Guy Lapébie, né le à Saint-Geours-de-Maremne dans le département des Landes et mort le à Saint-GaudensÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un coureur cycliste français. Champion olympique de la course en ligne par équipes et de la poursuite par équipes aux Jeux olympiques de 1936, également médaillé d'argent en individuel, il devient professionnel en 1937. Il est notamment monté sur le podium du Tour de France en 1948, à la place, et compte deux victoires d'étapes lors de ses trois participations à l'épreuve. Également spécialiste de la piste, il compte plusieurs victoires sur les courses de six jours, dont deux succès sur les Six Jours de Paris.
Guy Lapébie est le frère cadet de Roger Lapébie, vainqueur du Tour de France 1937. Son fils Serge et son neveu Christian, le fils de Roger, ont également effectué une carrière professionnelle.
Biographie Jeunes années thumb|upright|alt=Photographie en noir et blanc d'un cycliste tenant une coupe.|Guy Lapébie pratique le cyclisme, comme son frère aîné Roger. Guy Lapébie naît le à Saint-Geours-de-Maremne, département des Landes. Il est le troisième enfant de Lucien Lapébie, cheminot à la Compagnie du Midi, et de Marie Larretgère : Clovis, de dix ans son aîné, effectuera une carrière militaire au de zouaves à Tunis, tandis que Roger, né en 1911, deviendra cycliste professionnel comme lui. En 1917, son père obtient une mutation dans la banlieue bordelaise et la famille s'installe à Talence..
Après avoir obtenu son certificat d'études primaires, Guy Lapébie entre aux PTT comme télégraphiste. En récompense de sa réussite scolaire, ses parents lui offrent son premier vélo, de marque Royal-Fabric. Comme son frère Roger, il souhaite pratiquer le cyclisme et rejoint à l'âge de le club de l'AS Patronage du Midi. Dans un premier temps, il choisit de se consacrer exclusivement à la piste..
Guy Lapébie obtient rapidement des résultats probants. Roger, qui a notamment fréquenté le meilleur club amateur français de l'époque, le Vélo Club de Levallois, recommande son frère auprès de Paul Ruinart, le directeur du club. Ce dernier se déplace à Bordeaux en 1934, à l'occasion de la Semaine fédérale lors de laquelle est attribué le titre de champion de France amateur sur route. Guy Lapébie ne peut disputer le sprint, remporté par Paul Maye, mais deux jours plus tard, associé à Robert Charpentier, Jean Goujon, Raymond Mauret et André Deforge, il gagne le championnat de France des sociétés. Il rejoint alors la région parisienne en vue de disputer la sur route au sein du ..
Carrière amateur et médaille d'or olympique En , Guy Lapébie obtient un premier succès d'importance sur route. Il gagne le Grand Prix amateur des cinq nations, une épreuve de disputée au jardin des Tuileries, devant son coéquipier Robert Charpentier.. Au mois d'août suivant, il prend la deuxième place de Paris-Dieppe, puis remporte Paris-Romorantin. Il fait alors des championnats du monde son principal objectif, mais il est battu lors d'une épreuve de sélection où seuls les trois premiers coureurs sont retenus en équipe de France. Cette mise à l'écart l'incite à passer professionnel, mais l'Union vélocipédique de France refuse sa licence, considérant que Guy Lapébie constitue une très grande chance de médaille pour les Jeux olympiques qui ont lieu l'année suivante à BerlinÀ cette époque, les Jeux olympiques étaient réservés aux coureurs amateurs. Un coureur ayant le statut de professionnel ne pouvait donc y participer...
Pendant la saison d'hiver au Vél' d'Hiv', il se distingue en gagnant l'épreuve du kilomètre avec départ lancé lors du Prix du Salon, ainsi que le match routiers-pistards amateurs par équipe..
