La base aérienne 188 « Colonel Massart » est située à Djibouti et est regroupée avec l’aéroport international Ambouli. Elle témoigne d'une présence aéronautique militaire française continue depuis 1932, et participe à de nombreuses missions telles que la police du ciel, la recherche et le sauvetage. Elle assure la coordination de l’activité aérienne internationale aux côtés de l’Armée de l’air et de l’aviation civile djiboutiennes.
Historique Création de l'escadrille de la côte française des Somalis (CFS)
L’Armée de l’air est présente à Djibouti depuis 1932. L’escadrille de la côte française des Somalis (CFS) est constituée le , sur le terrain des Salines, avec trois Potez 25 TOE et un Potez 29 sanitaire, qui sont détachés du régiment d’aviation stationné au Levant. En , le ministère de l’Air décide de transférer la base aérienne sur le terrain de Gabode.
La Seconde Guerre mondiale
L’Éthiopie est envahie par l’Italie en 1935. Les moyens aériens restent modestes. Au début de la guerre, les italiens veulent conquérir le Somaliland britannique. Les Potez 25 appuient les Britanniques, mènent des missions de reconnaissance et bombardent l’avant-poste de Dewele en Éthiopie. Djibouti et son aérodrome sont bombardés par les italiens en .
Après l’armistice, les Britanniques conquièrent l’Éthiopie sous occupation italienne. Les Potez 29 ravitaillent le territoire soumis à un blocus. Le ralliement aux Forces françaises libres intervient en . L’escadrille de police et de sécurité EPS 1/85 est créée. L’escadrille de liaisons aériennes ELA 51 lui succède en 1946 sur AAC-1 « Toucan » et Morane-Saulnier MS500 « Criquet ». L'après-guerre En 1948, une piste « en dur » et une aérogare sont construites sur le site d’Ambouli. La base aérienne 188 est créée. L’officialisation est faite en . En 1955, la base aérienne se dote d’un insigne commun avec le commandement de l’air en CFS, homologué sous le n° A 637. En 1958, l’ELA 51, rééquipé de Marcel Dassault MD 315 et de Douglas C-47 « Skytrain », devient l’escadrille outre-mer . La piste est allongée ; l’escadrille se renforce avec des hélicoptères Sikorsky H-19, SE 3130 « Alouette II » et Sikorsky H-34 dans les années soixante.
En 1963, l’escadron d’appui aérien 1/21 est créé, doté de Douglas AD-4 « Skyraider ». Ces monomoteurs renforcent la présence française. Devenue territoire français des Afars et des Issas en 1967, la base aérienne 188 devient stratégique dans le contexte de la guerre froide. Le , a lieu le dernier vol des AD-4 Skyraider à Djibouti. C'est la fin de l’aviation de chasse « à hélice ». Les « Skyraider » sont remplacés, en 1973, par les North American F-100D « Super Sabre » de l’escadron de chasse (EC) 4/11 « Jura » qui œuvre aux côtés du groupe aérien mixte d’outre-mer 88 équipé de Nord 2501 « Noratlas » et d’hélicoptères.
La base aérienne 188 porte, depuis 1967, l’insigne homologue n°A.961. L’année suivante, le colonel Émile Massart trouve la mort à bord de son Skyraider : la base aérienne portera son nom près de dix ans plus tard.
L’indépendance de la république de Djibouti – 1977
L’indépendance de la république de Djibouti est déclarée le . Dès lors, la base aérienne 188 « Colonel Massart » devient un détachement air. La France y maintient un dispositif militaire auquel contribue l’Armée de l’air : les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ).
En 1978, l’Armée de l’air remplace les Super Sabre par les Dassault Mirage IIIC de l’escadron de chasse 3/10 « Vexin ». Ils sont relevés dix ans plus tard par des Mirage F-1C. En , la base aérienne devient une base de soutien à vocation interarmées. L’escadron de chasse 4/33 « Vexin » est équipé de dix Mirage 2000 C/D et l’escadron de transport d’outre-mer ETOM 88 « Larzac » d’un Transall C-160, de deux hélicoptères SA -330 Puma et d’un AS 555 Fennec. Le format de la base aérienne est ajusté à compter de 2011, compte tenu de la création de la base aérienne 104 d’Al Dhafra aux Émirats arabes unis. La base aérienne 188 compte désormais 4 Mirage-5F au sein de l’escadron de chasse 3/11 « Corse », un CN 235 et trois Puma au sein de l’escadron de transport ET 88 « Larzac ». L’escale aérienne militaire, capable d’accueillir des A400 M et A330 Phénix de l’Armée de l’air et de l’Espace, est un hub régional pour les opérations. Deux radars Centaure assurent en permanence la surveillance et le contrôle de l’espace aérien djiboutien.centré|vignette|500x500px|Casa CN-235 en vol
centré|vignette|500x500px|Commandos de la BA 188 procédant à un exercice d'interpellation avec l'équipe cynophile.
