Le musée des Beaux-Arts de Nancy est installé dans l’un des pavillons qui borde la place Stanislas, au cœur de l’ensemble urbain du inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Le musée expose une importante collection de peintures européennes et est largement ouvert sur le design, avec notamment une galerie consacrée à Jean Prouvé ou encore à la manufacture Daum.

Histoire La fondation du musée des Beaux-Arts de Nancy intervient, comme pour d’autres institutions muséales françaises, en pleine période révolutionnaire. Les premières collections sont constituées à partir des saisies des biens du clergé ou encore des familles aristocrates qui émigrent pour fuir la France et la Révolution.

Sous le Premier Empire, à la faveur de la signature du traité de paix entre la France et l’Autriche à Lunéville en 1801, Napoléon fait venir en Lorraine 30 tableaux provenant du Museum Central (actuel musée du Louvre). Ainsi, le musée de Nancy reçoit-il un ensemble important de peintures françaises des . La même année, le musée bénéficie, à l’instar de 15 autres musées en France, d’envois d’œuvres dans le cadre du décret Chaptal. Ces peintures proviennent de collections françaises saisies ou des conquêtes napoléoniennes en Italie. Parmi les premières œuvres à former les collections du musée des Beaux-Arts de Nancy, certaines sont des commandes de la famille ducale de Lorraine, telle que L'Annonciation par Le Caravage (1608) du musée des Beaux-Arts de Nancy, ou encore une copie des célèbres Les Noces de Cana (Véronèse) réalisée par Claude Charles en 1702 pour le couvent des Cordeliers de Nancy.

Le musée, appelé « museum », change plusieurs fois d’implantation au début de son histoire, avant que le Conseil municipal ne décide de son installation dans l’Hôtel de Ville de Nancy le .

1791-1792 : Hôtel de l'Université de Nancy (rez-de-chaussée) 1793-1804 : ancienne chapelle désaffectée du couvent de la Visitation 1804-1814 : locaux de l'ancienne université, actuelle bibliothèque patrimoniale Stanislas 1814-1828 : ancien collège royal de médecine (actuel pavillon occupé par le musée) 1828-1936 : Hôtel de Ville de Nancy En 1936, il déménage dans le pavillon qu’il occupe toujours place Stanislas, soit l’ancien Collège royal de médecine. Le musée bénéficie alors d’une extension due à Jacques et Michel AndréSTOULLIG Claire (dir.), Musée des beaux-arts de Nancy : A-Z, Paris, Artlys, 2012..

Architecture et muséographie Le pavillon qui abrite le musée depuis 1936 appartient à l’ensemble conçu par l’architecte Emmanuel Héré au milieu du pour l’ancien roi de Pologne et duc de Lorraine et de Bar, Stanislas. La façade principale présente donc un style classique, dans un ensemble rocaille inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Ce pavillon est installé sur les anciennes fortifications de Nancy, dont le bastion d'Haussonville.... construit au , que le visiteur peut découvrir au niveau -1 du musée.

En 1936, le pavillon est modernisé et étendu par les architectes Jacques et Michel André, lauréat du concours d’architecture lancé par la municipalité pour le musée, 5 ans plus tôt. Les architectes proposent une aile dans la continuité du pavillon , sur deux niveaux. La façade sur jardin constitue un élément important du projet des architectes, elle sera reprise en 2019 pour l’affiche de l’exposition organisée à l’occasion des 20 ans de la deuxième rénovation de l’établissement. L’escalier à double volée, aux lignes Art déco, tout en béton, constitue l’autre élément marquant de cette extension.

En , à l’issue de travaux d’extension spectaculaires (dont une importante fouille archéologique)., une nouvelle aile contemporaine conçue par l’agence de Laurent Beaudouin, est inaugurée. Les surfaces d’exposition sont alors multipliées par deux, un auditorium est créé. En 2001, un cabinet consacré à la conservation des arts graphiques (réserve) est aménagé afin d'accueillir une importante donation, alors anonyme, de plus de . Le nom des donateurs est révélé en 2011, à la mort de Jacques Thuiller. La donation porte aujourd'hui le nom de Jacques et Guy Thuillier.