Au début de la , Guy Lapébie multiplie les performances : il devance son coéquipier Gérard Virol au Critérium national des amateurs, puis se classe deuxième d'une épreuve pré-olympique à Montlhéry derrière Robert Dorgebray avant de remporter le Grand prix d'Europe des amateurs aux Tuileries.. Avec ses coéquipiers du Vélo Club de Levallois, il bat le record du monde de poursuite par équipes lors du championnat de France amateur au vélodrome de Vincennes. Le quatuor formé par Lapébie, Robert Charpentier, Jean Goujon et Roger-Jean Le Nizerhy apparaît alors comme le favori pour les Jeux olympiques de Berlin.. Les Français font honneur à leur statut en remportant facilement la médaille d'or de l'épreuve de poursuite par équipes en battant en finale l'Italie. Dans la course en ligne sur route, marquée par des accrochages dans les derniers kilomètres, Guy Lapébie obtient la médaille d'argent, devancé seulement par son compatriote Robert Charpentier. Cette performance, combinée à la de Robert Dorgebray, permet à la France de s'octroyer la médaille d'or de la course par équipes. À leur retour en France, les médaillés tricolores reçoivent les félicitations du ministre des sports Léo Lagrange..
Guy Lapébie conserve toutefois un regret quant au déroulement de ces Jeux : quelques semaines plus tard, il visionne un reportage dans une salle de cinéma et constate que la main qui l'avait accroché était celle de Charpentier, qu'il considérait comme son ami. Dès lors, il déclare à la fin de sa carrière :
Trois semaines après la fin des Jeux, Guy Lapébie dispute le championnats du monde amateur à Berne. Dans le dernier tour de circuit, il tente de s'échapper mais brise l'un de ses cale-pieds dans la dernière côte. Il doit se contenter de la tandis que la victoire revient au Suisse Edgar Buchwalder..
Carrière professionnelle Des premiers résultats avant-guerre aux succès d'après la Libération (1937-1947) Guy Lapébie passe professionnel en 1937. Il joue de malchance en début de saison, abandonnant à la suite d'un ennui mécanique sur le Grand Prix de Nice, sa première course, puis chutant sur le Critérium national que remporte son frère Roger. Il obtient son premier résultat notable en prenant la de Paris-Caen derrière Raoul Lesueur et André Auville.. L'année suivante, il se classe notamment de Gênes-Nice et de Paris-Angers.. Au début de la , Guy Lapébie se distingue sur Paris-Nice, couru dans des conditions météorologiques très défavorables aux coureurs : dans la deuxième étape, les bourrasques de vent et la neige gênent leur progression et seulement franchissent la ligne d'arrivée. Deuxième de la dernière étape à Nice, battu au sprint par le Belge Frans Bonduel, il prend la du classement général final..
Le nombre de courses organisées diminue sensiblement pendant la Seconde Guerre mondiale et les années d'occupation mais Guy Lapébie parvient néanmoins à se présenter comme l'un des meilleurs coureurs français du peloton. En 1942, il remporte la du Circuit de France entre Paris et Le Mans, en devançant son compagnon d'échappée, le Belge François Neuville. À la fin du mois de juin de la même année, un classement dressé par le journal Le Petit Parisien le place au deuxième rang des routiers-sprinteurs français derrière Paul Maye, qui l'a d'ailleurs devancé au sprint dans le Grand Prix d'Europe.. Entre 1943 et 1944, il alterne les épreuves sur route et sur piste, remportant notamment le Grand Prix d'Europe sur piste en 1943 avec Francis Grauss et la course en ligne de l'Omnium de la route l'année suivante.. En 1943, il se distingue également en prenant la du Grand Prix de Provence derrière Émile Idée et Camille Danguillaume, deuxième manche du Grand Prix du Tour de France..