Histoire de la escadre de chasse : de 1952 à nos jours Créée le sur la base aérienne 112 de Reims, et dissoute le sur la base aérienne 136 de Toul-Rosière, la escadre de chasse a pris part à l’ensemble des conflits de la seconde moitié du , notamment en Indochine (1950-1951), en Algérie (1952-1961), en Irak (1990-1991) et en Afrique.
Équipée à sa création de Republic F84-G Thunderjet, la escadre (composée des escadrons de chasse 1/11 « Roussillon », 2/11 « Vosges », 3/11 « Corse » et 4/11 « Jura ») exécute les missions traditionnelles des unités de l'aviation de chasse : défense aérienne et appui tactique de surface.
Le , le « Roussillon » rejoint l’Indochine et s’illustre dans des missions de bombardement et d’appui, notamment au cours de la bataille de la RC 4. Fin , l’escadre quitte Reims pour rejoindre la BA 139 de Lahr. Dès , les escadrons de chasse 1/11 « Roussillon » et 2/11 « Vosges » gagnent la base aérienne 116 de Luxeuil-les-Bains. L'escadre s'enrichit d'un troisième escadron, le 3/11 « Jura », et est équipée de 75 appareils.
Le , les Republic F84-G Thunderjet laissent la place aux Republic F84-F Thunderstreak. À partir du , les pilotes de la « 11 » entament une noria algérienne dans le cadre du parrainage des unités de chasse engagées en Algérie. Ils épaulent les escadrilles d’aviation légère et d’appui 3/71 et 21/72 à Djelfa et 16/72 à Biskra. Equipés de Sipa S.111 puis de North American T-6G, ils prennent part aux combats de la province des Aurès-Mementcha, lors de la guerre d’Algérie, jusqu'en 1962.
Le , l'escadron de chasse 3/11 « Jura » est dissous. L'escadre ne possède plus que soixante avions. Ils seront bientôt remplacés par des North American F-100 Super-Sabre.
Du au , l'escadre stationne sur la base aérienne de Bremgarten, en Allemagne fédérale. L’escadron de chasse 2/11 « Vosges » devient le seul escadron français à vocation nucléaire intégré dans l’OTAN.
Le , l'escadron 3/11 est recréé et reprend les traditions du « Corse ». Le , l’escadre retourne en France sur la base aérienne 136 de Toul Rosières. Dans le cadre de la mission CAFI (composante air de la force d'intervention), le « Corse » effectue pour la première fois le ravitaillement en vol sur F-100 « Super-Sabre ».
En , la escadre de chasse se renforce : lui est rattaché l'escadron 4/11 « Jura » stationné à Djibouti. À partir du , il abordera la livrée emblématique des « Requin de la Mer Rouge ». Le , l’EC 3/11 « Corse » est doté du « Jaguar ». L'escadre monte en puissance, l'aventure africaine de la « 11 » peut reprendre ; elle survole à présent la plupart des pays de l'Afrique francophone et du Liban.
En 1977, 1978, 1979, la escadre, en appui des forces d'action extérieures, intervient à plusieurs occasions au-dessus des territoires de Mauritanie () et du Tchad (). Elle donne une dimension nouvelle à l'aviation de combat, par sa capacité de projection de puissance et sa rapidité d'intervention. La escadre ne quittera plus le territoire africain, contribuant au maintien de la paix. L’année 1983 () voit un renforcement de sa présence, notamment en République centrafricaine et au Tchad. En 1985 (), la escadre prend la relève temporaire de la force Olifant qui croise au large du Liban. Une patrouille simple effectue un vol de reconnaissance France - Liban - France en sept heures de vol.
