Le Panavia Tornado est un avion de combat multirôle européen développé par l'Italie, le Royaume-Uni, et l'Allemagne de l’Ouest durant les années 1970. Ce chasseur-bombardier biplace, biréacteur, dispose d'ailes à géométrie variable. Mis en service dans les années 1980, il a été produit à près de et exporté vers l'Arabie saoudite.
Conception gauche|vignette|Formation aérienne de Tornado et d'un MiG-29 allemands (le MiG-29 en bas, à gauche.) en 2003. En 1967, plusieurs pays de l'OTAN utilisateurs du F-104G Starfighter commencent à lui chercher un remplaçant. Ils forment alors un groupe de travail baptisé MRA 75 (), que le Royaume-Uni rejoint en 1968 après l'abandon du (abréviation pour Anglo-French Variable Geometry). L'année suivante, le programme est renommé MRCA () et quatre pays européens (Royaume-Uni, l'Allemagne de l’Ouest, les Pays-Bas et l'Italie) créent une société commune, Panavia, chargée de développer et construire le nouvel avion. Les Pays-Bas quittent le projet en 1970 et la production est répartie entre les participants restants. Une société spécifique est créée par Rolls-Royce pour développer les réacteurs à double flux : Turbo Union.
Deux versions de l'appareil sont initialement prévues : une monoplace pour l'Allemagne et une biplace pour le Royaume-Uni, mais la version monoplace sera ensuite abandonnée. À l'instar des F-111, F-14 et MIG-23, l'utilisation d'une aile à géométrie variable s'impose rapidement, car la configuration avec les ailes repliées autorise des vols à grande vitesse à toutes les altitudes. La configuration avec les ailes déployées abaisse la vitesse de décrochage et réduit la longueur de piste nécessaire. La configuration avec les ailes en position intermédiaire réduit les turbulences à basse altitude et permet le vol à haute altitude. Des commandes de vol électriques et un système sophistiqué de suivi de terrain sont également développés.
Le premier réacteur RB199 est testé sur banc en 1971, puis en vol en 1973. De son côté, le premier des dix prototypes du Tornado IDS fait son vol inaugural le à Manching (Allemagne de l'Ouest). Il y aura également six exemplaires de présérie, dont le premier fera son vol d'essai en . Parallèlement, le Royaume-Uni décide de développer une version d'interception à long rayon d'action, appelée Panavia Tornado ADV (ADV pour , « version de défense aérienne »), dont le prototype vole pour la première fois le .
Autres caractéristiques Les réacteurs du Tornado sont équipés d'un inverseur de poussée, permettant de réduire la longueur de piste nécessaire à l'atterrissage.
Les ailes du Tornado peuvent être positionnées manuellement à , ou .
Production La production des différents éléments de l'avion est répartie de la façon suivante : Fuselage avant et dérive par le Royaume-Uni ; Fuselage central et arrière par l'Allemagne de l'Ouest ; Ailes par l'Italie.
Chaque pays était responsable de l'assemblage final des avions qui lui étaient destinés. Les livraisons aux unités de combat commencèrent en pour le Royaume-Uni, pour l'Allemagne et pour l'Italie. À cause de retards dans la mise au point du radar , les livraisons de la version ADV ne commencèrent qu'en .
En , l'Arabie saoudite passe une première commande de et , qui sera suivie par une autre de supplémentaires. La production totale atteint finalement , dont 100 pour l'Italie, 120 pour Arabie saoudite, 359 pour l'Allemagne et 398 pour le Royaume-Uni.
Différents programmes d'amélioration, mise à jour et prolongation de la durée de vie des Tornado ont été menés de façon séparée par chaque pays utilisateur.
