Guillaume Fouace, né le à Réville (Manche) et mort le à Paris, est un peintre et sculpteur français.
Biographie vignette|gauche|Château de Réville, résidence de la famille du Parc. Cinquième enfant de Pierre Fouace (1789-1861) et de son épouse née Félicité Marie Adélaïde Léonard (1793-1886), cultivateurs mais aussi , Guillaume Fouace naît au hameau de Jonville à Réville et voue au dessin une passion précoce que Jean Le Jeune restitue au travers de souvenirs de contemporains restituant Jean Le Jeune, Guillaume Fouace, éditions OCEP, 1976.. Il est ainsi, sur recommandation, amené à recevoir ses premières leçons de peinture de deux jeunes aquarellistes, Pauline et Geneviève du Parc, filles du comte Henri Charles Timoléon du Parc, châtelain de Réville.
Guillaume Fouace reprend la ferme familiale en 1861 à la suite de la mort de son pèreMaurice Lecœur, Autour de Guillaume Fouace, éditions Isoète, 2010.. Poursuivant parallèlement le dessin, son talent est remarqué par Bon François Henry, libraire, conseiller municipal et conservateur du musée de Cherbourg (Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016). Grâce à ce dernier , il obtient deux bourses de la municipalité cherbourgeoise afin de poursuivre ses études de peintre à Paris où, à l'automne 1867, il s'installe pour une durée de cinq mois dans une chambre au dernier étage du 141, rue de Sèvres.
Élève d'Adolphe Yvon aux Beaux-Arts de ParisDictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.5, ., Guillaume Fouace complète cette formation en s'exerçant à la copie de tableaux du château de Versailles, du musée du Louvre et du musée du Luxembourg. De retour à Cherbourg en 1868, il y loue un atelier, situé rue du Bassin (actuelle rue du maréchal Foch), où il s'affirme comme peintre portraitiste, offre à la ville les portraits de Vauban et de Jean Bart. Maurice Lecœur dit son retour à Paris probable en .
Fouace participe à la guerre franco-prussienne, sans que cet épisode soit fort documenté : Jean Le Jeune ne fait qu'écrire qu'. Il débute au Salon de 1870. En 1873, il présente ses premières natures mortes.
Installé au , rue Saint-Merri dans le de Paris avec sa femme née Adèle David (1922), fille de pharmacien cherbourgeois épousée à Cherbourg le , il n'en oublie pas pour autant le Cotentin où il s'adonne à ses passe-temps favoris que sont la chasse et la pêche et où naissent ses deux filles, Béatrix le , Catherine dite « Kate » le .
Il décore entre 1878 et 1883 les voûtes de l'église Notre-Dame de Montfarville de représentant des scènes bibliques comme La Fuite en Égypte ou La Marche des Rois mages. Des gens du pays servent de modèles à différents personnages, tels l'abbé Jean-François Goutière, curé de Montfarville, François Debrix, maire, ou Bernard Lebaron, président de la Fabrique qui sont les trois personnages entourant Jésus dans La Guérison du paralytique.Guilluame Romain Fouace a également placé son ami proche, Joseph Laurent Justine Roger de la Manche dans la scène avec Jésus guérissant l'aveugle. Son ami Joseph est peint comme un témoin de Jésus dans la robe brune debout juste derrière le Seigneur. L'artiste a placé son autoportrait dans La Pêche miraculeuse où il est le matelot Jacques de Zébédée qui tire les filets, sa fille Béatrix est l'Ange Gabriel dans L'Annonciation, tandis que le portrait de son épouse Adèle apparaît dans La Samaritaine au puits de Jacob : Fouace a même écrit son nom sur la ceinture de sa robe. Dans le chœur, dominant le maître-autel, il reproduit La Cène de Léonard de Vinci.
vignette|redresse|, rue du Val-de-Grâce, Paris. Domicilié au rue Vavin dans le de Paris en 1884, au du proche boulevard Saint-Michel en 1885, puis à partir de 1887 au , rue du Val-de-Grâce dans le , Fouace est admis cette dernière année à la société artistique et littéraire La Pomme, exclusivement composée de Bretons et de Normands , puis à la Société des artistes français, association créée pour se substituer à l'État dans l'organisation de l'exposition universelle des Beaux-Arts.