Le , l’EC 1/11 « Roussillon » intervient avec 11 Jaguars (seul aéronef ravitaillable en vol) au nord du parallèle, et détruit la piste de Ouadi-Doum, au cours d'un raid de six heures. Est mis en œuvre à titre expérimental le nouvel armement de suppression des défenses aérienne adverses, le missile Martel ; un bombardement classique de piste avec bombes anti-pistes permet à l’armée tchadienne de reprendre la plateforme aérienne. L’EC 4/11 « Jura » quitte la Corne de l'Afrique, rejoint sa nouvelle affectation en terre girondine le et prend possession de ses nouveaux appareils.
La escadre de chasse est forte de quatre escadrons. Elle participe, sous la direction du centre d'opérations de la Force aérienne tactique (FATac- RA), à des exercices nationaux ou interalliés, dont des exercices tactiques interalliés « Red Flag » au Nevada.
En 1988, l'escadre fête symboliquement son onzième anniversaire d'opérations en Afrique. Les pilotes et les Jaguar de la escadre effectuent, à partir du , la première attaque à très basse altitude sur le terrain d’Al Jaber au Koweït, et détruisent des rampes de missiles SCUD. Cette mission est dirigée par le commandant Mansion (2/11). Il est raconté qu'au cours de cette mission, une balle de Kalachnikov traversa la verrière du cockpit et le casque du capitaine Alain Chamagne (2/11) ; le visage en sang, il réussit à poser son appareil et devint le miraculé d’Al Jaber.[ref nécessaire].
Lors de l' (guerre du Golfe), durant quarante-trois jours, la « 11 » lancera des raids journaliers sur le Koweït et l'Irak, avec succès et sans perte d'appareil, soit 555 missions de guerre au-dessus du territoire ennemi.
Durant les années « Jaguar », de nombreuses innovations sont apportées à l’Armée de l’air et reprises sur les avions futurs : les lances leurres infrarouge de queue, les puits de navigation numérique, l’éclairage de la perche de ravitaillement en vol et le lecteur de plaquettes de navigation. Les escadrons de la escadre ont participé à la guerre des Balkans, en ex-Yougoslavie. Ils ont mis en œuvre les nouveaux armements guidés laser lors de l’attaque de la piste de Pula, en 1995.
À la suite des restructurations et des transformations structurelles de l’Armée de l’air, la escadre de chasse est dissoute le . Le dernier escadron, le 3/11 « Corse », est dissous le .
À la fermeture définitive du détachement air 136 de Toul-Rosière, le , le drapeau de la « 11 » est mis en dépôt au service historique de la Défense.
À partir des années 1990 et jusqu’à aujourd’hui, les escadrons de chasse (EC) de la « 11 » entrent dans une ère axée vers l’instruction, la formation et la préparation au combat.
L’escadron de chasse 3/11 « Corse » est recréé à Djibouti à la place de l’escadron de chasse 4/33 « Vexin » le , équipé de 7 Mirage 2000C et 3 Mirage 2000D. Dernier escadron de chasse héritier de la « 11 » en service opérationnel, il est équipé de quatre Mirage 2000-5F. Il assure les missions conventionnelles de défense aérienne et de police du ciel conformément au Traité de coopération en matière de défense entre la France et Djibouti. Il participe à la formation des pilotes du GC 1/2 « Cigognes » qui viennent pratiquer en terres Africaines et dans un environnement interarmées l’appui aérien et le tir air/sol, y compris de nuit sous jumelles de vision nocturne.
Le « Corse » a été engagé lors des opérations de libération d’otage des navires Ponant, Carré d’As et Tanit, dans le golfe d’Aden en 2008, à l' d’accrochage frontalier entre Djibouti et l’Érythrée en 2008, et lors de l' en Irak en 2014 et 2015, depuis la base aérienne d’H5 en Jordanie.[ref]
Depuis le , la base aérienne 188 a la garde du drapeau de la escadre de Chasse, décoré de la croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures, avec les inscriptions : « Extrême-Orient 1950 – 1951 » pour son action en Indochine, « AFN 1952 – 1961 » pour sa participation à la guerre d’Algérie et enfin « Koweït 1990 – 1991 » pour ses faits d’armes lors de l'.