Engagements vignette|Tornado de la RSAF. Le Tornado a été engagé lors de plusieurs conflits, souvent simultanément par plusieurs forces aériennes différentes : La guerre du Golfe (1990-1991) représente le baptême du feu pour les Tornado britanniques, saoudiens et italiens. Un total de ( de la Royal Air Force, et de l'Aeronautica Militare) ont été abattus pendant le conflit ; L'opération Provide Comfort (1991-1996) dans le Nord de l'Irak, où les Britanniques engagent une demi-douzaine de Tornado GR.1 ; L'opération Southern Watch (1992-2003) dans le Sud de l'Irak, où les Tornado GR.1 puis GR.4 de la Royal Air Force, implantés sur la base aérienne de Ali Al Salem au Koweït, participeront à l'application de la zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Irak ; Le bombardement de la Bosnie-Herzégovine par l'OTAN en 1995 pendant lesquels et allemands participèrent à la première opération de combat de la Luftwaffe depuis la Seconde Guerre mondiale ; La guerre du Kosovo (1999) a vu l'engagement simultané des Tornado britanniques, italiens et allemands.; les Tornado ECR allemands larguèrent 236 missiles antiradars HARM ; La guerre d'Irak (2003-2011) a vu l'engagement, dès l'invasion de l'Irak en 2003, de Tornado britanniques. Le , un missile sol-air MIM-104 Patriot américain est la cause d'un tir ami en abattant un Panavia Tornado de la Royal Air Force.. Les derniers Tornado quittent le territoire irakien en ; Pendant la guerre d'Afghanistan (2001-2014), de nombreux Tornado allemands, britanniques puis italiens seront déployés dans la région, sous mandat de l'OTAN : de reconnaissance allemands de 2007 à 2010. ainsi que d'attaque anglais (renforcés par supplémentaires en 2010) de 2009 à 2014.. À la suite du regain de violence généré par les élections législatives afghanes de 2010, l'Italie engagea également dans la région ; Pendant la première guerre civile libyenne (2011), des Tornado GR.4 britanniques. et Tornado ECR italiens. sont engagés en Libye du à dans le cadre de la résolution 1973 des Nations unies ; Depuis , la guerre contre l'État islamique en Irak a permis aux Tornado britanniques, mais également allemands, italiens et saoudiens, de participer une fois de plus à des opérations de guerre au-dessus de l'Irak.. En , quatre avions de combat Tornado GR.4, décollant de la base d'Akrotiri à Chypre, ont pris part au bombardement d'un site soupçonné d'être une usine chimique à l'ouest de Homs, en Syrie.. Ils ont tiré plusieurs missiles Storm Shadow ; Durant la Guerre civile yéménite. Les Tornado saoudiens sont engagés depuis 2015 au sein de la coalition en soutien au gouvernement dans sa lutte contre les rebelles Houthis. Un Tornado est perdu en date du (les rebelles affirment l'avoir abattu alors que les Saoudiens évoquent un incident technique)..
Variantes Le Tornado existe en trois versions principales : IDS () d'interdiction et de chasse/bombardement, avec deux canons et une électronique optimisée pour les missions de pénétration à basse altitude et grande vitesse par tous les temps ; ADV () d'interception/défense aérienne, avec un seul canon, un fuselage allongé de deux mètres, des turboréacteurs plus puissants et un radar optimisé pour l'interception air-air ; ECR () de guerre électronique et de reconnaissance, sans canons mais capable d'emporter des missiles antiradars HARM.
Chacune des trois versions principales possède une variante d'entraînement à double-commande et a été dérivée en plusieurs sous-versions, dont voici le détail ci-dessous.
Versions IDS vignette|upright=1.4|Utilisateurs du Panavia Tornado. vignette|Un Tornado F.3 britannique.
vignette|Un Tornado saoudien. vignette|RAF Tornado GR4 (ZA597) lors d'une démonstration aérienne en Angleterre, avec les ailes partiellement repliées.
