La Famille missionnaire de Notre-Dame (FMND) est une communauté religieuse catholique fondée en 1946 à Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche et reconnue en 2005 comme institut de vie consacrée de droit diocésain. Elle est implantée dans le diocèse de Viviers.
Une visite apostolique diligentée par Rome en 2019, mettant en lumière , conduit les autorités vaticanes à nommer un assistant apostolique. L'institut fait également l'objet de signalements pour des dérives sectaires auprès de l'AVREF ainsi qu'auprès de la Miviludes, qui fait état d' dans son rapport de 2021. L'institut et son supérieur sont poursuivis et condamnés en première instance pour abus de faiblesse en .
Le projet d'aménagement du sanctuaire de Saint-Pierre-de-Colombier rencontre une forte opposition sur place et fait l'objet de nombreux recours judiciaires.
Historique La fondation de la Famille missionnaire de Notre-Dame est liée à la dévotion à Notre-Dame des Neiges. Le , des femmes de la paroisse de Saint-Pierre-de-Colombier, membres de l'Action catholique, demandent à la Vierge la protection du village au moment de la retraite allemande.. En remerciement, elles proposent au curé nouvellement nommé, Lucien-Marie Dorne (1914-2006) de faire ériger une statue qui est construite au cours de l'année 1946.. Le , Alfred Couderc, évêque de Viviers, bénit la statue et autorise la constitution d'un « foyer » à Saint-Pierre-de-Colombier autour du père Lucien-Marie Dorne et d'Augusta Bernard (1907-1963), originaire d'Annonay... Ils sont rejoints par des jeunes filles aspirant à une vie religieuse.
thumb|left|320px|La Famille missionnaire de Notre-Dame rassemblée à Saint-Pierre-de-Colombier.
Le , l'évêque de Viviers, François Blondel, érige la Famille missionnaire de Notre-Dame comme institut de vie consacrée de droit diocésain.
En 2006, à la suite du décès de son fondateur Lucien-Marie Dorne, Gérard Pinède, père Bernard en religion, devient le supérieur de la communauté..
Le , la Famille missionnaire de Notre-Dame est reconnue comme congrégation par l'État..
À la mi-, le père Joseph succède au père Bernard Pinède..
Implantations et activités
thumb|right|Frères missionnaires de Notre-Dame en pèlerinage à Lourdes.
Depuis la fondation du premier foyer à Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche (1947), la FMND s'est peu à peu implantée en diverses régions de France. En 2025, la congrégation compte 150 frères et sœurs. répartis en France dans 17 foyers.. Le recrutement se fait auprès de jeunes, issus le plus souvent de familles croyantes, dans des aumôneries ou à l'occasion de colonies de vacances.. L'institut recrute une proportion élevée de jeunes âgés de moins de 20 ans - près d'un tiers des entrées - en contraste avec les recommandations de l’Église catholique en matière de discernement des vocations.
Les membres assurent des cours de catéchisme et des formations là où ils sont implantés, et animent régulièrement des retraites et des camps d’été. Le reste du temps est consacré à la prière, aux tâches ménagères et autres travaux. La journée débute à 6 heures et s'achève à 22 heures. Selon certains récits, la vie menée par les membres de la FMND n'offrirait aucun moment de solitude, ni repos, ni vacances.
La FMND compte aussi plusieurs oblats. Leurs actions visent à : retraites spirituelles, camps de jeunes, pèlerinages, et présence sur Internet (vidéos et podcasts).
Fondations en France
Les implantations principales sont : Lyon (1979) dans la chapelle Sainte-Croix de Lyon dans le quartier des Brotteaux. Marseille (1980) Grand-Fougeray (1984). Sélestat (1988) dans l'ancien couvent franciscain Saint-Antoine. Cannes (2002) dans la villa Saint-Benoît. Sens (2006) dans le monastère de la Nativité, maison-mère des sœurs dominicaines de l'Eucharistie. Bergerac (2008) dans l'ancien carmel du Sacré-Cœur, chargée de l’aumônerie de l’ensemble scolaire Sainte-Marthe-Saint-Front. Biarritz (2013) dans l’ancien presbytère Saint-Martin. Lourdes (2015). Lyon Lorette (2021) sur la colline de Fourvière.