En 1945, Guy Lapébie choisit de se consacrer à la route. Il dispute plusieurs épreuves en Suisse : le pays accueille de nombreuses courses devant la difficulté pour les autres nations, éprouvées par la guerre, de réunir les conditions matérielles et financières nécessaires à la bonne tenue des compétitions cyclistes. Il y obtient de bons résultats, avec une victoire sur Zurich-Lausanne et sur le Critérium de Bellinzone. En tête de la course sur Zurich-Davos, il est finalement distancé sur un incident mécanique et se classe .. Il prend également la de la course de côte À travers Lausanne.. L'année suivante, c'est de nouveau en Suisse qu'il remporte ses principaux succès. Il gagne le classement général du Tour des 3 lacs, en s'imposant sur une étape en ligne et un contre-la-montre, se classe de Zurich-Lausanne puis remporte le Grand Prix du Locle sur un parcours très sélectif. Guy Lapébie déclare alors vouloir montrer qu'il n'est pas seulement un bon routier-sprinteur mais également un coureur capable de grimper au rythme des meilleurs. Troisième de Paris-Reims, vainqueur d'une étape du Tour de Suisse, il dispute les championnats du monde à Zurich, son principal objectif de la saison, mais doit se contenter de la , à près de du vainqueur, le Suisse Hans Knecht. L'année suivante, Lapébie délaisse la route au profit des épreuves sur piste, jugées plus lucratives selon lui..
Sur le podium du Tour (1948) thumb|upright|alt=Photographie en noir et blanc d'un cycliste portant une casquette.|Gino Bartali remporte le Tour 1948, Lapébie se classe . Guy Lapébie et Arthur Sérès se distinguent sur les épreuves sur piste au début de la . Le duo se classe des Six Jours d'Anvers puis gagne le Prix Wambst-Lacquehay, comme l'année précédente, et prend la du Prix Goullet-Fogler. Enfin, Sérès et Lapébie s'imposent lors des Six Jours de Paris. Dès lors, Guy Lapébie annonce vouloir se consacrer à la route et participer au Tour de France, s'attirant ainsi la défiance des suiveurs du cyclisme qui ne pensent pas le champion de la piste capable de convertir ses succès sur les vélodromes en victoires sur la route.. Il prend alors part à plusieurs épreuves en vue de décrocher sa sélection pour le Tour. Auteur de performances décevantes sur Paris-Tours puis sur les Boucles de la Seine, il se distingue sur le Tour du Luxembourg en remportant en solitaire la deuxième étape à Diekirch, après avoir lâché le peloton dans la dernière ascension du parcours. Il endosse par la même occasion le maillot de leader mais doit le céder dès le lendemain à Jean Goldschmit. Il achève ce Tour à la du classement général et rassure quant à ses capacités de résistance sur les courses par étapes. Échappé avant d'abandonner sur Paris-Limoges, Guy Lapébie obtient néanmoins sa sélection pour le Tour au sein de l'équipe Centre-Sud-Ouest dirigée par l'ancien coureur Arsène Alancourt..
Dans la troisième étape entre Dinard et Nantes, il se lance en contre-attaque avec Louison Bobet et Roger Lambrecht et rejoint rapidement les coureurs échappés. À l'arrivée sur le vélodrome Petit-Breton, il fait parler sa pointe de vitesse pour s'imposer devant Raymond Impanis et ainsi remporter sa première victoire d'étape sur le Tour de France. Bobet endosse le maillot jaune tandis que Lapébie remonte au du classement général.. Il perd quelques places lors des étapes suivantes et attend la traversée des Pyrénées pour juger de sa condition et de ses possibilités dans ce Tour. En difficulté dès le début de la première étape pyrénéenne entre Biarritz et Lourdes, il se reprend et achève l'étape au sein d'un groupe de contre-attaquants, à moins de du vainqueur Gino Bartali. Désormais du classement général, il gagne deux places dans l'étape suivante, au cours de laquelle il fait bonne impression dans les différentes ascensions, le col du Tourmalet, l'Aspin et le Peyresourde. Un regroupement s'opère dans les kilomètres de plaine avant l'arrivée où Lapébie se classe , battu au sprint par Bartali. Plusieurs spécialistes comme Charles Pélissier, Roger Bastide ou encore Jean Leulliot souligne ses performances, le présentant comme la révélation du Tour et considérant qu'il possède de véritables chances de bien figurer au classement général final de l'épreuve..