vignette|redresse|Sépulture Fouace, église Saint-Martin de Réville. Il meurt à son domicile parisien d'une maladie pulmonaire le avant de recevoir les insignes de chevalier de la Légion d'honneur que le gouvernement venait de lui attribuer. Il est inhumé dans l'église Saint-Martin de Réville, y rejoignant sa fille Béatrix (1874-1888) qui avait été emportée par la maladie dans sa Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Paris, Le Cherche-Midi éditeur, 2008.. Leur tombe est ornée du gisant en marbre blanc de cette dernière dont il est l'auteur, qui lui avait valu une mention au Salon de 1890 et à propos duquel son ami le sculpteur Antonin Mercié lui disait :
Il a réalisé plus de de style réaliste, principalement des portraits et des natures mortes et quelques paysages. Le musée d'Orsay à Paris conserve quelques-unes de ses toiles et le musée Thomas-Henry de Cherbourg-en-Cotentin consacre une salle à 39 de ses œuvres.
Expositions Expositions collectives Salon de Paris, à partir de 1870Frédéric Le Quer, « Fouace Guillaume (1837-1895) », Politiq'Art, ., Portrait de l'amiral Alexandre Marie du Crest de Villeneuve en 1872, deux natures mortes (Pommes et Pot-au-feu) en 1873, une nature morte et le Portrait de Béatrix Fouace en 1879, L'Espoir du pêcheur en 1881, La dernière Fileuse de mon village en 1882, médaille en 1884 pour Les Gorges de Plémont (Jersey), Le Déjeuner du casseur de pierres et L'Apprêt du festin en 1885, Les Confitures et L'Oie aux marrons en 1886, Autoportrait è la palette et Le Déjeuner de carême en 1889, mention honorable en 1890 pour Le dernier Sommeil (gisant de sa fille Béatrix), médaille d'or en 1891 pour deux toiles (Déjeuner de chasseurs et Ma chasse), Jour gras en 1892, Coup double en 1893. Salons de Rouen et de Reims, 1874. Salon de Nantes, 1886« Béatrice Riou vous dit tout sur le homard en peinture », Ouest-France, .. Exposition maritime, Le Havre, 1887 : Fromage, nature morte acquise par la Ville du Havre. Exposition universelle des beaux-arts, Paris, . Salon de la Société des amis des arts, Pau, 1889. Hommage posthume à Guillaume Fouace, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 1895 Gustave Larroumet, Souvenir de l'exposition des œuvres de Guillaume Fouace, éditions de l'École nationale supérieure des beaux-arts, 1895.. Regards de peintres en Cotentin Festival en Cotentin, château de Saint-Pierre-Église, 1993. Poudre à canon et assiettes de poissons, musée maritime de l'île Tatihou, février-Musée de l'île de Tatihou, Poudre à canon et assiettes de poissons, présentation de l'exposition, 2009.. Impressionnisme et curiosités normandes. Trente-sept chefs-d'œuvre de la collection "Peindre en Normandie", musée de Vire, juillet-Musée de Vire, Impressionnisme et curiosités normandes, présentation de l'exposition, 2009.. Beauté divine ! Tableaux des églises bas-normandes, , Caen, musée de Normandie, février-Odile Morain, « "Beauté divine !" - Le Musée de Normandie expose les trésors des églises », France Télévisions, .Association Patrimoine culturel et art sacré, "Beauté divine !" - L'exposition qui avait réuni les plus beaux tableaux bas-normands, 2015.. Boire ! - De la soif à l'ivresse, Rennes, musée de Bretagne, d' à .
Expositions personnelles Guillaume Fouace - Rétrospective, Cherbourg, musée Thomas-Henry, été 1995 Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, .Jean-Luc Dufresne, « Guillaume Fouace, un peintre paysan », Patrimoine normand, , .. Accrochage temporaire de portraits du au dans la petite galerie du musée Thomas Henry.
Réception critique - Charles CanivetCharles Canivet, « Mort de Guillaume Fouace », Le Soleil, . - Gérald Schurr - Dictionnaire Bénézit - Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Petit futé - Manche, Nouvelles éditions de l'Université, 2019.
Collections publiques
Allemagne Stuttgart, musée : Nature morte au buffet, huile sur toile.