Fondations hors de France
Litzelbergkapelle, (2012) dans la commune de Sasbach am Kaiserstuhl (Bade-Wurtemberg, Allemagne). Rome (2012).
Positions politiques
La FMND défend des valeurs familiales conservatrices. Elle est notamment opposée aux lois françaises sur la contraception, l'avortement et le mariage homosexuel.. Elle est réputée proche des Scouts d'Europe et des AFC. Pour le quotidien Sud Ouest, les messages distribués à des jeunes témoignent d'une qui met en avant l'appel à obéissance et au ..
Un projet immobilier controversé
thumb|Statue de Notre-Dame des Neiges qui domine le village de Saint-Pierre-de-Colombier en Ardèche.
Les projets immobiliers de la Famille missionnaire de Notre-Dame divisent les de la commune de Saint-Pierre-de-Colombier.
Après les élections municipales de 1995, les élus de Saint-Pierre-de-Colombier souhaitent limiter l'implantation de la Famille missionnaire de Notre-Dame dans la commune et refusent un projet de parking et un permis de construire pour un nouveau bâtiment. Cependant, lors des élections municipales de 2001, une liste favorable à la Famille missionnaire de Notre-Dame remporte le scrutin..
La Famille missionnaire de Notre-Dame (FMND) entreprend la réalisation qu'elle justifie par l’affluence croissante des pèlerins sur le site de la statue de Notre-Dame des Neiges à Saint-Pierre-de-Colombier. L'église, prévue pour accueillir , comprend deux clochers de près de de haut.. Le permis de construire est délivré par le maire de la commune en .. Avec, selon la FMND, l'accord de l'évêque de Viviers, une première tranche de travaux commence en qui comprend un mur de soutènement, la passerelle, et le bâtiment d'accueil.
Opposition au projet et suspension des travaux (2020-2021) thumb|Manifestants opposés au projet du site de Notre-Dame-des-Neiges le 14 décembre 2019 à Saint-Pierre-de-Colombier.
Le projet rencontre l'opposition de militants écologistes, de certains habitants, d'élus, de responsables politiques ou de représentants du parc naturel régional des Monts d'Ardèche, mais aussi de l'évêque de Viviers., tous hostiles à un projet jugé démesuré d'un coût estimatif de d’euros..
Peu avant les élections municipales de , un habitant tente de faire rayer des listes électorales de la Famille missionnaire de Notre-Dame. Il conteste la réalité de la domiciliation des intéressés à Saint-Pierre-de-Colombier. Il dépose autant de recours devant le tribunal de proximité d'Aubenas. Mais il est débouté par le tribunal qui confirme la légalité des inscriptions des religieux sur les listes électorales..
L’État donne raison aux opposants au projet par l'arrêté préfectoral du qui suspend les travaux, décision contestée sans succès auprès du juge des référés le .., qui confirme sa décision le .. L'évêque de Viviers, Jean-Louis Balsa., puis, en appel, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique rejettent en le projet d'une église de 3 500 places..
Dans son rapport de , la Chambre régionale et territoriale des comptes critique la commune pour n'avoir pas respecté la charte du parc naturel régional en accordant le permis de construire, et le parc national régional pour n'avoir pas formulé de recours contentieux, alors qu'un processus d'artificialisation des sols semblait inévitable.
Reprise puis suspension à nouveau du chantier (2022-2024) Le , le nouveau PLUi de la communauté de communes « Ardèche des Sources et des Volcans » classe le site du chantier en zone UEch (zone urbaine d'équipement), par conséquent constructible...
