Muazzez İlmiye Çığ, née Muazzez İlmiye İtil le à Bursa (alors dans l'Empire ottoman) et morte le 17 novembre 2024 à Mezitli (Mersin, Turquie) Duayen Türk Sümerolog Muazzez İlmiye Çığ 110 yaşında hayatını kaybetti, Oksijen, 17 novembre 2024, est une archéologue turque, spécialiste des civilisations hittite et sumérienne.

Son travail a permis de déchiffrer tablettes en écriture cunéiforme.

Jeunesse et formation Muazzez İlmiye İtil nait à Bursa le 20 juin 1914, quelques semaines avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Ses parents sont des Tatars de Crimée. dont les deux familles avaient immigré en Turquie. La famille du côté de son père est originaire de Merzifon, et du côté de sa mère de la ville de Bursa, au nord-ouest de la Turquie, la quatrième plus grande ville de Turquie alors un centre administratif régional majeur de l'Empire ottoman.

À l'âge de cinq ans en 1919, l'invasion d'Izmir par l'armée grecque incite son père, enseignant, à chercher la sécurité de la famille en s'installant dans la ville de Çorum. Elle retourne ensuite à Bursa et, à l'âge de 17 ans en 1931, y obtient son diplôme de l'établissement de formation des enseignants du primaire..

Après avoir enseigné, pendant près de cinq ans, à des enfants dans une autre ville du nord-ouest, Eskişehir., Muazzez İlmiye Çığ commence des études en 1936 au département de hittitologie de l'université d'Ankara. Parmi ses professeurs figurent deux des plus éminents spécialistes de la culture et de l'histoire hittites de l'époque, Hans Gustav Güterbock et Benno Landsberger, tous deux réfugiés juifs allemands de l'ère hitlérienne et professeurs en Turquie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Carrière vignette|gauche|Inscription sumérienne du Après avoir obtenu son diplôme en 1940, Muazzez İlmiye Çığ commence une carrière de plusieurs décennies au , l'une des trois institutions de ce type qui composent les musées archéologiques d'Istanbul. Elle y exerce en tant que spécialiste résidente dans le domaine des tablettes cunéiformes, dont des milliers étaient stockées, non traduites et non classées dans les archives de l'établissement.

Avec ses collègues Hatice Kızılyay et Fritz Rudolf Kraus, elle a nettoyé, classé et numéroté des milliers de tablettes écrites en langues sumérienne, akkadienne et hittite dans l'entrepôt du musée. Elle a créé une archive de documents cunéiformes composés de 74.000 tablettes ainsi que copiés et catalogués 3.000 tablettes. Grâce à ses efforts dans le déchiffrement et la publication des tablettes, le musée est devenu un centre d'apprentissage des langues du Moyen-Orient fréquenté par des chercheurs en histoire ancienne de toutes les parties du monde.

Elle devient célèbre dans sa profession pour ses recherches diligentes et systématiques dans ses livres, ses articles universitaires et ses articles d'intérêt général publiés dans des magazines et des journaux, tels que Belleten et Bilim ve Ütopya. Elle a permis au grand public de découvrir la richesse et la complexité des sociétés antiques et ses ouvrages, tel Les origines du Coran, de la Bible et de la Torah à Sumer font référence pour les passionnés d’histoire.

Muazzez İlmiye Çığ prend sa retraite en 1972. Elle est docteure Honoris causa de l'université d'Istambul en 2020. Selon plusieurs notices biographiques, elle était membre honoraire de l'Institut archéologique allemand et de l'Institut des sciences préhistoriques de l'Université d'Istanbul. En 2002, son autobiographie, Çivi çiviyi söker, encadrée par une série d'entretiens avec le journaliste Serhat Öztürk est publiée par la première institution financière nationale du pays, Türkiye İş Bankası.

Controverses En 2005, Muazzez İlmiye Çığ publie un pamphlet intitulé Mes réactions citoyennes, qui suscite la controverse dans le monde musulman et a reçu une couverture médiatique mondiale. Il lui vaut d'être accusée d'insulte et de provocation à la haine raciale et religieuse pour avoir comparé le voile islamique aux voiles que portaient les femmes de Sumer, : « Le fait de se couvrir la tête est apparu bien avant l'ère chrétienne, mais pas pour des motifs religieux. Il servait à montrer le rang social d'une femme. C'est juste un fait historique ».

Laïque et féministe, elle écrit même à Emine Erdoğan, épouse du premier ministre, en lui demandant d’ôter son foulard en public et de faire son devoir de citoyenne. Elle comparut devant une cour d'Istanbul le 2006, qui l'a innocentée "Turkey court clears archaeologist" BBC. 01.11.06. Elle risquait en théorie jusqu'à trois ans de prisonGuillaume Perrier, « Une archéologue turque religieusement incorrecte », Le Monde, 1 novembre 2006, article paru dans l'édition du 2 novembre 2006..

Vie personnelle Mariée à Kemal Çığ en 1940, directeur du musée de Topkapı, elle a deux filles nées en 1940 et en 1947.

Elle décède le 17 novembre 2024, à l'âge de 110 ans et 150 jours. Elle est alors la personne la plus âgée de Turquie.

Œuvres sélectives Muazzez İlmiye Çığ a écrit treize livres et de nombreux articles scientifiques, dont les plus notables sont :

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Ses œuvres comprennent également de nombreuses traductions de l’anglais.

Notes et références

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