GR.1 : désignation des Tornado IDS anglais, version initiale ( + 96 pour l'Arabie saoudite) ; GR.1A : IDS anglais, sans canons mais capable de missions de reconnaissance ; GR.1B : IDS anglais, capable d'emporter le missile antinavire Sea Eagle ; GR.4 : programme de remise à niveau et modernisation des GR.1 et GR.1B ( modifiés) ; GR.4A : programme de remise à niveau et modernisation des GR.1A ; Version pour la marine allemande : capable de tirer le missile antinavire Kormoran () ; Version pour l'armée de l'Air allemande () ; Version italienne ().
Versions ADV
F.2 : version initiale sans radar utilisée pour l'entraînement () ; F.3 : version de série ( + 24 pour l'Arabie saoudite).
Versions ECR Version allemande : réacteurs RB199 Mk 105 () ; Version italienne : sans capacités de reconnaissance, réacteurs RB199 Mk 103 ( modifiés).
Pays utilisateurs (123) La Force aérienne allemande reçu un total de dont . Le premier Tornado fut livré le afin de remplacer le F-104 Starfighter. Ces aéronefs équipèrent originellement de chasseurs-bombardiers, une unité de conversion tactique, et quatre escadrons de première ligne. En 1994, avec la dissolution d'un escadron de la , la acquit plusieurs Tornado IDS afin de remplacer ses RF-4E Phantom II au sein d'un escadron de reconnaissance. Les Tornado allemands connaîtront leur baptême du feu pendant le bombardement de la Bosnie-Herzégovine par l'OTAN en 1995 contre les positions de l'armée de la république serbe de Bosnie. Cette opération marqua également la première mission de combat de la Luftwaffe depuis la Seconde Guerre mondiale. Les Tornado allemands seront également employés, en 1999, pendant la guerre du Kosovo, puis en Afghanistan, de 2007 à 2010. En 2015, la Luftwaffe comptait dans son inventaire un total de et de . Fin 2016, 85 sont en ligne. Le retrait du service des derniers Tornado allemands n'est pas prévu avant 2030. (76) L'aéronautique militaire italienne reçu un total de , et furent ensuite convertis à la configuration ECR. Le premier Tornado ECR italien sera livré le . De 1995 à 2004, l'Aeronautica Militare loua également de défense aérienne à la Royal Air Force afin de combler le manque d'aéronefs généré par le retrait des vieillissants Lockheed F-104 Starfighter et par le retard du programme de l'Eurofighter Typhoon. En 1991, durant la guerre du Golfe, un Tornado italien est abattu tandis que son pilote est capturé par les troupes irakiennes. Les Tornado de l'Aeronautica Militare ont également participé à la guerre du Kosovo en 1999, à la guerre d'Afghanistan en 2010, à l'intervention militaire de 2011 en Libye et enfin à la guerre contre l'État islamique en Syrie et en Irak depuis dans le cadre de missions de reconnaissance. En 2015, l'Italie possédait et . (81) Force aérienne royale saoudienne - Le , le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite signèrent le contrat Al Yamamah I, comprenant, entre autres, la vente de d'attaque au sol et de défense aérienne. Le premier vol d'un Tornado IDS saoudien a alors lieu le , tandis que le premier ADV est livré le . En , le contrat Al Yamamah II est signé, stipulant l'achat de supplémentaires. En 1991, l'Arabie Saoudite engagea ses Tornado dans la guerre du Golfe contre les troupes de Saddam Hussein. En 2006, la force aérienne royale saoudienne remplace la totalité de ses Tornado ADV (22 au total) par des Eurofighter Typhoon, tandis que les appareils retirés sont rachetés par la Royal Air Force l'année suivante. À partir de , des Tornado saoudiens effectuent des raids aériens pendant l'insurrection houthiste au Yémen. C'était la première fois, depuis l'opération Tempête du Désert, en 1991, que la force aérienne royale saoudienne participait activement à une opération militaire sur un territoire hostile. En 2015, étaient toujours en service.
Anciens utilisateurs vignette|Un Tornado saoudien.