En , le préfet de l'Ardèche lève l'arrêté du estimant que le chantier ne porte pas atteinte aux habitants ou aux espèces présentes sur le site, à la suite d'une étude environnementale produite par la FMND. Cependant seul le chantier des bâtiments d’accueil des pèlerins peut se poursuivre, l'évêque de Viviers ayant interdit en la construction de l'église... À la suite de cet arrêté, les opposants au projet, Les Ami·es de la Bourges, déposent en un recours pour empêcher la reprise des travaux.. Cette demande est rejetée en par le tribunal administratif de Lyon..
Dans son jugement du , le tribunal administratif de Lyon rejette la requête d'annulation du permis de construire. Cette requête, formulée plus de deux mois après son affichage sur le terrain, est considérée comme irrecevable en raison de l’expiration du délai de recours contentieux. Les requêtes concernant une éventuelle fraude et l'impact sur la biodiversité sont également rejetées.. Malgré l'appel formé le par les opposants au projet, le jugement est confirmé le par la cour administrative d'appel de Lyon..
vignette|Le Réséda de Jacquin, une plante protégée au niveau régional présente sur le site de construction.
Le , des militants de l'association Les Ami·es de la Bourges bloquent le chantier pour s'opposer à la poursuite des travaux commencés deux jours auparavant. Ils ont la veille déposé une plainte pour , faisant valoir la présence sur le site du Réséda de Jacquin. découverte en par l'Office français de la biodiversité. Le , des heurts les opposent à des membres de la FMND venus protéger le chantier. La vidéo d'une religieuse plaquant au sol un militant écologiste devient virale et fait le tour des réseaux sociaux..... Dans un communiqué de presse, Sophie Elizéon, préfète de l'Ardèche condamne les violences et les atteintes aux biens et rappelle que .... Le , les opposants au projet immobilier obtiennent cependant en référé la suspension temporaire des travaux, le temps qu'une étude d'impact soit réalisée... La Famille missionnaire de Notre-Dame fait appel de cette ordonnance.. Le , la cour d'appel de Nîmes se déclare incompétente sur la question des espèces protégées, qui relève du tribunal administratif, ce qui casse la décision précédente... Le dossier est renvoyé vers la préfète de l'Ardèche qui décide par un arrêté du de suspendre les travaux dans l'attente de l'obtention d'une demande de dérogation à l'interdiction de destruction d'espèce protégée ou la production d'une étude environnementale complémentaire attestant l'absence d'impact résiduel négatif significatif sur le Réséda de Jacquin pendant les travaux...
Le , la FMND demande au ministère de la Transition écologique de retirer le Réséda de Jacquin de la liste des espèces protégées dans la région. En l'absence de réponse, elle dépose une requête en ce sens auprès du Conseil d’État qui est rejetée le ... Un autre recours est déposé devant le tribunal administratif de Lyon contre l'arrêté du qui suspend les travaux.
Le , la cour administrative d'appel de Lyon confirme la validité du permis de construire obtenu en . Elle conclut que . La reprise du chantier reste cependant suspendue en raison de l'arrêté préfectoral de ..
Dérives sectaires
Signalements de l'AVREF auprès du diocèse en 2007 et 2008 Des témoignages convergents, dès le début des années 2000, d'origines diverses (laïcs et prêtres), conduisent l'Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (AVREF) à alerter en 2007 l’évêque de Viviers, François Blondel, .
Dans sa lettre adressée à l'évêque, l'association rapporte que Selon les témoignages reçus
En 2008, après le témoignage alarmant de parents d’une jeune femme entrée à l'âge de à la FMND, qui en était sortie par la suite dans un état de santé très détérioré, l’AVREF adresse un nouveau courrier à l’évêque qui ne donne aucune suite.
Un nouveau signalement parvient à l'AVREF en 2012 qui évoque et l’assujettissement de ...
Le rapport de la Miviludes (2018-2020) Dans son rapport d'activité 2018-2020 publié le , la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires indique que la Famille missionnaire de Notre-Dame (FMND) .