En 2000, Felice Varini réalise à l'intérieur du musée Ellipse orange évidée par sept disques, une anamorphose visible depuis plusieurs étages. En 2002 est installé L'Hommage à Lamour, œuvre créée in situ par François Morellet : visible depuis la place Stanislas et posée sur le bâtiment de la conservation, il s'agit d'un grand rectangle blanc horizontal, avec en chaque coin des néons jaunes courbés en volutes.

En 2012, le musée rouvre ses portes après des travaux d'éclairage et d'économie d'énergie. Une nouvelle muséographie voit alors le jour, intégrant la création d'un espace consacré à Jean Prouvé. Au niveau -1, une galerie est consacrée aux verreries Daum. Des espaces sont également réservés aux arts graphiques ou asiatiques. L'importante collection de peinture est, quant à elle, exposée dans le pavillon selon une présentation chronologique. En 2018, le parcours permanent est remanié pour intégrer des œuvres du Musée Lorrain, déposées pendant les travaux de rénovation du palais des Ducs de Lorraine. À l'avenir, le musée entend développer la présentation de la création contemporaine.

Collections Le musée des Beaux-Arts de Nancy conserve quelque , en majorité des arts graphiques et de la peinture européenne.

Primitifs italiens et Renaissance () Comme pour le reste des collections, les salles du musée sont organisées en termes de confrontation plutôt que par école.

La première salle est consacrée à une prédelle de Mello da Gubbio datant de 1348 représentant les martyres de saint Marien et saint Jacques ainsi que la crucifixion.

thumb|Vierge à l'Enfant assistée par deux anges, 1512, Francesco de Tatti. La Vierge à l'Enfant assistée de deux anges de Francesco de Tatti illustre l'émergence de la peinture à l'huile et de la perspective.

La première confrontation concerne des œuvres de Wilhelm Stetter, peintre strasbourgeois, mises en regard avec un Tobie conduit par l'ange, peinture quasiment maniériste du Florentin Giovanni Antonio Sogliani, ainsi qu'un retable de Noël Bellemare, représentant la peinture de cour du château de Fontainebleau.

La Sainte Trinité de Giorgio Vasari montre la recherche d'une esthétique sophistiquée tandis que la Déploration du Christ de Jacopo Robusti, mieux connu comme Le Tintoret, fait preuve d'une esthétique plus trouble et violente. Enfin, la Diane chasseresse de Paolo Fiammingo montre l'émergence du paysage en tant que genre artistique indépendant.

Une section est consacrée aux portraits, avec des œuvres de Corneille de Lyon comme le portrait du cardinal Robert de Lenoncourt ou le Portrait d'homme à la barbe grisonnante, dont le style épuré est à rapprocher de son protestantisme; la même focalisation sur l'âme du modèle plutôt que son statut social se retrouve dans le Portrait de Francesco Soranzo de Jacopo Bassano.

La peinture du Siècle d'or espagnol est illustrée par José de Ribera, l'un des représentants du ténébrisme et de l'école napolitaine.

Pour la peinture française du , les peintres lorrains sont bien représentés à l'exception de Georges de La Tour. Néanmoins, l'une de ses œuvres, La Femme à la puce, conservée au musée lorrain, est présentée au musée des Beaux-Arts pendant la période de fermeture du palais des Ducs de Lorraine pour travaux. Pour les français on remarque des peintures de Simon Vouet, Philippe de Champaigne, Claude Deruet, Lubin Baugin, Jacques Blanchard, Le Lorrain, Charles Le Brun, Charles de La Fosse, Alexandre-François Desportes, François Boucher, François Lemoyne et Carle van Loo. vignette|264x264px|Le marchand d'huîtres et le marchand de mort-aux-rats, Anonyme, 1644-1678. Le est aussi illustré dans les collections par de nombreuses gravures, notamment d'artistes lorrains comme Jacques Callot, Jacques Dassonville ou encore Claude Goyrand. L'eau forte est surtout utilisée pour réaliser les gravures mais de nouvelles techniques apparaissent comme celles de la taille directe ou de la manière noire. Les gravures lorraines du représentent très souvent des scènes de genre ou des scènes populaires. Le peuple est mis en scène à travers des scènes de la vie quotidienne ou dans des situations burlesques. Certaines gravures sont ainsi des témoins de la vie des gens du peuple au XVIIe siècle. L'humour et même la caricature de ces scènes, qui sont accompagnés d'un proverbe, permettent de transmettre une valeur éducative et moralisatrice.

