des collections d'un amateur éclairé niçois Antoine Gautier, catalogue d'exposition (Nice, Palais Lascaris, 18 juin - 22 novembre 1998), . Après des études classiques au collège des Jésuites (actuellement lycée Masséna), il devient juriste. Musicien amateur, Antoine Gautier joue le violon et l'alto, et à dix-huit ans il fonde un quatuor avec son frère Raymond, où Antoine tient la partie d'altoHenri Bernardi, « Antoine Gautier, sa vie et ses activités musicales », dans Musée du palais Lascaris, Aspects des collections d'un amateur éclairé niçois Antoine Gautier, catalogue d'exposition (Nice, Palais Lascaris, 18 juin - 22 novembre 1998), p. 16. Il aménage son salon de musique ainsi que sa grande collection d’instruments dans sa maison de la rue Papacino :

De nombreux artistes ont fréquenté le salon, dont Jacques Thibaud et Eugène Ysaÿe ; lors d'une soirée de , Gabriel Fauré vient y jouer plusieurs de ses compositions pour piano. En 1903, le Quatuor Gautier y célèbre ses soixante ans. L’année suivante, Antoine Gautier décède en son domicile, dans sa soixante-dix-neuvième année, léguant à la ville ses collections instrumentales composées de plus de 225 pièces et sa bibliothèque musicaleHenri Bernardi, « Antoine Gautier, sa vie et ses activités musicales », dans Musée du palais Lascaris, Aspects des collections d'un amateur éclairé niçois Antoine Gautier, catalogue d'exposition (Nice, Palais Lascaris, 18 juin - 22 novembre 1998), p. 17.

Le legs Gautier a été consenti en faveur de la Ville de Nice par testament du et par un codicille du de la même année ; il a été accepté par la Ville de Nice dans le cadre d’une séance extraordinaire du conseil municipal, le . L’article du testament qui concerne le legs est succinct :

Depuis le legs d’Antoine Gautier, la Ville de Nice continue à enrichir cette collection qui a été exposée ou conservée successivement au musée des beaux-arts, au musée Masséna, au conservatoire de Nice et aujourd'hui au palais Lascaris.

Pièces importantes

thumb|upright|Sylvie Lecat, conservatrice du patrimoine du Palais Lascaris à Nice en décembre 2017.

Parmi les pièces les plus importantes se trouvent : une sacqueboute ténor d'Anton Schnitzer (Nuremberg, 1581) Henry G. Fischer, « The Tenor Sackbut of Anton Schnitzer the Elder at Nice », dans Historic Brass Society Journal, , 1989, des violes d'amour de Joannes Florenus Guidanti (Bologne, 1717), de Gagliano (Naples, 1697), de Johann Schorn (Salzburg, 1699) et de Johann Ott (Füssen, 1727) ; des violes de gambe dont celle de William Turner (Londres, 1652)Josiane Bran-Ricci, « Des violes de gambe dans une collection publique française », dans Christian Ahrens et Gregor Klinke, Viola da Gamba und Viola da Braccio: Symposium Tage Alter Musik in Herne 2002 (Herne, 2002), Munich, Musikverlag Katzbichler, 2006, 243 ; une basse de violon de Paolo Antonio Testore (Milan, 1696) ; plusieurs guitares baroques rarissimes, dont une de Giovanni Tesler (Ancône, 1618), une de René Voboam (Paris, v. 1650)Florence Gétreau, « René, Alexandre et Jean Voboam : des facteurs pour La Guitarre Royalle », dans Florence Gétreau, Béatrice de Andia, Instrumentistes et luthiers parisiens : , Paris, Délégation à l'action artistique de la ville de Paris, 1988 , Florence Gétreau, « La dynastie des Voboam : nouvelles propositions pour le catalogue de leur œuvre », dans Musique-Images-Instruments , 2 (1996), Florence Gétreau, « Recent Research about the Voboam Family and Their Guitars », dans Journal of the American musical Instrument Society , 31 (novembre 2005), et une de Jean Christophle (Avignon, 1645), ce qui est l'une des plus anciennes guitares françaises datées ; des flûtes à bec du , dont une alto fabriquée par Johann Christoph Denner (Nuremberg, début du ) ; un clavecin (anciennement claviorganum) anonyme du ; de nombreuses harpes : les premières prototypes de Sébastien Érard, dont sa première harpe à simple mouvementhttp://www.sebastienerard.org/fr/?m=instruments&d=d200915 et sa première à double mouvement, ainsi qu'une harpe de Naderman (Paris, 1780) ayant appartenu à la vicomtesse de Beaumont Robert Adelson, « The Viscountess de Beaumont's Harp and Music Album (1780) », dans The Galpin Society Journal , (avril 2009), ; un rare ensemble de clarinettes ; des instruments à cordes expérimentaux ; plusieurs instruments fabriqués par Adolphe Sax, dont un quatuor de saxophones et un saxotromba ; des instruments à clavier français du , dont le piano Pleyel (Paris, 1863) ayant appartenu au Cercle Masséna de Nice ; l'une des plus célèbres guitares en état de jeu d'Antonio de Torres (Almeria, 1884) ; de nombreux instruments de facture méridionale ; une cinquantaine d'instruments extra-européens de la collection Gautier du . un ensemble d'instruments de jazz, dont un saxophone Grafton des années 1950http://www.musees-mediterranee.org/portail/collections_fiche.php?menu=6&num_musee=133&num_coll2=1298&limit=3#ancre_coll_3