France vignette|redresse|Salle Fouace, musée Thomas-Henry, Cherbourg-en-Cotentin. Bourges, musée : Jours gras, huile sur toile. Cherbourg-en-Cotentin, musée Thomas-Henry : 37 toilesAuguste Lebrun (texte), Stéphane Martin (photos), « Guillaume Fouace, collections du Musée Thomas-Henry », Le 50 en ligne Bis.« Guillaume Fouace, l'immortel peintre du Val de Saire », La Presse de la Manche, ., dont : Portrait de Bon François Henry, 1870, huile sur toile, ; Déjeuner de carême, 1872, huile sur toile ; Autoportrait, 1873, huile sur toile ovale ; Le Panier renversé, 1874, Musée Thoms-Henry, Le ¨Panier renversé dans les collections. ; Femme au nœud rose, 1877, huile sur toile, portrait présumé d'Adèle Fouace, épouse de l'artiste ; Le Cordonnier de Réville, 1880, huile sur bois, ; Portrait de femme assise, 1880, huile sur toile, , portrait présumé de Madame Jean-Pierre Lebrun, banquier, collectionneur et ami de Guillaume Fouace ; L'Espoir du pêcheur, 1880, huile sur toile, ; La dernière Fileuse de mon village, 1881, huile sur toile, portrait de Félicité Marie Adélaïde Fouace, mère de l'artiste ; Retour de pêche, 1881, huile sur toile, ; Bouquet de lilas, 1883, huile sur toile ovale ; Départ pour Jersey, 1883, huile sur toile, ; Jersey, le château de Montorgueil, 1883, huile sur toile, ; Le Lièvre et le chaudron, 1886, huile sur toile ; Autoportrait à la palette Fouace à , 1887, huile sur toile, .
Laval, musée des Beaux-Arts : Nature morte à la confiture, huile sur toileMusée des Beaux-Arts de Laval, Guillaume Fouace dans les collections.. Le Havre, musée d'Art moderne André-Malraux : À la cuisine, 1894, huile sur toile, Musée d'art moderne André-Malraux, Guillaume Fouace dans les collections. ; Nature morte au fromage, huile sur toile. Montfarville, église Notre-Dame : fresques murales marouflées, entre 1878 et 1883. Morlaix,musée des Beaux-Arts : Le Homard, huile sur toile. Paris : musée d'Orsay : Ma pêche, huile sur toile, Musée d'Orsay, Ma pêche dans les collections.. Petit Palais : Coup double, huile sur toile. Pau, musée des Beaux-Arts : Le Jambon, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts de Pau, Le Jambon dans les collections.. Réville : église paroissiale : Un baptême à Réville, huile sur toile ; Gisant de Béatrix Fouace, statue en marbre. mairie : Le Forgeron du village, 1887, huile sur toile, don Adèle Fouace en 1919Mairie de Réville, Guillaume Fouace dans la collection de la mairie.. Saint-Brieuc, musée d'Art et d'Histoire : Huîtres et Chablis, huile sur toile, Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc, Huîtres et Chablis dans les collections.. Valognes, mairie : La Toilette de bébé, huile sur toile, , Adèle Fouace et sa fille Béatrix.
Pays-Bas Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen : Nature morte, huile sur toileMusée Boijmans Van Beuningen, Guillaume Fouace dans les collections.. Utrecht, Centraal Museum : Le Pâté en croûte, 1884, huile sur toileCentraal Museum, Guillaume Fouace dans les collections..
Collections privées référencées Pierre Lévy, Bréviandes, Poires, huile sur toile, Ivoire France, Catalogue de la succession Pierre Lévy, du catalogue, ., localisation actuelle inconnue.
Hommages Des rues de Cherbourg-en-Cotentin, La Glacerie, Réville, Saint-Lô, Siouville-Hague et Tourlaville, le collège de Saint-Vaast-la-Hougue, la salle polyvalente de Réville portent le nom de Guillaume Fouace.
Notes et références
Annexes Bibliographie Mario Proth, Voyage au pays des peintres - Salon de 1977, Éditions Valon, 1877. Léon Brandt, Notice sur les collections de tableaux, sculptures, gravures, Éditions du Musée de Saint-Brieuc, 1907. Charles Birette, Le Val de Saire illustré - Sites, monuments, histoires, grands personnages, Caen, Société d'impression de Basse-Normandie, 1932 ; réédité par P. Le Lanchon, 2000. Raymond Cogniat, Le siècle des impressionnistes, Flammarion, 1967. Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, vol.1, Éditions de l'Amateur, 1975.