Pour ce qui est des écoles du nord, la collection compte trois toiles de Rubens, dont l'immense Transfiguration. On remarque également des toiles de Jacob Jordaens, Jan Brueghel le Jeune, Abraham Bloemaert et Jan Lievens.

La peinture italienne est évoquée avec notamment des toiles du Caravage (L'Annonciation), Pierre de Cortone et Luca Giordano.

Une salle du musée est consacrée à la confrontation de trois Annonciations afin de mettre en évidence l'importance de ce thème dans le cadre de la contre-Réforme. Celle de Federico Barocci reprend les canons de l'Église catholique dans un cadre intimiste ; celle du flamand Frans Pourbus le Jeune est une exécution servile des instructions du concile de Trente ; enfin, celle du Caravage est peut-être, avec le lit défait, une remise en cause de la Conception virginale de Jésus..

La section du musée commence par des peintures de Victor Prouvé, L'Île heureuse, La Joie de vivre et Les Voluptueux.

Un premier découpage est fait suivant les genres, avec d'abord les portraits : Jeune Femme au boa de François Gérard, Portrait de madame Élise Voïart par Constance Mayer, Portrait de Zélie Courbet par Gustave Courbet, Portrait d'Edmond de Goncourt par Jean-François Raffaëlli, L'Automne par Édouard Manet.

Après les portraits viennent les paysages, avec Paysage de montagne de Gustave Doré, Vue de la ville et du port de Dieppe par Eugène Isabey, La Clairière de Narcisse Diaz de la Peña.

Enfin, une section est consacrée à la peinture historique, religieuse ou allégorique avec Saint Georges de Jules-Claude Ziegler, La Bataille de Nancy d'Eugène Delacroix, La Jeune Fille et la Mort d'Henri Lévy.

La seconde partie correspond à un découpage par genre, avec tout d'abord des œuvres naturalistes d'Émile Friant (Portrait de Madame Petitjean, Les Buveurs, Autoportrait, Autoportrait en gris clair, Jeune Nancéienne dans un paysage de neige, Portrait de sa mère épluchant un navet devant la fenêtre, La Toussaint, La Petite Barque, La Douleur) Camille Martin (Premier soleil, Après l'enterrement), Charles Wittmann (Soir de ), Pascal Adolphe Jean Dagnan-Bouveret (Dans la forêt) ou Jules Bastien-Lepage (Ophélie).

Plusieurs œuvres symbolistes sont aussi présentes, telles que La Joie des choses d'Armand Point, Le Chant du soir d'Alphonse Osbert ou La Femme à la perle de Charles Sellier.

Quelques peintures pointillistes sont aussi exposées, comme Jeune Femme assise d'Hippolyte Petitjean,ou Ferme, matin d'Henri-Edmond Cross. Après-midi à Pardigon est un autre tableau de cet artiste déposé au musée.

Enfin, la dernière alcôve abrite Coucher de soleil à Étretat de Claude Monet, œuvre emblématique du mouvement impressionniste.

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La muséographie mise en place en 2012 présente les œuvres par thème : portrait, paysage, sculpture, couleur plutôt que par courant afin de favoriser les confrontations : Voyage organisé dans l'Adriatique, œuvre d'Erik Dietman datant de 1999 composée de 21 crânes en verre soufflé dans une grille, est ainsi mis en regard avec Memento mori de Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry, datant de 1756.