En 2009, le groupe AXA dépose au palais Lascaris le fonds Gaveau-Érard-Pleyel, présenté au public dans deux expositions : Érard, l'invention de la harpe moderne, 1811-2011 en 2011Musée du palais Lascaris, Érard et l'invention de la harpe moderne : 1811-2011, catalogue d'exposition (Nice, Palais Lascaris, 13 mai - 17 octobre 2011) et Le Clavier vivant en 2012Musée du palais Lascaris, Le Clavier vivant, catalogue d'exposition (Nice, Palais Lascaris, 31 mars - 29 octobre 2012) . Le , l'Institut de France dépose au palais Lascaris la collection Tissier-Grandpierre (66 instruments, dont 18 harpes anciennes).

La collection instrumentale du palais Lascaris fait partie du projet MIMO (Musical Instrument Museums Online)Site officiel du projet MIMO (Musical Instrument Museums Online)Voir rapport final du projet MIMO, pp. 5, 13, 26 et 48 :., dont les notices sont accessibles sur le site Europeana.

Galerie de photos

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Georges Doublet, Palais Lascaris, 129-134, Nice-Historique, Nice, année 1922, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite 1), 163-168, Nice-Historique, Nice, année 1922, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite 2), 8-12, Nice-Historique, Nice, année 1923, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite 3), 36-41, Nice-Historique, Nice, année 1923, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite 4), 177-183, Nice-Historique, Nice, année 1923, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite 5), 9-15, Nice-Historique, Nice, année 1924, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite 6), 55-59, Nice-Historique, Nice, année 1924, 266 Texte Georges Doublet, Palais Lascaris (suite et fin), 83-85, Nice-Historique, Nice, année 1924, 266 Texte Charles Astro, Nice, palais Lascaris, 165-170, dans Congrès archéologique de France. . Monuments de Nice et des Alpes-Maritimes. 2010, Société française d'archéologie, Paris, 2012 .

Articles connexes Palais de Nice Liste des monuments historiques de Nice

Liens externes

Le palais Lascaris sur le site de la mairie de Nice

La collection instrumentale du palais Lascaris, dans la base de données Europeana Les joyaux du palais Lascaris (France 3) Le palais Lascaris (France 3) Visite virtuelle du palais Lascaris, sur le site de Nice Azur TV

Catégorie:Maison de Vintimille Lascaris Catégorie:Architecture baroque à Nice Catégorie:Monument historique à Nice Catégorie:Monument historique classé en 1946 Catégorie:Musée à Nice Catégorie:Musée de la musique en France Catégorie:Label musée de France dans les Alpes-Maritimes